‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 96 sur 408 · IL — LES AUTRES CONTEURS · texte numérisé non relu

IL — LES AUTRES CONTEURS

BONAVENTURE DES PÉRIERS (1500-1544 ?). — Érudit et lettré, secrétaire de Marguerite de Valois, dont il revoyait et peut-être retouchait les écrits, Des Péricrs travailla, en d534, à la traduction de la Bible de Lefèvrc d'E tapies, et écrivit de nombreux vers. Son œuvre la i)ius connue est le Cymbalum mundi (Carillon du monde) en françois^ avec quatre dialogues poétiques^ faits antiques^ joyeux et Jacétieux, Publié à Lyon, en 1537, le Cymbalum fut saisi par ordre du Parlement, et détruit. L'ouvrage était supposé adressé par Thomas du Clénier (l'Incrédule) à Pierre Tryocan (le Croyant;; dans une série d'allégories fort transparentes, Des Péricrs ridiculisait à la fois catholiques et protestants. — On prétend que les poursuites de ses ennemis le contraignii*ent à se donner la mort, vers 1544. — Plusieurs années après, 1558, parurent : les Nouvelles Récréations et Joyeux Devis^ recueil de contes, dont quelques-uns ont été attribués a ses amis, Pelletier du Mans et Denisot. — Des Périers est un conteur charmant, plein d'esprit et de finesse, en même temps qu'un écrivain des plus correcis : nous ne parlons que de son style (1).

MARGUERITE DE VALOIS (149-2-1549;. — Sœur de François !•', Marguerite fut mariée en 1509 au duc d'Alençon ; devenue veuve, elle épousa en 1527

(1) Lire des nouvelles de B. des Périers dans le Seizième siècle, de Darmsteteh cl IIatifeld, p. 12a

RABEIAIS. — LES COyTF:URS.

le roi de Navarre Henri d'Albret. Elle fut, dans la première nioiliû du

siècle, la véritable protectrice des poètes cl dt-s penseurs. Dans sa petite cour

de Nérac, elle reçut, hébergea, et parfois sauva de leurs persécuteurs, Mnrot,

Mellin de Sainl-Gelais, Gruget, Dcnisol, Sainle-Marlhc, Pelletier du Mans,

Iknmvenlura des Péricrs, etc. Tout en restant catholique, comme le prouvent

si's mystères et surtout ses dernières

poésies, elle aimait à protéger ceux

que leurs opinions religieuses cxpo-

siiient aux rigueurs du Parlement et

de la Sorboiinc.

Les Contes célèbres de Boccace, le Décaméron, avaient été traduits en rroDçais par Antoine le Maçon, eu 1545, et dédiés à Marguerite. Celle-ci résolut de les imiter ; elle composa la préface et traça le plan d'un nouveau décaméron, qui devait comprendre, cOEiime celui de Itoccace, dix:

joarnèet et cent congés. Mais elle n'eut pas le temps de terminer son livre ; elle en resta a la septième journée ut à la soixante-douzième nouvelle. Après sa mort, en ll>58, parut une première édition de ces contes suiis le tilre (l'Histoire des amants fortunés ; et l'année suivante, ClaudcOruget, ancien secrétaire do Marguerite, domia une seconde édition, intitulée : l'Ilejilamèron des riouvelles de très-illustre et très-excellente princesse Marguerite de siklh in: imsrois i"

Valois, reine de Navarre. ri' ■ b'

Cinq gentilshommes cl cinq dames, iin jvc sitrio. " "^""

revenant de Caulerels, sont arrêtés

dans leur voyage par les inondations ; ils !fC réunissent h N.-D. de Sarrance, et, pour passer le temps, décident de se raconter les uns aux aulres des histoires, nuis « qui seront toutes véritables n. El voilà l'originalilé de ces contes, si on les rapproche des nouvelles de Boccace; ils ne sont pus puisés, sauf quelquesuns, dans le vieux fonds français ou italien ; ils sont tirés d'aveiilures réelles qui, à vrai dire, n'en sont que les thèmes. Chaque conte, et c'est encore un mérita propre à ce recueil, est suivi d'une conversation entre les différents personnages : on raisonne sur la moralité de l'histoire. Sans doute, il y a dans le nombre bien des contes un peu libres, et que l'on est surpris do rencontrer

LA f.ITTÊRATUnE FnANÇJUSÉ

dans l'icuïm d'une femme comme Margucrilc. Mais par rapport au moyen igc et nu seizième siècle, c'est un livre d'une décence loule mondaine, et qui, pu l'aisance un peu tralaanU du style comme par le goût de la métaphysique galante ou morale aiinoncf le roman du dix septième

BRANTOME (15WId6U) — l>ieiTe de Bourdiillc abbe de Brmtbmc, mend jusqu au moment di; laLigue laMelaplus aciivt et la plus aventureuse, en llaliL en Espagne , en Afrique en tranLc. Condamne par une chute de cheval a un repos forcé, Brantôme rédigea ses souvenus personnels sur tous les p<. rionniges qu ii avait rencontres Ce Gascon écrit <i à la cavalière », avec verve, esprit, et cynisme. Sci Mémoii-es , publiés seulement en 1G65-G6, cornprcrmenl : Vies des hommei \: illuslres et des grands capi-

tainei. Vies des dames Hlellalibcrlédc son style, Brantôme ves à faire que sur sa moralité (1)-

BIBLIOGRAPHIE

I le fonff(irp;ir excelli'i

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(Il Morvcau.i

rholtli. S" cyi-li

SB DÉCOHAIlïE un ÉTlE^flE IlELAlILNE [ir,18 (Î|-lfi8fi (!)j

CHAPITKE V TRADUCTEURS ET ËRUDITS.

SOMMAIKE

!• AMYOT (I5i3-l5j3) eul une jeunesse très laborieuse el apprit le grec avec Pierre Danés, professeur au Collège de France ; ii ensti^na d'abord le grec et le hlin i rUtiiversité de Bourges, puis fut charnu par Henri II d'une mission au Concile de Trente, et sëiourna deux ans à fiome. A son retour, il fut choisi par le Roi comme précepteur de ses deux fils (Charles IX et Henri 111). Cesl alors qu'il publia sa traduction de Plntarqus.

Nommé ensuite grand aumônier de France et évSque d'Auxerrc, il abandonna les auteurs profanes pour la Bible et les Pérès, el devint un eicclleni prédica-

La traducttoD des Vies de Plutarque, qui n'est pas toujours très exacte, eut pour mérites: de proposer à cène géniîration active et passionnée, de beaux enemples d'énergie humaine ; de choisir ces exemples dans l'antiquité, en dehors et au-dessus des partis ) et de les présenter en un style aimable et simple (Amyot crie le bon Plutarque). — Amyot oblige la langue Irançaise à exprimer les faits et les sentiments les plus variés, et à enrichir son vocabulaire.

a* LES ÉRUDtTS. - HENRI ESTIENNE. fils du cÉlÈbre imprimeur Robert Estienne, publie en i566 un pamphlet : Apolog-fe pour Hérodote, et en i57ï son dictionnaire grec (Thésaurus lingii» grEecnj. Dans d'autres ouvrages, il défend la langue française contre l'italianisme.

ETIENNE PASQUIER donne en i56i-i57o ses Reehercïie» de la France. CLAUDE FAUCHET publie les Antiquités g-auloises et françaises (i57g|.

3* LES ÉCRIVAINS SCIENTIFIQUES. — Les principaux sont: — BERNARD PAUSSY, qui est un précurseur de nos grands géologues modernes. — AMBROISE PARE, chirurgien, qui expose en français le résultat de ses recherches et l'histoire de ses campagnes. — OLIVIER DE SERRES, qu" publie en 1600 son Tbéitre cTa^ rtouJture.

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