Éd. de 1833, t. I, p. 3é
FRONTISPICE DES ÉTUDES DE LA NATURE, a Gravure par Le Veau, d'après Moreau (1784) . "Dans ce frontispice représentant Phihclès dans File de Samos, le graveur a tenté d'exprimer les harmonies particulières aux îles et aux montagnes élevées; on y voit le sapin et te bouleau qui poussent sous les mêmes latitudes et contrastent par leur couleur, leur forme et les animaux qu'ils nourrissent... Un chien regarde les divers animaux et exprime, par le repos de son attitude, la paix profonde qui règne parmi les habitants de ce désert «. (Bibl.
Nat., Imp.) CL. HACHETTE.
par laquelle la niaiserie philosophique est devenue efficace et profonde.
Bernardin de Saint-Pierre a encore ceci de commun avec Chateaubriand, que sa puissance de retenir et de renvoyer les images dépasse infiniment sa capacité de comprendre et de rendre les idées. Ce piteux philosophe est un grand peintre. Si on ne lit ses Etudes de la nature que pour y chercher de pures notations d'impressions sensibles, des images de sons, de couleurs, de mouvements, on sera souvent charmé. Il explique r'diculement la création : mais il a bien regardé les créatures. Et il nous habitue à les regarder. Prises comme enseignement d'art, ces études sont étonnantes par la justesse des indications qu'elles donnent sur les formes que l'univers offre pour matière à l'artiste. Ses descriptions ont cette précision serrée des détails qui en révèle l'origine : elles s'appuient sur une sensation première, qui se réveille sans être affaiblie ni déformée. Il a dans l'oreille les forêts agitées par les vents, dans l'œil les nuages colorés des tropiques. Ses tempêtes sont d'un