Lettre du 12 septembre 1801. Toute la lettre est à lire
cédé qui consiste à éveiller par des tableaux pittoresques ou pathétiques toutes les vagues religiosités endormies dans nos âmes, à escompter rapidement ces émotions au profit du catholicisme, avant qu'on ait eu le temps de se reconnaître, ce procédé, au point de vue pratique, s'est trouvé souverain : il répondait exactement au besoin en ne visant qu'à créer de nouvelles associations dans les âmes. Le christianisme était associé depuis un siècle à des idées ridicules, grossières, odieuses : le nouveau livre l'associait à des idées touchantes, grandioses, vénérables. Le courant se rétablissait entre l'idée du Dieu catholique desséchée au fond des cœurs et tous les éléments actifs de la vie morale : l'escamotage logique devenait une suggestion puissante.
Je ne sais si Chateaubriand a choisi librement ses moyens. J'ai peur que, s'il n'a pas prouvé plus solidement, ce n'ait été impuissance : carnous voyons Joubert lesupplier de laisser là ses in-folio et décharger toute sa théologie. « Qu'il fasse son métier, écrivait-il, qu'il nous enchante » Faute de mieux, Chateaubriand s'y rabattit : il trouva le chemin des cœurs, parce qu'il suivit la méthode de son cœur. Cette communication entre le dogme catholique et toutes les parties vivantes de l'âme, il l'avait rétablie en lui-même : il offrait au public les remèdes dont il avait usé.
Mais, SI la faiblesse philosophique du livre n en empê-