DEUX SAUVAGES
BANS LE DKSEUTj
^ar François-Auguste r.HATEAUBRIAND.
A PARIS
CftlioNERET, Imprimeur , rue
, , 3 Jacob, N." 1186: V'Iiez
) Et i ranciriin'^ Librairie <Io D a roN r, ( rue Ae !a Loi, N." 2. S.
AN IX. ( lOOl. )
T1TRE[DE L'ÉDITION ORIGINALE D'ATALA (1801). a Or, remarquera la sunpressionlde la pailicule devant le nom de l'auliur (Bibl. Nat., Imp.). CL. hacheTxe.
CHATEAUBRIAND
LES FUNÉRAILLES D'ATALA. et Par Citodel de R oucy Trioson. Chaclas et le père Aubry déposent le corps d'Alala dans la fosse. Sur la paroi de droite de la grotte on lit : « J'ai passé comme la fleur, j'ai séché comme l'herbe des champs » (Job). (Musée du Louvre) CL. HACHETTE.
cha point l'efficacité pratique, elle le condamnait à n'avoir qu'une efficacité momentanée. En un sens. Chateaubriand rétablissait la religion sur une équivoque et un malentendu ; il fondait la croyance sur des émotions de poète et d'artiste, et triomphait par un prestige qui éblouissait les esprits. De là ce qu'a eu de superficiel, de peu durable, d'insincère chez les uns, et d'un peu puéril chez les autres, le nouveau christianisme dont Chateaubrian a été l'apôtre. Il devait forcément tourner en cérémonie de bon ton ou en dilettantisme indifférent. Un siècle a passé, et, même dans le christianism, su. tout dans le christianisme, le chef-d'œuvre de Chateaubriand ne compte plus.
Il compte dans ^a littérature par deux titres considérables. Les tableaux d'abord. Tous ces chapitres d'une misérable argumentation sont les impressions d'un grand artiste. Paysages de Bretagne ou du Nouveau Monde, scènes maritimes, scènes religieuses, il y a là toute une suite de tableaux par lesquels le livre vivra, en dépit des
idées
Mai
ais nous y reviendrons.
En second lieu, une poétique nouvelle apparaît dans le Génie du Christianisme" . Ce n'est pas que les idées littéraires de Chateaubriand valent beaucoup mieux que ses idées philosophiques. Il y a parfois d'étranges méprises dans les jugements qu'il porte sur les œuvres. Tout ce qui a été fait depuis Jésus-Christ dans la littérature et les arts est chrétien, œuvre du principe chrétien, et preuve de la vérité chrétienne. Il reconnaît des chrétiennes dans l'Andromaque et dans l'Iphigénie de Racine. Mais, la part faite aux erreurs de goût et de logique, il reste assez de vues originales et fécondes dans ces deux parties du Génie du Christianisme, pour faire du livre une date dans l'histoire de la critique et des doctrines esthétiques.
Tirer la conclusion définitive de la querelle des anciens et des modernes, montrer qu'à l'art moderne il faut une inspiration moderne (Chateaubriand disait chrétienne), ne pas mépriser l'antiquité, mais, en dehors d'elle, reconnaître les beautés des littératures italienne, anglaise, allemande, écarter les anciennes règles qui ne sont plus que
\. Surtout <Jans les parties I et IV.