On trouve :3 + 5 + 4. 4+5f3;3^4+5, 2 + 6+4, 1+6+5, etc
De la fleur, | de l'oiseau chantant, | du roc muet. (3 + 5 + 4)
Car partout j où l'oiseau vo 1 le, la chèvre y grimpe. (3 + 4+5) On entendait | aller et venir | dans l'enfer, etc. (4+5 + 3)
LA POÉSIE ROMANTIQUE
drins une diversité de rythmes qui en décupla la puissance expressive. C'est par la phrase plutôt que par la facture du vers que Victor Hugo renouvela la poésie dans ses premiers recueils. Il construisit de bonne heure de larges périodes rythmiques où les alexandrins, ne se faisant plus sentir comme unités distinctes, se suivent dans un mouvement continu dont l'uniformité est rompue par la diversité des pauses et des accents. Il a soin de séparer par le sens les vers qui riment ensemble dans les pièces en rimes plates, de façon que chacune des deux rimes appartienne à des membres différents de la phrase.
La transformation se fit plus lentement qu'on ne croit, quand on se rappelle l'escalier dérobé de Hernanl et certaines gamineries de Musset. C'étaient des pétards qu'on tirait pour effarer les classiques et les bourgeois. En réalité, 11 n'y eut de révolution rapide qu'au théâtre, parce que le drame, violent et pittoresque, nécessitait la dislocation du vers : tout comme Racine dans les Plaideurs, Molière, dans les Fâcheux et ailleurs, avait dû altérer fortement le type classique. Hors du théâtre, le vers romantique chanie : mais sa structure reste presque classique. Le rythme ternaire est rare ; la dislocation, l'enjambement sont des effets exceptionnels. Les alexandrins de Gautier sont romantiques par la couleur, non par la structure mterne. Hugo même, jusqu'en 1840, ne fait guère usage que des rythmes égaux du vers classique ^.
Ceux qui ont étudié le vers romantique ont pris leurs exemples presque exclusivement dans les Châtiments et la Légende des siècles : c'est là seulement en effet que le poète a dégagé tout à fait ses rythmes originaux. Là sont les déplacements hardis de césure, là les enjambements expressifs, les plus puissants surtout et les plus audacieux, les enjambements d'adjectifs. Et voilà pourquoi beaucoup de viei llards n'ont pu suivre le poète au delà des Rayons et Ombres : jusque-là l'oreille habituée à la musique de Racine pouvait ne pas trouver l'harmonie de Hugo trop discordante. Il faut une autre éducation pour jouir des recueils suivants.
LA PERRUQUE DE RACINE. JH Caricature à propos de la lulle croire classiques et romantiques. Lithographie de Mendcuze, d'après E. F. (Bibl. Nat., Est.). CL. HACHETTE.
LE ROMANTIQUE, a Lithographie satirique de Manloux et Cheyère (Bibl. Nat.. E>t.).