COMÉDIENNE ESPAGNOLE
Pensaii'iu vucsas mcrcedos ahora que es poco trabajo hinchar un pcn'o.
PARIS
H. FOIIUNIER JEUNE, LIBRAIRE, r.ui; DE SEINE, y. 14.
THÉÂTRE DE'CLARA GAZUL. a Titre de l'édition de 1830, en partie originale, de cet ouvrage présenté par Mérimée comme la traduction du théâtre d'une comédienne espagnote imaginaire. Le nom de Gazul était l'anagramme du mot Guzla, et l'on sait que Mérimée avait déjà donné sous le titre ha G'izh une prétendue traduction de chants dalmates. Il parut un portrait de Clara Gazul, mais re n'était que le portrait de Mérimée {voir la figure préJdenie). (Blbl. Nat., Imp ) CL. HACHETTE.
apparition authentique du surnaturel. Quelque sujet qu'il ait choisi, Mérimée le traite avec une puissance singulière d'expression. Il n'y a guère dans la littérature de personnages plus complets et plus vivants que Colomba, que Carmen : nous les voyons pleinement, dans toutes leurs particularités morales et physiques ; et leur individualité singulière n'en fait pas des êtres d'exception : nous en sentons la solide humanité, revêtue d'une forme unique.
Il n'y a pas de réalisme plus expressif que certaines parties de la Chronique de Charles IX : les propos de soldats, et d'autres scènes vulgaires ont une intensité pittoresque qui dépasse peut-être ce qu'on trouve dans le Camp de Wallenstein, le modèle littéraire du genre. Il n'y a pas de morceaux d'art où l'imitation soit plus adéquate que dans V Enlèvement de la redoute à la vue même des choses. Le style de Mérimée, propre, précis, objectif, plus fin et
moins abstrait que celui de Stendhal, concourt à 1 illusion.
Mérimée appartient à la grande période romantique : son œuvre de romancier tient à peu près toute dans une vingtaine d'années, elle est achevée en 1847. V. Hugo faisait du roman tantôt une vision historique, tantôt un poème symbolique. George Sand l'inondait de lyrisme. Balzac y poursuivait une enquête sociologique. Stendhal l'employait comme un instrument d'observation psychologique. Mérimée, lui, est purement artiste : son œuvre relève de la théorie de Vart pour l'art. Morale, philosophie, histoire, il a tout subordonné à l'efîet artistique. Ainsi en un sens il tient dans le roman la place que tiennent au théâtre Scribe, Gautier dans la poésie. Mais il est infiniment supérieur à Scribe ; et il ne donne jamais cette sensation de perfection vide que Gautier nous procure parfois. C'est ici que l'on voit combien les théories valent par les hommes qui les appliquent. Mérimée est un homme d'une Intelligence très distinguée, doué d'une réelle aptitude à former des idées : cela suffit. Il peut ne
penser qu'à l'art ; il évitera la niaiserie ingénieuse de Scribe, l'insignifiance intellectuelle de Gautier.