Né le 28 juin
chez un graveur qui le bat, à qui il vole ses asperges, ses pommes: il est alors enragé de lecture, il se farcit la tête de tout le cabinet de lecture voisin, malgré son maître qui brûle tous les livres qu'il attrape. Jean- Jacques se trouvait misérable : une occasion l'affranchit ; un jour qu'il a polissonné dans la campagne, il trouve les portes de Genève fermées. Il accepte l'arrêt que semble lui signifier la Providence : il décide de ne plus rentrer chez son graveur, ni chez son oncle.
Le voilà vagabondant en Savoie (1728) : un curé qui l'héberge une nuit l'adresse à Mme de Warens, une dame qui s'occupait de conversions, échappée elle-même de la Suisse et du calvinisme ; elle habitait Annecy. Elle fait bon accueil au jeune huguenot, que sa charmante figure recommande ; elle l'envoie à l'hospice de Turin, où il se laisse facilement convertir. Après quoi, on le met dehors, avec une vingtaine de francs en poche ; notre catéchumène flâne dans Turin, entend la messe du roi, où ses sens s'éveillent à la musique ; et comme il faut vivre, il se fait laquais. Dans sa première place, il vole un ruban, et accuse une servante qu'il fait chasser ; dans la seconde, son intelligence, son érudition ramassée au hasard le font remar-
DISCOURS QUI A REMPORTÉ LE PRIX A L'ACADÉMIE DE DIJON. ^ Élition
originale de ce discours qui fut pour Rousseau le début de sa carrière dans les lettres, lia conte lui-même comment l'idée lui vint de concourir un jour qu'il allait, de Paris, voir Diderot qui était alors détenu à Vincennes. (Bibl. Nat., Imp.) CL. HACHCTTE.
DISCOURS