MM
') App., 6. c, 1, i03.
*] Plut., Sw//., 6.
«} Plut., Sti//., 6.
*) Cr. Cic, Rosciana,
•; Sali., Hist., 2, 12 D. Apud GelL, 10, 20.
•1 Plut., Pomp., 13. Zon., 10, 2.
•) Plut., Pomp., 14. Zon., 10, 2. App., 6. c, 1, ftO.
«•) Plut., Pomp., 13, Cross., 7. Sert., 18. Zon., 10, 2.
186 LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE flY. 8
laissa célébrer son triomphe le 12 mars 80*. Pompée n'avait encore occupé aucune magistrature, il triompha comme chevalier '.
L'année 80 fut une année calme ; nous savons peu de chose sur les actes des consuls. On ne dut pas encore songer à nommer des censeurs, et les consuls renouvelèrent les fermes \ Sylla construisit la curia Hostilia \ et releva le Capitole incendié '; il so réserva la surveillance de rédifice, en qualité de cuî'ator, même après son abdication *. Il recula le pomœrium, ce que personne n'avait fait depuis Servius Tullius\ Pour plaire au peuple, et lui faire oublier, au milieu des plaisirs le souvenir de la guerre civile, il offrit à Hercule Victor^ en se conformant aux habitudes nationales ", la dîme [decuma) de ses biens personnels, et à ce sujet nourrit le peuple pendant plusieurs jours de suite*. Au milieu de ces fêles mourut sa femme Metella, il n'interrompit pas les réjouissances; sans tenir compte de sa loi funéraire, il lui éleva un superbe monument. Peu après Sylla contracta un nouveau mariage avec une jeune et frivole personne de la gens Valeria*".
Aux comices consulaires de 80, le peuple offrit encore le consulat à Sylla; il refusa et fit élire P. Servilius Vatia et Appius Claudius, qui avait été chassé du sénat par les censeurs de 86'*. Parmi les préteurs élus, tous partisans de Sylla, nous remarquons Q. Calidius qui fut ardemment soutenu par le consul Metellus ; Metellus lui témoigna ainsi sa reconnaissance pour le service que Calidius avait rendu à sa famille, en faisant rappeler de Texil son père le Numidique '^
*) Gran. Lie, p. 30. fast. Iriomph , I. L. A., p. 403. *) Plut., Ponip., 14. Serl.t 18. Cic, Leg. man,, 21, 61. Plin., w. /i.. 7, 26, 27, 96. Liv., ep., 80. Eutr., 5, 0. Aur. Vict., Vir. ill.,17. ') Cic, in Vrrr. accus., 1, 50, 130.
*) Plin., n. //., 3'i, 0, 12, 20. Cf. Dio C. 40,50. 44, 5. 5) Plut., Pr,pl., 15. Plin., n. /i., 7, 42, 44, 138. 36, 5, 6, 45. Tac, Tlist..
'•) Val. Max., 9, 3, 8. Plut., SiilL, 37.
') Gell., 13, 14, 4. Tac, Ami., 12, 23. Dio C, 43, 50.
«) DioH., 4,21. Plut., Qu. rom., 18. Crass., 2.
«) Plut., 8«//., 35.
*") Plut., Sm//., 35.
^') App , h. c.,1, 103. Gros., 5, 22. Cf. Cic, P/*/nc., 21, 51.
»^) Cic, r/(/nr., 29, 69. Val. Max., 5, 2, 7.
Sjila pouvait considérer son œuvre de réorganisation comme terminée; la constitution venait de fonctionner pendant un an sous ses yeux; la pacification de l'Italie était très avancée, les nouveaux consuls pourraient se charger de la compléter'. A la tête des provinces se trouvaient des gouverneurs soumis au sénat; TEspagne était encore un peu agitée. Après avoir fui en Afrique", Q. Sertorius avait reparu, appelé par les Lusitaniens'; il avait gagné la confiance des populations *, et avait battu plusieurs armées romaines*. On crut suffisant d'envoyer dans l'Espagne ultérieure Q. Ca?cilius Metellus Plus en qualité de proconsul*. Sylla n'avait plus aucune satisfaclirtD à réclamer, il avait eu tous les pouvoirs en sa main; il voulut, en égoïste qu'il était, passer les dernières années dans le repos; quand les nouveaux consuls furent entrés en charge, il convoqua une assemblée et devant elle abdiqua la dictature '. Il savait qu'il pouvait compter sur le dévouement aveugle des iO 000 Cornéliens et des 120 000 vétérans répandus sur toute la surface de l'Italie; voiK'i pourquoi, en politique avisé, il osa proposer au peuple de rendre ses comptes. Naturellement personne ne dit mot, mais au moment où Sylla se rendait chez lui, escorté de ses amis et du peuple tout entier, un jeune homme le poursuivit de ses injures. Sylla s'inquiéta de cet incident, et prédit qu'il suffirait à l'avenir pour empêcher un nouveau dictateur de déposer le pouvoir comme il l'avait fait*'
') Cf., Gran, Lie, p. 39.
MMul., Sert., 9. 10. Gell., iO, 26. Sall.,Hi5^, 4,61etseq. D. \Plut.,SeW., 11.
';Cf. GeU., 15, 22.
' App.,6. c, 1, 108. Plut , Sert., 12. Liv., ep,, 90. Flor., 3, 22. *; App., h. c, 1, 97. 108. Ibcr., 104. Aur. Vie, Vir. ilL, 63. '] App., h, c, \y 103 et seq. Plut., SulL, 34. Gros., 5, 22. Aur. Vict., ^'''■•t7/.,75.
*) App., h, c, 1, 104.
CIIAPITIIK NKUVILMK
TUïOMPnK LT Rf'J'.Ni: DK L OLir.ARCIIII.
Sylla avail donne à rKlaluno orfranîsalîon poliliqiio qui somlilail <'xcollf.'nl('. Mais les conditions morales ri sociales, «]ni doivent former les bases de l<»iite bonne société, manquaient absolument.
L'Italie, sans doute, était pré|)arée pour accepter les nio>urs et les biis romaines' ; mais la iiueiTe sociale et la f^uerre civile l'avaient ruinée et dépeuplée*, les vétérans de Sylla ne [Mirent combler les vides de la population disparue. On ne put répartir en une seule fois entre les véténms les t(»rriloires confisqués, une bonne partie resta à Taper publions; malgré la loi aL-raire di' ni, malgré b^s lois syllaniennes, des particuliers surent trouver l'occasion de se les approprier". Il ne fallait pas compter voir refleurir Tagriculture, les scddats* n'avaient aucune ajililude pour les travaux des cbamps; ils n'eurent pas assez d'énergie pour faire les efforts qu'exigeait la remise en cullurt> des terres abandonnées*'. Plusieurs vendirent leurs lots sans tenir compte de la loi qui le leur défendait, d'autres les abandonnèrent pour reprendre du service ou pour venir vivre h Rnnu»; d'autres moururent avant d'avoir constitué une famille, et leurs lots revinrent à TEtal, qui ne sut pas les défendre contre l'ax idito des possesseurs; les latifundia*^ prirent une extension de
«) Strab.,0,1, 2.
^) Sali., Hist., 1, 36D. Cic, Tull., 14. Cf. Diod., 37, M). Oliscq.. Tu, Oros., 5, 22. Eulr., 5, 0. App., b, c, 1, 103,
') Sait., ///s^. 1, 41, 12 D. Cic, de Iny. wj}\, 2, 20. 3, 2, fi. 8. 3, \\ 12. Cf., ad AU,, U 19,4.
*) Sali., Cat., 11. 16. Cic, Cal., 2, 9, 20.
») Cf. SbII., Hirt., 1, 41, 23 D.
•) Cic, de. Leg. agr,, 2, 28, 78. 3, 4, 14.
IV, Î>J TllIOMPIIE ET UÈiiNE DK L'oLhiAKCIIlE 185)
Iilus (Ml plus grande; on l^s lit exploiter par des esclaves, dont Ir nombre devint si considérable dans certaines contrées qu'on [l'iisail plus sV aventurera Autre chose : les nobles, qui avaient rjml»atlu pour exclure le peuple des aiïaires*, considérèrent le pouvoir comme un butin qu'ils avaient à se partager'. Sous les viiix de Sylla son questeur \ P. (lornelius Lentulus Sura, se liwa aux exactions les plus scandaleuses"; le préleur de 81*^, t'.n. r/irnelius Dolabella, bien s<'Condé par son lieutenant et [uoqui'steur, C Verres", ran(;onna de toutes façons la province *le tlilicie\ Des irens bien considérés, comme M. Licinius Crassus, exploitèrent la situation pour faire fortune"; ils profilèrent surtout de la dépréciation produite par les confisrations de Sylla *'\ pour spéculer et acquérir légalement des l'iopriélés très élendues". Le luxe prit un grand développc?iiH-nl, et ttius les vices qu'il entraîne parurent au grand jour '"'. Les hds de Sylla paraissaient bien affermies, elles ne furent pa^i longtemps respectées; du vivant même de leur auteur une J elles, celle (jui enlevait le droit de cité aux habitants de Arri*tiinn, fut publiquement violée par les décemvirs {dccrmviri s'Iuihus jttflicandis); ils reconnurent le droit de cité à une f''iiime d'An-tîtium, que M. Tullius Cicéron s'était chargé de «léfoucire'**. De plus Arrctium, Volalerne conseiTèreut leur l«'mloîre**, la loi de conliscalion ne fut pas exécutée, lesVétéraus flurent être pourvus ailleurs. (l'était bien là une viola-
'■Cic, TttILtS et soq.
•Sull., Hist., 3, 01, U D.
: Sali., i/«^, 1, a5. l, il, 2. 7. 3, Gl, G 1). Cal., 11.
•) Cic, in Vcrr. accus.f i, 14, 37. P. Cornélius Lentulus Sura était l^lielil-fils (le rancien prince du sénat (Cic, CaL, 3, 5, 10. i, G, 13).
'jriul., Cic.,17.
•) Cic, Quinct., 8, 30. 2, 9.
■) Cic, in Vcrr, accus. , 1, 30, 77. 1, 3S, 97. 3, 70, 177. Ps. Ascon., p. i:^. 1G9. 181. Scbol. Gron., j). 390.
*) Cic., in Verr. accus,^ 1, 15, 41. 1, 16,44 et scq. \, 38, 97. Ad., 1,
'J Cic, «fc O/f., 3, 18, 73. 3, 19, 75. Val. Max., 9, 4, 1.
"•) Cic, Bogc. coin , 12, 33.
»')Plut., Crafs.,2. 6.
'•; Sali., Cat., 11.
") Cic.Caw., 33,97.
'^) Cic, ad AU.t i, 19, 4. Fain., 13, 4, 1. 2.
lîM) LA DISSOLUTION DE LA HÉPUDLlOrK IV, î>
lion formelh» d'une loi de Sylla', donl Sylla était seul l'auteur, puisque le peuple, c'est au moins probable', pouvait ne pas être consulté sur une loi qui relirait le droit de cité. Aprrs cette décision des juges, lous ceux qui avaient été dépouillés par Sylla de l'avantageuse qualilicalion de ciloyen la conservèrent". Voici un fait plus significatif : en 79, un marianien déguisé, M. -EniiliusLépidus, gendre de L. Ajqmleius Saturninus, posa sa candidature au consulat, et, malgré les instances de Sylla, le vaniteux Pompée la soutint*. Sylla avait de btmnes raisons pour se délier de Lépidus, bien que ce dernier lui eut rendu des services comme préleur, ce qni lui avait Viilu la province de Sicile''; Lépidus d'ailleurs n'avait pas manqué <le profiler des proscriptions^ et de son fiunée de gouvernement en Sicile pour s'enrichir'.
Aussitôt ([u'il eut pris ])OSsession du consulat, Sylla vivait encore, Lépidus prononça devant le peuple" une vraie harangue de tribun, dans laquelle il demandait la suppression «les entraves gênantes imposées par la constitution syllanîmne. Lépidus n'eut pas, il est vrai, beaucoup de succès, son pre- Uiier contradicteur fut son collègue Q. Lutalius Catulus, le lils du vainqueur des (iimbres^ énergique partisan de Sylla cl de ses réfornuîs^. Un antre dilTérend entre les deux consuls au sujet «le la nomination du pr/rf^'r/tts urhis ferlarum la(hMi*ittn rausa n'eut pas i>lus de conséquence'", mais Lépidus put exploiter, au profil de sa cause, la mort de Sylla. Sylla mourut d'une héuiorragie'* à Puteoli où il s'élail retiré pour se livrer
■') rie, rvir., :w, y?.
*) riut., Sm//., 34. VfmiK, 15. Zon., 10,2.
■'1 rie, m Vt-rr. arcM/»., 3, 9J, L'12.
«^j Sali., Wst., i, 41, 18 D.
') Sali., lUsl,, i, i8, 4 D. Ps. Ascon., p. 100. 203. 206. Cic, in Yerr. acnts,, 2, 3, 8.
•) Cf. Sali., ///*/ ,1,41 D.
») App., b. c, 1, 105. Sali., Hist., 3, 61. 9 D. Ps. Ascon., p. 200. Cf. Val. Uax.,6,9, 5.
") Sali., HM^, 1, 40 U.
*>} Plut, SulL, 37. App., A.c, 1. 105. Val. Max., 0, 3, 8. CF. Plin., 7, 42. 44, 138. 11, 33, 39, 114. 26, 13, 86, 138. Aur. Vio.» Vlr. iU.. 75.Pmis.. 1, 20, 7.
r .#i i f^^Jvifc^ r:»-^-
IV, 9j TRIOMPUE ET RÈG.M: DE LOLUiAIlCHlE IDl
aux plaisirs' fit rédiger ses (^ooimenlaires'. Lépidus vuulul ilaboril s'oppuseràco que l'on fU des funérailles solennelles à l'aucien dictateur, mais Catulus, soutenu par les vétérans et par Cn. Pompée, put faire passer le décret'. Le corps fut ramené de Putcoli à Romo par une escorlc imposante que commandait Pompée; on l'exposa sur le forum, on prononça l'éloge de défunt (iatidalio) . puis on brùlalc cadavre au champ dv Mars. On no sait pas si le dictateur l'avait demandé dans snn testament*, du s) l'idée de le faire ainsi disparaître fut suggérée par L. Marcius Pllillppus^ Le sénat décida qu'on lui élèverait nn monument au champ de Mars à l'endroit où seraient déposées ses cendres'.
Les fêtes étaient à peine finies; les tribuns demandèrent
iiuiiiédiatement aux consuls de rétablir les privili^ges et les
JrniiR du tribunal (potctlas tribtinicia), tels qu'ils étaient avant
la ciiostllution de Sylla. Lépidus s'y opposa'', parce que le
ri-lablisscmenl de la puissance trihunltieunc serait dangereux
pour son parti'; mais il se montra disposé à rétablir les dis-
Iributions de blé, à rappeler les proscrits, à rendre le droit de
nié il ceux qui l'avaient pcrJu dans la dictalure, à restituer aux
l>arliculiers les propriétés confisquées an profit des vétérans'.
ijuîuid il présenta ses rotjaliunes .TJmi/i.v '" (notons en passant
'lu'on ne peut y comprendre une certaine /c.i:ciA«/7«") Catulus
l attaqua avec violence ", et l'appela non sans raison un second
Ciiina". Ces rogations révolutionnaires provoquèrent de
'lPlit„S««.,30. App.,6. c, l, t04.
') Plut., Suit., 37. Lue., 4. Suet., gr., 13. Cf. Oeil., l, 12. 2», tl.
')App„ fi, e., i, lœ. Plut., SuU., 38. Pump., 15.
'I Cm,, leg., 2, 22. 57. Plin , n. h., 7, 5i, 55, 187.
'IGrati, Lie, p. *.3.
') Li»., «p.. 90. Plul., Suit., 38.
') Orw. Lie, p. 43.
'ICf. SoU.,flMi(.. 3. 01,12 D.
'}Aiip., 6. c. I, i07, aran. Lie, p. 43. Sali., //«(., 1, W, 14 11. fur.. 3, 23. M. E»0|.er., c, 6, Cf. Liv., ep., 00. Aur. Vict., Vir. Ut., ^. Scliol. Gron., p. 410.
")Tm., Ann.,3,27.
")M»cr.,Soi,. 3, 17, I:J = 3, f.i, 13.
")App.,b. c, 1, 107. Cic.C»'., 3, m, 24.
tumultueuses assemblées*, Calulus fit opposition, elles ne purent être votées légalement; cependant Gatulus parait avoir fait exception pour la loi frumeutaire qui passa'. Le sujet des autres lois provoqua des troubles en Étrurie'; les habitants de Fésules chassèrent les vétérans et réoccupèrent leurs terres*. Le sénat, dominé alors par un ancien partisan de Marins^ P. Cornélius Cethégus*,crut pouvoir rester maître de la situation sans recourir aux moyens extrêmes : il fit jurer aux deux consuls qu'ils ne feraient pas appel à la force armée*; il crut surtout que le désordre cesserait si les deux consuls quittaient Rome; il leur ordonna donc de se rendre chacun dans une province \ Tun fut envoyé dans la Gaule nârbonnaise, Tautre dans la Gaule cisalpine ; tous deux devaient ainsi traverser rÉtrurie*. Lépidus partit pour la Gaule narbonnaise^ décidé à préparer la guerre civile; il prétendait que son serment de ne pas prendre les armes ne le liait que pour son année consulaire^. Il s'arrêta en Étrurie *% où son armée se grossit d'une foule de mécontents**. Avant de partir pour la Gaule cisalpine, Gatulus fit proposer par un tribun d'ailleurs inconnu, Plautius, uneloirfé? vi^^ : elle établissait une qua'istio perpétua, chargée de juger les violences pareilles à celles dont Lépidus se rendait en ce moment coupable". Ce que nous avançons là est une hypothèse, mais une hypothèse qui se confirme par Texameii de la législation d'alors : la loi présentée par Gatulus {lex Lntatia) pour réprimer les violences de Gatilina et de ses partisans **, est désignée sous le nom de lex Plau-
0 Flor., 3, 23, 5.
*) Gran. Lie, p. 43.
3) Sali., Wst., 1,48, G D.
*) Gran. J.ic, p. 45.
-) Sali., Ilist., i, 48, 20 D. Cf. Cic, Brut., 48, «78.
^') App., b, c, 1, 107. Gran. Lie, p. 45.
") Sali., Ilisl,, 1, 48, 4. 5D.
»•) Sali., Ilist., 1, 44 D.
•") Flor., 3, 23, 5. Cf. Gran. Lie, p. 45.
") Sali., Uisl., 1, 45. 40 D.
'-) Cic.,CcT/., 20,70.
") Cf. Cic, C'a?/., 1, 1.
•*) Cic, ra7.,29, 70.
IV, 9] TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 193
lia devi\ Le danger devenait de plus en plus menaçant, le sénat rappela Lépidusà Rome, sous prétexte qu'il était obligé de présider les comices*. Lépidus ne vint pas, et l'année se passa sans que Ton put procéder aux élections consulaires. Au commencement de Tannée 77, Lépidus put se considérer comme proconsul^, il offrit lescondilions d'un accord au sénat; il demandait pour lui un second consulat \ il exigeait le rétablissement de la puissance tribunitienne^ Le sénat montra enlin de Ténergie : il décida, sur la proposition du .vieux L. Marcius Philippus% que Appius Claudius serait nommé interroi; le proconsul Q. Lutatius Catulus rappelé en toute hàle partagerait avec lui le pouvoir et le soin de veiller au salut de TÉlat^ Lépidus fut déclaré ennemi public®, et sa loi fnimentaire fut très probablement supprimée. Catulus envoya dans la Gaule cisalpine Pompée muni de pleins pouvoirs quoique simple citoyen [privatus cu7n imperioY \ la Gaule cisalpine était au pouvoir de M. Junius Brutus, le tribun de 83, qu'il ne faut pas confondre avec celui qui avait péri en Sicile (voir plus haut page 84) ; il était alors lieutenant de Lépidus *°. Brutus fut attaqué dans Mutina**, obligé de fuir, et égorgé sur l'ordre de Pompée *^; Lépidus, incapable de jouer son rôle*\ fui battu par Catulus près du champ de Mars**; Catulus avait fortement occupé le pont Mulvius et le Janicule*^ Lépidus revint en Étrurie, où il se fit encore batlre, sans doute par
') Sali., Ca^, 31. Schol. Bob., p. 368.
') Sali., J/isr, 1, 48,7 D.
*) App., 6. c, 1, 107. Plut.,Pofn2)., 16. Sali., llist., 1, 48, 15 D.
')Sall,Hwr, 1,48, 14 D.
*) Cic.Prou. cons., 9, 21. Depuis le retour deSylla. L. Marc. Philippus avait constamment soutenu lesoptimates.
') Sali., i/i5^, 1, 48, 22D,
*)Flor., 3,23,7.
') Aur. Vict., Yir, ï//., 77.
*") Plul., ?yi/ij)., 16. Liv., ej)., 90. Zon., 10, 2.
'') Sali., llist., 1, 50 D. ^
'0 Plut., Pom;)., 16. Bmt., 4. Zon., 10, 2. Liv., cp., UO. Gros., 5, 22. Vai..Max., 6, 2, 8.
") Suel., 6\t.s., 3. Sull., Uist., i, 48, 111).
'*)App , h, c, 1, 107.
'■; Fitr., :•, l:3, (i.
194 LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [IV, î)
Pompée, à Cosa*. Il s'enfuît en Sardaigne avec ses troupes', livra de nombreux combats, et périt' pendant l'été ^ avec le préteur L. Valérius Triarius*. M. Perperna conduisit les débris de son armée à Q. Sertorius en Espagne °.
La guerre avait été bien conduite en Italie et en Sardaigne, mais en Espagne Sertorius avait fait de grands progrès', et inquiétait sérieusement le sénat *. En 77, il était maître de l'Espagne. Le danger était d'autant plus grand pour le sénat, que Sertorius ne bornait pas ses ambitions à TafFranchissement de TEspagne. Son principal but était de délivrer Rome du gouvernement des nobles en s'appuyant sur les Espagnols ® disciplinés à la romaine *^ Quand M. Perperna Tcut rejoint, il constitua avec les Romains qui l'accompagnaient un sénat de trois cents membres**, pour montrer que le vrai gouvernement de la République n'était pas à Rome, mais dans son camp. C'est ce que montrera plus tard son attitude à l'égard de Mithridate **. On devait craindre que Sertorius, dont les forces étaient aug-
*) Rut., Namat. de reditu. 1, 297, Exup., c. 6. Oros,, 5, 22.
«) Sali., Hist., 1,54 D.
') App., 6. c, 1, 107. Plut., Pomp,, 16. Liv., ep., 90. FJor., 3, 23, 8.
♦) Eutr., 6, 5.
^) Ascoa.,p. 19, Exup., 6. Cf. Gic, in Verr. accus,, 1, 14, 37.
•) App», b. c, 1, 107. Plut., Sert., 15. Suet., Cœs., 5. Exup., 7.
') En 80, Sertorius avait complètement battu le prédécesseur de Metellus, Fufidius (Plut , Sert. y 12. Sali., Hist.y i, 68 D); Fufidius fut obligé d'appeler à son secours le gouverneur de l'Espagne citérieure, M. Domitius Calvinus (Sali., Hist., 1, 69 D. Apud Plut., Sert., 12, au lieu de AûjUtiov Iï%ol\ Aovdiovil faut lire Ao(iItiov 6è KaXo'jîaiov ou Kï)io'jîvov). Sertorius battit ensuite les lieutenants de Metellus, Thoranius ou Thorius (Plut., Sert., 12. Flor., 3, 22, 6), et L. Domitius Ahenobarbus (Liv., ep., 90. Flor., 2, 22, 6. Oros., 5, 23. Eutr., 6, 1, lui donne faussement la qualité de préteur); Metellus lui-même fut dérouté par la nouvelle manière de combattre qu'avait imaginée Sertorius (Plut., Sert., 12. Pomp., 17); il laissa battre Calvinus par Hirtuleius, questeur de Sertorius, et dut appeler à son secours le proconsul de la Gaule Narbonaise, L. Manlius (Plut., Sert., 12). Maalius fut encore malheureux (Liv., ep., 90. Cœs., 6. g., 3, 20. Gros., 5, 23), el Metellus dut renoncer à son projet d'envahir la Lusitanie (Plut., Sert., 13). •) Sali., His^, 1, 54D.
») Plut., Sert., 22.
»o) Plut., Sert., 14. Cf., Cœs., b.g., 3, 23.
«') App., b. c, 1, 108. Iber., iOl. Mithr., 68. Plut., Sert., 22.
") PÏMl., Sert., 23.
lY, 9j TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGÂRCUIE 195
mentées depuis Tarrivée de Pcrperna^ ne parut immédiatement en Italie ' .
Pompée exploita la situation : il avait conservée l'armée avec laquelle il avait combattu Lépidus; il força le sénat à l'envoyer en Espagne contre Sertorius. Catulus le soutint, et montra qu'aucun des consuls de 77 n'était capable d'aller combattre en Espagne comme proconsul'; ces deux consuls étaient D. Junius Brutus, et Mam. iËmilius Lépidus Livianus' élus grâce à leurs amis, et surtout parce qu'aucun citoyen connu D*avait brigué la première magistrature ^ Le sénat hésitait, il allait violer la loi Cornelia de provinciis ordinandis, car Pompée n'était que simple chevalier; on le chargea cependant du commandement à la place du consul Iprocofisule), ou plutôt, ce fut Philippus qui trouva l'expression ironique, à la place des consuls, pro consiilibm^. Métellus conserva le gouvernement de l'Espagne ultérieure, Pompée lui fut adjoint et eut les mêmes pouvoirs [imperium) que Métellus*. En quarante jours, Pompée réunit une grande armée; à la fin de 77 il franchit les Alpes, traversa la Gaule, et arriva en Espagne\ Les progrès de Sertorius eurent pour conlre-coup, à Rome, la réorganisation de l'opposition marianienne. En 76, le tribun Cq. ou L. Sicinius parla dans les assemblées de rétablir Tancien tribunat*; les tribuns, depuis 80, avaient été, surtout M. Terpolius', des serviteurs dociles des Oplimates; le nouveau tribun préparait à ce parti de nouvelles tribulations*^. Les consuls C. Scribonius Curio** et Cn. Octavius essayèrent de
*) App., 6. c. 1, 108. lier., 101.
') Cic, FhU., il, 8, 18. Dio G., 36, 25 B.
') Obseq.,58.
*)Sall.,/fM(., 1, 52. 53 D.
*) Cic, leg. man., 21, 62. PAi/., 11. 8, 18. Cf. Schol. Gron., p. 442. Aur. Vict., Vir. ilL, T7. Oros., 5, 23. Dio C, 36, 27.
•) PluL, Pomp., 17. App., 6. c, 1, 108. Iber., 101. Liv., cp., 91.Zon., 10,2. Val. Max., 8, 15, 8. Eutr., 6, 1. Flor. 3, 22, 5.
') Sali.. Hist., 2, 96, 4 D. App., b. c, 1, 109.
') Sali., Uist., 3, 61, 8 D. Ps. Ascon., p. 103.
') AscoQ.^ p. 81.
") PiuU, Cross., 7.
"; Il a?ait été tribun en 90, et avait servi sous Syila contre Mitbridate nul., Su^., 14. Mithr.,60).
l'attaquer dans une assemblée que le tribun avait lui-même convoquée*. Ils ne purent faire taire le tribun, alors Curie eut recours aux grands moyens : il intenta contre le tribun une accusation, lui reprocha d'avoir violé la loi Cornelia de tribunicia potestate', faute qui devait être punie d'une amende; en le traînant devant les tribunaux, il le mit hors d*état de continuer son opposition'.
En 78, le tribun Q. Opimius recommença la lutte*. Nous ne savons pas exactement comment il s*y prit, mais nous savons que le peuple payé pour cela^ attaqua les deux consuls, L. Octavius et C. Aurélius Cotta, au moment où ils accompagnaient sur la via sacra un candidat à la préture, Q. iEmilius Métellus, qui fut plus tard surnommé le Cretois*. Les consuls se refugiferent dans la maison d'Octavius, ils furent très embarrassés pour se tirer de là : ils ne pouvaient offrir au peuple aucun avantage matériel qui put le désarmer' ; la situation financière en effet était déplorable par suite des dépenses qu'exigeaient la guerre d'Espagne, les préparatifs contre Mithridate, et par suite aussi des pertes journalières que les pirates faisaient éprouver au trésor. Le grand orateur C. Aurélius Cotta crut pouvoir apaiser le peuple : il proposa la loi Aurélia de potestaie tribunicia^ sur la demande de Opimius*: elle rendait aux tribuns la faculté d'arriver aux fonctions curules', et supprimait peut-être aussi Tobligation de prendre les tribuns parmi les sénateurs *°. Cotta donna aussi une loi Aurélia dejudiciisprivatîs^^, que nous connaissons mal, mais qui devait nécessairement accorder des avantages au peuple.
») Cic, Brut., 60, 217. Quint., H, 3, 129. Sali., UUt,, 2, 35 D. Cf. Val. Max., 9, 14, 5. Plin., n. h., 7, 10, 12, 55.
*) Cf. Cic, in Verr, accus,, 1, 60.
3) Sali., nist.,3, 61,8. 10 D.
*) Cic, in Verr, accus,, 1, 60. Ps, Ascon., p. 200,
^) Cf. Plut., Cic, 6. Cic, Plane, 26, 64. in Verr, accus, 3, 92, 215.
6) Sali., Hist,, 2, 40 D.
^) Sali., HisL, 2,41, 7 D.
«) Ps. Ascon., p. 200.
») Cic, Curn. fi\, 1,27. Ascon., p. 78. 66. Ps. Ascon,, p. 200. Sali., llisl., 3, 61, 8 D.
*«) Cf. Cic, Chienl., 40,112.
*') Ascon., p. 67,
IV, 9] TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 197
Ces quelques réformes irritèrent fort le parti des nobles*, à tel point que Colta, très versatile en politique', se crut obligé de faire lui-même au sénat la proposition de supprimer ses fois'; en 74, le frère de Cotta, M. Aurélius Cotta, supprima la loi de Judiciis privatisa. On alla plus loin, Tancien tribun Q. Opimius dut payer une amende pour n'avoir pas tenu compte de l'article de laloi Cornelia qui concernait l'intercession. L'amende fut fixée par le préteur urbain C. Verres en 74 : Opimius perdit toute sa fortune*.
En 74 cependant, un tribun d'origine obscure ', L. Quinctius, reprit avec une grande énergie', la lutte contre les grands et contre les institutions de Sylla*; il fut soutenu, à ce qu'il semble, par l'ancien ami de Marins, P. Cornélius Célhégus*. Le consul L. Licinius Lucullus réussit à le calmer par son influence personnelle, et le décida à retirer ses propositions *°. Quinctius, du reste, obtint un avantage : il fit échouer les tentatives des grands pour faire rapporter la loi Aurélia de tribunicia potestate. A la fin de son tribunat**, il eut encore la satisfaction de découvrir après une enquête les preuves de la corruption des juges sénatoriaux déjà si impopulaires**; il ouvrit aussitôt la campagne contre la loi Cornelia judiciaria*'. A ce moment les embarras du gouvernement ne venaient pas seulement de l'opposition tribunitienne, les relations ex- Imeures étaient mauvaises**. Appius Claudius, consul de 79, avait commencé et continué comme proconsul des opérations
'J Cic, Corn, fr.^i^ 27, *) Q. Cic, Pet, C0715., 12, 47.
\ Cic, Corn, fr,y 1, 8. Ascon., p. 66. *) Cic, Corn, fv,, 1, 9. Ascon., p. 67,
^) Cic , in Yerr. accus. y 1, 60. Cf. Cic, Clmnt.y 33, 90 ot seq. Kic., C/Mcnf., 40, 112,
') Cic, Clxient , 34, 94. 40, HO-. Cf., Brut., 62, 223. ') Ps. Ascon., p. 103. Plut., Lwc, 5.
') Plut., Luc, 5. Cf. Cic, Cluent., 31, 48. "*j Plut., Luc, 5. Sali., Eût., 3, 61, 11 D. ") Cic, CluenL, 33, 90. 39, 108.
'^)Cic, C/Men<.,22, 61.
") Cic.,C/Me^l^, 27, 74. 28,77. 29, 79. Ps. Ascon., p. 141. Cf. p. 127. Schol. Gron.,p. 386. 395.
'*) Sali., HhL, 2, 41 D.App., h. c, 1, 111.
militaires contre les peuples des frontières septentrionales de la Macédoine*; après sa mort", son successeur C. Scribonius Curio leur avait donné depuis 75 une grande extension*. P. Servilius Vatia, consul aussi de 79, avait faîl, comme gouverneur de Cilicie, une campagne de trois ans contre les Isauriens pour arrêter la piraterie; il fut surnommé Isauricus et revint triompher à Rome en 75*, mais il ne détruisit pas la piraterie ^ Il fallut en 74 donner au fils de Forateur M. Antoine chargé pendant sa prélure de la répression des pirates, il fallut lui donner la surveillance des côtes [Cura orœ maritimœ) sur plusieurs provinces ; son pouvoir ne fut pas délimité [imperium infijiitumy ; or M. Antonius était incapable de remplir cette mission'', il avait été désigné sur les instances du consul M. Aurelius Colta et du tout puissant P. Cornélius Céthégus*. On s'aperçut aussi que Cyrène , exposée aux attaques des pirates, avait besoin d'une nouvelle organisation. Cyrène avait été donnée à la république par le roi Apion en 96®, mais on n'en avait pas fait une province*®, on l'avait rattachée à l'Afrique ou à la Macédoine. On chargea le questeur P. Cornélius Lentulus Marcellinus (75), en qualité de questeur pro pnetorCy d'organiser et de gouverner Cyrène".
En Asie venait de surgir une difficulté bien plus sérieuse : le roi Nicomède était mort en 75 ou 74, et avait légué son
*) Liv., ep.t 91. Oros., 5, 23. Obseq., 59.
«) Eutr., 6,2. Oros., 5, 23.
») Liv., ep., 92. 95. Eutr., 6, 2. Oros., 5, 23. Sali., Hist., 2,33. 2, 41, 7. 3,8. 4, 68 D. Front., Slrat,, 4, 1, 43.
*) Liv.,ep. 90. 93. Eulr., 6, 3. Fior., 3,6, 1-5. VelL, 2, 39. Gros., 5, 23. Cf. Strab., 12, 6, 2. Suet., Cœs.y 3. Sali. Hist,, I, 78 et seq. 3, 53 D. Front., StraL, 3, 7, 1. Ammian. Marc, 14, 8, 4. Cic, in Verr, accus., i, 21, 57. 3, 90, 211. 4, 10, 21. 4,38, SI. 5, 26. 66. 5,30, 79; Leg. agr,, 1, 2, 5. 2, 19, 50. Leg, man., 23, 68. Flacc , 3, 6. Pb. Ascon., p. 173. Schol., Gron., p. 404. L L. A., p. 559.
«) App., Aft7Ar., 93.
6) Vell., 2, 31. Cic, in Verr. accus., 2, 3, 8. 3, 91, 213. Ps. Ascon., p. 122. 176. 206. Schol. Bob., p. 234. Sali,, Hist.,3, 54 D.
^) Plut., Ant., 1.
«) Ps. Ascon., p. 206.
«) Obseq., 49. Cassiodor., p. 620. (Mommsen).
*o) Lir., ep., 70. Plut., Luc, 2. Jos. Ant. Jud., 14, 7, 2.
") Sali., Hist., 2, 39 D. Cf. App., 6. c, 1, 111. Mithr,, 121 .
IV, 9] TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 199
royaume de Bithynie au peuple romain*. Mithridate avait profité de l'occasion pour recommencer la guerre ; il y songeait depuis longtemps*; il avait bien accueilli les lieutenants de Fimbria, L. Fannius et L. Magius^ et, par leur intermédiaire, il espérait s'allier avec Q. Sertorius. Il promit à ce dernier trois mille talents et quarante vaisseaux; si Sertorius remportait, il lui abandonnerait la possession des deux royaumes de Bithynie et de Cappadoce. Sertorius lui envoya un général, M. Varius (ou Marins) avec un corps d'élite*.
Au moment même où le sénat apprenait que Mithridate avait fini ses préparatifs*, il recevait une lettre de Pompée*. Il avait, en 76, battu M. Perperna et C. Herennius' ; mais il ayait été ensuite trompé par Sertorius* et battu à Lauron'; Métollus avait remporté un avantage près dltalica sur Hirluleius, le questeur de Sertorius **. En 75, Pompée qui avait voulu combattre près de Sucro, sans attendre Métellus, avait été de nouveau battu**. ' Réunis, les deux chefs romains purent remporter une victoire à Sagonte *% mais Sertorius gardait l'avantage *^ etles proconsuls manquaient de ressources pour donner aux opérations une impulsion efficace**. Pompée
') App., Mithr., 7, 71. 6. c, 1, 111. Liv., ep., 93. Eutr., 6, 6. Sali., ««r,4,61, 9D.
*) App., MUhr., 67. Sali., Hist., 1, 48, 8. 2, 41, 7 D.
*) Cf. Cic, in Yerr. accus,, 1, 34,87.
^] Plut., Sert., 23.24. Luc, 8. 12. Gros., 6, 2. App., Mithr. ,6S. H2. Ps. Ascon., p. 183. Liv., ep., 93. Flor., 3, 22, 4. Cf. Sali., Hist., 2, 49. 3, II. 12 D. Cic, Mur., 15, 32. de Leg. man., 4, 9.
'] Plut., Luc., 7. App., Mithr., 69. 70.
*) Sali., Hist., 2, 96 D.
' Plut., Pomj)., 18. Sali., Ilist., 2, 96, 6. 2, iS D.
') Cf. Liv., /T. lib., 91.
•) App., h. c, 1, 109. Plut., Sert., 18. Pomp., 18. Front., Strat., 2, 5, 31. Oros., 5, 23. Flor., 3, 22. 7. Liv., ep., 92. Obseq., 58. Sali., Ilist., 2, 96,5. 2, 15. 16 D. Schol. Bob., 235.
^") Liv., ep., 91. Oros., 5, 23. Aur. Vict., Vir. ill., 63. Front., Strat., ^J,2. 2,3, 5. 2, 7, 5. Sali., Hist., 2, M D.
") PluL, Sert., 19. Pomp., 19. App., 6. c, 1, 110. Liv., ep., 92. Obseq., 59. Cic , Ba/6., 2, 5.
'«) App., b. c, 1, 100. Plut., Sert., 21. Sali., /fi5^,2,21. 22 D. ") Liv., ep.,9Z. 93. Obseq ,60. App., 6. c, 1, 112. Gros., 5, 23. Sali., ffisl., 2, 41, 6D. Cf. Cic, Font., 2, 4. 3, 6. '*) Plut., Ser^, 21. Pomp., 19.
exigea des renforts, menaça le sénat, déclara qu'il quitterait l'Espagne, et que la guerre aurait alors Tltalie pour théâtre *. Le consul L. Licinius Lucullus voulut se donner le mérite de faire sortir la république de tous ces embarras. Lucullus pendant sa questure avait accompagné Sylla en Asie et lui avait rendu de grands services à partir de 87'; il n'était revenu qu'en 80; en 79, il avait été édile curule' avec son frère M. Terentius Varro Lucullus, qui avait aussi servi Sylla, mais, pendant la guerre civile \* en 78, il fut préteur et eut le gouvernement de l'Afrique \ Sylla avait pour lui une grande estime, il lui avait dédié ses Commentaires et, en mourant, il lui confia la tutelle de ses enfants®. Lucullus était jaloux de Pompée, qui avait été plus heureux que lui jusqu'alors; il accepta cependant de faire droit à ses exigences ; il calculiiit que, si Ton refusait. Pompée reviendrait à Rome, et se ferait donner la direction de la guerre contre Mithridate\ On envoya deux légions à Pompée®. Lucullus voulait avoir le commandement de 1^ guerre d'Asie, or le sort lui avait attribué la Gaule Cisalpine^; après la mort de L. Octavius, gouverneur de Cilicie, Lucullus par l'intermédiaire de P. Cornélius Céthégus, son ancien adversaire — il le gagna au moyen d'une courtisane — se fit donner la Cilicie au lieu de la Gaule*®. Quand il eut obtenu la Cilicie, il ne lui fut pas difficile d'obtenir aussi la direction de la guerre contre Mithridate, on lui ouvrit un crédit de 3,000 talents** : son collègue M. Aurelius Cotta, aussi ambititieux et aussi jaloux que lui, sefitdonnerla Bithynic avec la mission spéciale de défendre la Propontide*-.
*) Sali., Wnt., 2, %, 10 D. Plut , Sert., 21. Pomp„20.
2) Plut., Lmo., 2-4. Sm//., il. Cic, Acad,, pr., 2, 1, 1. App., Mithr., 33.51.56.
') Plut., Luc, i. Piin., w. /t., 8, 7, 7, 10. Val. Max., 2, i, 6. Cic, Oyf.,2, 16,57. Gran. Lie, p 30.
*) Plut., Sm//.,27.
=) Cic, Anad, ;)r., 2, 1, 1. Aiir. VicL, Vir. i7/., 74.
^) Plut., Luc, î.
■') Plut., Luc.y 5. Pnmp,, 20.
'') App., 6. c, I, 111.
») Plut., Lur.,o.
'«) Plut., Luc, 6. Cf. Cic. Parai., 5,3, 40.
") P\ul.,Luc, 13.
•-) Plut., Luc, 6. Cf. Cic. Mur., 15. 33. Cf. Dio C, 36,40 B.
IV, 9] TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 201
Quant à affirmer que Lucullus eut en même temps la province d'Asie, pu ne le peut guère, les témoignages n'ofTrent pas un accord suffisant.
Telle était la situation au dehors; à Rome le tribun C. Licinius Macer' recommença la lutte en 73 contre les nobles et contre la constitution. Il mit en accusation G. Rabirius' qui se vantait d'avoir assassiné Satuminus, mais ne put obtenir de condamnation ; il prit la défense des Toscans dépouillés de leurs biens en faveur des vétérans', et demanda encore une fois, sans détour, le rétablissement de Tancicn tribunat^. C. Macer trouva un allié inattendu dans la personne du jeune C. Julius Caesar^. César soutint les revendications de Uacer en faveur des provinciaux expulsés de leurs propriétés, et prononça un discours en faveur dusamnite Decius Qoro Decio Samnitey. César était gendre de Cinna ; malgré les instances deSjila, il n'avait pas voulu répudier sa femme; il fut proscrit, on lui enleva l'expectative du titre de Flamine de Jupiter auquel il tenait peu, et qu'on lui avait promis quand les partisans de Marins étaient au pouvoir'', il aurait été frappé plus sévèrement sans Tintervention des Vestales, de Mam. iEmilius Lépidus et de M. Aurélius Cotta*. En 80, il servit en Asie èous le propréteur M. Minucius Thermus; il se signala au siège de Mitylène qui n'avait pas voulu céder, même depuis que la paix était signée entre Mithridate et les Romains'. Il servit quelque temps sous P. Servilius Vatia; quand il apprit la mort de Sylla, il revint à Rome, mais fut assez prudent pour ne pas se compromettre avec Lépidus *°. En 77, il porta une accusation** contre Cn. Cornélius Dolabella, le consul de
')Cf. Cic, Brui., 67, 238.
') Cic, li<ï6. perd., 2, 7.
^) Prise , 10,42. p. 532 H.
*)Sall,, Eisi., 3,61 D.
*) Suet., Ca?«., 5.
•) Tac, DiaU, 21. Cf. Cic, Cluent,, 59, 161.
•) Suet., C«5., 1. Vell., 2, 43. Cf. Dio C, 54, 36. Tac, Ann., 3, 58. '; Suet., C3B8., 1, Plut., Cxs., 1. Vell., 2, 41. Dio C. 43, 43. '') Suet., Ca?5., 2.
'") Suet., Ca?5., 3.
"') Suet., Ca?5., 4. 49. Plut., Cxs.^ 4. Ascon., p. 26. Gell,. 4, 16, 8. Tac, I^i<34. Vell., 2, 43.
202 Là DISSOLUTION DE Là RÉPUBLIQUE [IV, 9
81, qui avait gouverné la Macédoine et obtenu le triomphe* ; Dolabella fut défendu par C. Aurélius Cotta et par Q. Hortensius', et acquitté'; mais César avait eu l'occasion d'étaler son éloquence et de se faire remarquer*. En 76, il accusa C. Antonius, le second fils du grand orateur; C. Antonius avait rançonné, pillé la Grèce pendant la guerre de Sylla*^ ; aux jeux de 81 on l'avait vu descendre dans l'arène et conduire un char; César le poursuivit, au nom des Grecs, devant le préteur des étrangers, M. Terentius Varro Lucullus\ C. Antonius échappa à une condamnation en se mettant sous la protection des tribuns\ César s'éloigna de nouveau de Rome, et alla à Rhodes sous prétexte de perfectionner ses études; il fut pris par les pirates et s'échappa de leurs mains on sait comment'; il réunit une petite troupe et défendit les villes grecques contre un général de Mithridate qui voulait les détacher de Rome*.
Il revint pour entrer dans le collège des pontifes qui Tavait choisi (par cooptation) *° pour remplacer C. Aurélius Cotta*', mort en 74; le peuple le nomma à une grande majorité tribun des soldats ^\
Il prêta son appui à C. Licinius Macer ; Maccr échoua quand mème*^, mais les optimales comprirent qu'il fallait faire quelque concession *^ Les consuls de 73, C. Cassius VarusetM. Terentius Varro LucuUus présentèrent une loi Terentia Cassia frumentaria^^; elle rétablissait*' les distributions de blé, suppri-
*) Cic, Pis.y 19, 44. Suet., Cœs., 4.
*) Cic, Brut., 92, 317. Val, Max., 8, 9, 3.
5) Aur. Vict., (Vir. ilL, 78) se trompe. Ps. Ascon,, p. 110. 169. *) Suet., Cœs.y 55. Cic.,Bni/., 72, 75. Empor., Rhetor,, p 568 Halm. ^) Ascon., p 89.
«) Cf. Cic, TulL.S.
^) Ascon,, p, 84. Q. Cic, pet, cotis.y 2, 8. Plut, se trompe €œs„ 4. 8) Suet., Caes., 4. Plut., Cœc, 12. Vell., 2, 41. Val. Max., 6, 9, 15. ») Suet., Cœs., 4.
*0) Cic, Pis., 26, 62. Ascon., p. 14.
*•) Vell., 2,43.
**) Suet., Ca?5., 5. Plut., Ca?5.,5.
'3) Sall.,flwt.,3, 61, 11 D.
**) Sali., His^, 3, 61, 21 D.
»^) Cic, in Verr. accus., 3, 70, 163.3, 75, 173.5,21,52. •6) Sali., Hist., 3,61, 19D. Cf. Cic., Se5^, 25,55. Ascon., p. 9. Plut., Cat. min., 26. Cxs., 8.