IV, 12) LK CONSULAT DE 31. TULLIUS CICÉRON
les principaux optimales*. Cicéron réunit le sénat le 21 octobre et annonça ce qui se préparait^. Enfin le sénat se décida à «léclarer qu'il y avait tumulte [tumultus)^ qu'il fallait poursuivre les coupables, et invita les consuls à prendre les mesures nécessaires, 7ie quid respublica detrbnenti caperct^. Ces mesures suffirent, le 28 octobre il ne se passa rien d'extraordinaire ^, et on recommença à dire que Cicéron avait calomnié Catilina"'. Ce dernier reprit de Tassurance : accusé de violence en vertu de la loi Plautia% par Céthégus et par L. /Emilius Paulus, le fils aine de M. .^Emilius Lepidus^ il offrit de se constituer prisonnier [libéra custodia) chez M. .Emilius Lépidus, chez Cicéron lui-même, chez Q. Métellus Celer ; unfin M. Métellus consentit à le garder '.
Sur ses entrefaites on reçut des lettres d'Étrurie; L. Sa;nius les lut au sénat; Manlius avait réellement pris les armes le 27 octobre ; on apprit aussi qu'une révolte des esclaves était imminente à Capoue et en Apulie*. Le sénat envoya Q. Marciiis Rex à Fésules. Q. Métellus Créticus en Apulie ; tous deux attendaient le triomphe, et avaient conservé leurs pouvoirs \imperinm)\ le préteur Q. Pompeius Rufus fut chargé d'aller à Capoue, Q. Métellus Célcr dans le Picénum ; tous avaient pleine autorité pour lever des troupes*^ On promit des récompenses à ceux qui révéleraient les noms et la retraite des conjurés; on fit interner les gladiateurs sur différents points de rilalie**. A Rome on établit des gardes de nuit sous la direction des magistrats inférieurs*-. Toutes ces mesures pré-
*) Cic, Cflt., i, 3, 7. Jour de jeux, par conséquenl on n'aurait pas dû supposer que les comices pouvaient avoir été convoquais pour ce jour.
») Cic, Cat., 1, 3,7,
') Cic, Cai., 1, 1, 3. 1, 2, 4. 1, 3, 7. ad Ali,, 10, 8, 8. Ascon., p. 6. Dio C, 37, 31. Plut., Cic, 15. Sali., C«^, 29.
*) Cic, C(ir.;i,3, 7.
») DîoC, 37,31.
'•) DioC, 37,31. Sali., Cal., 31. Schol. Bob., p. 320.
') Cf. VelL, 2, 67.
•) Cic, C/a., 1, 8, 19. Dio C, 37, 32.
») Sa!l., Cat , 30.
•«) Sali., Cal., 30. 42. Cic, Cal., 2, 3, 5. 2, 12, 26. Scsi., i, 9 et seq* riul., Cic, 16. App., 6. c, 2, 3.
«•) Sali., Coi., 30.
•«) Sali., Cat», 30. App., 6. c.,2, 3. Cic , Cat», \, 1, 1.
veniîvos empêchèrent Caiilinade se ivndre maître de Préncsle le 1" novembre : il devait surprendre la ville de nuil, la tentative échoua*.
Catilina réunit les conjurés chez M. Porcius L.'vca-; là on distribua définitivement les rôles*'. Cette réunion cul lieu dans la nuit qui suivit les noues de novenïbre. C. Cornélius et L. Vargunteius'*, se chargèrent de poignarder Cîcéron le matin même, c'est-à-dire le G novembre': mais comme la réunion se prolongea fort avant dans la nuit, ils renvoyèrent Texécution de leur projet au lendemain matin, 7 novembre''. Cicéron se trompe dans le discours /yro Siilla où il déclare ijue la réunion des conjurés chez La'ca eut lieu dans la deuxième nuit^ qui suivit les nones; il est plus simple d'admettre cette erreur que de torturer les ti?xtes, comme Ta fait Mommsen; pour Mommsen le dies postenis nonanim novonhrium désignerait les nones, et il prétend que les élcclions avaient eu lieu la veille ; (»r les élections étaient faites depuis plusieurs jnurs et, dans tous les cas, elles n'auraient pu avoir lieu h 4 novembre, qui était le premier jour des jeux plébéiens. Cîcéron sut dès le 6 que la réunion avait eu lieu, prît ses nu^sure;' pour déjouer la tentative des conjurés dans la matinée du 7^ et convoqua pour ce jour le sénat dans le temple de Jupîtei Stator'. Il avait à ce moment des preuves certaines, il savaîi ce qui s'était dit dans les réunions des deux nuits précé^lentes*** alors le7 novembre, 18 jours après le 21 octobre**, il prononç»! sa première Catiliuaire, dans laquelle il sommait Catilina d« quitter Kome. Cicéron voulait, en agissant ainsi, empêcher h
') Cic, C'tt., 1, 3,8.
*) Cic, rat., 1, 4, 8. \). 2, 0, 12. Sali, dit., L'7. 28, ^- Cic, SV/o tî^, ii2. Cf. C</^, 2, 3, 0. *) Va non Marcius et CiHhégus comme le dit Plut., CVc, 10. 0 Cii;., (^ï^, 1, 4, 0. Sali., (•«^, 28. Dio G., 37, 32. CF. Cic, SuU G, 18.
«) Cic, Ctl^, 2,0, 12etseq.
•) Cic, 8m//., 18,52.
") Cic, VaU, 1,4,10.
î") Plut., Vk., 10. Cic, Cal., I, 5, 11. 2, 6, 12. '") Cic, Cat,, 1, 1, 1. 1,4, 8. 2, 3, 0. 2,0, 12. 13. *') Ascon., p. G.
IV, 12] LE CONSULAT DK M. TILLIUS CICÉKON 27H
soulèvement d'éclater dans Rome; les conjurés restés dans la ville se trahiraient plus facilement, et tout danger immédiat serait écarté*. Calilina essaya de répondre àCicéron*; mais les dispositions du sénat étaient telles qu'il sortit du sénat, et hâta' son départ de Rome qui était, du reste, déjà décidé \ Le lendemain', le 8 novembre, (jcéron prononça devant le pouple la seconde Catilinaire; il voulait renseigner \v peuple sur ce qui se passait, dissiper ses inquiétudes, et le décider à rester calme.
Catilina sortit de Rome par la voie Aurélia", et gagna leulemont rÉlrurie. Il écrivit à plusieurs sénateurs des lettres où il annonçait son départ pour Marseille^ ; il eu écrivit une en particulier à son ancien protecteur Q. Lutatius (iatulus, dans laquelle il essayait de justifier sa conduite, et lui recommandait sa femme Aurélia Orestilla'. Il s'arrêta quelque temps àArrélium chez Flaminîus% puis se rendit, rev-étu des insiimes consulaires, dans le camp de Manlius'^. Manlius avait déjà entamé des négociations avec Q. Marcius Rex; il s'était plaint au nom des plébéiens de la dureté des usuriers et de la manière dont le préteur rendait la justice'*. Marcius avait répondu qu'il fallait d" abord déposer les armes, et s'adresser ensuite au sénat pour demander le redressement des griefs*-. Mais il était trop tard; le sénat décida qu'il ac^(»rderait leur pardon aux conjurés sous condition *'*; il exceptait Catiliua et Manlius qui furent déclarés ennemis de la République {/tosfes
') C\c., cm., 1, il, 27 et seq. 2, 2, ;^.
*) Cic, Co<., 2, 4,6.
■) SalU, Cal., 34. «j Sali., Car, 35.
*) Sali ,Cae.,36.
«•) Sali,. Cat., 26. Dio C, 37, :3. Plut., Cic, 10. App., h v , 2, 3< Oie, tVit.,2,6, 13.
«•) SaU.pCtt(.,33.
••) Sali., Col., 34.
«*) Sali., C(U., 36-
274 LA DISSOLU nON DK LA HÉPtlBLKjri;: [IV. \'2
reipublicœy^ le consul Anlonius fut chargé de marcher conliv eux avec 20,000 hommes-,
A Rome, les partisans de Catilina se plaignirent que ('icéron eût envoyé Calilina en exil sans jugement; ils répétaient que Catilina avait poussé la déférence jusqu'à se soumettre et qu'il allait à Marseille ^ La haine du peuple pour Cicéron pouvait s'accroître, la situation devenait de plus en plus critique pour le consul^ Le fils d'un sénateur, A. Fulvius, comptait si bien sur le succès de Catilina qu'il voulul partir pour aller le rejoindre dans son camp ; on l'arrêta el on le ramena à son père qui le mit à mort"'. A Rome P. Lenlulus Sura avait pris la direction du parti'''; Célhégus et Autronius l'assistaient". Voici leur nouveau plan : on attendrait pour agir à Rome que Catilina eût remporté quelques succès en Elrurie ; le 10 décembre, jour de son entrée en fonction, le nouveau tribun L. Calpurnius Bestia", devait soulever h peuple en parlant contre l'administration de Cicéron*; pendant la nuit des saturnales^", on allumerait des incendies sui douze points différents, et on égorgerait en masse les optimales**. Céthégus était chargé de faire assassiner les séna teurs, surtout Cicéron *^; L. Cassius Longinus, aidé de Statiliu: et de Gabinius, devait allumer les incendies sur les différent: points de la ville marqués d'avance *'. Or, le jour des satur nales était encore éloigné; d'après l'ancien calendrier elle: tombaient le xui des calendes de janvier, par conséquent K
•) Sali., O//., :V). Dio C, 37. 33.
2) Sali., Val. y 3G. Plut., Cic, 10. iJio C, 37, 33. TJ". Cir., .W«r., ;^.i • «) Cic. (V/^/J, 0,7.
*) Sali., Crt/.,:«5-39.
S) Sali., Crt^, 31). Dio T.. 37, 3<î. Val. Max., 5, «. 5.
'^ Cic, SulL, 11, 33. Sali , Cat„ 32. IMiit., fie, 17. (><., 7. Oïf, mm., il,
') Cic, SulL, 5, 10.
») Plut., r,V., 23. Cf. Cic, VhiL, 11, 5, 11. nd Brut., 1, 17, 1.
») Sali., Val. y 43. Cf. App., h, c, 2, 3.
»») Plut., r/c, 18. Cic, Cat,, 3, 4. 10. 3, 7, 17. Diod., HUi. yr. Fraam. tome II, p. XXVI.
") Sali., Cai., 43. Plut., /Vc, 18. App., b. c, 2, 3. Dio C, 37, 3*
*-*) Cic, Sm//., 19. 53. Sali.. Cat., 43. Cf. Plul., Ck., 16.
'3) Cic, SiiU., 10, 53. Cat., 3, 6, 14. SiU., CaL, 43.
lY, {2\ LK CONSUr.AT DE M. TULLU S «.ICÉIUJ.N 273
17 décembre*; les conjures claieul doue on ne peul plus imprudents (le fixer un jour aussi éloigné; c'est ce que leur avait, «lu reste, représenté Tardent et énergique Céthégus^
Ce fut une imprudence bien plus grande encore de mettre dans le secret de Tentnîprise les députés des Allobroges venus à Home pour régler certaines difficultés ^ A ce moment régnait une grande agitation dans les deux Gaules*; on espérait provoquer une véritable révolte. Il fut décidé que les Allobniges fourniraient de la cavalerie à Catilina\ Les ambassadeurs demandèrent conseil à leur patron, Q. Fabius Sanga; Sanga avertit immédiatement Cicéron*^. Ce dernier les fil •engager à communiquer avec les conjurés; puis, quand dans la nuit du 2 au 3 décembre ils sortirent de Rome accompagnés par ï. Volturcius de Crotone, Cicéron les fil arrêter sur le puni Mulvius par les préteurs L. Valérius Flaccus et ^î. P(>n>plinus\ Ainsi les lettres que les députés portaient à leurs chefs, et celles que Volturcius devait remettre àCatilina, tombèrent entre les mains de Cicéron.
Au point du jour, le 3 décembre *, on arrêta Lentulus, Céthé- Pis, Gabinius et Statilius^ Cicéron convoqua le sénat dans le temple de la Concorde'", et fit comparaître les prisonniers, Volturcius elles députés des Allobroges**. Les U-ltres adressées a Calilina par Lentulus, les aveux qu<' Ion arracha à Volturcius établirent que Ton avait demandé à Calilina do î^oulever les esclaves et de s'approcher de Komn avec nne a»'mée pour soutenir les conjurés au moment oii ils «llume-
Macrub., ^K/^, 1, la, -J.
' Sali , (•«(., i3. Cic, ('a^, 3, i, 10.
. ''.■ ï?îiii., (^/^, io. App., h, f., 2, i. Dio r.., 37, hî. piut., ov., i^.
•■ îïall., CVl^, 42. Cic, Cul., 3, 9, 22.
'^^ic, ^(|^,3, 4, 9.
'' Sali., Cal,, 41. App., 6. c, 2, 4. Cf. Cic, de Dont., 52, I3i. ,/.Cic., Caf., 3, 2, 4 et seq. 3. 6, 14. ¥lacc.,iO, 102. I, 1. Sull.,0//., •*• App., 6. c, 2, 4. Plut., Cic, 18. Schol. Gron., p. Î0«.
* Cf., Cic, Cat., 4, 5, 10. 4, 6. 13. VUinc, 37, 90.
') t:ic., Cal., 3, 3, 6. 3. 9, 21. Sali., Cat., 46.
*')Cic., Cal, 3, 9, 21. Sali., Cal., 46. Plut., Cic.y 10.
*') Cic., Cal., 3, 4, 8 et seq. Sali., Cal., 47.
276 î.\ IHSSOLlillUN hK LA UÉPlULl(jrK IV, 12
raient les inceudios *. L. Cassius Loiiginus ^ , absent rie Rome*, fut compromis par les révélations rie Volturrius et ries Allobroges. Pendant Tinterrogatoire le préteur C. Sulpicius cnuiisqua les armes cachées dans la maison de Céthégus^: les conjurés n'eurent plus qu*à confesser leur crime, (licéron lit recueillir leurs dépositions * par le préteur C. Cosconius, par le candidat à lapréture M. Valerius Messala. par son ami 1*. Nigidius Fig-ulus et par le jeune Appius Claudius Pulclier; il en lit faire ensuite un grand nombre de copies, et les répandit dans Rome*"*. Le sénat décida" que dcîs remerciements seraient adressés à (^iréron et aux autres ma^^istrats. que les quatre conjurés arrêtés seraient maintenus en prison; il ordonna aussi l'arrestation de L. Cassius Longinus. de M. (iîeparius de Terracine, convaincu de complicité (ou avait appris rpi'il s'était chargé de soulever les esclaves en Apulie*\ de P. Furius, de Q. Annius, et de P. Umbrenus, compromis j)ar leurs relations suspectes avec les Allobroges. Le sénat vota «•ncore une journée d action de grAces [supplicatio) en Thonncur de Cicéron, sur la propositirm de L. Aurélius Colta'*' : c'était une récompense extraordinaire ; on réservait d'habitude cette récompimse aux services militaires*"; les sénateurs témoignèrent leur reconnaissance de bien d'autres manières : Q. Lutatius (^atulus appela Cicéron pcre de la patrie, pater pairûv; L. (iidlius Poplicola pensait (|u'on devait lui donner une couronne civique; il, Scribonius Curio déclara qu'on devait considérer son consulat conmie une izzhitùr.ç^^
L.Ca»sar, beau-frère d(rLentulus,avaitdéclaréque ce dernier méritait lamort en vertu surtout de lasituation qu'il occupait''.
•) Cic, rV., 3, *, 1». :î, 5, 12. Sali., Cal., i4.
') llic, S/<//., 13, l]Ù et seq.
■«; Sali., Ont., k\,
*) Cic, rut., 3, 3, «. IMul., CVc, li).
■'; Cic , Sun., li, il et seq. Cf. IMul., CVc, 20.
'') Cic, SW/., 15, 42 et seq.
") Cic, Ott , 3.0, li. i, 3,5. Sali., rai., V7. .App., t. #:..2, ï.
") Cf. Sali., Cat.,\Q.
") Cic.,J».'ii7., 2,ri, 13.
•") Cic, S«//., 30, a'i. Pis., 3, G. Phil., li, 8, 24. Dio C , io. 10.
") Cic, PiH.. 3,6. SesL, 57, 121. ad AU., i. 16, 13. Gel!., .1, 0, 15.
'*) Cic, CaL, i, G, 13. PhiL, 2, 6, li. Schol. Oron.. p. 413.
LE rONSPLAT DE M. TULI.irS nCÉRON
Lcntulus dut abdiquer la préture', et fui confié à la garde de l'édile 1*. Cornélius Lenlulus Spinlhcr'; on remit do même Ci^thégua à Q. Corniliciiis, Slalilius à C. César, Oabiniiis à M. Crassus, Ca-parlus qui fut arrêté sur les onirefaites, à Cn . Terontiua'. Dans la soirée du même jnur', Cicéron prononça devant le peuple sa troisième Catilinaire; il rappela qup le malin do ce jour mémorable le» deux statues do Jupîler qui avaienl élé renversées deux ans auparavant, sous le consulat de Cotta et de Torquatus, avaienl élé relevées sur le Capilole, et qu'elles avaient leur regard tourné vers l'Orient, c'est-d-dipe vers le Fonira^
Le lendemain, i décembre, il y eut séance au sénal; on vola des éloges aux AUobroges et à T. YoUureius*. On décréta aussi l'arreslaltoi) de L. Tarquinius qui avait élé sur le point de partir pour rejoindre Calilina. Tarquinius prélendit que Crassus l'avait prié d'aller prévenir Calilina de persévérer dans la révolte malgré Tarrestation des conjurés, et de se bâter d'accourir vers Rome. Le sénal ne Uni aucun compte de celle dénoncialion, et mainlint l'arreslalion de L. Tarquinius'. Il est probable que Tarquinius avait élé poussé à dénoncer Crassus plulftt par Anionius que par Cicéron; en effet Cicéron, en agissant ainsi, eîil été inconséquent avec lui-même; il venait de donner à Crassus une preuve de confiance bien sig'niBcalive en le chargeani de la surveillance de GahlnJus; -A^ntonius au conlraire pouvait espérer engager Crassus, le compromellre par celle dénoncialion, et l'amener à prendre parti pour Calilina. Il est d'ailleuif cerlain que, malgré les tcsllicitations de Q. Calulus et de C. Piso, Cicéron refusa de «Lisser poursuivre César pour parlicipalion à la conjuration*; il eiit élé doublement inconséquent avec lui-même s'il avait
■) Cic, Cul., 3, 6, 15. Plut., Cic, V.l ») Sali., Cal., 47.
^)Sil\., Cal., il.
*) Cic, Cat.,3,2, 5. 3, 9, 21, 3, 12, 'i9. ml Ail.. 2, 1,3. *J Cic, Cal., 3, 8, 19 el seq. tfc Dir., f. 12, 19 el seq. Dio C, 37. U. 3* . Obseq., 61 , Sol.ol. Gron., p. 409.
•) Cic. Cot.,4, 3, 3. i, 5, 10. Sali., Cat., 50.
'] Sait,. Coi., 48. DioC, 37, 35. Plut.. Cntts., i3.
■) Sali., ««(.,49. Plut,,Ca'«., 7. Ci'-., 20. App., b.<.-., 2. 6.
fait poursuivre Crassus, à co moment l'allié intime de César. L'hostilité de Crassus et do César, les menaces faites par les partisans des prisonniers d*ob tenir leur liberté même par la violence * , tout cela décida Cicéron à régler le sort des conjurés le plus vite possible. Après une nuit pleine d'angoisse ^ pendant laquelle il fit occuper militairement le Capitole et le Forum, Cicéron ordonna au préteur de réunir les citoyens pour leur faire prêter le serment de fidélité, et convoqua le sénat pour les nones de décembre ^ dans le temple de la Concorde ; quand le sénat fut réuni, Cicéron posa aussitôt la question : que fallait-il faire de Lentulus, de Céthégus, de Gabinius, de Statilius, de Casparius, et des quatre autres conjurés quand on aurait réussi aies arrêter^? Le premier qu» émit son avis sur cette question si importante^ fut le consul désigné D. Silanus; il demanda que les conjurés fussent punis du dernier supplice {extremo supplicio); tous les consulaires furent de son avis*. C.-J. César, préteur désigné, donna un autre conseil ; il demanda que leurs biens fussent confisqués, et que les conjurés fussent internés dans différentes villes d'Italie. Le discours de César fit tant d'impression que les sénateurs qui n'avaient pas encore volé partagèrent l'idée de . César, mêmeQuintus, frère de Cicéron, désigné lui aussi pour la préture. Au milieu du débat Cicéron prit la parole et prononça la quatrième Catilinaire ; tout en priant les sénateurs de ne pas se préoccuper des dangers personnels que pouvait courir le consul, il les assura de sa résolution de faire exécuter la volonté du sénat, quelle qu'elle fût. Mais en examinant les pénalités proposées par Silanus et par César'', il fit comprendre
«) Sall.,Ca^, 50. Cic, Cnt., 4, 8, 17. Dio C, 37,35. App., b. r., 2,0.
») Plut., Cic, 19. 20. (:ic.,F/acc., 41,103.
3) Dio C, 37, 35.
*) Cic, ad AU,, 2, 1, 3. 1, 19, G. Flucc, 40, 102. Cf. Cic, Cat.. 4, 7. 15. Fam., 1,9, iZ.j). ved. in Scn,, 5, 12. ad Brut., 1. 17, I. Schol. Gron., p. 414.
5) Sali., Cat., 50 et seq. Plut., rie. , 20. (>«., 7. Cat,, min,, 22. App.. h. c.,2, 5. Dio C, 37, 36. SueL.O.^., 14. Vell., 2,35. Flor., 4, 1, 10.
«) Cic, ad Att., 12, 21, 1. Phil., 2, 5, 12.
") Cic, ^'//^,4,4,7. Scliol. Gion., p. 410.