‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'à la bataille d'ActiumChapitre 44 sur 187 · IV, 13] TRIUMVIRAT DE <:N. POMPÉE, M. CHASSIS ET C. CÉSAR · texte numérisé non relu

IV, 13] TRIUMVIRAT DE <:N. POMPÉE, M. CHASSIS ET C. CÉSAR

besoin d^un représentant énergique, d'autant plus qu'à ce moment le parti des grands ne comptait guère d'hommes remarquables. Q. Catulus était mort' peu de temps après le procès de Clodius', fin 61, ou au commencement de 60, certainement avant le 12 mai. L. Lucullus s'était retiré de la vie publique pour se livrer aux jouissances qui ont rendu son nom légendaire*. Cicéron se plaignait sans cesse de l'inaction et de l'incapacité de ses amis^ surtout des deux Lucullus^; il rappelait h satiété le souvenir des grands services qu'il avait rendus pendant son consulat*; il se rapprochait de plus en plus de Pompée^ mais était assez habile pour faire comprendre qu'il aimerait aussi à exercer une certaine influence sur la conduite de César \ Le défenseur le plus zélé et le plus convaincu des intérêts de l'aristocratie était, sans contredit, M. Caton; mais il était encore trop jeune pour briguer le consulat. Il ne restait plus que Bibulas; il dut employer la corruption pour se faire élire, et Caton, dans ce moment critique pour les optimates, dut approuver les moyens honteux qui assurèrent le succès'. Les deux candidats furent élus; les optimates avaient pris leurs précautions contre César en désignant d'avance, comme provinces consulaires devant échoir à ces deux consuls, des provinces sans importance, où les gouverneurs n'auraient rien à faire qu'à surveiller des forêts et (les marécages'.

César s'assura bientôt un nouvel* avantage : il s'unit avec Pompée qui avait définitivement rompu avec les optimates cl se repentait maintenant d^avoir licencié son armée'^; il réussit encore à réconcilier Pompée et Crassus, et tous deux

') DioC.,37, 46.

*) Cic, AU , 1, 20, 3. Cf., CœL, 24, 59. Alt., 2, 24, 4. Plut., Crass., U.

') PIul., Iiic, 38 et seq. Vell., 2, 33. Sali., Cat., 13. *) Cic, A/r., 1,18, 6. 1,19,6. 1, 20, 3.2, I, 7. Macrob., Saé., 3,15,6. -; Cic. A«., 1,19, 10. 2, 1, 1.

*) Cic, AU.. 1, 19, 6. 7. 8. 1, 20, 2. 2, 1, 6. »: Cic, A«., 2, J,6. Cf., 2, 3,3.

») Suel., Cœs., 19.

•> Suet., Cœs., 19.

•«> Dio C, 37, 50.

306 LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [iV, 13

passèrent dans son parti, complant chacun de leur côté pouvoir réaliser leurs projets en se servant cie César. Ces trois personnages formèrent une alliance : ils se soutiendraient mutuellement, et ne laisseraient rien faire qui put nuire à Tun d'entr eux*. Ce fut cette ligue, restée secrète-, qui permit de briser définitivement la domination des nobles ^ César essaya de gagner Cicéron'*, mais sou concours n'était i)as indispensable au succès de la coalition. Ni Cicéron avec son éloquence, ni Caton avec son austérité de principes n'étaient capables de tenir tête au chef du premier triumvirat, qu préparait déjà sa dictature'.

*) l.)io C, olf 51-57. Plut., Civs,, 13. Pomp.j 47. Crass,, 7, li. Luc, 42. Zon., 10. 0. App., h. r, 2, \). Suet., Ca?s.. 19. Liv., cp., 103. Fior., 4, 2, 10. \VI1,2. 4i.

*) Dio C, 37, 5S. Cf. Cic, AU., 2, 3, 3. 2, 9, 2.

3) Cf. Cic, F«m.,(», 6, 4.

*) Cic, P/of. con-v.. 17, 41. A(t., 2, 3, 3.

') Cic, /»/(//., 2, 45, 110.

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