‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'à la bataille d'ActiumChapitre 61 sur 187 · C. Furnius ou les préteurs \ La loi Scribonia de usucapione · texte numérisé non relu

C. Furnius ou les préteurs \ La loi Scribonia de usucapione

servitutum, qui fut volée, paraît n'être pas du tribun, elle doit

être l'œuvre de son père. Voici celles qu'on doit lui attribuer :

une rogatio scribonia de agro campano^ qui dut déplaire

davantage à Pompée qu'à César ; une rogatio scribonia de r^s-

tituendo C, Memmio Gemello'^; vu le rôle joué par Memmius

(voir plus haut, pages 380 et 417-18), elle fut très désagréable

à une partie des opiimatcs ; une rogatio scribonia de itineribus^

pour limiter les dépenses des sénateurs en voyage' ; enfin une

rogatio scribonia de Jubœ regîio publicando* ^ qui devait

blesser les amis de ce prince, surtout Pompée ". Toutes ces

propositions furent faites en décembre ; elles furent combat**

tues ; alors Curio agit comme s'il devait y avoir un mois

») Vell., 2, 48. Suet., Caes.y 29. Dio C, 40, 60. App., 6. c, 2, 26. Plut., Pamp., 58. Cxs., 29. Serv.. ad Verg, JSn,, 6, 621. >) Caes., B. G., 8, 46. 49.

*) Cic, Fam., 8, 8, 10. 8, 10, 3. Cf. Non. Marc., p. «00 G. *) Dio C, 40, 61. Liv., ep.y 109.

») Dio C.,40, 61.

•) Cic, Fam., 8, 10, 4.

') Cic, A«., 6, 1, 23.

•) Cic, A«., 6, 1,25.

») Cœs., b. c, 2, 25. Dio C, 4L Lucan., 4, 687. »•) a. Cœs., b. c, 1, 6.

436 LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [lY, 19

intercalaire * après le 23 ou le 24 février ^ Comme Tannée 32 avait eu un mois intercalaire^ sa prétention était justifiée'. Curio était pontife \ il n'obtint pas cependant ce qu'il désirait; il lui fut dès lors impossible de faire voter ses rogations avant le l*' mars, et ce jour-là on devait discuter la question des provinces consulaires ; alors, dès le mois de février 50, il déclara publiquement qu'il passait dans le parti démocratique. Il attaqua en même temps César et Pompée, et arrêta par son intercession toutes les propositions des pompéiens dirigées contre César ; les gens avisés s'aperçurent bientôt qu'il agissait dans rintérèt de César. Pour payer sa bienvenue dans le parti démocratique, il proposa une rogatio scribonia viaria qui rappelait un peu la lex Serviliaagraria'; Curio demandait qu'on lui confiât pour cinq ans la direction des routes {cura viarum). Il proposa aussi une rogatio scribonia alimentaria ; elle imposait aux édiles, dans Tintérét des pauvres qui achetaient au marché, l'obligation de contrôler les poids et les

mesures *,

Enfin arriva le i"' mars , jour fixé pour l'ouverture des débats sur les provinces ; L. iEmilius Paulus, l'aîné des deux consuls^ , devait avoir les faisceaux, et par conséquent la présidence du sénat ; il semble qu*il demanda rajoumement de la discussion pour permettre à Curio de faire voter ses rogations'. En effet, rien ne fut décidé avant le 7 mars', et même avant le 19 ; pendant ce temps, les magistrats convoquaient des assemblées qui naturellement furent très orageuses ^^, Pendant les débats qui précédèrent au sénat le vote

•) Cic, ?am., 8, 6. 3. 5. Dio C, 40, 62.

•) Cf. Liv., 43, 11. 45, 44.

») Cf. Cic, Ait., 5, 9, 2. 5, 21, 4. 6, 1, 1. 12.

*) Cf. Cic, Fam., 2. 7, 3.

^) Voir plus haut, p. 258.

') Cic ,Fam, 8, 6, 3. 5. 2, 13, 3. Liv., ep., 109. Veil., 2, i8. Suet., hhpA., 1. Dio C , 40, 62. App., 6. c, 2, 27.

^) Cic, Vam,, 8, 4, 4.

") Cic, Fam.^ 8, It, 1. Quod furore Pauli adeptus esset boni; cf. Cic,, An., 6, 3, 4.

•) Cic, A«., 6, 2, 6.

'oj Cic, Fam., 2, 11, I.

ly, 19] IX CONFLIT ENTRE CÉSAR ET POHPiE 437

du séDstus-consulte d'ajournement, Pompée mit en avant une idée nouvelle : César n'abandonnerait pas son commandement le 1" mars 49, comme le voulaient Calon et ses partisans ; il devrait seulement quitter la province avant de prendre possession dn consulat, au plue tard le 13 novembre, alin qu'il put entrer dans Rome comme simple particulier'. Pompée espérait mettre César dans l'alternative de renoncer au consulat pour 48, ou d'accepter cette nouvelle combinaison *. Ce n'était pas M an acte d'hostilité contre César ; Pompée lui laissait le droit de se faire nommer consul tout en restant dans sa province {abiens); il croyait avoir trouvé un excellent terrain de conciliation. En même temps, il se retourna contre Curio qui avait demandé l'ajournement dans la séance du 1" mars, et le dénonça comme un révolutionnaire ne cherchant qu'à semer Ift discorde *. Curio répondit en prouvant que le second consulat de Pompée avait fait tout le mal, la loi Pompeia Licinia ayant amené la situation actuelle ^ Pompée, de son côté, composa des discours pour répondre à Curio* ; fatigué de ces luttes stériles, Pompée se retira à Naples ; il avait déjà été souffrant en mars *, il tomba gravement malade \

Pendant l'absence de Pompée, le sénat reçut de nouvelles lettres de Cicéron; écrites en février*, elles arrivèrent en avril*. Cicéron, devenu gouverneur de la Cilicic malgré lui, cr&ignait alors qu'on ne prorogeât ses pouvoirs ", Les lettres

') Cic.i Fam., S, 11, 3, écrite en avril : atlhue (donc avant avril) vieubuiiM cum senatu Pompeius videtur, ut Cxsar id. nnvembris decedal; cf.

'1 Cf. Cie., Fam., 8, 8, 9. Plut.,Pomj)., 56.

•) Cio-, Fam., 8, 11. 3. Cf. Plut., Pomp-, 56.

') Suet.,flAef., 1.

*) Cic, AH., ft, 4, 3. Yaleat modo.

') Cic., FaïA., 8, 13, 2, lettre écrite en avril : Stomaeho est mmc Ua lanqmtti, ul vix id quod aibi placeat reperiat. VelL, 2, 48, dit t tort tioinfo. Plut., Pomp., 57. App., 6. c, 2, 28.

') Cic, AH., 5, 50, 7. 6. i, 9. Cf. Fam., 3, 9, 4. 2, 7. 3. 2, 10, 3.

')Cic., Fam., 15, 13, 3.15, 10, 1. A»., 6. 4, 2.

")Gc,,A«.,5. I, 1.5, 2, 1.5,4, 1.5, 9,2, 5, 11,1.5.6, 13,3.5,

annonçaient qu'il [avait continué les opérations militaires et s'était porté dans la région du mont Amanus , non encore soumise aux Romains; le 13 octobre, il avait pris quelques forteresses situées au milieu des montagnes; ses soldats l'avaient proclamé imperator ^ ; le 17 décembre, après un siège de deux mois, il s'était emparé de Pindenissus '. 11 rappelait que son deuxième prédécesseur , P. Cornélius Lentulus Spinther, avait eu le triomphe en M pour des faits semblables', que son prédécesseur, Appius Claudius, attendait aussi le triomphe après avoir obtenu déjà l'honneur des actions de grâces ^ ; Cicéron demandait donc que le sénat voulût bien lui voter aussi des actions de grâces ; il écrivit à ce sujet à Caton *, à Appius Claudius % et aux deux cousuls\ La proposition fut faite , mais Curio résolut de l'arrêter au moyen de l'intercession. Curio^ mécontent de ce que Ton avait repoussé en mars ses propositions en leur opposant ïobmm" tiatio^y craignait^ ou plutôt affectait de craindre, que les consuls ne profitassent de cette décision sénatoriale pour lui enlever quelques jours de comices. Les consuls déclarèrent qu'ils n'en feraient rien, les actions de grâces furent votées en avril par un sénat peu nombreux ; Caton, M. Favonius et C. Lucilius Hirrus avaient combattu la proposition ^

Une révélation faite par L. Cornélius Balbus au cours des débats, confirma le soupçon que Curio devait être vendu à César ". Curio comprit qu'il fallait changer de lactique ; le moyen qu'il avait imaginé pour faire ajourner la discussion sur les provinces et les autres délibérations du sénat était

t) Cic, Fam., 15, 4,. 8. 3, 9, A. 2. 10, 3. 8, 7, 2. A«.,5, 20, 2. 6, 1, 9.

») Cic, Pam,, 15, A, 10. Att., 5, 20, 1. 5.

^) Cic, AU., 5, 21, 4. Cf. Pam., 15, 4, 11. 13, 48.

♦) Cic, Pam., 3, 9, 2. 3, 10, 1. 8, 6, 1. Cf. I. L. A., p. 181.

») Cic, fam., 15, 4, 11.

•) Cic, Fam., 3, 9, 4.

') Cic, Pam., 15,10, 13.

') Elle fut présentée par le consul C. Mareellus, ou par le tribun C. Furnius.

•) Cic, Pam., 8, 11, 1. 2, 15, 1. 15, 5. 6. 11. 3, 13. AtL. 6, 7. 2. 7, 1, 7. 7, 2, 7.

") Cic, Pam., 8, 11, 2.

IVy 49] LE CONFLIT ENTRE CÉSAR ET POMPÉE 439

usé ; il abandonna donc ses rogations et se prépara à combattre la proposition en vertu de laquelle les pouvoirs proconsulaires de César prendraient fin le 13 novembre 49 ^ Il savait que la majorité du sénat était assez indifférente ; elle était capable de faire une légère opposition à César, mais non d'aller jusqu'à une rupture complète ; Curio annonça qu'il ferait intercession quand viendrait devant le sénat la discussion sur les pro- >rinces ^ Elle eut lieu en avril ; on représenta les propositions connues ; les partisans de Calon voulaient que César quittât ses provinces le l^'mars 49, les pompéiens, le 13 novembre au plus tard. Il se produisit une autre proposition : on demanda que César se démit pour le 1**' juillet, et rentrât dans Rome avant la tenue des comices. On ne sait pas laquelle de ces trois propositions fut adoptée par le sénat ; ce fut probablement la dernière ^ ; tout ce que nous savons, c'est que Curio opposa son intercession à la rédaction d'un sénatusconsulte^ et motiva son opposition en disant qu'il serait injuste de retirer à César ses pouvoirs avant le temps, si l'on n'exigeait de Pompée l'abandon de ses provinces ibériques et le licenciement dé ses armées ; l'état ne sera en repos, dit-il, que quand ces deux grands personnages, dont la rivalité trouble la république, auront abandonné en même temps le gouvernement de leurs provinces etle commandement de leurs armées '. Grande alors fut la popularité de Curio ; le peuple le couvrit de fleurs •, Le sénat décida que les consuls feraient le plus tôt possible leur rapport sur l'intercession du tribun. La discussion eut encore lieu en avril 50 ; M. Marcellus proposa d'inviter tous les tribuns à intervenir auprès de Curio pour le décider à retirer son intercession ; M. Marcellus ne put réunir la majorité des

«) Cic, Fam.y 8, 11, 3,

•) Cic, Fam., 8. 11, 3. Cœsar defendetur, c'est-à-dire, pro CsBStvre inUr" cedetur. Cf. Prov. cons., 15, 36 defensorem habeat. La discussion eut lieu dans le sénat sous la présidence de C. Marcellus (App., 6. c, 2, 27).

') Cœs., 6. c, 1, 9 erepto semenstri imperio, Cic, Fam„ 16, 12, 8 se prxsentem trinum nundinum petiturum.

*) Cic, Pam., 8, 13, 2. Cette lettre a été écrite en avril, non en \^^ mais n'est arrivée à son adresse qu'avec les lettres 8, 11 et 8, 7.

*) App., b. c, 2,27. Dio C. 40, 62. Cœs., B. G., 8, 52 $mpe.

•) App., 6. c, 2, 27. Cf. Plut,, Pomp., 58. Cxs., 30. Zon., 10/7.

440 LA DISSOLUTION DE LÀ RÉPUBLIQUE [lY*, 19

voix. On put dès lors prétendre que la majorité du sénat s'élait résignée à laisser César dans les Gaules jusqu'au moment où il prendrait possession du consulat, le 1*' janvier 48 \ M. Caelius Rufus avait prévu ce qui se passa en ce moment; par suite de Tintercession de Curio, il fut impossible de pourvoir de gouverneurs pour Tannée suivante les provinces consulaires et les provinces prétoriennes '•

On croyait tout terminé, quand une lettre écrite de Naples par Pompée rouvrit Iqs débats ; Pompée se déclarait prêt à renoncer à ses provinces et à son armée avant le temps. En agissant ainsi, il se donnait les apparences d'une soumission sincère aux volontés du sénat, et mettait César dans Talternative de résister à ces mêmes volontés ou de renoncer à ses projets '. Pompée revint à Rome au commencement de juin, et renouvela sa promesse ; Curio, qui affectait de ne vouloir et de ne rechercher que le bien de TÉtat, déclara dans les assemblées qu'une simple promesse ne suffisait pas; pour rétablir l'ordre, il fallait que Pompée abandonnât réellement le commandement de son armée en même temps que César, ou que tous deux conservassent leurs armées ; TEtat, de cette façon , pourrait employer les forces de Tun pour combattre Tambition de Tautre ^. Catonfit de l'opposition dans les assemblées, mais le peuple était pour César S Caton n*eut pas de succès *. En juin C. Marcellus avait encore les faisceaux; on reprit au sénat la proposition concluant à ce que César abandonnât et ses provinces et ses armées; on demanda aussi, ce fut Tobjet d'une proposition nouvelle, que César et Pompée abandonnassent en même temps leur commandement provincial et militaire. On passa au vote ; la première proposition fut acceptée par tous les sénateurs, excepté par les partisans déclarés de César. C. Marcellus mit ensuite aux voix Tautre proposition : Pompée devait-il aussi renoncer à ses pouvoirs

«) Cic, Pam., 8, 13, 2. A((,,7, 7,5.

*) Cic, Fam ,8,5.2.

') App., 6. c.,2, 78.

*) App., 6. c, 2,28.

») Cf. Cic, A«., 7,7, C.

»j Plut., Cat. min. y 51.

IV, 19] LE COyVLTT OTBE CCSAB ET POMPSÊ

en même temps ? La majorîlé fut conlre. Curïo demanda que la question fût ainsi posée : César et Pompée doivent-ils abandonner leurs provinces en même temps? Le consul, espérant que lii majopîlé répondrait nnn, laissa mettre aux voix la proposition de Curie; les Pompéiens furent battus, les sénateurs se déjugèrent, et répondirent par l'affirmative à la question posée (370 voix conlre 22) '. Ces votes restèrent sans effet. Curio usa de l'iotercession pour empêcher de confirmer les deux premiers voles par un sénalus-consulte ; un tribun dévoué k Pompée, C. Furnius, empêcha aussi par l'intercession la rédaction du sénalus-consulte sur le troisième vole'. Le résultat de cette discussion fut de montrer à tous que la promesse faite par Pompée était une simple promesse et n'était que cela, le sénat l'avait jugé ainsi; les débats avaient prouvé aussi que Curio était maintenant le maître du sénat, le sénat s'élait prononcé pour lui; enfin César pouvait, à son tour, affirmer dans ses lettres qu'il consentait h l'abandoQ de ses pouvoirs, à la condition que Pompée abandonnerait les siens en même temps '. Curio put désormais invoquer toutes ces raisons sérieuses, afin d'empêcher toule nouvelle discussion sur les provinces *. Pour quiconque jugeait la situation de sang-froid, la guerre civile était devenue inévitable : pour l'éviter il eùl fallu charger César ou Pompée d'aller combattre les Parthes '.

On reçut vers le mois de mai * des nouvelles de Bîbulus, de la Syrie et des Parthes '. Peu de temps après son arrivée

") App., b. c, 2, 30. Le vota eut lieu plus lût que ne le dit App, Voir et comparer les deux passages de César, B. G.. 8, 52 et S, 54;l( deinde; rf. aussi Plut,. Pomp., 58. Cxs , 30. An/., 5. La lettre dans laquelle Ccelius parle de ce vole est pnrdue ; elle doit avoir Été écrite après la lettre 3, 13. et avant la lettre 8, 14.

") Cic, Fam., 8, 14, 2. Cces., 6. c, i, 32, 4, Liv., ep., 109. App., b.

•) App-, 6. c, 2, 29.

») Cic, Fam., 8, li, 2-1. Lettre écrite non ei Li au commeucement de juillet ; en septembre, < ne intrasioQ des Partlies.

•) Cic, AH., 7, 2, 6, Fam., 2, 17, 7.

•) Cf. Cic, AH., 5, 21, 1.6,1,14.

leptembre, mais en juin, n'avait plus à redouter ^^

442 LÀ DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [lY, 19

Bibulas avait perdu une cohorte *, et n'avait rien fait qui mérite d'être rappelé *. Mais la victoire de Caàsius dont nous avons parlé plus haut, avait été remportée au moment où Bibulus était déjà gouverneur de Syrie ^ Bibulus s'en attribua le mérite : à Rome, ses amis votèrent en son honneur des actions de grâces; pour opposer Bibulus à César, Caton demanda qu'elles durassent vingt jours \ Bibulus annonçait dans son rapport, qu'une nouvelle invasion des Parthes aurait certainement lieu en été ; un peu plus tard les lettres de Cicéron apprirent que le gouverneur de Cilicie partageait cet avis '. Il fallait donc envoyer des renforts en Syrie ; on discuta à ce sujet au sénat dès le mois de mai '; Curio opposa son intercession comme dans la discussion sur la solde des légions de Pompée \ On n'avait encore rien décidé quand le sénat émit les trois votes dont nous avons parlé plus haut au sujet de Pompée et de César •. Curio reconnut ensuite que son intercession pouvait nuire aux intérêts de l'État^ il la retira*; vers le milieu de juin on accorda la solde et on décida que Pompée et César donneraient chacun une légion ; ces deux légions seraient envoyées en Syrie. Pompée qui avait soutenu cette proposition, en profita pour réclamer à César la légion qu'il lui avait prêtée '^ On ne pouvait pas donner de successeur à Bibulus; on chargea le questeur L. Marius de conduire les deux légions en Syrie aussitôt qu'elles seraient arrivées **. Au commencement de mai on avait nommé les censeurs *'. Les deux* nouveaux censeurs furent L. Calpumius Piso Caesoninus, beau-père de César, et Appius Claudius. Le premier

M Cic, Att,, 5, 20. 4. Pam., 8, 6, 4.

«) Cic, AU., 6, 8, 5. Pam., 2, 17, 6. 12, 19, 2.

') Cf. Liv., ep., 108. App., Syr,. 51.

») Cic, AU., 5, 21, 2. 9. 6, 1, 14. 6, 2, 6. 6, 3, 2. 6, 4, 1. 6, 5, 3. Pam., 2, 11, 1. 2, 17, 6. Cf. 8, 7, 1. 8, 14, 4.

•) Cf. Cic, Fam., 2, 17, 5, lettre de Tarse, écrite après le 17 juillet*

7) Cic, Pam., 8, 14, 4. Cf. App., 6. c, 2, 29.

«) Cœs., B. G., 8, 54 fitdeinde; cf. 8, 52.

•) Cic, Pom., 8, 14, 4.

*o) Cœs., B. G., 8, 54. App., b. c, 2, 29. Dio C, 40, 65. Plat., Cmt., 29. Pomp., 56.

«*) Cic, Fttm., 2. 17, 5. Cœs.; B. G., 8, 55.

*«) Cic, Pam., 3, H, 1. 5. Cf., 3, 10, 3. 14. 3, 13, 2.

iV, 19] LE CONFLIT ENTRE CÉSAB ET POHPfe 443

avût eu jusque-là une conduite détestable qui l'avait rendu indij^e de cette charge ' ; il fut d'ailleurs candidat malgré lui. César le força à se présenter '. Appius Gaudius venait d'être poursuivi pour crime de lèse-majesté : il avait rançonné sa province de Cilicie , et commis de nombreux abus dans la province * ; même après l'arrivéo de Cicéron, il avait continué à administrer malgré la présence de son successeur *. 11 sollicitait les honneurs du triomphe, quand en février • il fut accusé par le jeune P. Cornélius Dolabella, un jeune homme qui était devenu l'année précédente membre du collège des quindecimviri sacrorum ° ; Cicéron avait défendu deux fois Dolabella^ ; après le procès de Claudius» Dolabella épousa, vers la fin d'avril, Tullia, fille de Cicéron'. Appius Claudius renonça au triomphe*; il fut défendu par Q. Horlensius et par son beau-fils Junius Brulus'", et acquitté** avant la date du 5 avril. Pompée, dontlefils avaitépousé la fille d'Appius", s'était beaucoup employé pour obtenir son acquittement; Appius, qui s'était mis auparavant du cftlé de César, passa dans le parti de Pompée qui soutint sa candidature aux fonctions de censeur *^ Après son élection il eut encore à soutenir an procès de brigue ". Dolabella fut encore son accusateur **, mais comme dans le premier cas, il fut acquitté vers le milieu du mois de mai ".

Partisan de Pompée, Appius Claudius exerça ses fonctions

*) Voir ptuB haut, pages 317, 405.

») Dio C, 40, 63.

") Cic, AU., 5, 15, 2. 6, 1. 2. 6, 2, 8 Fam.,2, 13, 2. *) Cic. AU., 5, 17, 6. Fam., 3, 6, 4. 3, 8, S. ') Cic. , Fam., 8,6, 1 . 2, 13, 2.

•) Cic, J'am., 8, 4, 1.

') Cic, Fam., 3, 10, 5. Cf. 7, 32, 6. 6, 11, 1.

■) Cic, Fam., 8, 13, 1. 2,15, 2. 3, 12, 2. 4. A«.,6. 6, I, Cf. Fam.. 8, 6, 2. 5. 3, 10, 5. AU., 6, 9, 5. 7, 3, 12. •) Cic, Fam-, 8,6, 1. 3, 10, 1.

•*} Cic, Fam., 3,4,2. , ' , ..

*") Cic, Fam., 3, 11, 1 et ae<\. Brut.,' •*) Cic, Fam., 3, 4, 2. 3, 10. )0.

•*) Cic, Fam,, 8, 6, 3. 3, 11, 3 " ") Cic, Fant., 3, U,2.

") Cic, .4M., 6, 6 1. Fam., 3,4 •*) Cic, Pont., 3, 12, 1.

444 LA DISSOLUTION DE LÀ RÉPUBLIQUE [lY, 19

de censeur avec une sévérité hautaine qui ne surprend pas de la part d^un membre de l'orgueilleuse gens Claudia V En juin, après les votes du sénat dont nous avons parlé, il publia un édit très sévère sur le luxe des statues et des tableaux, les grandes propriétés {latifundia)^ les dettes, les vices contre nature*, afin d'avoir le plus de prétextes possibles d'expulser des sénateurs de la haute assemblée. Quand il dressa la liste du sénat, il exclut plusieurs sénateurs, entre autres C. Sallustius Crispus, le tribun de 52 (voir plus haut, page 403), C. Atejus Capito, le tribun de SS (page 373). Piso le laissa faire ; il savait bien que tout sénateur atteint par la censure devait passer dans le parti de César *.

La nomination d'un augure en juin servit de prétexte aux partis pour recommencer la lutte \ La place vacante était celle de Q. Hortensius : fin avril il était tombé malade ' et avait succombé en mai '. Parmi les candidats que le peuple avait désignés se trouvaient le consulaire L. Domitius Ahénobarbus qui devint le candidat des Optimales ^, et M. Antonius. Antonius avait été questeur de César, sur la demande même de César * ; puis il était revenu à Rome; nous savons qu'il s'y trouvait au moment des votes de juin, puisqu'il aida Curio dans sa campagne * ; M. Antonius fut le candidat de César ^^. On avança le jour du vote", et Antonius fut élu**, grâce à l'intervention de Curio ^* et de l'édile curule M. Caelius Rufus*\ ami intime de

*) Cic, Fam,, 3, 7, 5 ; cf. 3, 11, 5.

«) Cic, fam., 8, 14, 4 ; et. AU., 6, 9, 5.

») Dio C, 40, 63. Cic, de Dtv., 1, 16, 29.

*) Cic, Fam., 8, 14, 1. Cœs., B. G., 8, 50.

») Cic, Fam., 8, 13,2. AU., 6, 6, 2 ; cf. 6, 3, 9.

•) Cic, Brut., 94, 324. 1 , 1. 64 , 229. AU., 7. 3, 9. Vell. , 2,49.

') Cic, Fam., 8, 14, 1.

•) Cic, AU., 6, 6, 4. Fam„ 2, 15, 4. PhU., 2, 20, 50. C»8., B. Q., 7, 81. 8, 2. 24. 38. 46. Dio C. fait erreur, 45, 40.

•) Plut., Pomp., 58. Cœs., 30. ArU., 5.

*«) Cœs., B. G., 8, 50. Plut., Anl., 5. Cic, PAf/., 2, 2, 4 2, 20, 50.

«») Cic, Phil., 2, 2, 4.

«*) Cic,Fam.,8, 14, 1.

Curio ' ; Rufus maaœuvrait alors pour entrer daas le parti de César».

Peu de temps après ' le même M. Antoaius fat élu tribun; il dut son succès à l'amilié de Curio * , et à sa parenté avec César : il était le fils de Julia, la sœur de L. Julius Cœsar, qui ivait d'abord épousé M. Antonius Créticus, et ensuite P. Cornélius LenlulusSura, partisan deCatilinaV En même temps furent élus tribuns les deux frères Q. Cassius Longinus et C. Cassius Longinus *; le plus jeune Q. était sincèrement attaché à César \ bien que Pompée l'eût demandé et employé comme questeur*. Nous connaissons encore parmi les tribuns élus à la même époque L. Marcius Philippus et L. Caecilius Mèteltus*. Le premier était un fils du consul de 56'* (voir plus haut, page 349), marié avec Âlia, la nièce de César ; — le second était un fils du consul de 68 (plus haut, page 221).

Les élections de préteurs et de consuls eurent lieu en même temps, dans le mois de juillet ". Le candidat de César pour le consulat, Ser. Sulpicius Galba, ne fut pas élu "; on nomma les candidats des Optimates, C. Claudius Marcellus et L. Cornélius Lentulus Crus ". Ce dernier avait été préteur en 58; en 53 il avait posé sa candidature pour entrer dans le collège des quindecimviri, mais P. Cornélius Dolabella avait été nommé "; il avait tellement de dettes " que l'on s'attendait

■) Cic., Fam.,8. il, 1.8,8, 10.

') Cic, Fam., 8, 14, 2 et aeq.

'] Et non avant, comme le tlil Plul., Ant., 5.

') Cic, PAU., 2, 18. Plut., Ant., 2. Pomp., 58.

') Plut., Ant., 1.2.

') Cic, AU., 7, 3, B. 7. 21, 2. 7, 23, 1. Cf. Aur. Vîcl., Vir. Ut., 83.

') Cic, Att., fl, 8, 2.

■) Cic , AH., 6, 6, i. Fam., 2, 15, 4. Cr. Cœs., 6. AL, 48. Dio C. a, 24.

') Ces-, 6. c, 1, 6. 33. Cic, AH., 9, 6, 3.

'•) Suel., Auff-, 4. 8.

") Cic. A(f.,6,8. 1. cr. Css.,fi. â., 8, 50. Nous n'avons plus Uhtti que Cfeliua écrivit quarante jours avant la lettre S, 12 (8, 12, 4), commencement d'août.

") Cf. Val. Mai., 6, 2, il. Suet., Goi6., 3.

") Cfes., B. G., 8, 50.

") Cic, Fam.,8, 4, 1.

") Vell., 2,49. Cbbb., b.c., 1, 4.

446 LÀ DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [IV, l9

à le voir se laisser acheter par César K Les préteurs élus furent tous , à Texception de M. Favonîus * , des personnages sans caractère politique* : L. Roscius Fabatus \ L. Manlius Torquatus ' , G. Sosius * , P. Rutilius Lupus ^ , C. Coponius •, A. Allienus • et M. ^milius Lepidus ** ; ce dernier était le frère de L. iEmilius Paulus^^, et fils du consul de 78 (page 190).

Après les élections consulaires, César arriva dans la Cisalpine : il avait passé Thiver de 51-50 dans la Belgique» traitant les tribus gauloises avec une grande douceur, afin d^éviter de nouvelles insurrections ^* ; il vint en Cisalpine surtout pour recommander aux citoyens de la province de nommer Antonius augure '*. Il arriva trop tard ; alors il employa les mois de juillet et d'août à préparer sa candidature au consulat de 48^*; il fut très bien accueilli par les municipes et par les colonies '^. Pour donner au sénat une preuve de sa loyauté, il envoya à Rome*' la légion que Pompée lui avait prêtée, la première, et une des siennes, la quinzième, qui était dans la Cisalpine depuis 53 '^: il obéissait donc au sénatus-consulte de juin, mais en même temps il leva de nouvelles troupes ". Fin août il retourna dans la Transalpine, laissant la garde de la Cisal-

0 Cic, Att.y 6, 8, 2.

») Cic, AU., ô, 8. 2.

♦) Cœs., 6. c, 1,3. Cic, AU,, 8, 12, 2.

») Cœs., 6. c, 1, 24, Cic, AU., 7, 12, 4. 9, 8, 1.

•) C'ic, AU, S, 6, 1. 9, 1,2.

') Cœs., b. c, 1, 24. Cic, A«., 8. 12 A, 4. 9, 1, 2.

•) Cic, AU., 8, 12 A, 4. Cœs., 6. c, 3. 5.

*) Cic, AU., 10, 15, 3. Cf. App., 6. c, 2, 48. Dans ce passage, le mot 'AXBivov est altéré.

««) DioC..47. 6.

*•) Cœs., B. G., 8, 54. b. c, 3, 88. App., b. c, 2, 29. Dio C, 40, 65. Plut., Cœs.^ 29. Pomp., 56.

«•) Dio C, 40, 66.

pine à T. Âtius Labienus qui était depuis longtemps son

lieutenant; en septembre il passa à Nemetocenna une grande

revue de toutes ses troupes K Depuis le commencement de la

campagne, il s'était assuré Taffection de ses soldats par sa

bienveillance et sa générosité ' , maintenant il pouvait

compter sur leur fidélité *. Il cantonna quatre légions sous

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