ANTOINE USURPATEUR DE LA MONARCHIE DE CÉSAR
Los conjurés manquèrent complètement leur but : ils ne purent assurer le rétablissement de la constitution républicaine. On avait vu dans les Etats grecs, quand ces derniers possédaient la vigueur et le ressort des Etats jeunes , on avait vu la liberté succéder aux règnes des tyrans. Mais à Rome, la société, affaiblie par la corruption, n'offrait plus de ressources ; l'assassinat de César allait être suivi de nouvelles convulsions sociales qui assureraient d'une manière définitive Tavènement de la monarchie mililaire*.
En refusant de laisser égorger Antoine et de faire disparaître en même temps les deux consuls, Brutus s'était mis dans l'impossibilité de prendre la direction de l'État en qualité de préteur urbain. Il espérait que l'on annulerait aussitôt tous les actes de la tyranpie *, mais était bien naïf de compter pour cela sur le loyal concours d'Antoine *. Après le meurtre, les sénateurs s'enfuirent effrayés de la curie ; les conjurés s'adressèrent au peuple sur le forum, mais le peuple parut n'attacher aucune importance à la liberté reconquise. L'armée se trouvait aux portes de Rome "% sous les ordres de Lépide ; la ville était remplie de vétérans de César® qui attendaient leurs assignations de terres dans les nouvelles colonies ; dès le IS mars^ les conjurés ne se trouvèrent plus en sûreté dans
0 Dio C, 44, 1 et seq. Cf. App., b, c, 2, 120. Flor., 4, :J, I . ») Cf. Suet., Ca'.s., 82. Vell., 2, 58. ^)Cic., Att., l'i, 21, X 15, 4, 2.
*) Plut., Bruf., 18. Cic, Phil., 2, 35, 89. ')App., 6. c, 2, 118. Hî). Dio C, 44. 34.
') App., b. c, 2, 119. 120. 125. 133. Fior., 4, 7, 2. Cf. Nie. Dam., VU. --^ug., 17. 27.
LA DISSOLLTIOK DE LA IIÊI'UBLIQUE
iV,
Rome ; protégés par les ^'laHiatcurs de D. Brutus, ils se réfuçièrenL au Capitole sous prétexte de rendre grâce aux dieux de l'heureux succfes de leur entreprise '. CîciSroii leur conseilla d'y convoquer le sénat, ils n'osèrent pus'. Ils songeaient k s'adresser à Antoiae pour l'inviter à relever avec eux la Rjpublique supprimée par César ^. ^^^|
Antoine s'était d'abord caché dans sa maison'; quaBH^^f fut maître du trésor, qui renfermait sept cent millions liV sesterces', quand Calpurnia lui eul remis la Torlune personnelle de César {cent millions de sesterces} et ses écrits [commentarii, c/tirof/rapha)^ , Antoine relrouv.i ses esprîls pour se tracer un plan de conduite. Il ne pouvait songer à employer la force : l'armée était sous les ordres de Lépide, parent du conjuré M, Brutus; Lépide pouvaîl devenir son rival', cl enfin, en supposant que Lépide voulût hien s'unir avec lui, Antoine n'était pas sur de vaincre : D. Brutus était gouverneur de la Cisalpine, et les conjurés pouvaient se retirer dans celte province '. Anioine résolut donc de différer la guerre conire les conjurés' ; il s'entendit avec Lépide'*, et réaoJutda perdre les conjurés par la ruse cl de fortifier petit à j situation dans l'Élal.
Le m mars, P. Cornélius Dolabella prit parti pour les d jurés " ; bien qu'il ne fût pas encore élu consul, il prît pfld
') Dlo C, 4*. 20fll seq. App., b.c., 2, 118 el seq., 3, 15. Cxs., 67. Brut., 18. Nie. Dam., VU. Aug . 17. 25 et se-). Liv., «p.. 116. Vell., 2. 58, Suel.. Cars., 82. Flor., i, 7, 1 el seq. Oros., Ci, 17. Cf. Cie., AU., 1i, 14, 2. Phil., 2, 12, 28. Dio C. 4(i, 22.
») C\c.,AU-, H. 10, 1. Cr. 15, 11, 2.
') Cic, Pft((.,2, 35, 89.
') Dio C, it. 32. App., fi. c, 2, 118. Plul., Ca-s., 67. Anl., H. Bnit, 18. Cic. PhU..2. 35.88.
') App., 6. c. 3, 20. 52-54. Cic, AH., Il, ti, 5. Phil., 2, 37, flS. .... ., -\ Cf. Cic, P/iil., 1,7,17.8, 11,35. 5,4, 11.8, 9,S6. 12.&. 12
, 17. 30. Plut.,
•) App-, 6. c, î 46, 23.
') DioC, 44, 34. Cf. App., 6.
•) App., b. c, 2, 124.
♦) Nie. Dam., 17. 27. Cf. App., 6. c, 3, 34 el seq. ■•) App., 6. c, 2, 118.
•') DioC, 44, 22. App., 6. c, 2, 122, erreur 119.