CHUTE DU TRIUMVIRAT ; VICTOIRE D OCTAVE
La fin de Tannée 37 fut employée à faire des préparatifs de guerre ; au même moment, Ménodore se rendit auprès de Scx. Pompée *. L'année suivante, 36, eurent lieu les opéralions décisives ; les consuls étaient M. Coccejus Nerva et L. Gellius Poplicola; ce dernier, fils du censeur de 70, connu par un procès de divorce', avait autrefois essayé sans résultat d'atlenter à la vie de Brutus et de Cassius'. Comme on ne pouvait pas compter sur les magistrats de la ville, et comme d'ailleurs il n'y avait pas d'édiles, Octave chargea Mécène de maintenir Tordre dans Rome, en qualité de préfet de la ville, prœfectus urbis *. La campagne commença vers le milieu de Tété ; Lépide était venu d'Afrique en Sicile pour soutenir Octave*^; le vaillant et habile M. Agrippa* remporta les victoires navales de Mylae et de Naulochus, celte dernière le 3 septembre ' ; il fut secondé par T. Statilius Taurus et M. Valerius Messalla; après Philippes, Messalla avait d'abord servi la cause d'Antoine ; il avait ensuite rompu avec lui, désapprouvant ses relations avec Cléopàtre, et était venu se mettre à la disposition d'Octave'. Complètement vaincu,
*) Dio C, 48, 54. App., 6. c, 5, 96.
«) Val. Max., 5, 9, 1.
») Dio C, 47, 24. Liv., ep., 122.
*) App., h, c, 5, 99. 112. Dio C, 49, 16.
») App., 6. c, 5, 97. Dio C, 49, 1. Vell., 2, 80. Suet., Aug., 16.
*) App., 6. c, 5, 96. Dio C, 49, 4, 50, 19.
*) App., 6«c«y 4, 38.
Sex. Pompée quitta la Sicile avec rintention d'aller rejoindre Antoine *.
Cette guerre civile était à peine terminée qu'une autre fut sur le point d'éclater. Lépide n'avait soutenu Octave qu'à contre-cœur-; pendant la campagne il l'avait blessé en réclamant de partager le commandement en chef avec lui * ; après la victoire, il profita de ce que huit légions de Sex. Pompée s'étaient données à lui à Messine, pendant l'absence d'Octave, pour réclamer la Sicile *. Il annonça ensuite qu'il était prêt à échanger les trois provinces d'Afrique et de Sicile pour les deux provinces d'Espagne et la Gaule Narbonnaise que lui avaient enlevées autrefois Octave et Antoine ^. Mais Octave jouissait, auprès des soldats, d'une plus grande popularité que Lépide, même dans l'armée de Lépide et dans celle de Sex. Pompée ; il sut exploiter cette popularité avec adresse et en même temps faire preuve de courage personnel dans le camp de Lépide. Il réussit à débaucher les soldats de Pompée, puis ceux de Lépide. Tous passèrent de son côté. Lépide se vil réduit à la nécessité de demander sa grâce ; Octave lui laissa la vie, lui permit de conserver sa fortune et les fonctions de grand pontife ; mais Lépide dut renoncer à ses fonctions de triumvir, et accepter la résidence de Circeji qui lui fut imposée par son vainqueur*. L'équilibre entre Octave et Antoine, indispensable pour la continuation du triumvirat, était rompu au détriment d'Antoine. D'ailleurs, Octave s'était déjà permis de ne pas remplir une des conditions du traité de Tarente; il n'avait pas envoyé à Antoine les quatre légions qu'il lui avait promises, ou, du moins, n'en avait envoyé qu'une partie'. Après la disparition de Lépide, il chargea T. Slatilius Taurus
«) App., 6. c, 5, 97-122. Dio C, i9, 1-11. Liv., ep., 120. Vell., 2,79. Suet., Àug.y 10, 96. Flor., 4, 8, 7 et seq., Oros., 6, 18. Mon. Ancyi\ 1, 19. 5, 1. 33.
«) DioC, 49, 1.
^) Dio C.,49, 8. Oros., 0, 18.
*) App., b. c, 5, 122. Dio C, 49, H. Vell , 2, 80.
^) App., h. c, 5, 123.
^) App., />. c, 5, 123-126: 131. 4, 50. Dio C, 49, 11. 15. 17. 50, 20.51, 15. Liv., ep., 129. Vcll., 2, 80. Suet., Aug., 16. 31. 54. Oros., 6, 18.
^) App., 6. c, 5, 13i. Cf. Plut., Ant., 35. 55. DioC, 50, 1.
IV, 30] CRUTE DU TRIUMVIRAT. VICTOIRE d'oCTAVE 661
de pacifier la Sicile * et d'aller occuper les deux provinces d'Afrique ^
Octave triomphait et disposait de quarante-quatre ou quarante-cinq légions'; mais sa joie fut bientôt troublée : une révolte éclata dans sa propre armée ; les soldats voulurent être traités comme ceux que Ton avait libérés après la victoire de Philippes, et déclarèrent qu'ils ne se contenteraient pas de distinctions honorifiques. Octave fut obligé de congédier vingt mille de ses vétérans, qui avaient combattu avec lui àModène et à Philippes, mais tous ne furent pas pourvus de terres en Italie ; pour maintenir les autres dans la fidélité, il fit des promesses et donna à chacun cinq cents deniers (deux mille sesterces) \ Il lui fallut encore purger l'armée de Sex. Pompée des esclaves fugitifs qui la composaient en grande partie ; après avoir dispersé les légions sur dilîérents points, il envoya de Rome l'ordre d'arrêter le même jour tous les esclaves soldats ; trois mille furent ramenés à Rome et rendus à leurs maîtres; six mille dont on n'avait pas pu retrouver les anciens propriétaires, furent renvoyés dans la ville d'où ils étaient sortis et mis à mort\
Quand on avait connu à Rome la défaite de Sex. Pompée, on avait voté de grands honneurs h Octave ; il n'accepta que l'ovation, qu'il célébra le 17 novembre % une fête annuelle, on souvenir de ses victoy:es, et une statue d'or qui fut élevée sur une colonne rostrale dans le Forum \ M. Agrippa reçut la couronne navale [navalis ou classica) ; un décret du sénat l'autorisa à la porter chaque fois qu'un triomphateur prendrait la couronne de laurier*. M. Valerius Messalla fut reçu dans le collège des augures ^
•) Gros., 6, 18.
*) Dio C, 49, 14. 50, 1. App., h. r., 5, 120. 134.
') App., 6. r.,5, 127. Gros., G, 18.
'♦) App., h, c.,5, 128 et seq. Dio G., 49, 13 et seq. 34. 51, 3. Liv., e/)., 131. Vell., 2, 81. Suet., Ang,, 24. Gros., 6, 18. Strab., 6, 1, 6.
^; App., h, c, 5, 131. Dio C, 49, 12. Gros., G, 18. 3fon.Anryr.,5, 1.
«) 1. L. A., p. 4G1. 478. Cf. Suet., Aug., 22. Mon. Ancyr,, 1, 21.
•) App., h. c, 5, 130. Dio C, 49, 15.
«) Dio C, 49. 14. Liv., ep., l'JO. Vell., 2, 81. Son., de hen,, 3, 32. Cf. Suet., Aug.y 25.
«. Dio C, 49, IG.
Rentré à Rome, Octave annonça au sénat et au peuple que les guerres civiles étaient terminées. II déclara que les impôts en retard ne seraient pas réclamés : le peuple apprécia fort la générosité d'Octave * ; ce dernier n'avait pas les mêmes exigences qu'Antoine, considéré désormais comme le principal inspirateur des nouveaux impôts dont il a été parlé plus haut (p. 623). Afin d'augmenter sa popularité, Octave chargea C. Calvisius Sabinus de prendre les mesures nécessaires pour la répression du brigandage en Italie^ et la défense des propriétés à Rome*. Prévoyant que la rupture avec Antoine n'aorait pas lieu tout de suite \ Octave supprima encore d'autres impôts très importants en faveur des villes, et promit d'abdiquer les pouvoirs du triumvirat^ aussitôt qu'il aurait réussi à s'entendre avec Antoine, quand ce dernier serait revenu de son expédition contre les Parthes^ Il mit ainsi le comble à sa popularité ; on vota une loi, qui fut probablement proposée par un tribun ^, en vertu de laquelle Octave aurait le droilviager de siéger sur un siège de tribun et jouissait, comme César, aussi pour la vie, de l'inviolabilité tribunitienne\ Enfin l'État lui fournit une maison, comme à César; il eut une domiis publica^ ,
A la fin de l'année 36, la situation d'Octave était meilleure que celle d'Autoine : il avait pour lui les faveurs populaires, ses provinces, y compris l'Italie, étaient mieux administrées et plus soumises. Deux seulement, l'Espagne et la Dalmatie, n'étaient pas complètement pacifiées. Il envoya C. Norbanus Flaccus dans la province d'Espagne ', qui avait déjà valu un triomphe le 17 juillet précédent à Cn. Domitius Calvinus":
*) Dio C, 49, 15. App., 6. c, 5, 130. «) App., h. c, 5, 132. Cf. Dio C, 49, 15. 34. 3) App., h. r., 5, 132.
*) Cf. App., h. c. 5, 127. lllyr., 17. Dio C, 49, 13. 15. -) App., 6. c, 5, 132.
^) Mon.Anryr., 5, 19.
•) App., b, c, 5, 132. DioC, 49, t5. Oros., 6, IS.Suet., Aug., Tt,m Ancyr.f 2, 21.
«) Dio C, 49, 15.
«) I. L. A., p. p. 461. 478. Cf. App., b. c, 5, 134. ") I. L. A. p. p. 401. 478. Dio C, 48, 42. Cf. Vell., 2, 78.
IV, 30] CHUTE DIT TRIUMVIRAT. VICTOIRE d'oCTAVE 663
il résolut d'aller lui-même soumettre la Dalmatie *. II ne voulait pas que la rupture avec Antoine vînt de lui, voilà pourquoi il lui renvoya les vaisseaux qu'il lui avait prêtés pour la guerre de Sicile' et lui fit part de son intention d^abdiquerle triumvirat'.
Que faisait Antoine en Orient? Au mois do mars 37*, son lieutenant, le gouverneur C. Sosius, avait pris Jérusalem * ; P. Ganidius Crassus avait remporté quelques succès sur les Albains et les Ibères • ; Antoine fit venir Cléopàtre en Syrie ' et se décida enfin à commencer l'expédition depuis longtemps projetée contre les Parthes ; il voulait leur reprendre les étendards que M. Crassus avait laissés entre leurs mains. L'expédition fut malheureuse, Antoine faillit avoir le même sort que Crassus, il dut s'estimer très heureux de revenir avec une partie de son armée*. Il envoya cependant à Rome un rapport officiel sur ses prétendues victoires ; ce rapport dut arriver en décembre ' ; Octave, qui connaissait la vérité par des renseignements personnels, ne s'opposa pas au vote d'actions de grâces en l'honneur d'Antoine *^ Bientôt, on apprit qu'Antoine revenu auprès de Cléopàtre **, avait reconnu les enfants qu'il avait eus d'elle, les jumeaux Alexandre et CloopAtre, et un fils plus jeune nommé Ptolémée; on apprit aussi qu'il avait donné à Cléopàtre, à ses enfants et à d'autres princes une partie des provinces romaines de Cilicie, de Syrie, de Crète et de Cyré-
') Dio C, 49, li. App., h. c.,5, 129. 139. Le passade de Plut., An/., 55 est faux ou altéré.
*) App., b. c, 5, 132.
M Jos., Ant.jud»^ 14, 16, 4.
-) Dio C, 49, 22. Jos., Ant. jud, 14, 15, 9 et seq. R. jtuL, 1, 17, 9 et seq. Plut., Ant,, 34.
C) Dio C. 49, 24. Plut., Ant., 34.
•) Plut., Ant,, 36. Cf. Dio C, 49, 23.
») Dio C, 49, 24-31. 49, 17. 50, 27. Plut. Ant,, 37-50. App., 6. c, 5, 133. Liv., ep., 130. Vell., 2, 82. Flor., 4, 10. Eutr., 7, 6. Aur. Vict., Vir. ilL, 85. Gros., 6, 19. Front., Strat,, 2, 3, 15. 2, 13, 7.
») Cf. Plut. Ant., 40. 50. Dio C, 49, 32 se trompe. Cf. App. 6. c, 5, 133 et Dio C, 49, 17.
•0) Dio C, 49, 32.
**^ Plut.. Ant., 52. App., b. c, 5. 133. Dio C. 49. 18.
naïque^ ; Torgucil national du Romain fut profondément blessé ; mais Antoine se croyait tout permis, puisqu'on avait approuvé d'avance tous ses actes (p. 650).
Au commencement de 35 ', Oclave donna Tordre à sa sœur Octavie de partir pour TOrient afin d'arracher Antoine à Cléopâtre; sur la demande d'Octavie, il lui donna encore deux mille soldats, qu'elle devait conduire à l'armée de son ma^i^ Antoine était sur le point de partir pour aller combattre le roi d'Arménie, Artavasdes, fils de Tigrane, qui ne Tavait pas assez secondé pendant la campagne précédente * ; il pria Octavie, comme Octave l'avait prévu, de rester à Athènes, mais accepta les présents qu'elle lui apportait et les deux mille soldats; puis, oubliant la campagne projetée, Antoine resla auprès de Cléopâtre ".
La même année, 35, Octave avait formé le projet d'aller visiter les provinces d'Afrique *^ ; il y renonça pour aller combattre les tribus de Tlllyrie et la Pannonie, qui ne faisait pas encore partie de l'empire romain"^ ; de retour à Rome, il refusa le triomphe*, et ordonna à Octavie de se considérer comme séparée de son mari®. Octavie refusa, déclarant qu'elle voulait continuer à remplir ses devoirs d'épouse et de mère; sa conduite généreuse augmenta encore, sans qu'elle le voulût, la haine que Ton éprouvait pour Antoine*^; quelle digne épouse il délaissait pour vivre[avcc Cléopâtre ! Mais Octave lui
•) Dio G., 49, 32. Plut., Anf.. 80. Jos., Ant. jud , 15. 3, 8. 15, 4, 1. B. jud., 1, 18, 4. Strab., 14, 5, 3. 14, 6, 6.
*) Les consuls de ceUe année furent L. Cornificius et Sex. Pompée, parent de celui qui s'était réfugié auprès d'Antoine. L. Cornificius avait été gouverneur d'Illyrie en 38 (App., h. c, 5, 80.) ; il avait pris part à la guerre de Sicile (App., 6.c., 5, 86.) ; mais il était surtout connu par sa pénible retraite de Tauromenium vers Mviesen 30. (App., b. c, 5, 111 et seq. DioC, 40, 0.)
■») Dio C, 10, 33. Plut., Ant , 53. App., b. c, 5, 138.
*) Dio C, 40, 25. 31. Plut., Ant., 30. 50.
6) Dio C, 40, 33. Plul. Ant., 52 et seq. Cf. App., b. r., 5. 138.
•) Dio C, 40, 34. Suet., Aug., 47.
') Dio C, ÎO, 3'i-38, App., fZ/yr., 10>2i. //. c, 5, 145. Liv.. ep., 131. Ve:i.,2, 78. Gros., 0, 10.
«) Dio C. 40. 38.
') Plut., ^»/.,54.
"• Plut.. Ant.,b\.
IV, 30] CnUTE DU TRIUMVIRAT. VICTOIRE d'oCTAVE 66.^
fit donner, ainsi qu*àLivie, probablement par .une loi tribunilienne, le droit d'administrer sa fortune personnelle; il leur fit aussi accorder le privilège de 1 inviolabilité tribunitienne * ; elles furent à peu près assimilées aux Vestales*. La rupture n'eut pas encore lieu ; en vertu de conventions antérieures Antoine devait être consul en 34 avec L. Scribonius Libo ; Antoine se fit remplacer le 1*^' janvier par L. Sempronius Atralinus^; Octave ne s'opposa pas à ce que Ton volât de nouveaux honneurs à son rival. On en était là quand on apprit la mort de Scx. Pompée *.
Pompée avait gagné l'Asie et Octave avait refusé de le poursuivre pour ne pas empiéter sur les territoires qui relevaient d'Antoine * ; arrivé en Asie, Pompée s'était mis aussitôt en relation, d'une part avec Antoine, de l'autre avec le roi des Parthes*. 11 fut bien accueilli par le gouverneur d'Asie, C. Furnius"^; mais un attentat commis sur la personne du gouverneur de Bithynie, Cn. Domitius Ahenobarbus •, le rendit suspect; il s'empara alors de Lampsaque, fit une tentative contre Cyzique', força C. Furnius à prendre la fuite et enfin occupa Nicée et Nicomédie *\ Quand M. Titius *', chargé par Antoine de négocier avec lui, se présenta, Scx. Pompée brûla ses vaisseaux pour gagner Tintérieur du pays; à ce moment, Cassius Parmensis, Sentius Saturninus et quelques autres^
0 Dio C, 49, 38.
*) Plut., Num.y 10. Gell., 1, i2. Les Vestales étaient soustraites à T autorité de leur famille naturelle ; elles n'étaient plus soumises i\ la Patria potestas, eWes ne pouvaient être mises en tutelle; la religion avait fait d'elles les filles religieuses du père religieux du peuple romain, le flamen Dialh, (N. D. T.).
»;. Dio C, 39, 38. 39. Cf. Jos., Ant, jud., i4, 14, 4. B. jud., 1, 14, 4.
*) Dio C, 49, 18.
^) App., h, c, 5, 127.
•) App.. h. c, 5, 13:M30. Dio C, 49, 17.
") Cf. App., h. c, 5, 75.
») Cf. Plut., Ant,, 40.
»} App., b. c, 5, 137. Cf. Dio C, 49, 17.
««) App., 6. r.,5, 138.
"j App., h. c, 5, 134. 13(». M. Titius était le fils du proscrit (plus haut, page 652) ; en 40 Pompée Pavait fait prisonnier puis l'avait remis en liberté (Dio C, 48, 30. App., 6. c, 5, 142.); pendant la guerre contre les Parihes il avait été questeur d'Antoine. (Plut., Ant., 42.)
en particulier son beau-père L. Scribonius Libo, le consul désigné, l'abandonnèrent pour aller rejoindre Antoine *. Sex. Pompée s'enfuit à travers la Bithynie et rArménie, il fui rejoint, arrêté et tué à Milet*.
En 34% Octave dut renoncer à son projet de visiter la Gaule et la Bretagne pour aller de nouveau combattre en Dalmatie. Les tribus récemment soumises venaient de s'insurger; ses généraux M. Messalla, M. Agrippa et T. StatiliusTaunis* combattirent avec des chances diverses*. La guerre continua pendant Tannée 33 ; cette année, comme il avait été convenu autrefois. Octave prit possession du consulat avec L. Volcatius TuUus qui remplaça Sex. Pompée ; dès le premier janvier, Octave se fit remplacer par P. Autronius Pœtus *. Les Dalmates firent enfin leur soumission et rendirent les enseignes qu'ils avaient enlevées à A. Gabinius en 47*^. Octave refusa encore le triomphe qui lui fut offert '.
A Textérieur Octave augmentait donc les forces de Tempire romain ; la mort du roi Bocchus • lui fournit encore Toccasion de réunir la Maurétanie *° ; à l'intérieur il se montrait préoccupé d'augmenter le prestige et l'éclat de Tempire qu'il était chargé de gouverner. 11 surveilla la célébration des fêtes", et se fit autoriser par un sénatus-consulte à augmenter le patriciat en y faisant entrer un certain nombre de familles plébéiennes " ; la loi Sœnia, en vertu de laquelle fut opérée cette réforme, fut certainement présentée et exécutée avant
*) App., 6. c, 5, 139.
') App., h. c, 5, 140-114. Dio C, 49, 18. Liv., e/)., 131. Vell., 2, 70. Flor., 4, 8, 8. Eutrop., 7, 6. Aurel. Vict., Vir.ilL, 84. Gros., 6, 19.
') Pendant Tannée 34, L. Scribonius Libo fat réellement consul jusqu'en juillet: 1. L. A., p. 471.
*) T. Statilius Taurus avait triomphé de TAfrique le 30 juin de la même année : 1. L. A., pp. 461. 478.
^) Dio C, 49, 38. 50, 24. 28. App., Illyr., 17. 21. 24-27. Liv., ep , 13-2. Suet., Aug,^ 20. I. L. A., p. 471.
fi) I. L. A., p. 471. App., niyr.y 27. Dio C, 49, 43. Suet., Aug., 26.
") App., Illyr.y 28. Dio C, 49, 43. Mon. Ancyr., 5, 40,
«) App., Illyr., 28.
•) Cf. Dio C, 48, 45.
*o) Dio C, 49, 43. 50, 6. Cf. 51, 15.
!•) Dio C, 49, 42.
'•) Dio C, 49, 43. 52, 42.
IV, 30] cnuTE DU TRIUMVIRAT. vrcTOiiiE d'octave 607
l'année 30 *. Il construisit le temple d'Apollon Palatin % et en l'honneur de sa sœur le portique Octavia ^. Il chargea M. Agrippa de restaurer Taqueduc de TAqua Marcia; comme on manquait de candidats à Tédilité \ Octave se chargea volontairement des fonctions d'édile, et remit en état les monuments publics, les rues et surtout les égouts ^. Tout en conservant ses airs modestes % Octave éclipsait par ses services rendus à TÉtat tous les triomphateurs de l'époque, et C. Sosius qui triompha le 3 sept. 34 de la Judée, et C. Norbanus Flaccus, et L. Marcius Philippus ' qui triomphèrent lous deux de l'Espagne, le premier le 20 octobre 34, le second le 27 avril 33 •.
En 34, Antoine entreprit contre le roi d'Arménie • la campagne qu'il avait dû faire l'année précédente ; il s'empara par ruse du roi Artavasdes, et occupa l'Arménie ". Pour ces hauts faits Antoine célébra un triomphe à Alexandrie ^^ ; puis, en 33, il procéda à une nouvelle répartition des provinces de Syrie, de Cilicie et Cypre, de Crète et Cyrénaïque ainsi que de l'Arménie nouvellement conquise entre Cléopàtre et ses enfants ; à ce moment il reconnut Ptolémée Caesarion " comme fils de César et le traita avec beaucoup de considération *'. II espérait par là susciter des embarras à Octave, fils adoptif et héritier de César; depuis qu'Octave lui avait parlé de la proposition d'abdiquer le triumvirat, il entretenait avec lui une correspondance tantôt personnelle, tantôt officielle, dont le ton devenait de plus en plus menaçant ** ; il reprochait à
*) Mon. Ancyr., ?, 1.
«) Dio C, 49, 45. Vell., 2, 81. Suet., Aw(/., 29. 97. Mon. Ancyr., 4. 1. *») Dio C, 49, 43. App., Illyr., 28.
*) Cf. Dio C, 49, i6.
5) Dio C, 49, 42. Front., Aqmd., 9. Plin., n. h., 36, i5, 24, 104. •) Dio C, 49, 4.
') Cf. Cic, PhiL, 3,10, 25.
«) I. L. A., pp., 401. 478.
"*) App., 6. r., 5, 145.
*o) Dio C, 49, 39 et seq. Plut., Ant., 50. Jos., Ant. jud., 15, 4, 2. B.jud., 1, 18, 5. Liv., ep., 131. Vell., 2, 82, Gros., 6, 19. »M Dio C, 49, 40. Plut., Ant., 50.
»«) Plut., Cœs., 49. 81. Suet., Cœs.,b2. Atig., 17. •») Dio C, 49, 41. 47, 31. 50, 1. Plut., Ant., 54. Liv., ep., 131. •*) Cf. Liv., ep., 132. Suet., Aug., 69.
668 LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQrE flV, 30
Octave la déposition arbitraire de Lépide, Toccupalion aussi arbitraire de la Sicile et des deux provinces d'Afrique ; il lui jetait à la face que les conditions du traité de Tarente concernant les soldats n'avaient pas été observées *. En 33, Antoine fit une nouvelle expédition contre les Parthes, mais se contenta de signer un traité avec le roi desMèdes ; Artavasdes promettait de le soutenir dans sa guerre contre Octave '. Antoine donna ensuite Tordre à P. Canidius Crassus de se diriger vers les côtes de TAsie Mineure avec seize légions '.
L'opinion à Rome était franchement hostile à Antoine dès Tannée 33. Octave avait depuis longtemps justifié Toccupalion de la Sicile et des doux provinces d'Afrique en disant qu'il les considérait comme l'équivalent de TÉgypte sur laquelle Antoine avait mis la main ; plus tard Octave récrimina au sujet de l'Arménie qui, d'après lui, aurait dû être partagée. D'autre part, les anciens Pompéiens ne pardonnaient pas à Antoine la mort de Sex. Pompée ; Octave , en revanche, disait bien haut qu'il Tavait épargné avec intention *. Tous reprochaient hautement à Antoine les procédés qu'il avait employés pour tromper le roi d'Arménie, Tabandon d'Oclavie, sa liaison avec Cléopâtre, et surtout lui faisaient un crime d'avoir disposé de provinces romaines en faveur de Cléopâtre et de ses enfants ^ Des partisans avoués d'Antoine, comme C. Asinius Pollio , resté en Italie après son triomphe *, n'osaient pas prendre sa défense pour justifier ces derniers actes. La rupture définitive eut lieu en 32, peu de temps après Tentrée au consulat de C. Sosius et de du, Domitius Ahenobarbus \^ deux partisans d'Antoine, qui devinrent consuls en vertu de conventions antérieures \
Le 1" janvier 32, C. Sosius essaya de faire voter un sénatus-
1) Dio C, 50, i et soq. Plut., Ant., 55.
«) Dio C, i9, 44. Plut. An(., 53.
3) Plut., Ant.,m.
*) Cf. App., h. c, 5, 127. Vell., 2, 87.
-) Dio C, 50, 1 et seq. 24 et seq. Plut., Ant., 55.
«) Vell., 2, 80.
') Ch. Plut., Auf., 50.
«) DioC, 49, -41.50, 2.
IV, 30] CULTE DU TRU'MVIHAT. VICTOIRE d'oCTAVE 669
consulte, favorable à Antoine et hostile à Octave ; mais un tribun, Nonius Balbus, opposa son intercession *. On retint ensuite des rapports d'Antoine, qui passait l'hiver de 33-32 à Ephèse et à Samos avec Cléopâtre ' ; dans ces rapports Antoine racontait comment il avait conquis TArménie, expliquait les dispositions qu'il avait prises concernant les provinces ; ils ne furent pas lus au sénat, parce que les consuls favorables à Antoine ne voulaient donner communication que du rapport concernant T Arménie, Octave fit opposition '. A cette occasion, M. Valerius Messala parla de la vie voluptueuse qui» menait Antoine à Alexandrie *. Octave déclara, lui, que tel jour il apporterait au sénat des preuves écrites de la culpabilité d'Antoine ; avant ce jour, les consuls quittèrent la ville pour aller rejoindre Antoine *. Lorsqu'Antoine connut ces incidents, quand il sut quel langage Octave avait tenu à son égard devant le sénat, il écrivit d'Athènes à Octavie pour lui annoncer qu'il la répudiait', c'était déclarer la guerre à Octave. A ce moment, L. Munatius Plancus qui avait gouverné la Syrie en 35 et avait eu toute la confiance d'Antoine^^ quitta son ancien chef, emmenant avec lui son neveu, M. Titius*; il vint trouver Octave, et lui parla d'un testament qu'Antoine avait déposé dans le temple des Vestales \
Dans ce testament on trouvait réunies les preuves par lesquelles Antoine établissait que Ptolémée Césarion était bien le lils de César ; Octave y puisa des arguments pour démontrer au peuple que la guerre était inévitable. Il venait d'établir de nouveaux impôts semblables à ceux de 43 ; les propriétaires libres devaient, abandonner au trésor le quart du revenu d'une
*) DioC, 50, 2.
«) Plut., Ant., r)6.
3) DioC, 49, 41.
*) Flin., M. A., 33, 3, li, 50. Cf. Charis., p. 129, 7 Keii. >. Dio C, 50, 2. 20. Cf. Suet., Amj,, 17.
«■ Dio C, 50, 3. Plut., Ant., 57. Liv., ep., 132. Eutr., 7, 6. Gros., G, 10 Hieron., ad Eus, chron.^ p. 141 (Schœne). ■) App , //. c, 5, 144. Ve:i.,2, 8:î. *) Cf. Ephcm. cpiijr.y tome II, p. 9.
*j Dio C, 50, 3. Plut., Anl., 58. Vell., 2, 83.
670 LA DISSOLUTION DE Lk RÉPUBLIQUE [IV, 30
année, les affranchis qui possédaienlplus de 200,000 sesterces étaient obligés de donner le huitième de leur fortune * ; aussi on témoignait peu d'enthousiasme pour la nouvelle guerre civile, et Octave dut se tenir en garde contre des complots sérieux. Il s'empara du testament d'Antoine et en donna lecture au sénat ; à cette occasion, deux des anciens partisans d'Antoine qui l'avaient abandonné, C. Calvisius Sabinuset C. Furnius montrèrent comment vivait leur ancien chef à Alexandrie, ses mœurs n'étaient plus romaines, elles étaient orientales '. On lut aussi le testament au peuple ' ; peuple et sénat en conclurent que s'il était vainqueur, Antoine fixerait sa résidence à Alexandrie, Rome serait abandonnée ; alors on décida qu'Antoine n'aurait pas, comme il avait été convenu, le consulat en 31 ; — Antoine avait déjà désigné L. Cluvios pour exercer les fonctions consulaires à sa place * ; — le sénat lui enleva encore ses pouvoirs de triumvir, mais n'alla pas jusqu'à le déclarer ennemi public ; il se contenta d'annoncer que tous ceux qui l'abandonneraient auraient bien mérité de l'État, et déclara, selon les coutumes anciennes, la guerre à CléopAtre parce qu'elle avait usurpé des parties étendues de provinces romaines ; les sénateurs revêtirent le vêtement de guerre (sagum) ^
Antoine, prévenu de ce qui venait de se passer au sénat, se fit prêter serment de fidélité par ses soldats et les princes d'Orient, ses alliés * ; il réunit une assemblée militaire, et jura lui même de combattre jusqu'au bout : il n'accepterait pas de traité de paix ; six mois après la victoire, il abdiquerait ses pouvoirs de triumvir et rétablirait la constitution républicaine'; il fit part de ces résolutions au sénat *. Octave dut s'estimer très heureux de n'être pas attaqué en 32 ; Antoine aurait pu
») Plut, Ant., 58. Dio C, 50, 10. 16. 20. 51, 3. -) Plut., Ant,, 58. Dio C, 50, 3. 5.
3) Dio C, 50, 3. 20. Suet., Aug., 17. *) Dio C. 49, U.
5) Dio C, 50, 4. 6. 20. 21. 26. Plut., Ant., 60. Cf. App., h. r., 4, 38. 45. «) Plut., Ant., 56. 61. Dio C, 50, 6. Cf. Jos., Ant,jud., 15, 5, 1. B.jud. 1, 15,1.
') Dio C, 50, 7. 22.
•) Dio C, 49, 41 . ,
IV, 30J CHUTE DU TUIUMVUIAT. VICTOIUE d'oCTAVE 671
débarquer en Italie et profiter du mécontentement qu'avaient causé les nouveaux impots parmi les affranchis * ; le fils de Lépide, espérant sans doute rallier ces mécontents, avait organisé un véritable complot contre Octave ^ Mais Antoine ne fut pas prêt à temps, il se retira de Corcyre à Patrœ pour y passer Thiver '. Là encore, plusieurs de ses partisans Tabandonnèrent ; on cite Fufius Geminus * et M. Junius Silanus ^. Octave eut pour lui Tltalie , les provinces de Gaule , Espagne , Afrique , Sicile et Sardaigne qui lui jurèrent fidélité *. Pendant Thiver, Octave demanda à Antoine une entrevue personnelle, soit en Grèce, soit en Italie; Antoine refusa \ Le l**^ janvier 31, Octave prit possession de son troisième consulat ; ildutavoir pour collègue M. Valerius Messalla, élu pour remplacer Antoine *. Antoine mit beaucoup de lenteur à commencer les hostilités ; Agrippa en profila pour parcourir les côtes du Péloponnèse; Octave, après avoir nommé, comme pendant la guerre de Sicile, Mécène, préfet de la ville de Rome ', confia le commandement de son armée de terre à T. Statilius Taurus *°, et passa en Épire avec toutes ses forces ". Les deux armées s'observèrent longtemps ** ; Antoine vit encore s'éloigner plusieurs de ses partisans ", par exemple Cn. Domitius Ahenobarbus et Q. Dellius , son conseiller intime *\ Par déférence aux volontés de Cléopâtre *", Antoine consentit à livrer le combat décisif sur mer ; la bataille navale
») Dio C, 50, 9. 10. 16. 51, 3. Plut., Ant., 58.
«) App., b. c, 4, 50. Cf. Liv., ep., 133. Vei!., 2, 88. Suel., AMflf., 19 Dio C, 54, 15.
3) DioC, 50,9. Plut., Anf., (50.
') Cf. Dio C, 49, 38.
-) Plut., An^, 59. Vell., 2, 84.
*) Dio C, 50, 6. Suet., Aug., 17. Mon. Ancyr., 5, 3. Cf. Plut., Ant.y 61.
0 DioC, 50, 9. Cf. Plut., Ant.y 62. Liv.,ep., 132.
«) I. L. A., p. 471. Dio C, 50, 10. 47, 11. App., b. c, 4. 38. Cf. Plut., Brut,, 53. Suet., Aiiy., 26.
») Vell., 2, 88. Tac, Ann., 6, 11. App., 6. c, 4, 50. Dio C, 51, 3.
">) Plut., Ant., eo. Vell., 2, 85. Dio C, 50, 13.
««) DioC, 50, 11. Liv.. ep., 132. Gros., 6, 19.
*^) Dio C, 50, 12-30. Plut., AnL, 63 et seq.
•^) Dio C, 50, 13, 23. Plut., Ant., 63. 59. Vell., 2, 84. Suet., iVtr., 3.
**) Cf. Plut., Ant., 25. Jos., Ant, jud., 14, 15, 1. 15, 2, 6.
»^) Plut., Ant., 63 et seq. Dio C, 50, 15.
eut lieu près du promonloire d'Actium, le 2 seplembrc * ; Cléopàtre s'enfuit dès le commencement de l'action, et, grâce au talent militaire du général Agrippa, Octave remporta une victoire complète ^ L'armée de terre d'Antoine se donna à Octave; le général P. Canidius Crassus n'avait pas reçu d'ordres ; il s'enfuit sept jours après la bataille '.
Antoine et Cléopàtre s*étaient retirés à Alexandrie * ; Octave put donc profiter de sa victoire pour régler le sort des villes, des princes et des provinces orientales en Grèce et en Asie Mineure ^ En général, il se montra généreux pour les sénateurs et les chevaliers du parti d'Antoine qui tombèrent entre ses mains ; il pardonna même à C. Sosius *. Il incorpora les soldats d'Antoine dans son armée ; il licencia immédiatement les soldats citoyens qui avaient accompli leur temps de service et les renvoya en Italie ; il dispersa les autres sur différents points du territoire de l'empire le plus vite possible. Craignant une révolte des soldats licenciés, il envoya Agrippa à Rome pour seconder Mécènes '. Lui-même fut obligé d'interrompre son voyage dans les provinces orientales ; après avoir pris possession de son quatrième consulat *, le 1" janvier 30, il revint de Samos ' en Italie '°. Il s'arrêta à Brindes où vinrent le trouver les principaux magistrats et les sénateurs ; là il prit à la hâte les mesures nécessaires au règlement des distributions de terres aux soldats licenciés, et des indemnités que devaient recevoir les propriétaires expropriés ^*.
*) Dio C, 51, 1. I. L. A., p. 324.
«) Dio C, 50, 31-35. Plut., Ant., G5-68. ^os. , Anl. jwl., 15, 5, 2. 15. G, 1. B.jud., 1, 20, 1. Liv., ep., 133. Vell., 2, 84 et seq. Suet., Aug., 17.96. KIor., 4, 11. Oros., 6, 19.Kulrop., 7, 7. Aur. Vict., Vir. i7/.,85.Cas5iodor., p. 626 (Moinmsen).
3) PIul., Ant., 6S. Dio C, 51, 1. Vell., 2, 85.
^) Plut., Ant., 67. OU. Dio G., 51. 5.
••) Dio C, 51, 2. 4.
'••) Dio C, 51, 2. App., h, .•., 4, 42. 40. Vell.; 2, 86. Mon. Ancyr., 1. 13.
^) DioC, 51,3.
»♦) Supt., A/(i/.,26.
'•') Cf. Suel., Aug.y 17. A[>p., />. c, 4, 42.
"•j Plut., AnL, 73.
>') Dio C, 51, 4. Suet., Aug., 17. 46. Gros., 6, 19. Mon, Ancyr., 1, 17. 3, 22. Hygin.'p. 177 (Lachmann).
IV, 30] CBUTE DO TRIUMVIRAT. VICTOIRE d'OCTAVE 673
Il resta vingt-sept jours à Brindes* et repartit pour TAsie ; il traversa la Syrie et arriva à Péluse ; en même temps, C. Cornélius Gallus venu de la Cyrénaïque pénétrait en Egypte par Paraetonium*. Antoine avait demandé à plusieurs reprises de traiter ' ; on avait repoussé ses offres; il essaya encore de lutter dans le voisinage d'Alexandrie, mais il fut battu, et sa Hotte l'abandonna*. Octave occupa Alexandrie le 1" août^ Antoine s'était déjà donné la mort. Gléopâtre espéra quelque temps que le vainqueur lui laisserait TEgypte ; quand elle sut qu'elle était destinée à figurer au triomphe d'Octave, elle se donna aussi la mort *• Octave était maître de l'Egypte ; il était aussi seul maître, monarque, d'un état agrandi par une nouvelle conquête, l'Egypte, mais épuisé par les guerres civiles.
•) Suel., Awj/., 17. Dio C, 5t, 5.
») Dio C, 51, 9. Jo8., Ant, jud., 15, 6, 7. B. jud., 1, 20, 3. Flor., 4, 11,9.
») Plut., Ant., 72. Dio C, 51, 6. 8.
*) Dio C., 5t, 10. Plut., Ant., 74 et seq. Cassiodr., p. 626 (Mommsen). I. L. A.,p. 471.
») I. L. A., pp., 324.3-28. Oro8.,6, 19. Dio C, 51, 19.
«) DioC, 51, 10-15. Plut., Ant., 76-86. Liv., ep„ 133. Vell., 2, 87. Suet., Aug., 17. Flor., 4, 11. Eutrop., 7, 7. Oros., 6, 19 et seq. Hor., Cann., 1, 37.