I, 6] LES RÉFORMES DE TAROUIN ET DE SERVIUS TULLIUS
décurions pour ces escadrons do *)0 hommes se soient appelés seviri parce qu'ils étaient six ; mais comme il y aurait eu plus tard jusqu'à soixante fois six seviri, cette hypothèse n*a rien de vraisemblable.
La tradition ne dit pasclairementcombien il y avait de cavaliers dans chacune de ces trois centuries. Comme on croyait que dès l'origine il avait existé trois tribus, on admit que depuis Romulus il y avait trois centuries de cavalerie. Ce nombre de 300 cavaliers aurait été triplé par l'admission successive des Sabins et des Albains ' ; etXarquinle doublant encore l'aurait porté à 1,800 cavaliers. Ce total est donné par Tite-Live ' (quoiqu'il oublie le doublement provoqué par l'accession des Sabins et ne se souvienne que de l'augmentation consécutive à la fusion avec les Albains) '\ C'est probablement aussi le sens du texte de Cicéron*, ^lac CC est probablement une altération de MDCCC. Mais les bases de ce calcul sont fausses, car les trois tribus ne sont pas primitives, non plus que les trois centuries qui leur correspondent. Les augmentations de la cavalerie, que la tradition évalue chaque fois à300 personnes, ne sont en réalité que d'une centurie, dans le sens originel du mot, c'est-à-dire de 100 cavaliers. De plus, les conclusions auxquelles aboutit le calcul de Tite-Live sont fausses par elles-mêmes, sans qu'il soit besoin pour le prouver d'invoquer l'erreur qui sert de base au calcul ; car si ïarquin avait porté à 1,800 hommes la cavalerie, il ne serait pas resté de place pour l'augmentation de Servius qui ajouta 12 centuries; la cavalerie romaine, formée des trois doubles centuries et des douze centuries de Servius, compta du début de la république jusqu'au temps de Caton 1,800 cavaliers [équités equo publicoy. On a proposé, pour résoudre la question d'accepter pour l'époque de Tarquin le chitfro de 1,200 cavaliers, en s'autorisant d'un passage de Festus ''
')Plut.,I}ùm.. 20.Lyd., de Mag., i, 16. Isid.,9,3, 51.
3) Liv., 1, 30.
4) Cic, deRep., 2, 20.
^) Cato, Or., p. 66. Jordan (Prise, 7, 8, 38 p. 318, Hertz). Cf. Dion., 6, U. '^) Fest., s. V. Sex suffragia, p. 34 'j.
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qui semble contredire Tile-Live'; les six suiïrages seraient une création de Servius Tulliiis, et les douze centuries, antérieures. On écarte ainsi notre hypothèse et le rapproclienu'iil que nous avons établi; mais on suscite de nouvelles contradictions et de nouvelles hypollièses ; nous admettrons donc que les trois centuries doublées par Tarquin comprenaient 600 cavaliers.
Une autre conséquence du doublement du peuple fut l'aug-mentation du nombre des Ycstales. Los nouveaux venus introduits par cooptation dans la famille publique et jouissant du foyer commun, il était naturel que le nombre des prêtresses du foyer public correspondît à celui des parties du peuple, quoique on ne puisse admettre une représentation efl'ectivo de chaque fraction du peuple par les prêtres. A l'admission des Luceres on n'avait pas, semble-t-il, proportionné le nombre des prêtresses à celui des tribus, puisque de jNumaà Tarquin il n'y eut que quatre Vestales correspondant aux deux tribus primitives des Ramnes et des JzVzVs.Mais quand Tarquin (Servius selon d'autres) en porta le nombre à six, les Vestales représentèrent au fover l'imag-e des trois tribus subdivisées chacune en deux parties'. On peut par analogie rattachera celte réforme l'institution de deux nouveaux augures placée au temps de Numa\ De même on peut admettre que le nombre des tribuns militaires passa alors de trois à six par suite de l'entrée des génies minores dans les trois tribus (voir page 82.)
Nous rattachons à ces créations de Tarquin l'institution du collège des duoviri sacrorum chargés de consulter les livres sibyllins [libris sibyllinis ùispiciiindis), quoiqu'elle paraisse dater seulement de Tarquin le Superbe ; mais elle est du même ordre que les innovations dont nous venons de parler; elle témoigne d'un esprit nouveau, et précisément sur le domaine
•) Liv., 1,36, 43.
2) Fest., s. V. sex Vestœ sacerdotes, p. 3ii. Dion., 3, 67. 2, 67. Plut., Numa 10.
^) Cicéron attribue à Numa cette augmentation du nombre des augures ; mais la chose est peu vraisemblable ; il est plus naturel d'attribuer cette réforme à Tarquin qui fit entrer Attus Navius dans le collège des augures et de qui date l'importance de ce collège (Liv., 1, 36), désormais consulté pour tout acte impliquant l'exercice de la puissance souveraine.