‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. Lange (volume 2)Chapitre 20 sur 82 · I, 6] LES RÉFORMES DE TARQUIN ET DE SERVIUS TULLIUS · texte numérisé non relu

I, 6] LES RÉFORMES DE TARQUIN ET DE SERVIUS TULLIUS

laissant toutefois aux curies le soin de l'investir de ce commandement. On ne saurait rien affirmer à ce sujet, car l'usurpation de Tarquin le Superbe empêcha qu'il n'y eût élection d'un roi; mais il est vraisemblable que Servius Tullius fit passer aux centuries le droit d'élire le roi'. En effet, quand on institua la république, les comices centuriates élurent deux consuls selon la loi de Servius Tullius [ex commentariis Servit Tullii); les anciens conclurent de ce texte que Servius Tullius avait eu le projet de déposer l'autorité royale et de la remettre à deux consuls-; c'est une erreur, mais on est d'autant plus fondé à dire que les comices centuriates avaient dès lors le droit d'élire à la magistrature suprême ; ils ne le tinrent donc pas de la loi du tribun L. Junius Brutus^, qu'il faut plutôt interpréter autrement (voir plus loin). Servius Tullius a pu obtenir le consentement du peuple patricien à ce transfert, car le choix restait aux mains des patriciens, puisque les pères de famille des génies patriciennes choisissaient dans leur sein l'interroi qui exerçait provisoirement le commandement (2/«/jerimn) ; or, l'interroi, qui était forcément un patricien avait, le droit de présentation; on ne pouvait qu'accepter ou rejeter le candidat patricien. De plus il fallait convoquer les comices curiates pour conférer à l'élu préalablement investi de Vauctoritas patnun, l'impenum sans lequel son pouvoir eut été si faible qu'il n'eût pu le conserver. Sans doute on n'aurait guère pu refuser la sanction des pères de famille {auctoritas jki~ trum) ni la loi curiate deimperio, au temps où le droit d'élection {creati'j) appartenait aux patriciens et cette formalité n'avait pas pris le caractère d'une deuxième décision du peuple, mais il ne pouvait échapper aux patriciens, qu'elle devait prendre un autre sens et qu'ils gardaient par l' auctoriias patrum et la loi curiate de imperio, un pouvoir équivalent à celui qu'ils perdaient enabandonnant leur droit d'élection [creatio) On convoquait encore le peuple des comices centuriates pour lui communiquer le calendrier (la liste des fêtes religieuses) et

') Cf. Appian; lib 112. Dion., 5, 12.

2) Liv., 1. -i8, 60. Dion., 4, 40. Plut., de fort. Rom., 10.

3) Dion., 4, 84.

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