‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. Lange (volume 2)Chapitre 22 sur 82 · I, 6] LES RÉFORMES DE TARQUIN ET DE SERVIITS TULLTUS · texte numérisé non relu

I, 6] LES RÉFORMES DE TARQUIN ET DE SERVIITS TULLTUS

prolélairos ol los xmrii, c'était que coiix-ci payaionl dos impôts; plus tard il y en out une autre, quand le droit de vote fut accordé aux prolétaires sans l'être, aux «/'«m. Parmi les œrarii il faut ranger, même avant les lois des XII Tables, les mancipaù et nex'i''\ mais c'est aller bien loin que de dériver serarii de débiteur (oô^r«^/ du motcT'.s, alienum étant sous-entendu).

En dehors de ces groupes de citoyens exclus des classes, quoique propriétaires fonciers, se placent ceux qui n'avaient aucune propriété foncière^, artisans et petits commerçants, [opificesQ;isellidaim)y divisés en neuf ou plus exactement en huit collèges d'artisans (collegia opificinn), descendants de clients, de plébéiens pauvres ou appauvris et d'affranchis. Ils étaient d'abord en dehors des classes, nous en avons un témoignage certain*; quant aux affranchis {libertini), ce n'est qu'à partir de la censure d'Appius Claudius Caecus (312) qu'ils demandent leur inscription dans les classes. Ajoutons qu'artisans et commerçants {selhdarii) et particulièrement les affranchis, restèrent très longtemps exclus de la légion ^ Tous d'ailleurs étaient citoyens sans droit de vote. Selon leurs moyens ils étaient ins crits parmi les œrarii o\x les prolétaires; quand les prolétaires, par l'institution de la centurie des capite censi, obtinrent un droit de vote, ils furent admis dans cette centurie, et se trouvèrent plus favorisés que les œrarii.

L'ensemble des cinq classes considéré comme l'armée, s'appelle classis, ou encore envisagé dans sa division semble-t-il, quintana classis^. Au sens étroit, dassis désigne chacune des cinq divisions, mais particulièrement la première puisqu'on désigne parfois les quatre suivantes par l'expression i)ifra classem' . Ceci s'explique par l'importance militaire

*) Ce sont des hommes qui ont aliéné leur liberté {homines libcri in mancipio); ils sont dans une situation juridique, un peu meilleure que celle de l'esclave ou du fils vis-à-vis du père. Il y en a deux catégories; les mancipati judicaH, débiteurs insolvables condamnés par autorité de justice; et les 7iexi (per œs et Hbram) qui d'avance avaient engagé leurs corps. [N. D. T.]

*) Cf. le jeu de mots de Gic, ad. AU., 1, 163.

^j Dion, 2, 28.

*) Dion, 9, 25.

^) Liv., 8, 20. 10, 21.

c) Fest., p. 257.

") Gell.,7, 13. Fest. ep., p. 113

'08 LA HOYAnÉ [I, 6

(le la [iicniiôre classo qui forme Je noyau de l'armée rangée en hataillc '. Les citoyens de cette classe sont appelés de préférence classici- et postérieurement proci et jinncipes •^•. ou censi au sens fort du mof^. Il est donc probable que le mot acceîisj^, c'est à-dire adcensi qu'on applique d'ordinaire et sans grande raison, aux prolétaires désii^nait les quatre classes inférieures et surtout la cinquième''; cette dernière, formée surtout de clients', pourrait bien n'avoir été créée qu'après Serviiis, quand sa constitution fut rétablie au commencement de la république.

') L'armée comprend: les 18 centuries de cavaliers; 85 (ou 70 sans la clnquième"classe) centuries de piétons seniores, qui tiennent garnison dans Rome. Les 85 centuries de jiiniores fournissant plus d'hommes (pi'on n'en a besoin en général, on fait un choix (dilectiis); on lève 100 lioinmes par centurie, soit 8,500 (chaque tribu donnant un quart). On obtient ainsi deux légions de 4250 piétons auxquels il faut ajouter les recrues des quatre centuries de musiciens et d'ouvriers. On forme une phalange avec les hommes des quatre ou des trois premières classes, sur six ou sept hommes de profondeur; les 2,400 hommes de la première classe occupent les quatre premiers rangs; ce sont les jj/-mt'/pe.s. Les soldats de la dernière classe (quatrième ou cinquième) sont armés à la légère (accensi velali pws velites.)[N. D. T.]

3j Fest., p. 249. Cic, Or., 46, 156.

'') Cic, in Verr. accus., 1,41 et 42. Ps. .\scon., p. 188. Or. Gai., 2, 274.

5) Liv., 1, 43. Cic, deRep., 2,22.

«) Dion, 5, 07.

^j PluL, Pupl., 21.

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