‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. Lange (volume 2)Chapitre 25 sur 82 · FONDATION DE LA BÉPUELTOUE H · texte numérisé non relu

FONDATION DE LA BÉPUELTOUE H

minorité patricienne'. Tandis que Valerius, souscoiileurd'nne extension populaire de la constitution de Servius qu'il rétablissait soig"neusement, servait pour tout le reste les intérêts des riches, c'est-à-dire des patriciens , il remplit les vœux des pauvres en remplaçant la capitation que levait Tarquin par le tributum de Servius'. Les prolétaires échappèrent de nouveau à Timpôt. En même temps il supprimait les douanes des ports {portoria), faisait du commerce du sel un monopole public dans l'intérêt des pauvres et parait un peu au renchérissement en faisant acheter du blé par l'Etat^. Enfin il se concilia les riches plébéiens par une innovation (Denys l'attribue à im Valerius postérieur '*) ; en sus des dix-huit centuries de chevaliers il donna le cheval public à quatre cents plébéiens ; ils obtinrent ainsi, sinon un rang- de vote plus favorable, du moins une part au service de cavalerie, le plus honorable. D'autres témoignages viennent à l'appui de cette interprétation et nous font croire que l'Etat fournit pendant un certain temps deux mille deux cents chevaux publics ^

P. Valerius prit encore un autre moyen d'accorder les intérêts des plébéiens riches et des patriciens, quand il fit le choix du ^éua.t{lectio Senatus). L'importance de cette opération était d'autant plus grande que Tarquin avait laissé le Sénat*' se réduire à moitié par l'exlincLion. Valerius y plaça des chevaliers plébéiens '^, suivant ici encore les traces de Servius. Ces nouveaux sénateurs ne devinrent pas des patriciens ** ; ils furent appelés pour les distinguer des autres non plus pères [pati-es), mais conscrits » [cofiscripti], de sorte qu'en s'adressant au Sénat on lui dit désormais pères (et) conscrits®. Mais

») Dion., 11, 45.

2) Liv., 2, 9. Dion, 5, 22. 6, 24. Plut., PopL, 11.

3) Liv., 2, 9.

i) Dion., 6, 44.

») Cato ap. Prise, 7, 8, 38 p. 318. Hertz (Cat., or. p. 66 Jordan).

«) Plut., PopL, 11. Fest., p. 254. ep. p. 7.

^) Liv.. 2, 1.

*) Dion., 5, 13. 7, 55 se trompe sur ce point et ne fait entrer les plébéiens au Sénat que beaucoup plus tard, cf.7,65.

9) Liv., 2, 1. Fest., p. 254. ep. p. 7, 41. Plut., Rom. 13. gii. Rom. 58, Serv., ad Mn., 1, 426.

120 LITTTE DES l>ATnir.IE\S ET DES PLÉBÉIENS [II, 1

c'est une affirmation sans fondennent que de dire que toutes les places alors vacantes dans le Sénat (une version due probablement à VaU'rius Antias en compte cent soixante-quatre') aient été occupées par des plébéiens. Le patricien Valcrius a dû bien plutôtassurer àson ordre la majorité,etplustardàdes époques plus favorables aux patriciens, ceux qui étaient investis de V imper iiim ont dû profiter de leur pouvoir illimité" pour écarter de plus en plus du Sénat les plébéiens qu'ils n'y pouvaient souffrir"; mais ils ne purent jamais les en exclure tout à fait''. L'influence croissante du Sénat de la république n'est pas due à Valerius, ni à des mesures législatives, c'est une conséquence naturelle de l'infériorité oii se trouvent les magistrats annuels vis-à-vis d'un sénat perpétuel.

Comme législateuiv, Valerius eut une grande importance autant par la forme législative qu'il employa pour donner force de loi à ses réformes, que par leur contenu.

Quant à la forme, d'après le droit public patricien qui ne connaissait pas encore de législation proprement dite, tout changement à la constitution, c'est-à-dire à Tétendue de Vwiperium, devenait légal par son introduction dans la loi curiato dp impen'o, comme modification ou addition, faite par les comices curiates d'après l'autorité des pères de famille [patrum auctO)itas). Valerius ne pouvait naturellement enlever ces droits aux pères de famille descentes patriciennes et aux comices curiates. Mais de même que Servius avait remis aux comices centuriatesla ci-eatio sans entraîner pour cela, au to?'ù as patrum ni la loi cunate,Valreius pouvait d'après cette analog-ie^ sur la base d'un sénatus-consulte, et, après avoir obtenu l'^^^ctoritas j^alniiii pour changer la loicuriate, convoquer en vertu de son hnpf'riiim les comices centuriates et leur demander s'ils étaient satisfaits du changement. Il est formellement dit que la loi Valeria dr provocatione^ est la première acceptée dans les comices centuriates; très probablement Valerius ne

i)Plul., PopL, 11. Fest., p. ■?54.

2) Fest., p. 246.

^) Liv., 4, 15.

*) Liv., id, et 5, 12.

^) Cic, de Rep., 2, 31.

Page 1