‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. Lange (volume 2)Chapitre 35 sur 82 · II, 7] I^KS LOIS LK^TNIEXNES · texte numérisé non relu

II, 7] I^KS LOIS LK^TNIEXNES

la solde, les plébéiens riches qui avaient part à la « possession » du domaine y perdaient et le firent combattre parles tribuns' ; mais les prolétaires y gagnaient doublement; ils étaient admis au service militaire et touchaient une solde. Le sénat qui leur avait procuré cet avantage eut désormais en eux des partisans influents dans les assemblées de la plèbe ; comme on y votait par tribus, la voix des prolétaires agraires inscrits dans les tribus de la campagne valait celle du plus riche plébéien.

Ce fut probablement M. Furius Gamillus, censeur, en 403', qui appela au service les prolétaires, établit le groupement par manipules, changea le service militaire de la cavalerie [eqiio privcito)ei la soldée Camille fut dès lors le chef du parti patricien proprement dit et son principal appui grâce à sa valeur personnelle. Après sa censure il fut six fois tribun consulaire et cinq fois dictateur.

Cependant la situation des plébéiens pauvres empirait malgré les concessions du sénat. Beaucoup avaient contracté des dettes pendant la longue guerre contre Véies '". Les dissensions nouvelles amenèrent la plèbe irritée à exiler deux de ses tribuns et Camille lui-même. La ville fut ensuite prise et brûlée par les Gaulois'^ (390) et le coup était si rude qu'on eut peine à empêcher une émigration à Véies^ Quand la ville eut été rebâtie, les allégements accordés par l'Etat de temps en temps'', ne purent empêcher une aggravation inouïe des dettes de la plèbe \ De plus le cens de 393^ ayant été annulé, probablement à cause de la catastrophe survenue après le lustre, on n'en fit un nouveau qu'en 387. Les citoyens durent commencer par payer le tribut d'après le cens de 403 correspondant à une situation de fortune bien supérieure à celle qui

') Liv., 4, 60.

^) Fast., Capit., I, L. A., p. 428; Val. Max., 2, 9, 1; Plut,, Cam.,2. 3) Liv., 8, 8.

*) Liv., 5, 20.

■") Liv., 5, 3.5 et seq.; Diod., 14, 113; Plut., Cam., 17. •■') Liv., 5. 51; 6, 3, I. L., A,, p. 285; Plut., Cam., 31. ") Liv., 5, 55; Diod., 14, 116.

9) Fast-, Capit., I. L. A., p. 429; Liv., 5,31; 6, 9 et 34; Dion., 1,74; Plin., n. h. 33, 5, 16.

220 LUTTE DKS PATBlt.lKNS ET DES PLÉBÉIENS |II, ~

suivit la prise de Rome i»ar les Gaulois'. Les riches étaul eux-mêmes très atteints' n'en exerçaient qu'avec plus de rigueur leurs droits contre leurs débiteurs.

Un seul d'entre eux, un patricien ennemi personnel et adversaire politique de Camille, Manlius Capilolinus, le sauveur du Capitole, fut, d'après une tradition certainement très altérée et embellie, assez généreux pour consacrer sa fortune à alléger les dettes des pauvres. 11 poussa les tribuns à des propositions tendant au même but^ et fut accusé de viser à la tyrannie. Que ces griefs aient été justifiés, ou seulement destinés à le rendre suspect à la plèbe, il n'en fut pas moins accusé deha.nleir3ihison{perduellis) par deux tribuns (384) etcondamné à morl par les comices centuriates dans le bois de Pétélio; on avait réuni le peuple à cet endroit contre l'usage et pour qu'il ne pût voir de là le Capitole sauvé par Manlius'. Cette condamnation prouve que les tribuns de la plèbe eux-mêmes servaient les intérêts des riches quand il s'agissait des questions sociales et que l'influence de ceux-ci était encore dominante dans les assemblées centuriates auxquelles on enlevait à ce moment même (389\ par un décret des pontifes, et dans l'intérêt du gouvernement, la connaissance des kalendes, des nones, des ides et des jours où pouvaient se tenir les réunions du peuple. Peut-être toutefois Manlius fut-il condamné dans une réunion de pères de famille des ye^^e.s patriciennes [concilium populi).

Ces circonstances plongèrent l'élément pauvre de la plèbe dans l'indilTérence politique ; Torganisation de colonies latines, nécessitée par les attaques des Yolsques et des Etrusques et les menaces de défection des Latins était d'autant moins désirée par la plèbe que la situation des colons était dangereuse. La tenue du cens, indispensable depuis 380 à cause des modifications survenues dans les fortunes particulières, fut retardée

*) Cf. l'inslilulion de qualre tribus; Liv., 6, 5; Fest. p. 36i.

3) U\\, 6, 11 et 15; App., Ifa?., 9.

*) Liv., 6, 11 et 14-20; Diod., 15, .33; Dio., Cass., fr., 2(5, B. ; Zon., 7, 24; Dion., li, 6; Plut., Cam., 36; App., ItaL, 9; Gell., 17, 21, 24, Cic, Thily 2, 441, 117; de Dom., 3S, 101; de Rcp., 2, 27, 49; ^mm. Marcell., 21, 16, 13.

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