‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. Lange (volume 2)Chapitre 39 sur 82 · ORIGINE ET SITUATION DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

ORIGINE ET SITUATION DE LA NOBLESSE

aristocratie de fonctionnaires dans la plèbe et concourait à l'unir à l'aristocratie analogue des familles patriciennes qui partageaient avec elles les magistratures. Ce lien était plus fort que celui qu'établissait l'aristocratie de race entre l'ensemble des patriciens en face de l'ensemble des plébéiens. Plus se développait la notion de cette communauté d'intérêts et de sentiments, plus se fortifiait la noblesse, et plus s'atténuait la distinction, longtemps encore persistante, entre les nobles plébéiens et patriciens, plus s'accentuait au contraire Tantagonisme entre les nobles [nobiles) et la foule [ignobiles). La noblesse se diflerenciait du reste des citoyens parle droit d'images [jus imcujiniwi). L'usage des nobles de conserver les portraits de leur ancêtres {imagines) n'est certainement pas né sous le consulat plébéien de L. Sextius Laleranus en 366 , quoique il faille dater de ce consulat l'origine de la noblesse, aristocratie de fonctionnaires à côté du patriciat ; il est probable que le droit d'images remonte à l'origine de la république pour les familles consulaires', à l'origine de la royauté élective pour les familles royales'. Nous n'en avons évidemment pas de preuves directes , et on ne saurait en trouver une dans ce fait que, plus lard, les familles nobles montraient les images de leurs ancêtres de l'époque primitive de la république, ou même de l'époque royale \ Mais on ne peut non plus invoquer contre nous l'état misérable des arts plastiques à Rome , rien n'obligeant à croire que les images dont il est question fussent de véritables objets d'art. Le fait même que patriciens et plébéiens usèrent également du droit d'images, prouve que ce ne fut pas un privilège de l'ordre patricien, mais une simple prérogative attachée à l'exercice des hautes magistratures. Il est certain que les plébéiens n'auraient pas adopté cet usage en 366 s'il n'avait été pratiqué auparavant par les patriciens ; mais il n'est pas moins certain que les patriciens se seraient opposés à son adoption par les nobles plébéiens si ces derniers n'y avaient acquis un droit par l'exercice des magistratures. Au point de

») Liv., 7, 32. 10, 8.

') Liv., 1, 34.

■îj Tac, Ann., i, 9. Suet, Galb., 2.

vue du droit d'images, il n'y a plus entre les nobles patriciens et plébéiens d'autre diiïérence que la longueur de la série des ancêtres représentés'. Le premier consulat j)lébéien n'a donc, pour le droit d'images, qu'une signilicalion ; les familles de magistrats plébéiens l'ayant obtenu, il devint la marque distinctive d'une aristocratie de fonctionnaires composée de membres des deux ordres. L'importance de l'année 306 à ce point de vue est d'autant plus grande qu'à ce moment même furent créées l'édilité curule et la préture qui donnaient le droit d'images". Si les patriciens avaient espéré se réserver à eux seuls la possession des nouvelles magistratures et conserver ainsi d'une manière durable la prépondérance numérique de la noblesse patricienne sur la noblesse plébéienne, ils furent vite détrompés, car les plébéiens parvinrent cette année même à l'édilité curule, le premier deg-ré dans la carrière des magistratures".

Les images* étaient des masques de cire, de sorte qu'on les appelle aussi cerœ''. Elles étaient placées dans l'atrium, le long du mur % et parfois dans des armoires {armaria) qui ressemblaient extérieurement à des temples. Au-dessous étaient les titres {tituli , indicesy des magistratures occupées par le défunt^. Les images étaient réunies par des lignes {stemniata) à un arbre généalogique. Primitivement sans doute, on n'exposait que les images des agnats (celles des agnats et des (jentiles dans les maisons patriciennes) °. Quand se ressera le lien de parenté avec les cognati et les affhies^^' , on plaça leurs

1) Liv., 7,32. 10,8.^

2) Cic, m Vcrr. accus., 5, li, 36.

^) Primiis adsccnsus ad honoris amplioiis gradiim. Cic, de Lerj. 3, 3, 7. Polyb., 10, -4.

*) Polyb., 6, 53. Plin., n. h., 35, 2, 2, 6 et seq. (Cf. 35, 12, 44, 153). Sen., de Benef., 3.28. Juv., 8, 1.

S) Juv., 8, 19. Ov., Fast., 1, 591. Sali., Jug., 4.

«) Mart , 2,90, 0. Sen. cp., 44. Val. Max, 8, 15, 1.

•) TibulL, 4, 1, 30.

8) Liv., 10, 7. Val. Max., 5, 8, 3. Tac, Ann., 16, 7. Cf. Plin. n. h., 35, 3.3. 12,

9) Plin., n. h., 35, 2, 2, 6 et 8. Val. Max., 8, 15, 1. Cic, fam., 9, 21, 2. •") Les droits privés des yentiles (membres d'une même gens patricienne)

vis-à-vis les uns des autres, étaient les mêmes que ceux des agnats parents

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images à côlc de celles des agnals'. Aux jours de fête, on ouvrait les armoires (aperire imaginesY \ on couronnait les images de laurier'. L'orgueil d'une famille noble s'étalait surtout aux enterrements ; des hommes loués à cet effets marchaient en avant du cortège, revêtus des insignes de l'ancêtre dont ils portaient le masque appliqué sur leur visage*. Le défunt apparaissait ainsi comme membre d'une série d'ancêtres qui avaient bien mérité de l'Etat. L'éloge funèbre [laudatio funebris) prononcé à la tribune du marché, au milieu des chaises curules sur lesquelles siégeaient les porteurs de masques augmentait encore l'effet produit. 11 est certain que cet usage avait conduit à des falsifications dans les titres [tituli)'° et par conséquent dans la tradition ; mais personne no saurait nier que c'était une manif re aussi imposante qu'originale de veiller à la gloire des serviteurs du pays*^ et d'assurer l'illustration d'une noblesse qu'on étalait ainsi aux yeux de la foule. C'était une conséquence naturelle du principe romain de l'unité et de la perpétuité de la famille.

Le droit d'images, comme la noblesse, étaient conservés même par les individus d'une famille de magistrats qui n'étaient pas arrivés personnellement à une magistrature curule. Les familles dont un seul membre l'avait obtenu étaient peu considérées ; il est indubitable que dans la noblesse la considération d'une maison se mesurait au nombre et aux services des aïeux''. Mais on ne pouvait perdre le droit d'images et la noblesse qu'après une condamnation infamante. A l'époque de Cicéron, l'homme condamné pour brigue^, à

par les mules. La chose s'explique facilement, \<i.(je)is n'élant qu'un élargissement de la famille. Ce n'est que peu à peu qu'on en vint à assimiler aux parents par les mâles les autres parents (cognali) et les alliés [affines) [N. D. T.]

') Cic, Ydt., Il, 28. Tac, Ann , 3, 5, 76.

-) Cic, SulL, 31, 88.

3; Cic, Mur., 41, 88.

*) PoL, 6, 53. Diod., 31, 36. Prop., 2, 13, 19. Hor., Epod. 8, 11.

") Liv., 8, 40. 22, 31.

^) Cic, Rab.Post., 7, 16, in Vcrr. accus., 5, 14.

^) Cic, Mur., 1, 8.

8) Cic, Sali, 31, 88. Mur,, 41, 88. Tac, Ann., 2, 32. 3, 76. 16, 7. Suet., Ner., 'SI.

2'l2 LK (lOUVKUNKMENT iJi: I. A NOIÎLKSSK [111, 1

l'époque impériale, celui qu'alleig-nail une condamnation de haute trahison, subissait, entre autres peines, Texclusion de la noblesse. Il ne pouvait étaler les imag-es de ses ancêtres , et ses descendants ne pouvaient lui en faire dresser une.

Les distinctions dans le vêlement sont un signe moins caractéristique de la noblesse, un signe moins durable ; elles passèrent du cercle étroit de la noblesse au Sénat, à l'ordre équestre qui se formait alors, et jusque dans des couches plus profondes du peuple ; d'autre part , un noble investi d'une magistrature curule se distinguait des autres nobles par son vêtement. '^Toutefois comme ces insignes servirent au moins au commencement à séparer la noblesse du peuple, il y a lieu de les citer. Ç: élaLieniï anncsiu d' or {(niu/ us aure m) eiV orncmeni d'argent emprunté aux chevaux {phalfrœ). Le premier était réservé, à l'origine, aux ambassadeurs comme une marque caractéristique de la confiance de l'Etat qui les accréditait' En 304, l'anneau d'or était encore l'apanage exclusif de la noblesse'; il pouvait être retiré aux indignes". Lesphalèrcs, non seulement à cette date\ mais lors de la seconde guerre punique", sont encore un privilège des centuries de chevaliers appartenant à la noblesse. Même les fils de nobles se distinguaient des autres enfantspar leur vêtement. Dès le berceau ^ la toge [toga pretextatay et l'amulette d'or [bidla aiireaY semblaient les désigner aux magistratures et au triomphe". Il est facile de comprendre que ces insignes, revêtus par les enfants, se vulgarisèrent particulièrement vite'\ L'usage d'ajouter au prénom {prxnomeii) et au nom de gens {nomen goitUicium) un surnom (cognomen) dont la transmission héré-

') IMin., n h., 33, 1, -4, 11 el 12. Zon., 8, 6.

2j Pliii., «. h., 33, 1, G. 18. Liv., 9, 7, i8. Val. Max., 9, 3, 3. Cf. Dio Cass., 48, 45.

3) Val. Max., 3, ">, 1.

'') Plin. el Val. Max., /. c. Liv., 9, 46.

!i) Liv., 22. 52. 2G, 30.

«) Macrob., Sat., 1,6. Schol. Juv., 5, IGi.

■) Cic, (/(> Lrg. Agr., 2,36, 100.

8) Fest. cp., p., 36. P\a[.,qu. Rom,, 101. Sert., 14.

») Cf. PluL. Rom., 25. Plin., n. h., 28, 3, 7, 39. Liv., 45, 40.

'») Macrob., /. c. Lir., 26, 36. Cic, in Verv. accus., 1, 58, 152.

ni, 1] ORIGINE El' SITUATION DE L.V NOBLESSE 243

(lilaire fut oflîciellemenL reconnue, n'apparaît qu'assez lard dans les sources officielles , mais il semble qu'il ait été appliqué d'abord par les familles de magistrats patriciens , et qu'après avoir longtemps caractérisé la noblesse , il se soit répandu plus tard dans un cercle plus large '.

La transition entre la foule (lynobiles) et la noblesse était la situation d'homme nouveau (noviias)' Le plébéien de famille obscure qui obtenait une magistrature curule devenait noble, mais sa noblesse était neuve'. Il n'avait pas d'ancêtres dont il put montrer les images; la sienne était, après sa mort, la première que sa famille possédât'; par rapport à sa famille, il était le premier noble (princeps nobilitatis) % l'ancêtre {aiictor generis) ^ mais, personnellement, il restait un homme nouveau {liomo 710VUS , /.r.vi;)". L'expression ne s'applique qu'aux parvenus plébéiens, les patriciens, même étrangers à l'aristocratie de fonctionnaires, étaient des hommes de vieille race pour qui elle aurait été inacceptable^. Yis-à-vis des plébéiens, on l'employait déjcà avant qu'ils eussent conquis l'accès aux magistratures curules'^; c'est à bon droit que les tribuns de laplèbe qui prenaient la défense des intérêts de leur ordre, et que les premiers questeurs plébéiens s'appelaient hommes nouveaux, alors même que cette qualité ne menait à aucune noblesse. Dans le dernier sens donné à ces mots, le premier homme nouveau est le premier consul plébéien, L. Sextius Lateranus (360) '^ L'élément plébéien de la noblesse se forma d'une série d'hommes nouveaux; et comme c'est par là que la noblesse s'accroissait, l'élément plébéien était le plus vivace.

M Auson., idijlL, 11, 80. Plut., Mar . , 1. App. prsifat, 13. Dio. C. fr. 44, B.

2) Sali., hig., 85. Cic, fum., 1, 7, 8. Vell., 2, 34. ^) Sali., Jurj., 85,

*) Polvb., 6, 53. Diod.,31, 36.

5) C\c.,Brut,, 14, 53. fam., 9, 21, 2. Cf. Liv., 10, S. Vai. Max., 3, 2, 16. •

^) Cic. de Leg. Agr., 2, 36. 100. In Verr. accus., 5, 70, 180.

■} Plut., Caf., maj., App., b. c, 2, 2. Cf. Dion., 16, 5 (= 17,4 k.).

8) Cf. pourtant Cic. fam., 9, 21, 2.

3) Liv., 4, 3. 48, 54.

'") Liv., 7, 1.

24i Lli GOUVKFSNliMK.NT 1)K L.\ NOlîLKSSK [111, I

Les patricioiis, au contraire, s'éUiicnl à peine forliliés depuis Fadmission d'AUa Clausus (Voir plus haut) el ils fondirent rapidement, se réduisant à un petit cercle de familles; parfois il est vrai, des familles patriciennes, inconnues jusqu'alors, parvicnnentà la noblesse; néanmoins, àlafln de la répuitlique, il n'y avait plus parmi les nobles que quatorze génies patriciennes, divisées en une trentaine de familles, et à peine assez nombreuses pour occuper les fonctions sacerdotales qui leur étaient réservées.

Au moment oi^i l'on célébrait par une fête de la Concorde, l'égalité politique des plébéiens et des patriciens, il venait donc de se créer dans la cité romaine une séparation nouvelle non pas encore légale, mais d'une réelle importance pratique. La conception de la cité une, à laquelle on tendait depuis les réformes constitutionnelles de Servius Tullius, venait à peine de se réaliser (pour les citoyens de race libre et propriétaires, iiu/enui assklai), qu'elle était déjà menacée par la formation de la noblesse. Mais on n'a pas le droit de dire que toute l'évolution accomplie et toutes les luttes soutenues pour établir l'égalité politique et abaisser les barrières entre plébéiens et patriciens, soient restées vaines. Bien au contraire, la constitution d'une noblesse , conséquence nécessaire et naturelle de la révolution de 36G, fut au moins pendant cinq ou six g-énérations très salutaire pour les destinées ultérieures de l'Elat. La nouvelle aristocratie ne reproduit pas purement et simplement le patriciat sous une forme nouvelle ; les différences sont fondamentales.

Elle renferme le germe d'une aristocratie de race, puisque la noblesse une fois acquise est béréditaire, et on aurait pu craindre qu'un patriciat ne reparût. Mais la noblesse n'est pas originairement, etne devint jamais complètement, une noblesse de race ; cela était impossible, car les idées corrélatives du régime patriarcal et de l'organisation des gentes qui avaient engendré le patriciat étaient à jamais ruinées. Une organisation nettement dominée par l'intérêt public, comme celle des magistratures romaines , ne pouvait donner naissance à une noblesse de clan; bien loin que l'aristocratie de fonctionnaires qui composait la noblesse devînt une noblesse de race, elle

m, 1] ORIGINE ET SITUATION DE LA NOBLESSE 2ï^)

conserva jusqu'au temps do Cicéron le caractère d'une noltlcsse élective ; elle est au patricial, ce que la royauté élective est à la royauté patriarcale héréditaire. Plus tard, la noblesse s'efforça de limiter les choix à ses membres actuels et à assurer le monopole des magistratures aux privilégiés de la naissance. Elle pnrut même être arrivée à ce résultat que ce n'était plus la magistrature [qui menait à la noblesse, mais la noblesse à la magistrature. C'était une atteinte à la nature de son institution aussi grave que celle tentée par Tarquin le Superbe quand il voulut rendre héréditaire la royauté élective. Tarquin avait échoué, de même l'atteinte portée par la noblesse à son propre principe, fut suivie à brève échéance d'une révolution qui provoqua sa ruine.

La noblesse était bien aussi un pou exclusive, en ce sens que les magistratures curules n'étaient pas en fait accessibles à tous les citoyens, comme elles l'étaient en théorie. On pouvait donc redouter, entre la noblesse et le peuple, un dualisme comme celui du patriciat et de la plèbe. Mais le caractère exclusif du patriciat était bien autrement tranché; il venait de la distinction religieuse, fossé infranchissable aux yeux des patriciens. Dans le cas de la noblesse il s'agissait seulement de conquérir la confiance populaire, entreprise difficile, mais qui n'opposait à l'énergie du mérite aucun obstacle qu'il ne put franchir'. Le patrici;it était essentiellement exclusif et incapable de se rajeunir par l'accession de nouveaux éléments, rajeunissement nécessaire dès qu'une vie civile et politique devenait possible en dehors de lui. L'aristocratie de fonctionnaires était essentiellement ouverte à tout citoyen; la noblesse pouvait se renforcer sans cesse par l'acquisition des forces les plus vives de la plèbe.

Tant que le dualisme entre le patriciat et la plèbe vaincu en principe par l'institution de la noblesse subsista dans l'intérieur même de celte noblesse, tant qu'il y eut conflit d'intérêt entre les nobles patriciens et plébéiens, il n'y eut pas à craindre un antagonisme de la noblesse et du peuple ; la partie plébéienne de la noblesse avait un intérêt majeur à

') Liv., 7, 32. Cic , Cluent., 40, 111.

2iO LK gouvi:hm:mi:nt dk la norlessk [HT, 1

puiser sans cesse de nouvelles forces dans la pltd)e. Quand ces rivalités cessèrent, les liens qui unissaient les nobles au peuple d'où clic était issue se trouvèrent très forts ; la noblesse était bien convaincue de l'intérêt qu'elle avait à les maintenir, sa prépondérance n'ayant pas comme le patriciat une base légale, il lui fallait, pour assurer son influence effective sur le gouvernement, ménager et conserver avec soin ces liens qui la rapprocbaient de la foule ; aussi ce fut inconsciemment qu'elle devint exclusive. Lorsqu'elb? le devint, elle tarit sa source de vie et prépara sa ruine.

La noblesse finit par devenir exclusive et se transformer en aristocratie de naissance, par suite de la dégénérescence de ses membres, amenée par la décadence générale des mœurs et de la société romaine; le tout fut la conséquence de l'agrandissement démesuré de l'Etat romain. La prospérité solide du patriciat des premiers temps de la république reposait sur la propriété foncière; au contraire la noblesse se trouva accumuler des capitaux sous l'inQueuce démoralisante de la ricbesse et la pression des circonstances. En son principe, sans doute, elle n'était pas plus une aristocratie de fortune qu'une aristocratie de naissance; la majorité de ceux qui y entraient étaient sans doute des plébéiens ricbes, surtout de riches propriétaires fonciers; néanmoins, en sa belle époque, on voit des hommes nouveaux sans fortune arriver aux magistratures. Mais lorsque les nobles commencèrent à utiliser leurs richesses, sans cesse grossies parles spéculations, en dépenses, effectuées pendant l'édilité curule', rejetant dans l'ombre les hommes moins riches qui ne pouvaient lutter avec eux sur ce terrain, lorsque le peuple également dégénéré commença à tenir plus de compte de ces dépenses que de la gestion des

'j L'édile supportait la plus granrle part des frais des jeux : ludi Bomani magni, institués par le premier Tarquin, eu l'honneur de Jupiter, de Junon et de Minerve, annuels depuis 366 (?), ils durent quinze jours au temps de Cicéron (4-19 sept.) ; ludi Megalcnses institués en 204 (4-10 avril); ludi plebeii, institués après la seconde sécession ; ludi Ccriales célébrés comme les précédents par les édiles plébéiens et par suite moins importants que les autres. En théorie, l'État payait; mais, en fait, on dépassait de beaucoup l'allocation officielle ; dès 309, les édiles contribuent aux frais; à partir de la seconde guerre punique, ils rivalisent de générosité pour s'éclipser les uns les autres. [N. D. T.]

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