‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. LangeChapitre 21 sur 175 · IV^ 9| TRIOMPHE ET RÈGNE DE L OLIGARCHIE · texte numérisé non relu

IV^ 9| TRIOMPHE ET RÈGNE DE L OLIGARCHIE

aux plaisirs' et rédiger ses CiOmnieulaires-. Lépidus voulut d'abord s'opposer à ce que l'on fit des funérailles solennelles à raucien dictateur, mais Catulus, soutenu par les vétérans et par Cn, Pompée, put faire passer le décret \ Le corps fut ramené de Puteoli à Rome par une escorte imposante que commandait Pompée; on Texposa sur le forum, on prononça l'éloge de défunt {laudatio), puis on brûla le cadavre au champ de Mars. On no sait pas si le dictateur l'avait demandé dans son testament', ou si l'idée de le faire ainsi disparaître fut suggérée par L. Marcius Philippus\ Le sénat décida qu'on lui élèverait un monument au champ de Mars à l'endroit où seraient déposées ses cendres ^

Les fêtes étaient à peine finies; les tribuns demandèrent immédiatement aux consuls de rétablir les privilèges et les droits du tribunat [potestas trîbunicia), tels qu'ils étaient avant la constitution de Sylla. Lépidus s'y opposa', parce que le rétablissement de la puissance tribunitienne serait dangereux pour son parti ^; mais il se montra disposé à rétablir les distributions de blé^ à rappeler les proscrits, à rendre le droit de cité à ceux qui l'avaient perdu dans la dictature, à restituer aux particuliers les propriétés confisquées au profit des vétérans \ Quand il présenta ses rogationes jEîniliœ^^ (notons en passant qu'on ne peut y comprendre une certaine lex cibaria^^) Gatulus l'attaqua avec violence"', et l'appela non sans raison un second Cinna'\ Ces rogations révolutionnaires provoquèrent de

») Plut., s»//., 36. App., h. c, 1, 104.

2) Plut., SulL, 21. Luc, 4. Suet., gr., I2. Cf. Gell., 1, 12. 20, 6.

■') App., h. c, 1, 105. Plut., SulL, 38. Pomp., 15.

^) Cic, Leg., 2, 22, 57. Plin , n. h., 7, 54, 55, 187.

=) Gran. Lie, p. 43.

*) Liv., ep., 90. Plut., Sali., 38.

'') Grau. Lie, p. 43.

8) Cf. Sall.,His^, 3. 61,12D.

••) App., b. c, i, 107. Gran, Lie, p. 43. Sali., Hisl., l, 48, 14 D, Flor., 3, 23, 1-4. Exuper., c. 6. Cf. Liv., cp., 90. Aur. Vicl., Viv. ill.

•«) Tac, Ami., 3,27.

") Macr., Srt^, 3, 17, 13 = 2, 13, 13.

'-) App., h. c, 1, 107. Cïc.,Cat., 3, 10, 24. '^) Sali., H/sf., 1, 42D.

Uimultueusos assemblées', Catulus fit opposition, elles ne purent être votées légalement; cependant Catulus paraît avoir fait exception pour la loi frumentaire qui passa*. Le sujet des autres lois provoqua des troubles en Étrurie''; les habitants (le Fésulcs chassèrent les vétérans et réoccupèrent leurs lerrcs''. Le sénat, dominé alors par un ancien partisan de Marins^ P. Cornélius Cethégus% crut pouvoir rester maître de la situation sans recourir aux moyens extrêmes : il fit jurer aux deux consuls qu'ils ne feraient pas appel à la force armée *^; il crut surtout que le désordre cesserait si les deux consuls quittaient Rome ; il leur ordonna donc de se rendre chacun dans une province ', l'un fut envoyé dans la Gaule narbonnaise, l'autre dans la Gaule cisalpine ; tous deux devaient ainsi traverser ^Étrurie^ Lépidus partit pour la Gaule narbonnaisC;, décidé à préparer la guerre civile; il prétendait que son serment de ne pas prendre les armes ne le liait que pour son année consulaire ^ Il s'arrêta en Étrurie^'^, oii son armée se grossit d'une foule de mécontents '^ Avant de partir pour la Gaule cisalpine, Catulus fit proposer par un tribun d'ailleurs inconnu, Plautius, uncloide vi^'- : elle établissait une qua?stio perpétua, chargée de jug-er les violences pareilles à celles dont Lépidus se rendait en ce moment coupable ^^ Ce que nous avançons là est une hypothèse, mais une hypothèse qui se confirme par l'examen de la législation d'alors : la loi présentée par Catulus [lex Lutada) pour réprimer les violences de Catilina et de ses partisans ^*, est désignée sous le nom de lex Plau-

') Flor., 3, 23, 5.

-) Gran. Lie, p. 43.

'') Sali., Hht., 1,48, 6 D.

^) Gran. Lie, p. 45.

'') Sali., Uist., 1, 48, 20 D. Cf. Cic, Brut., 48, 178.

'^) App., h. c, 1, 107. Gran. Lie, p. 45.

') Sali., Hist., 1,48, 4. 5 D.

») Sall.,Hisf., 1, 44D.

») App., b. c, 1, 107.

•0) Flor., 3, 23, 5. Cf. Gran. Lie, p. 45.

••) Sali., His^, 1, 45. 46 D.

'-) Cic, Cœl., 29,70.

'') Cf. Cic, Cœl., 1, i.

'^) Cic, G;i>/.,29, 70.

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tia devi\ Le danger devenait déplus en plus menaçant, le sénat rappela Lépidusà Rome, sous prétexte qu'il était obligé de présider les comices'. Lépidus ne vint pas, et l'année se passa sans que l'on put procéder aux élections consulaires. Au commencement de l'année 77, Lépidus put se considérer comme proconsul^ il offrit les conditions d'un accord au sénat; il demandait pour lui un second consulat'*, il exigeait le rétablissement de la puissance tribunitienne^ Le sénat montra enfm de l'énergie : il décida, sur la proposition du vieux L. Marcius Philippus'', que Appius Claudius serait nommé interroi ; le proconsul Q. Lutatius Catulus rappelé en toute hâte partagerait avec lui le pouvoir et le soin de veiller au salut de TÉtat". Lépidus fut déclaré ennemi public% et sa loi frumenlaire fut très probablement supprimée. Catulus envoya dans la Gaule cisalpine Pompée muni de pleins pouvoirs quoique simple citoyen {privatus cum iïuperioY; la Gaule cisalpine était au pouvoir de M. Junius Brutus, le tribun de 83, qu'il ne faut pas confondre avec celui qui avait péri en Sicile (voir plus haut page 84) ; il était alors lieutenant de Lépidus '". Brutus fut attaqué dans Mutina^', obligé de fuir, et égorgé sur l'ordre de Pompée ^-; Lépidus, incapable de jouer son rôle ^% fut battu par Catulus près du champ de Mars^*; Catulus avait fortement occupé le pont Mulvius et le Janicule'\ Lépidus revint en Étrurie, où il se fit encore battre, sans doute par

') Sali., Cat., 31. Schol. Bob., p. 368.

2) App., b. c, 1, 207.

3) Sali., Hist., 1, 48, 7 D.

*) App., b. c, 1, 107. Plut., Pomp., 16. Sali., Hist., 1, i8, 15 D.

5) Sali , Hist., 1, 48, 14 D.

6) Cic, Prou, cons., 9, 21. Depuis le retour de Sylla. L. Marc. Philippus avait constamment soutenu les optimales.

7) Sali., H(sL, 1, 48, 22 D.

8) Flor., 3,23,7.

9) Aur. Vict., Vir. ilL, 77.

»") PluL, Pomp., 16. Liv., ep., 90. Zon., 10, 2. «') Sali., Hist., 1, 50 D.

'2) Plut., Pomp., 16. Brut., 4. Zon., 10, 2. Liv., cp., 90, Oros. 5 ^--^ Val. Max., 6, 2, 8.

«3) Suet., Cœs., 3. Sali., Hist., i, 48, 11 D. »*) App., b. c, i, 107.

'-) Flor., 3, 23, 6.

lî)i LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [IV, 9

Pompée, à Gosa^ Il s'enfuit en Sardaigne avec ses troupes', livra de nombreux combats, et périt^ pendant l'été* avec le préteur L. Yalérius Triarius\ M. Perperna conduisit les débris de son armée à Q. Sertorius en Espagne ''.

La guerre avait été bien conduite en Italie et en Sardaigne, mais en Espag'ne Sertorius avait fait de grands progrès', et inquiétait sérieusement le sénat ^ En 77, il était maître de l'Espag-ne. Le danger était d'autant plus grand pour le sénat, que Sertorius ne bornait pas ses ambitions à l'affranchissement de l'Espagne. Son principal but était de délivrer Rome du gouvernement des nobles en s'appuyaut sur les Espagnols " disciplinés à laromaine^^ Quand M. Perperna l'eut rejoint, il constitua avec les Romains qui l'accompagnaient un sénat de trois cents membres", pour montrer que le vrai gouvernement de la République n'était pas à Rome, mais dans son camp. C'est ce que montrera plus tard son attitude à l'égard de Mithridate*^ On devait craindre que Sertorius, dont les forces étaient aug-

*) Rut., Namat. de reditu. 1, 297, Exup., c. 6. Oros., 5, 22.

2) Sali., Hist., 1, 54 D.

3) App., b. c, I, 107. Plut., Pump., 16. Liv. , ep., 90. Flor., 3, 23, 8.

*) Eutr.,6, 5.

'■^) Ascon.,p. 19. Exup., 6. Cf. Cic, in Vcrr. accus., i, 14, 37,

6) App., b. c, 1, 107. Plut., Sert., 15. Suet., Cœs., 5, Exup., 7.

") En 80. Sertorius avait complètement battu le prédécesseur de Metellus, Fufidius (Plut , Sert., 12. Sali., Hist., 1, 68 D); Fufidius fut obligé d'appeler à son secours le gouverneur de l'Espagne citérieure, M. Domilius Calvinus (Sali., Hist., 1, 69 D. Apud Plut., Sert., 12, au lieu de Aoiiîtiov oï y.où Aovo-tovil faut lire AoixitiovSk KaXouîo-tov ou Ka/.ouïvov). Sertorius battit ensuite les lieutenants de Metellus, Thoranius ou Thorius (Plut., Sert., 12. Flor., 3, 22, 6), et L. Domitius Ahenobarbus (Liv., cp., 90. Flor., 2, 22, 6. Oros., 5, 23. Eutr., 6, 1, lui donne faussement la qualité de préteur); Metellus lui-même fut dérouté par la nouvelle manière de combattre qu'avait imaginée Sertorius (Plut., Sert., 12. Pomp., 17); il laissa battre Calvinus par Hirtuleius, questeur de Sertorius, et dut appeler à son secours le proconsul de la Gaule Narbonaise, L. Manlius (Plut., Sert., 12). Manlius fut encore malheureux (Liv., cp., 90. Ctes., b. g., 3, 20. Oros., 5, 23), et Metellus dut renoncer à son projet d'envahir la Lusitanie (Plut., Sert., 13).

8) Sali., Hisf., 1,54D.

9) Plut., Sert., 22.

1») Plut., Sert., 14. Cf., Cœs., b.g., 3, 23.

»') App., b. c., 1, 108. Iber,, 101. Mithr., 68. Plut,, Sert., 22.

'») Plut.,Sf?r«.,23.

IV, 9J TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 195

mentées depuis l'arrivée de Perperna, ne parût immédiatement en Italie'.

Pompée exploita la situation : il avait conservée l'armée avec laquelle il avait combattu Lépidus;il força le sénat à l'envoyer en Espagne contre Sertorius. Catulus le soutint, et montra qu'aucun des consuls de 77 n'était capable d'aller combattre en Espagne comme proconsul'; ces deux consuls étaient D.JuniusBrutus, et Mam. zEmilius Lépidus Livianus^ élus grâce à leurs amis, et surtout parce qu'aucun citoyen connu n'avait brigué la première magistrature'. Le sénat hésitait, il allait violer la loi Cornelia de provinciis ordinandis, car Pompée n'était que simple chevalier; on le chargea cependant du commandement à la place du consul ipro cojisulc), ou plutôt, ce fut Philippus qui trouva l'expression ironique, à la place des consuls, pro considihm'\ Métellus conserva le gouvernement de l'Espagne ultérieure, Pompée lui fut adjoint et eut les mêmes pouvoirs [imperium) que Métellus". En quarante jours, Pompée réunit une grande armée; à la fin de 77 il franchit les Alpes, traversa la Gaule, et arriva en Espagne^

Les progrès de Sertorius eurent pour contre-coup, à Rome, la réorganisation de l'opposition marianienne. En 76, le tribun Cn. ou L. Sicinius parla dans les assemblées de rétablir l'ancien tribunat^; les tribuns, depuis 80, avaient été, surtout M. Terpolius^ des serviteurs dociles des Oplimates; le nouveau tribun préparait à ce parti de nouvelles tribulations '^ Les consuls G. Scribonius Gurio'' et Cn. Octavius essayèrent de

») App., h. c, 1, 108. Iber., iOl,

2) Cic, PhiL, 11, 8, 18. Dio C, 36, 25 B.

3) Obseq.,58.

') Sali., Hist., 1, 52. 53 D.

=) Cic, Leg. man., 21, 62. PhiL, 11, 8, 18. Cf. Schol. Gion., p. 442. .\ur. Vict., V()'. (7/., 77. Gros., 5, 23. DioC, 36, 27.

«j PluL, Pomp., 17. App., b. c, 1,108. Iber., LOI. Liv., ci^., 91. Zon., 10, 2. Val. Max., 8, 15, 8. Eutr., 6, 1. Flor. 3, 22, 5.

■') Sali., Hist., 2, 96, 4 D. App., 6. c, 1, 109.

8) Sali., HisL, 3,61, 8 D. Ps. Ascon., p. 103.

9) Ascon., p. 81.

*") Plut., Crass.J.

") Il avait été tribun en 90, et avait servi sous Sylla contre Mithridate (Plut., SulL, 14. MUhr., 60).

l'attaquer dans une assemblée que le tribun avait lui-même convoquée'. Ils ne purent faire taire le tribun, alors Curio eut recours aux g-rands moyens : il intenta contre le tribun une accusation, lui reprocha d'avoir violé la loi Cornelia de Iribunicia potestate^, faute qui devait être punie d'une amende; en le traînant devant les tribunaux, il le mit hors d'état de continuer son opposition'.

En 75, le tribun Q. Opimius recommença la lutte*. Nous ne savons pas exactement comment il s'y prit, mais nous savons que le peuple payé pour cela^ attaqua les deux consuls, L. Octavius et C. Aurélius Cotta, au moment oii ils accompagnaient sur la via sacra un candidat à la préture, Q. ^milius Métellus, qui fut plus tard surnommé le Cretoise Les consuls se réfugièrent dans la maison d'Octavius, ils furent très embarrassés pour se tirer de là: ils ne pouvaient offrir au peuple aucun avantage matériel qui put le désarmer'; la situation financière en effet était déplorable par suite des dépenses qu'exigeaient la guerre d'Espagne, les préparatifs contre Mithridate, et par suite aussi des pertes journalières que les pirates faisaient éprouver au trésor. Le grand orateur C. Aurélius Cotta crut pouvoir apaiser le peuple : il proposa la loi Aurélia de potestate tribunicia^ sur la demande de Opimius*: elle rendait aux tribuns la faculté d'arriver aux fonctions curules^ et supprimait peut-être aussi l'obligation de prendre les tribuns parmi les sénateurs'". Cotta donna aussi une loi Aurélia de judiciis privatis^^, que nous connaissons mal, mais qui devait nécessairement accorder des avantages au peuple.

1) Cic, Brut., 60, 217. Quint., Il, 3, 129. Sali., Hist., 2, 35 D. Cf. Val. Max., 9, 14, 5. Plin., n. h., 1, 10, 12, 55.

*) Cf. Cic, in Yerr. accus., 1, 60.

3) Sali., Hist., 3, 61, 8. 10 D.

*) Cic, in Verr. accus., 1, 60. Ps, Ascon., p. 200.

^) Cf. Plut., Cic, ,6. Cic, Plane, 26, 64. in Verr. accus. 3, 92, 215.

«) SaU., Hist., 2, 40 D.

') Sali., Hist., 2,41, 7 D.

») Ps. Ascon., p. 200.

3) Cic, 6Vn. /■/■., 1,27. Ascon,, p. 78. 66. Ps. Ascon., p. 200. Sali., Hist., 3, 61, 8 D.

") Cf. Cic, C/t<en<., 40, 112. .

'•] Ascon., p. 67.

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Ces quelques réformes irritèrent fort le parti des nobles', à tel point que Cotta, très versatile en politique', se crut obligé de faire lui-même au sénat la proposition de supprimer ses lois''; en 74, le frère de Cotta, M. Aurélius Cotta, supprima la loi de Judiciis privatisa On alla plus loin, l'ancien tribun Q. Opimius dut payer une amende pour n'avoir pas tenu compte de l'article de laloi Cornelia qui concernait l'intercession. L'amende fut fixée par le préteur urbain C. Verres en 74 : Opimius perdit toute sa fortune ^

En 74 cependant, un tribun d'origine obscure®, L. Quinctius, reprit avec une grande énergie % la lutte contre les grands et contre les institutions de Sylla^; il fut soutenu, à ce qu'il semble, par l'ancien ami de Marins, P. Cornélius Céthég■us^ Le consul L. Licinius Lucullus réussit à le calmer par son influence personnelle, et le décida à retirer ses propositions '". Quinctius, du reste, obtint un avantage : il fit échouer les tentatives des grands pour faire rapporter la loi Aurélia de tribunicia potestate. A la fin de son tribunal", il eut encore la satisfaction de découvrir après une enquête les preuves de la corruption des juges sénatoriaux déjà si impopulaires '2; il ouvrit aussitôt la campagne contre la loi Cornelia judiciaria*^

A ce moment les embarras du gouvernement ne venaient pas seulement de l'opposition tribunitienne, les relations extérieures étaient mauvaises '\ Appius Claudius, consul de 79, avait commencé et continué comme proconsul des opérations

') Cic, Corn. fr.,i,27.

*) Q. Cic.Pef. cons., 12, 47.

3) Cic, Corn, fr,, 1, 8. Ascon., p. 66.

*) Cic, Corn. ft\, 1, 9. Ascon., p. 67.

5) Cic, in Verr. accus., 1, 60. Cf. Cic, Cluent., 33, 90 et seq.

*■•) Cic., Cluent., 40, 112.

■') Cic, Cluent ,3i, 94. 40, HO. Cf., Brut., 62, 223.

8) Ps. Ascon., p. 103. Plut., Luc, 5.

9) Plut,, Luc, 5. Cf. Cic, Cluent., 31, 48. '0) Plut., Luc, 5. Sali., Hist., 3, 61, 11 D. •') Cic, CÏuent., 33, 90. 39, 108.

'2) Cic, Cluent. ,22, 61.

>3) C\c., Cluent., 27, 74. 28,77. 29, 79. Ps. Ascon., p. 141. Cf. p. 127.

«*) Sali., Hist., 2, 41 D. App., b. c, 1, 111.

198 LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [lY, 9

militaires contre les peuples des frontières septentrionales de la Macédoine'; après sa mort', son successeur G. Scribonius Curio leur avait donné depuis 7o une g-rande extension'. P. Servilius Vatia, consul aussi do 79, avait fait, comme gouverneur de Cilicie, une campagne do trois ans contre les Isauriens pour arrêter la piraterie; il fut surnommé Isauricus et revint triompher à Rome en 7o*, mais il ne détruisit pas la piraterie \ Il fallut en 74 donner au fils do l'orateur M. Antoine chargé pondant sa préturo de la répression des pirates, il fallut lui donner la surveillance des côtes [Cura orœ 7nantim3e) sur plusieurs provinces ; son pouvoir no fut pas délimité [ùnperium in finit iimY \ or M. Antonius était incapable de remplir cette mission', il avait été désigné sur les instances du consul M. Aurelius Cotta et du tout puissant P. Cornélius Céthégus \ On s'aperçut aussi que Cyrène , exposée aux attaques des pirates, avait besoin d'une nouvelle organisation. Cyrène avait été donnée à la république par le roi Apion en 96% mais on n'en avait pas fait une province*", on l'avait rattachée à l'Afrique ou à la Macédoine. On chargea le questeur P. Cornélius Lentulus Marcellinus (7S), en qualité de questeur pro prœtore , d'organiser et de gouverner Cyrène'*.

En Asie venait de surgir une difficulté bien plus sérieuse ; le roi Nicomèdo était mort en 75 ou 74, et avait légué son

') Liv., ep., 91. Oros., 5, 23. Obseq,, 59.

2) Eulr., 6,2. Oros., 5, 23.

3) Liv., ep., 92. 95, Eutr., 6, 2. Oros., 5, 23. Sali., Hist., 2,33. 2, 41, 7. 3,8. 4, 68 D. Front., S/raf., 4, 1, 43.

*) Liv.,ep. 90. 93. Eutr., 6, 3. Flor., 3,6, 1-5. Vell., 2, 39. Oros., 5, 23. Cf. Strab., 12, 6, 2. Suet., Caes., 3. Sali. Hist., I, 78 et seq. 3, 53 D. Front., Slral., 3, 7, 1. Ammian. Marc, 14, 8, 4. Cic, in Verr. accus., 1, 21, 57. 3, 90, 211. 4, 10, 21. 4, 38, 82. 5, 26, 66. 5, 30, 79; Leg. agr., 1, 2, 5. 2, 19, 50. Leg. man., 23, 68. Flacc , 3, 6. Ps. Ascon., p. 173. Schol., Gron., p. 404. I. L. A., p. 559.

=) App., Mithr., 93.

6) Veli., 2, 31. Cic, in Verr. accus., 2, 3, 8. 3, 91, 213. Ps. Ascon., p. 122. 176. 206. Schol. Bob., p. 234. Sali., Hist., 3. 54 D.

") Plut., Ant., i.

8) Ps. Ascon., p. 206.

9) Obseq., 49. Cassiodor., p. 620. (Mommsen).

»«) Liv., ep., 70. Plut., Luc, 2. Jos. Ant. Jud., 14, 7, 2. ") Sali., Hist., 2, 39 D. Cf. App., b. c, i, 111. Mithr. 121.

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royaume de Bithynio au peuple romaine Mithridate avait profité de l'occasion pour recommencer la guerre ; il y songeait depuis long-temps ^; il avait bien accueilli les lieutenants de Fimbria, L. Fannius et L. Magius^ et, par leur intermédiaire, il espérait s'allier avec Q. Sertorius. Il promit à ce dernier trois mille talents et quarante vaisseaux; si Sertorius l'emportait, il lui abandonnerait la possession des deux royaumes de Bithynie et de Cappadoce. Sertorius lui envoya un général, M. Varius (ou Marins) avec un corps d'élite ^

Au moment même où le sénat apprenait que Mithridate avait fini ses préparatifs", il recevait une lettre de Pompée^ Il avait, en 76, battu M. Perperna et C. Herennius'' ; mais il avait été ensuite trompé par Sertorius* et battu à Lauron^; Métellus avait remporté un avantage près d'Italica sur Ilirtuleius, le questeur de Sertorius '". En 7o, Pompée qui avait voulu combattre près de Sucro, sans attendre Métellus, avait été de nouveau battu*'. Réunis, les deux chefs romains purent remporter une victoire à Sagonte*% mais Sertorius gardait l'avantage '^ et les proconsuls manquaient de ressources pour donner aux opérations une impulsion efficace'*. Pompée

') App., Miihr., 7, 71. b. c, 1, 111. Liv., ep., 9.3. Eulr.,G, 6. Sali., Hist., 4,61, 9 D.

2) App., Mîthr., 67. Sali., Hist., i, 48, 8. 2, 41, 7 D. ^) Cf. Cic, m Verr. accus., 1, 34,87.

*) PJut., Sert., 23.24. Luc, 8. 12. Gros., 6, 2. App., MUhr.,i58. 112. Ps. Ascon., p. 183. Liv., ep., 93. Flor., 3, 22, 4. Cf. Sali., Hist., 2, 49. 3, 11. 12 D. Cic, Mur., 15, 32. de Leg . man,, 4, 9.

=) Plut., Luc, 7. App., Mithr., 69. 70.

6) Sali., Hist., 2, 96 D.

■) Plut., Po/np., 18. Sali., Hist., 2, 96, 6. 2, 18 D.

8) Cf. Liv., fr. m., 91.

3) App., h. c, 1, 109. Plut., Sert., 18. Pomp., 18. Front., Strat., 2, 5, 31. Gros., 5, 23. Flor., 3,22. 7. Liv., ep., 92. Obseq., 58. Sali., Hist., 2, 96, 5. 2, 15. 16 D. Schol. Bob., 235.

") Liv., ep., 91. Gros., 5, 23. Aur. Vict,, Vir. ilL, 63. Front., Strat., 2. 1,2. 2,3, 5. 2, 7, 5. Sali., Hist., 2, 17 D.

") Plut., Sert. ,i9. Pomp., 19. App., b. c, 1, 110. Liv., pp., 92. Gbseq., 59. Cic, Balb., 2, 5.

'2) App., b. c, 1, 100. Plut., Sert., 21. Sali., Hist., 2, 21. 22 D.

'3) Liv., fp., 92. 93. Gbseq., 60. App., b. c, 1, 112. Gros., 5, 23. Sali., Hist., 2, 41, 6 D. Cf. Cic, Font., 2, 4. 3, 6.

'0 Plut., Sert., 21. Pomp., 19.

exigea des renforts, menaça le sénat, déclara qu'il quitterait l'Espagne, et que la guerre aurait alors l'Italie pour théâtre*. Le consul L. Licinius LucuUus voulut se donner le mérite de faire sortir la république de tous ces embarras. Lucullus pendant sa questure avait accompagné Sylla en Asie et lui avait rendu de grands services à partir de 87*; il n'était revenu qu'en 80; en 79, il avait été édile curule' avec son frère M. Terentius Varro Lucullus, qui avait aussi servi Sylla, mais pendant la guerre civile* ; en 78, il fut préteur et eut le gouvernement de l'Afrique ^ Sylla avait pour lui une grande estime, il lui avait dédié ses Commentaires et, en mourant, il lui confia la tutelle de ses enfants^. Lucullus était jaloux de Pompée, qui avait été plus heureux que lui jusqu'alors; il accepta cependant de faire droit à ses exigences; il calculait que, si l'on refusait, Pompée reviendrait à Rome, et se ferait donner la direction de la guerre contre Mithridate '. On envoya deux légions à Pompée ^ Lucullus voulait avoir le commandement de la guerre d'Asie, or le sort lui avait attribué la Gaule Cisalpine^; après la mort de L. Octavius, gouverneur de Cilicie, Lucullus par l'intermédiaire de P. Cornélius Céthégus, son ancien adversaire — il le gagna au moyen d'une courtisane — se fit donner la Cilicie au lieu de la Gaule*". Quand il eut obtenu la Cilicie, il ne lui fut pas diflicile d'obtenir aussi la direction de la guerre contre Mithridate, on lui ouvrit un crédit de 3,000 talents*' : son collègue M. Aurelius Gotta, aussi ambititieux et aussi jaloux que lui, se fît donner la Bithynie avec la mission spéciale de défendre la Propontide*-.

') Sali., Hist., 2, 96, 10 D. Plut., Sert., 21. Pomp., 20.

-) Plut., Luc, 2-4. SulL, 11. Cic, Acad., pr., 2, 1, 1. App., Mithr., 33. 51. 56.

3) Plut., Luc, 1. Plin., n. h., S, 7, 7, 19. Val. Max., 2, 4, 6. Cic., Oyf.,2, 16,57, Gran. Lie, p 39.

') Plut., SuIL, 27.

^J Cic, Acad. pr., 2, 1, 1. Aur. Vict., Vir. ilL, 74.

^) Plut., Luc, 4.

^j ï>\u[.,Luc., 5. Puinp., 20.

8) App., b. c, 1, 111.

9) Plut., Luc, 5.

^0) Plut., Luc, 6. Cf. Cic. Farad., 5, 3, 40.

»') Plut., L»c., 13.

>2) Plut., Luc, 6. Cf. Cic, Mur., 15, 33, Cf. Dio C, 36,40 B-

IV, 9] TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 201

Quant à affirmer que Lucullus eut en même temps la province d'Asie, on ne le peut guère, les témoignages n'offrent pas un accord suffisant.

Telle était la situation au dehors; à Rome le tribun G. Licinius Macer' recommença la lutte en 73 contre les nobles et contre la constitution. Il mit en accusation G. Rabirius^ qui se vantait d'avoir assassiné Saturninus, mais ne put obtenir de condamnation; il prit la défense des Toscans dépouillés de leurs biens en faveur des vétérans^, et demanda encore une fois, sans détour, le rétablissement de l'ancien tribunal*.

G. Macer trouva un allié inattendu dans la personne du jeune G. Julius Gsesar*. Gésar soutint les revendications de Macer en faveur des provinciaux expulsés de leurs propriétés, et prononça un discours en faveur du samnite Decius [pro Decio Scwmitey. César était gendre de Ginna ; malgré les instances de Sylla, il n'avait pas voulu répudier sa femme; il fut proscrit, on lui enleva l'expectative du titre deFlamine de Jupiter auquel il tenait peu, et qu'on lui avait promis quand les partisans de Marins étaient au pouvoir'', il aurait été frappé plus sévèrement sans l'intervention des Vestales, de Mam. ^Emilius Lépidus et de M. Aurélius Gotta®. En 80, il servit en Asie sous le propréteur M. Minucius Thermus; il se signala au siège de Mitylène qui n'avait pas voulu céder, même depuis que la paix était signée entre Mithridate et les Romains'. Il servit quelque temps sous P. Servilius Vatia; quand il apprit la mort de Sylla, il revint à Rome, mais fut assez prudent pour ne pas se compromettre avec Lépidus*". En 77, il porta une accusation*' contre Gn. Gornélius Dolabella, le consul de

') Cf. Cic, Brut., 67, 238.

«) Cic, fla6.23erd.,2, 7.

3) Prise , iO, 42. p. 532 H.

4) Sali., Hhl., 3,61 D.

") Suet., Cxs., 5.

«) Tac, Bial, 21. Cf. Cic, Cluent., 59, 161.

') Suet., Cses., 1. Vell., 2, 43. Cf. Dio C, 54, 36. Tac, Ann., 3, 58.

8) Suet., Cses., \, Plut., Cxs., l.Vell., 2, 41. Dio G. 43, 43.

9) Suet., Caes., 2.

»û) Suet,, C3es., 3.

•') Suet., Cses., 4. 49. Plut., C»5., 4. Ascon., p. 26. Gell.. 4, 16, 8. Tac, BiaL, 34. Vell., 2, 43.

81, qui avait gouverné la Macédoine et obtenu le triomphe*; Dolabella fut défendu par G. Aurélius Cotta et par Q. Hortensias*, et acquitté^; mais César avait eu l'occasion d'étaler son éloquence et de se faire remarquer''. En 7G, il accusa G. Anlonius, le second fils du grand orateur; G. Antonius avait rançonné, pillé la Grèce pendant la guerre de Sylla^ ; aux jeux de 81 on l'avait vu descendre dans l'arène et conduire un char; Gésar le poursuivit, au nom des Grecs, devant le préteur des étrangers, M. Terentius Yarro Lucullus^ G. Antonius échappa à une condamnation en se mettant sous la protection des tribuns'. Gésar s'éloigna de nouveau do Rome, et alla à Rhodes sous prétexte de perfectionner ses études; il fut pris par les pirates et s'échappa de leurs mains on sait comment^; il réunit une petite troupe et défendit les villes grecques contre un général de Mithridate qui voulait les détacher de Rome^

Il revint pour entrer dans le collège des pontifes qui Tavait choisi (par cooptation) '" pour remplacer G. Aurélius Gotta", mort en 74; le peuple le nomma à une grande majorité tribun des soldats ^\

Il prêta son appui à G. Licinius Macer; Macer échoua quand même''',, mais les optimales comprirent qu'il fallait faire quelque concession ''.Les consuls de 73, G. Gassius YarusetM. Terentius Varro Lucullus présentèrent une loi Terentia Cassia fnimentaria^^\ elle rétablissait"^ les distributions de blé, suppri-

') Cic, Vh., 19, 44. Suet., Ca?5., 4.

'-) Cic, Brut., 92, 317. Val. Max., 8, 9, 3.

^) Aur. Vict., (ViV. y"//., 78) se trompe. Ps. Ascon., p. 110. 109. *) Suet., Q3is., 55. Cic. ,£»•«<., 72, 75. Empor., lihctor., p 568 Halm. ^) Ascon., p 89.

«) Cf. Cic, Tull.,8.

') Ascon., p. 84. Q. Cic, })et. cons., 2, 8. Plut, se trompe Cœs., 4. 8) Suet., Cses., 4. Plut., Cxc, 12. Vell., 2, 41. Val. Max., 6, 9, 15. '■>) Suet., Cxs., 4.

'") Cic, Pis., 26, 62. Ascon., p. 14.

") Vell., 2, 43.

'^) Suet., Ca?s., 5, Plut., Ca?s.,5.

•3) SaM.,Hist., 3, 61, 11 D.

'') Sali,, Ilist., 3, 61, 21 D.

»•') Cic, in Vcn\ accus., 3, 70, 163. 3. 75, 173. 5, 2i,52. '") Sali., if/s/., 3,61, i9D. Cf. Cic., Ses^, 25,55. Ascon., p. 9. Plut., Cat. min., 26. Cses., 8.

IV, 9] TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 203

méos par Sylla, rétablies par Lépidus et supprimées ensuite de nouveau, aux prix fixés par la loi Sempronia ; elle était moins étendue cependant, et rappelait plutôt la loi Octavia frumentaria (voir plus haut page 178). La loi eut pour conséquence d'augmenter d'une manière extraordinaire les dépenses de l'État; il fut obligé de distribuer par mois environ deux cent mille boisseaux de blé \ Ilest probable aussi que les nobles ne firent pas d'opposition à la loi Plautia de reditu Lepidanorum; César la défendit également ^ Cette loi promettait sans doute une amnistie aux partisans de Lépidus qui s'étaient enfuis auprès de Sertorius; les optimates pouvaient donc la considérer comme un moyen d'affaiblir Sertorius^

Les agitations populaires cessèrent en présence d'un nouveau danger qui venait de fondre sur la République : les gladiateurs s'étaient révoltés. En 73, environ soixante-dix gladiateurs s'échappèrent de la maison de Lentulus à Capoue et appelèrent aux armes les esclaves en ouvrant leurs erg-astules\ Ils prirent pour chef Spartacus qui eut pour lieutenant Crixus et iEnomaus;ils battirent les troupes du préteur P. Varinius Glaber, et le préteur lui-même". En 72, les consuls L. Gellius Poplicola et Cn. Cornélius Lentulus Clodianus furent obligés de se joindre au préteur ou propéteur Q, Arrius pour réprimer l'insurrection ; Gellius et Arrius battirent Crixus®; mais Lentulus fut vaincu ' par Spartacus qui s'était dirigé vers les Alpes pour passer en Gaule ^ Spartacus battit encore les deux consuls^, et le consul de l'année précédente C. Cassius Varus

') Cic, in Verr. accus., 3, 30, 72. 3, 70, 163.

^) Suei., Cxs., 5. Gell., 13, 3. Non. Marc, p. 241 G. Dio C, 44, 47.

3) Sali., Hist., 3, 63 D.

*) App., b. c, 1, 116. Plut., Crass., 8. Uv.,ep., 95. Vell., 2, 30. Flor., 3, 20. Eutr., 6, 7, Gros., 5, 24. Athen., 6, 272 F. Cic, Att ,6, 2, 8.

S) App., b. c, 1, 116. Plut., Crass., 9. Liv., ep., 95. Gros., 5, 24. Flor., 3, 20, 4. Front., Strat., 1, 5, 21. 22. Sali., Hist., 3, 67 D.

«) Liv., ep., 96. Gros., 5, 24. App., b. c, 1, 117. Plut., Crass. ,9. Cf. Cat. min., 8.

'') App., b. c, 1, 117. Plut., Crass. ,9.

8) Plut., Crass., 9. Flor., 3, 20, 10.

9) Liv., ep.,96. Gros., 5, 24. Eutr., 6,7. Sali., flis^,3;70D. App., fc.c.,l,H7.

qui voulut défendre la Gaule cisalpine dont il était gouverneur; G. Varus fut défait à Mutina*, et Spartacus aurait atteint son but, si ses soldats avides de pillage ne l'avaient forcé à rester en Italie. Il eut un instant l'idée de marcher sur Rome', puis se décida à passer dans l'Italie méridionale^ Gette situation rappelait les plus mauvais temps de l'époque où Annibal campait en Italie \ le sénat n'osait pas contier la direction de la guerre aux consuls qui venaient d'être vaincus^ ni aux nouveaux consuls désignés qui étaient incapables (P. Gornelius Lentulus Sura et Gn. Aufidius Orestes); d'autre part personne ne se présentait pour la préture, parce que personne ne voulait se charger de la guerre.

M. Licinius Grassus se dévoua^ il n'avait pris part à aucune campagne depuis le combat de la Porte colline; il s'était occupé d'augmenter sa fortune, et de se faire bien voir du peuple \ On le chargea donc de combattre Spartacus avec un pouvoir proconsulaire \ Il n'est pas possible d'admettre qu'il avait été préteur, et qu'on prorogea ses pouvoirs, le témoignage formel d'Appicn s"y oppose. Son lieutenant M. Mammius fut d'abord battu ^; Grassus comprit qu'il fallait rétablir la discipline, et décima les rangs "^; puis il se mit à la poursuite de Spartacus qui avait passé en Sicile pour soulever les esclaves*'. Spartacus manœuvrait avec tant d'habileté que Grassus désespéra de le vaincre; il écrivit au sénat pour demander des secours; il fallait, disait-il, rappeler Lucullus (successeur de Curio) *" de Macédoine ou Pompée d'Espagne *\

') Liv., ep., 96. Gros., 5, 24. Flor., 3, 20, 10. Plut., Crass., 9.

5) App., 6. c, 1, 117. Flor., 3, 20, 11.

3) App., b. c, 1, 117. Plut., Crass., 9.

*) Gros., 5, 24. Eutr., 6, 7.

«) Plut., Crass., 10.

«) App., b. c, i, 118.

') Plut., Crass., 9. Cic, Brut., 65, 233.

«) Liv., ep., 96. Eutr., 6, 7.

9) Cf. Cic, in Verr. accus., 3, 53, 123.

^0) Plut., Crass., 10. App., b. c, 1, 118. Sali., Hist., 4, 5 D.

«') App., 6. c, 1,118. Plut., Crass., 10. Cf. Sall.,///s< ,4, 10 D. Cic, in Verr. accus., 5, 2, 5.

'2) Gros., 6, 3. Eutr., 6,2, 7. App.,Illyr., 30. Cf. Cic, Pis., 19, 44. Ps. Ascon., p. 209.

") Plut., Crass., 11. Cf. App., b. c, l, 120 Cic, Leg. man., il, 30.

IV, 9] TRIOMPHE ET RÈGNE DE l'oLIGARCHIE 205

Il n'aurait pu en eiïet se maintenir, mais une circonstance lui permit de prendre l'avantage: les Germains et les Gaulois qui servaient dans l'armée de Spartacus l'abandonnèrent. Crassus battit d'abord les Germains et les Gaulois', refusa de négocier avec Spartacus^ qui l'avait demandé, et livra à ce dernier un combat décisif. Spartacus fut tué^, et on put considérer la guerre comme terminée.

Pompée était déjà revenu d'Espagne*. On lui avait envoyé les secours qu'il avait sollicités ; en 74 et en 73 il avait fait de grands progrès sur Sertorius^; Métellus aussi avait remporté des avantages ^ du jour oi^i il s'était décidé à secouer sa torpeur'. La guerre aurait pu se prolonger longtemps encore, mais la division se mit dans l'armée de Sertorius ; Sertorius l'avait lui-même provoquée par ses défiances et ses cruautés*. Métellus avait mis à prix la tête de Sertorius*, ce ne fut pas ce qui perdit ce dernier, mais plutôt la jalousie de Perperna. Perperna le fit assassiner dans un festin oii il l'avait invité pour se réconcilier, à Osca'°. Mais Perperna éprouva de grandes difficultés à se faire reconnaître chef des troupes de Sertorius, et fut battu par Pompée '^ Ce dernier fit mettre à mort Perperna qui était tombé entre ses mains; avant de mourir, il avait livré à Pompée la correspondance de Sertorius, dans laquelle plusieurs sénateurs se trouvaient compromis;

0 Plut., Crass., 11. Liv., ep., 97. Oros., 5, 24. Front., Slrat., 2, 4, 7. 2, 5, 34. Cf. Cses., b. g., 1, 40.

2) App., b, c, 1, 120. Tac, Ann,, 3, 73.

3j App., b. c, 1, 120. Plut., Crass., 11. Liv., ep., 97. Eutr., 6, 7. Flor., 3, 20, 12. Oros., 5, 24. Vell., 2, 30.

*) App., b. c, 1, 119. Plut., Crass., 11.

^) Liv., ep., 94. App., b. c, 1, 112.

6) App., b. c, I, 112.

') Sali., Hist., 2, 23 D. Plut., Sert., 22. Val. Max., 9,1, 5.

8) Liv., ep., 92. App., b. c , l, 112, 113. Plut., Sert., 25. Diod., Hist. gr. fr., tome II, p. XXIII.

9) Plut., Sert., 22.

»«) App., 6. c, 1, 113 ; Iber., 101. Plut., Sert., 26. Fomp., 20. Diod., Rist. gr. fr., tome II. p XXIV. Strab,, 3, 4, 10. Liv., ep.,m. Vell., 2, 30. Flor., 3, 22 9. Eutr., 6, 1. Oros., 5, 23. Sali., Hist., 3, 4 D.

") App., 6. c, 1, 114. Iber., 101. Plut., Sert., 27. Pomp., 20. Zon., 10, 2. Liv., ep. ,96. Flor., 3, 22, 9. Oros., 5, 23. Front., Strat., 2, 5, 32. Val. Max., 6, 2, 8. Schol. Bob,, p. 307.

206 LA DISSOLUTION DE LA RKPUnLIQUE [IV, 9

Pompée ne voulut pas la lire et la fit jeter au feu, pour, dit-il, ne pas soulever au nouveau prétexte de guerre civile \ Il pardonna ensuite aux partisans de Sertorius qui se livrèrent à lui\ Après avoir pacifié l'Espagne % il réorganisa l'administration, et, pour s'attacher de nombreux partisans, donna le droit de cité à un grand nombre d'Espagnols. Ce fut pendant l'année 72 qu'il prit ces dispositions :1a loi Gcllia Conœlia dos consuls L. Gellius Poplicola et Cn. Cornélius Lentulus Glodianus lui avait conservé pour cette année le pouvoir absolu dans la Péninsule*. En 71, il quitta l'Espagne; en traversant les Pyrénées il éleva un trophée" sur lequel il fit placer une inscription : le nom de Sertorius n'y figurait pas; Pompée voulait faire considérer cette guerre comme une guerre étrangère, afin de pouvoir réclamer le triomphe, qui n'était jamais accordé pour une guerre civile ^

Quand il arriva en Italie, il reçut du sénat l'ordre de courir au secours de Crassus'; il rencontra une troupe de cinq mille hommes, qui s'était échappée du champ de bataille où Crassus avait complètement anéanti les forces de Spartacus. Pompée extermina ces cinq mille hommes, il put alors écrire au sénat que, si Crassus avait battu Spartacus, lui. Pompée, avait fait disparaître jusqu'au dernier, les auteurs de la révolte ^

Quand, à Rome, on n'eut plus à redouter les gladiateurs, les tribuns se remirent en campagne contre la constitution syllanienne. Dès son entrée en fonction (10 décembre 72), le tribun M. Lollius Palicanus, d'origine obscure % dénonça^" les actes arbitraires dont s'était rendu coupable C. Verres en

') Plut., Sert., 27. Pomp., 20. Cf. App., h. c, 1, 115.

2) Cic, in Verr. accus., 5, .^8, 153.

^) Liv., pp., 96. Eutr., 6, 1. Gros., 5, 23. Flor.; 3, 22. 9. Plut., Vomp., 21.

*) Cic.,5a/6., 8, 19. 14, 32.33. 17, 38.

'") Sali., Hist., 4, 29 D. Exuper., 8. Slrab., 3, 4, 9. 4, 1,3.

«) Plin., n. h., 7, 26, 27, 96. 3, 3, 4, 18. 37, 2, 6, 15. Cf. Flor., 3, 22, 9. Val. Max., 2, 8, 7.

') App., b. c, 1, 119.

«) Plut., Pomp., 21. Crass., 11. Cic, in Verr. accus., 5, 2, 5.

») Sali., Hist., 4,25 D. Cf. Val. Max., 3, 8, 3. Cic, Bnit., 62, 223.

'") Cic, m Verr. accus., 2, 41, 100.

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