C.ON'JLKATION DE L. SEKGIUS CATILIXA
Poiiipéi' coninienc^a aussitôt sa Liillaiile caiiipai^iie d'Asie; |icndant ce temps l'anaicliie régna en niaitiesse dans Rome ; les deux partis du sénat et du peuple étaient plus que jamais excités l'un contre l'autre : leurs orateurs criaient bien haut qu'ils voulaient le bien public, mais en réalité on ne songeait de part et d'autre qu'à augmenter ses forces pour la lutte suprême '.
Les lois de A. Gabinius, de (>. (loinélius, de C. Mauilius avaient été autant de victoires pour le peuple ; encouragé, il poussa l'audace jusqu'à demander compte de l'argent du trésor dépensé par Sylla. On venait de décider, sans doute en vertu de la loi consulaire de 72 {de pecimia qiiam Sulla emptoribus bonorum remiserat exigendà), que, vu la pénurie du trésor, tous les débiteurs de l'État et ceux qui étaient tenus à des restitutions devraient «'acquitter sur-le-champ '. On ne se contenta pas de poursuivre devant un tribunal particulier'' [quœstio de peculatu ou de pecuniis résidais) ceux qui avaient reçu des gratifications des mains de Sylla ; un tribun s'attaqua au fils du dictateur ', L. Cornélius Sulla Faustus, plus généralement désigné sous le nom de Faustus Sylla, et lui fit un procès en restitution ^ L'accusation était parfaitement recevable, Sylla n'avait jamais rendu compte de son administration financière*^;
') Sali,, Cut., 38.
-) Ascon., p. 72.
s^ Cic.,3/«r., 20. -42.
*j Cf. Val. Max., 3, 1, 3.
S) Cic, Cluent., 34, 94.
'"') Ascon., p. 72.
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SOS partisans ne pouvaienl donc pas invoquer la loi Valéria. 11 y avait du reste un précédent, on avait fait un procès de ce genre à Cn. Pompée, l'héritier de Cn. Pompée Strubo. Un autre procès se grelîa sur celui de Sylla : le tribun C. Memmius Gemellus accusa, aussi en 66 ', M. Térentius Yarro Lucullus, pour sa conduite pendant qu'il était questeur de Sylla; l'accusation fut portée devant le peuple ^ M. Yarro depuis cette époque avait pourtant fourni une carrière honorable : il avait été consul en 73, avait gouverné la Macédoine comme successeur de C. ScriboniusCurio, soumis lesThraoes^ et obtenu le triomphe '*.
Depuis que Pompée avait quitté Rome, les optimates avaient relevé la tête et essayé de venger leurs défaites ". C. Memmius Gemellus ne put réussir à faire condamner Lucullus, le peuple ne l'appuya pas assez ; il dut se contenter de provoquer des agitations pour empocher le triomphe de L. Lucullus qui revenait d'Asie®. On discuta longtemps dans les assemblées'' au sujet du procès intenté à Faustus Sylla ; puis le président du tribunal, le préteur C. Orchivius^ rejeta Taccusation donnant comme raison qu'un tribun n'avait pas le droit de soulever un procès de ce genre ^ Le parti populaire fut très irrité de cette décision, il y en eut d'autres du même genre provenant de l'union des deux ordres ; il demanda alors que tous les juges indistinctement fussent responsables de leurs décisions comme l'étaient les juges sénatoriaux en vertu de la loi Gornélia de sicariis et venefîcis "'. Le peuple avait raison : étendre la responsabilité à tous les juges était une conséquence forcée du remplacement de la loi Gornélia par la loi Aurélia. On n'osa pas cependant présenter immédiatement un projet de loi; on
') Malgré Plul., Cat. min., -'U.
2) Plut., Luc, 37.
^) Liv., ep., 97. Eutr., 6, 10. Uros., G, 3. App., Illyr., 30. *) Cic, Pis., 19, 44. Schol. Bob., p. 356, ») Sali., Cat., 39,
•=) Plut., Luc, 37. Cf. Cat. min., 39. Cic, Acad. pr., 2, 1, 3. Serv., ad Mn., 1, 161.4, 261.
''^ Cic, Corn, fr., 1, 16.
8) Cf. Cic, C/i<e/iL,53, 147.
9) Cic, Cluent., 34, 94. Corn, fr., 1, 16. Le,j. wjr., 1, 5, 12. ">) Cic, Cluent., 54, 148.