‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. LangeChapitre 3 sur 175 · IV, 1] TI. SEMPRONIUS GRACCHUS · texte numérisé non relu

IV, 1] TI. SEMPRONIUS GRACCHUS

et la ruine de l'Italie. Son frère nous dit que la vue des esclaves employés à la culture ou à la garde des troupeaux avait fait sur lui la plus grande impression; il prit aussitôt la résolution de se consacrer tout entier au relèvement de l'agriculture libre *. Voilà pourquoi il brigua le tribunal pour l'année 133. 11 espérait bien qu« les citoyens pauvres, les citoyens ruinés seraient tous pour lui. Comptant aussi sur les sentiments généreux qui se trouvent chez tous les hommes, comme le lui répétaient dans leurs entretiens philosophiques Blossius de Cumes et le rhéteur Diophane de Mitylène', il espérait que le sénat, entraîné par le courant populaire, le suivrait, et se laisserait convaincre quand il verrait le peuple uni pour demander l'amélioration de son sort. Quelques sénateurs, les plus illustres, étaient déjà d'accord avec lui sur le principe des réformes : son beau-frère Appius Glaudius Pulcher, prince du sénat'; Scipion Emilien alors absent de Rome; C. Laelius, qui, en 145, avait voulu proposer une loi agraire %• le jurisconsulte P. Mucius Scevola, désigné pour le consulat de 133 '^; et enfin le frère de Scévola, très influent à cause de sa fortune, de son éloquence et de sa haute science juridique, le grand pontife P. Licinius Crassus Mucianus''.

Enfin pour dessiller les yeux des nobles \ Gracchus espérait donner comme exemple et comme preuve de la nécessité d'une réforme, l'odieuse guerre que les esclaves de Sicile avaient suscitée en 143. Sous la direction du roi Eunus et de ses lieutenants Achaeos et Cléon, les révoltés tenaient en échec les armées romaines; les préteurs, notamment L. Plautius Hypsaeus et ses successeurs, n'avaient pu les vaincre \ Au

') Plut., Ti. Gr., 8.

*) Plut., Ti. Gr., 8. 17. cf. Cic. , Bruf., 27, 104. Iwl., il, 37. Val. Max., 4, 7, 1.

3) Plut., TI. Gr., 9.

*) Voir plus haut, tome I.

S) Cic, De Orat., 2, 70, 285.

«) Cic, Acad. pr., 2, 5, 13. de Rep., 1, 19, 31. Plut., Ti. Gr., 9. Cic, Phil., H, 8, 18. Brut., 26, 98. de Orat., 1, 37, 170. 50, 216. 56, 239. Dig.. 1, 2, 2, 40. Gell., 1, 13, 10.

") Flor., 3, 14. App., b. c, 1, 9.

8) Liv., ep..^ 56. Gros., .5, 6. Flor.. 3. 19. Diodor.. 34, 2 et Hist. grsec, fr. vol. II, p. XX.

10 LA DISSOLUTION DE LA RÉPIRLIOUE ["lY. 1

momont OU Gracchus demandait le tribunal, le consul G. Fiilvius Flaccus se disposait à partir pour la Sicile; or ni Flaccus, ni le consul de l'année suivante, L. Calpurnius Piso Frugi\ ne purent réussir, ce fut seulement le consul de 132, P. Rupilius, qui mit fin à la guerre^. Gette guerre était un avertissement sérieux, bn pouvait en tirer d'utiles leçons, d'autant plus que des mouvements semblables éclatèrent partout, non seulement à Délos et en Attique^ mais sur divers points de l'Italie : il fallut emprisonner des milliers d'esclaves* à Sinuessa, à Minturnes, à Rome même^

Pour combattre la crise sociale, un moyen était tout indiqué par l'histoire des anciennes luttes intérieures : il fallait faire une nouvelle loi agraire. Aussitôt que Gracchus eut pris possession du tribunat, le 10 décembre 134, il rédigea, do concert avec des jurisconsultes ses amis, la loi Sempronia agimria, dans un esprit de grande modération, afin de respecter autant que possible les intérêts des grands propriétaires fonciers. Avec de plus grands développements et quelques changements rendus nécessaires par les circonstances, c'était la reproduction de la loi Licinia de modo agrorum de 367. La loi Licinia avait apaisé la crise sociale produite par la lutte des partis; en réalité elle répondait assez bien aux vues de la noblesse d'alors et des générations suivantes, qui se préoccupait beaucoup du bien-être des paysans. Aussi la loi Licinia n'avait pas été abrogée", mais on pouvait la tourner, et de fait elle n'avait jamais été respectée par les propriétaires de lalifundia^ Du reste, elle ne spécifiait pas qu'il serait fait de nouvelles assignations de petite étendue, seul remède possible pour relever l'agriculture.

La loi Licinia avait défendu de posséder plus de oOO jugères

») Val. Max.. 2, 7, 9. 'i, 3, 10. [Front] Stmt.,-'i, 1, 26. I. L. A., p. 189.

-) Liv., ep. 58. 59. Oros., 5, 9. Cic.. m Verr. accus., 2, 13, 32. 16. 35. 37, K). 3, 5-4, 125. 4, 50, 112. Ps. Ascon., 106, 212. Val. Max., 2, 7, 3. 6, 9- J. 9, 12, ext. 1. Diod., 34, 2.

=•) Diod., 34.2. Oros.. 5. 9.

*) Obseq.. 27.

5) Oros., 5, 9.

«) Liv., 33, 42. 35, 10. Cat,, Orig., 5, 5.

^) App., b. c, 1, 8. Plut., Ti.Gr., 8.

lY, 1] TI. SEMPROXIUS (iRACCTUIS 11

dager publicus ; la loi Sempronia apporta un sérieux changcment, en décidant que les pères de famille ayant plusieurs fils pourraient conserver 1,000 jugères^ sans doute pour assurer à chacun des fils, quand il y en avait doux, la possession de 500 jugères. La loi Licinia dépouillait les possesseurs d'ager publicus sans leur donner d'indemnité; Tibérius, pour les ménager^ voulut tenir compte des améliorations apportées à l'ager publicus qui était possédé depuis longtemps, et avait plusieurs fois changé de main soit par vente, soit par héritage; il y en avait même qui avait été acquis sous condition onéreuse %• Ti. fit inscrire dans sa loi que l'on donnerait dos indemnités proportionnelles prises dans le trésor*, comme cela s'était fait quand l'Etat avait repris /'«^ercawi/îam^s en 166. On leur promit encore un autre dédommagement en assurant aux possesseurs la propriété complète et définitive de 500 ou de 1,000 jugèros; on les exempta du vpctigal auquel ils avaient été tenus jusque-là ^ La loi Licinia ne précisait pas l'emploi que l'on devrait faire des parties de l'ager publicus rendues à l'État. La loi Sempronia décidait que Ton nommerait tous les ans dans l'assemblée du peuple [concilia plefm) trois magistrats^, très viri agris clandis assignandia'' , chargés de faire la répartition entre les citoyens pauvres^, mrilhn'^ , des terres reprises par l'État'".

>) App. b. c, 1, 9. H. Vell., 2, 6; cf. Liv. ep. 58. Aur. Vicl., Vir. ill.. 64, Ducenta dans Sic. Flaccus, p. 136. (Lachmami) est certainement une altération.

2) Gic, Sest., 48, 103.

') App., b.c., 1, iO.

^) Plut., Ti. Gr.. 9.

5) App., b. c, 1, 7. 1, 27. Gic, Brut., 36, 136. App., b. c, 1, U.

^) Çic, dsLeg. Agr., 2, 12, 31. App., b. c, 1, 9. Liv., ep. 58.

■) Lex. inc. tab. Bant., 15. rep. 13. 16. 22. agr. 15. 1. L. A. p. 45, 58. 59. 80. Gette magistrature extraordinaire fut maintenue jusqu'en 118; il faut remar.ju?r que les trois magistrats n'avaient pas .le droit d'établir des colonies, on les désigne souvent ainsi : très viri leye Sempronia. [N. D. T.]

*) Gic, de rep., 3, 29, 41. Vell., 2, 2. Il y a là une erreur; quand App..b. c, 1, 10, parle de airor/.ot et de tcôXîi; IuoizouzIôî;, il veut désigner des colonies romaines et des municipes.

9) Festus, ep., p. 373; cf. Sicc. Flaccus, p. 154. Varr., diRc rust., 1, 10.

*o) Sic. Flaccus, p. 136.

12 LA DISSOLUTION DE LA RÉPUBLIQUE [lY, 4

Gracchus ne devait admettre à la répartition ni les Latins, ni les alliés; connaissant les sentiments qui dominaient alors à l'égard des Latins (voir plus haut, tome 1) il aurait certainement rendu sa loi inacceptable pour l'assemblée du peuple, s'il avait eu la maladresse d'assimiler les Latins aux citoyens. Maintenant pour assurer le succès de la réforme, c'est-à-dire la création d'une classe de paysans propriétaires ne devant s'occuper que d'agriculture, Tibérius décida que les lots, (ils ne devaient pas excéder 30 jug-ères*), ne pourraient être vendus^. Pour sauvegarder les intérêts de l'État qui ne devait plus percevoir les vectigalia sur les terres laissées aux anciens possessores, le tribun voulut que les nouvelles assignations fussent tenues au vectigal^\ il fut encore réservé que certains agri publici, comme l'arjer companus, ne pourraient jamais être aliénés \ Enfin, en transigeant avec les veleres possessores % on déclarait implicitement que toute usurpation [occupalio] du domaine public était désormais interdite.

Fort de la pureté de ses intentions, exalté par la grandeur de l'œuvre dont il prenait la responsabilité, Ti, Gracchus déploya toute son éloquence^ pour défendre son projet de loi. Il traça un tableau émouvant de la misère des Italiens ruinés, dit qu'ils étaient plus malheureux que les bêtes des forêts", fit appel au patriotisme des riches'^, montra les conséquences désastreuses que devait entraîner l'emploi exclusif des esclaves % laissa entrevoir l'impossibilité où allait se trouver l'État de défendre l'empire et de conserveries conquêtes'". Mais il s'était fait illusion sur le désintéressement des optimates; ils combattirent le projet de loi., qui, malgré toutes

>) Lex. ngr., i'i. I. L. A. p. 80.

2) App., b. c, 1, 10. 27.

') Plut., C. Gr., 9.

*) Gic, de Leg.agr., i, 7, 21. 2. 29. 81. Lpx. ngr. 6. 22. I. L. A. p. 79, 80. 91.

S) Lex.agr., 13. 16.17. 21. I. L. A. p. HO; cf. Cic, ad AU., 1, 19, -4.

«) Cic, d>^Or., i, 9, 38. de Inv., 1, i, 5, Brut., 27, 103 elseq., Harus. rcsp., 19, 41.

') Plut., Ti. Gr., 9.

8) App.. b. c, 1, 11.

'«) App., b. r.,1, H.

IV, 1] Tl. SEMPROMUS GRACCHUS J3

les précautions prises, atteignait leurs intérêts; ils représentèrent que la loi menaçait d'affaiblir l'autorité des nobles et produirait des divisions parmi les citoyens'. Des amis de Gracchus, comme Q, ^lius Tubero, se séparèrent de lui et le combattirent dans des assemblées populaires*. Mais tous les jours arrivaient à Rome des citoyens habitant les municipes et les colonies^ les partisans de Tiberius devenaient de plus en plus nombreux, une majorité pour l'adoption de la loi était assurée; alors les nobles ne pouvant pas compter sur ,1e peuple pour la faire rejeter, recoururent à l'opposition [intercessio] d'un collègue do Ti. : ils gagnèrent le riche tribun M. Octavius en flattant son ambition \

Le jour du vote M. Octavius fit opposition; après lui avoir adressé de violents reproches, Ti. Gracchus congédia l'assemblée et remit le vote à un autre jour^ Pendant l'intervalle il chercha à ramener Octavius. Quand il vit qu'il ne pourrait désarmer ni Octavius ni les nobles, il transforma son projet de loi ^ probablement en retirant la promesse d'indemnité pour les possesseurs ; puis, comptant sur l'inviolabilité Iribunitienne il osa dépasser les limites que la loi imposait aux pouvoirs des tribuns; il pubha un édit interdisant à tous les autres magistrats l'exercice de leurs fonctions spéciales, tant que la loi agraire ne serait pas votée. Pour en assurer l'exécution il menaça d'une amende les préteurs qui ne voulaient pas se soumettre, et scella le trésor dans le temple de Saturne : les questeurs ne purent plus remplir leurs fonctions. Les optimales prirent le deuil, la ville fut partagée en deux camps ennemis \ Au jour du vote nouvelle intercession d'Octavius, qui paraît disposé à recourir à la force. Alors, sur le conseil de certains personnages influents, surtout des consulaires M. Manilius et Serv.FulviusFlaccus. Tiberius songe au sénat,

') Cic, Sest., 48, 103.

^) Cic, Lœ/., 11, 37; Brut., 31, 117.

3) App.. b. c, 1, 10. Diod., 34, 25 et seq.

*) DioC. fr., 83 B. Plut. Ti. Gv., 10.

S) App., b. c, 1, 12.

*) Plut., Ti. G)'., 10.

') Plut., Ti. Gr., 10. Dio C. fr. 83 B.

■14 LA DISSOLUTION DE LA RÉI'LBLIQIE [IV, l

il veut le faire juge du débat, et espère en obtenir un sénatusconsulte favorable*. Mais le sénat, se plaignant d'avoir été outragé par ïi. Gracchus, ne se montre pas disposé à rendre un pareil service ; alors Gracchus remet encore le vote à un autre jour : dans la prochaine assemblée on décidera d'abord si M. Octavius, qui a fait une opposition constante à la loi, doit conserver ses fonctions de tribun, on votera ensuite sur la proposition de loi agraire.

Pendant ce nouveau délai Gracchus employa tous les moyens pour gagner Octavius ; il lui offrit même de proposer au peuple de choisir entre Octavius et lui, puisque l'un des deux tribuns devait céder"-. Octavius persista dans son opposition, il renouvela son intercession pour la troisième fois devant le peuple. Alors ïiberius demanda la déposition de son collègue'. Quand on connut le sufPrag-e de la Irihu pri?icipiiwi, Gracchus renouvela ses instances auprès d'Octavius pour l'engag-erà retirer son intercession; il recommença après que l'on eut annoncé les votes des 17 premières tribus* ; Octavius resta inllexible. Il est évident que Ti. ne se décida qu'à regret à demander la déposition d^in tribun ; il la jug-eait illégale ; jusqu'à un certain point elle était même une viola-

<) App., b. c. 1. 12. Plut., Ti. Gr.. 11.

») Plut., Ti. Gr., 11.

3) Cic, de Nat. dcur., 1, 38, 106.

*) Le vote de la tribu />rjnc(pi»m avait une grande importance. Comment était-elle désignée? Madwignie que l'on pocédàt comme pour la prœroQativa dans les comices par centurie ; il suppose que l'on considérait comme prinripium la tribu qui avait la première terminé le dépouillement de ses opérations et l'avait transmis au président. En effet les tribus étaient toutes appelées en même temps (uno vocatu, [xia x),r|(7£t, Dion., 7, 59. ôi) à se rendre dans les endroits où elles devaient exprimer kurs suffrages. De cette manière toutes les tribus étaient obligées de voter (Cic, de Leg. agr. 2, 9, 22. 12. 31), et en fait elles votaient toutes (Asc, p. 81. Liv., 3, 03. 8, 37. 29. 13. 30, 27. 40. 43. 38, 54. 43, 8). Autrement si les tribus avaient exprimé leur suffrage successivement, on aurait pu arrêter les opérations quand la majorité aurait été assurée. C'est ce que Appien (6. c. 1, 12) et Plutarque {Ti. Gv., 12) prétendent s'être produit dans le cas particulier de la déposition d'Octavius. Ils ont manifestement confondu la formalité de la renuntiatio des suffrages avec le vote lui-même. On pouvait interromxpre la proclamation des votes. Tite-Live, 40, 42. 6. 38. 45,36. .Appien, b. c, 14. Plut, ^m., 31, citent plusieurs exemples. [X. D. T.^

IV, I] TI. SKMPRONllJS (IRACCHl'S lo

tion de la lexsacrata '. C'était un acte révolutionnaire, duquel dépendait fatalement le succès de la loi-; une seule considération peut l'excuser, ou plutôt l'expliquer : Ti. Gracchus ne pouvait pas, comme autrefois C. LiciniusStolo et L. Sextius, compter sur une nouvelle élection qui lui permettrait de représenter la loi dans de meilleures conditions : aux termes de la loi un tribun ne pouvait être réélu qu'après un laps de temps déterminé'.

M. Oclavius fut remplacé par Q. Mummius^ et la loi agraire fut votée par le peuple. Pour l'appliquer Ti. Gracchus se fit adjoindre son frère C. Gracchus et son beau-père Appius Claudius Pulcher; ils formèrent la njagistrature des Tresviri agris dandis assigiiandis \ Il leur fallut demander une dispense des lois Licinia et OEbutia ; vu l'opposition des nobles, le peuple crut que le soin d'appliquer la loi ne pouvait être confié à d'autres*'.

Le peuple, plein de reconnaissance, salua Gracchus le second fondateur de Rome\ Au contraire, le sénat, sur la proposition de P. Cornélius Scipion Nasica Serapion, le plus violent^ et le plus obstiné des chefs de la noblesse, le sénat refusa à la commission agraire la dotation d'usage; il n'accorda aux commissaires, par dérision, qu'un denier et demi par jour^, ce qui n'empêcha pas la commission de se mettre à l'œuvre. Ti. Gracchus et Appius Claudius P. n'attendirent pas pour cela le retour de C. Gracchus encore retenu à l'armée devant Numance'". Us se heurtèrent bientôt à des difficultés très sérieuses : les possessions avaient souvent changé do

') Liv., ep., 58. Vell., 2, 2. Ascon., p. 71. Cic. MIL, 27, 72. Florus, 3, 14. Aur. Vict., Vir. ill., 64. Orose, 5, 8. Diod., 34, 27. Dio C, 4G, 49.

2) Cic, de Leg.,3, 10, 24. Brut., 25, 95.

3) 10 ans ou 9 ans, voir plus haut, tome I, page 279.

*) App., b.c., 1, 13. Mucius apudPlul., Ti. Gr., 13. Minucius ap. Orose, 5, 8.

6) Liv., ep.5S. App., b.c., i, 13. Plul., Ti. G)'., 13. Vell., 2. 2. Flor., 3, 14.

«) App., b. c, l, 13.

•) App., b. c, 1, 13.

8) Cic, Brut., 28, 107.

'■>) Plut., Ti. Gr., 13.

'«) Plut., Ti. Gr., 13, mais il revint bientôt, Plut., Ti.Gr., 20.

main, on y avait ajouté des propriétés d'aqer privatus^ et il était très difficile de retrouver les titres pour décider ce qui devait revenir à l'ager publicns, et ce qui était ager privatus\ D'après les précédents", c'étaient les consuls, ou d'autres personnages choisis dans le sénat qui devaient prononcer. Pour ne pas échouer contre cet écueil, Ti. Gracchus dut étendre la compétence des Tresviri par une nouvelle loi Sempronia agraria, la loi : iit idem triumviri jttdicarent, quà publiciis ager, quà privatus esset^. Les Tresviri ajoutèrent à leur titre celui de juges : « Tresviri agris judicmidis daiidis \ » Cependant Ti. Gracchus ne pouvait pas opérer assez vite la répartition des terres pour satisfaire l'impatience des citoyens qui attendaient des assignations. Pour maintenir sa popularité, déjà affaiblie par le départ des citoyens qui avaient regagné les colonies et les municipes^, il fit une proposition concernant les trésors d'Attale, légués au peuple romain par testament avec tous ses autres biens". La Rogatio Sempronia de pecunià Atlali populo dividenda portait que l'argent d'Attale serait partagé entre les citoyens dotés d'assignations; les pauvres recevraient ainsi une donation supplémentaire, qui leur permettrait de faire les frais de premier établissement ^ A ce sujet Ti. Gracchus affirma hautement la souveraineté du peuple; il prétendit même que le sénat devait renoncer au privilège, incontesté jusqu'alors, d'examiner les questions de politique extérieure, et que, dans le cas particulier, le peuple, et non plus le sénat, devait prononcer sur le sort des villes du royaume asiatique*. La nouvelle prétention de Gracchus irrita au plus haut point le sénat. P. Cornélius Scipion Nasica Serapion combattit la proposition; Q. Pompeius promit de mettre

*) App., b.c., 1, 18.

•') Cf. Lu., VI, 1. 8. 9. 19.

3) Liv., ep. 58.

') I. L. A., p. 156. 167; cf. Plut., Ti. Gr., 13.

S) App., b. c, 1, 13.

'•) Vell., 2. 4. Slrab., 13, 4, 2. App. Mithr., 62, b. c, 5, 4. Flor., 2, 20, Sali., Hist. Fr., 4, 61, 8 D.

') Liv., ep. 58. Plut., Ti. Gr., 14. Gros., 5, 8. Aur. Vict., Vir. ilL, 61; cf. Flor., 3, 15.

«) Plut., Ti. Gr., 14. cf. Val. Max., 3, 2, 17.

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