‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. LangeChapitre 34 sur 175 · IV, 12] LE CONSULAT DE M. TULLIL'S CR-.ÉHON · texte numérisé non relu

IV, 12] LE CONSULAT DE M. TULLIL'S CR-.ÉHON

que Cicéron avait fait exécuter des citoyens sans jugement régulier. Le dernier jour de décembre, quand Cicéron voulut parler au peuple, les deux tribuns l'obligèrent à prêter simplement le serment d'avoir respecté les lois : Cicéron remplaça la formule du serment par une brillante improvisation, dnns laquelle il rappela que ses actes avaient eu pour effet de sauver l'Etat*. Le peuple donna à Cicéron une preuve éclatante de sa sympathie en l'accompagnant jusqu'à sa maison -, ce qui n'empêcha pas Q. Métellus Népos de l'attaquer en plein sénat le l^"" janvier^- le 3, le même tribun tint un lang'ag-e plus violent encore dans une assemblée populaire'; ce discours fut comme la préface de l'accusation que préparaient les tribuns. M. Porcins Caton, qui s'était fait élire tribun pour tenir tête à Q. Métellus i\épos^ défendit Cicéron'' ; Cicéron répondit aussi à Métellus ; nous n'avons plus son discours qu'il avait intitulé Oratio Metellina \ Ces discussions eurent pour résultat de brouiller Cicéron avec Q. Métellus Celer*; le sénat y mit fin par un sénatus-consulte : désormais on considérerait comme ennemis publics [hostes) ceux qui demanderaient compte do leur conduite aux magistrats qui avaient fait condamner et exécuter les conjurés ^

Catilina avait été abandonné par un certain nombre de ses partisans ; il ne put se décider à soulever les esclaves, et chercha à gagner la Gaule ; mais il fut cerné d'un côté par Q. Métellus Celer, de l'autre parC. Antonius*° ; sur la proposition de Cicéron, le questeur P. Sestius avait amené de nouvelles troupes à ce dernier*'. Le combat eut lieuprès de Pistoia

•) Cic, Fam., 5, 2, 7. ad AU., 6, 1, 22. Sull., 11, 34. de Dom., 35, 94. Pis.,3,Q. Ascon.,p. 7. Plut., Cic, 23. Dio C, 37, 38.

*) Cic, ad AU., 1, 16,5. Pis., 3, 7.

3) Cic, Fam , 5. 2, 8.

*) Cic. , Fam., 5, 2, 8. Cf. Dio C, 37, 42.

5) Plut., Cat. min., 20. Cic., Mur., 38, 81. Sest,, 5, 12.

«) Plut,, Cic, 23. App., b. c, 2, 7.

-') Cic, ad AU., 1, 13, 5. Schol., Gron., p. 412. Cf. Cic, SuU., 10, 31. Schol. Bob. p. 366. Cic. Fragm., p. 946 Halm.

«) Cic, Fam., 5, 1,2.

8; Dio C, 37, 42.

'0) Sali., Cat. y 56 et seq. Dio C. 37, 39. App.. &. c, 2,7,

") Cic, Spst., 1,4,11 et seq.

282 LA DissoLuriON dî: L\ képubliol-k [IV. 12

en janvier. L'armée de Catilina avait un aigle qui avait appartenu autrefois à C. Marins', elle lutta avec le courage du désespoir. Ce jour-là C. Antonius se trouva malade, ou se fit passer pour malade-; ce fut son lieutenant M. Petreius qui commanda et remporta la victoire'; Catilina fut tué^; Antonius envoya sa tète à Rome, et prit le titre d'impérator : il n'en avait pas le droit*, d'abord il avait vaincu dos citoyens, et ensuite le nombre des morts était bien inférieur à celui qu'exigeait la loi®. Il n'en fit pas moins son entrée dans sa province de Macédoine, précédé des faisceaux couronnés de lauriers". Les préteurs M. Calpurnius Bibulus et Q. ïullius Cicéron se chargèrent de pacifier le pays des Péligniens* où C. Marcellus avait provoqué des troubles au nom de Catilina^ Les Allobroges, malgré la défaite de Catilina, n'abandonneront pas moins Rome; on envoya contre eux C. Pomptinus, qui les ramena à la soumission'".

La conjuration fit encore parler d'elle pendant toute l'année 62; on fit de nombreux procès qui vinrent compliquer les luttes des partis. On accusa, sans doute en s'appuyant sur la loi Plautia do vi'S L. Yarguntoius ; Q. Hortensius qui l'avait défendu auparavant dans un procès de brigue, ne le défendit pas celte fois'-; puis Servius et Publius Cornélius Sylla, fils de Servius; M. Porcins Léeca et C. Cornélius'^; enfin P. Autronius'^; Cicéron ne voulut pas le défendre '%

') Cic, 1, 9, 24. 2, 6, 13. SuU., Cal., 59.

*) Sali., Cat., 59. Dio C, 37, 40. Cic , Sest.,5, 12. Schol. Bob , p. 229. 3) Sali., Cat., 59-61. Dio C, 37, 40. Flor., 4, 1, 11. *) Liv., ep., 103. Plut., Cic, 22. Ealr., 6, 15. ^) Val. Max., 2, 8, 7.

«) Dio C, 37. 40. Cf. Val. Ma.\-., 2, 8, 1. ") Obseq.,61.

«) Cf. Cic, Sesf., 4, 9.

3) Oros., 6, 6. Dio C, 37, 47.

">) Cic, Prov. consul., 13. 32. Dio C, 37, 47. Liv.. rp.. 103 Schol. Bob., p. 322.

") Cic.,Ca^/,,29, 70.

") Cic.,S«//., 2, 6.

'^) Cic, Sull., 2, 6.

") Cic, SuU,, 2, 7.

'^) Cic, S»//., 6, 18. Schol. Bob., p. 362.

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afin de pouvoir déposer contre lui '. Les uns furent condamnés, les autres s'enfuirent avant le jugement' et vécurent enexiP. Les accusations intentées contre ces personnages reposaient pour la plupart sur les dénontiations de L. Vettius' ; sur les conseils de Catulus et de Piso, il osa, d'accord avec Q. Gurius, dénoncer César lui-même qui était alors préteur^ César se défendit devant le sénat, en invoquant le témoignage de Cicéron^; il se vengea en empêchant Q. Curius do recevoir la récompense promise à ceux qui avaient fait des révélations sur les conjurés : L. Vettius, qui dénonçait pour des motifs plus suspects'', fut emprisonné; il en fut de même du juge Novius Niger, faisant fonction de qiiœsitor, qui avait accueilli l'accusation contre César, bien que ce dernier fût préteur^ Le dernier procès paraît avoir été celui de P. Cornélius Sylla, qui s'était compromis pendant les troubles 'de 60. Il fut accusé, en vertu de la même loi^ par L. Manlius Torquatus, fils du consulaire, et C. Cornélius, fils du conjuré ^°. On lui reprocha d'avoir acheté des gladiateurs à Naples, soi-disant pour le compte de Faustus Sylla ^\ et d'avoir envoyé P. Sittius en Espagne ^^ Mais on rappela en sa faveur que rien de précis n'avait été prouvé sur sa participation à la conjuration*^; Cicéron, du reste, prit sa défense ; il lui avait emprunté de l'argent pour acheter sa maison du Palatin ^% il prononça en sa faveur le discours pro Sulla qui le fit acquitter. Cicéron avait bien conscience des dangers au milieu desquels il se trouvait'*; il

I) Cic, SulL, 3, 10.

2} Cic, Su?/., 7, 22. Dio C, 37. 41.

3) Pour AutroniusCf. Cic, ad Att.,i, 13, 6. 3,2 3, 7, 1.

*) Dio G., 37,41. Cf. Gros., 6, G.

S) Suet., Cses., 17.

«) Cf., Plut., C3es.\ 8.

') Dio G., 37, 41.

») Suet., Cses., 17.

9) Schol. Bob., p. 368.

»») Cic.,S»W.,l, 2. 4, H. 18, 51.

II) Cic, SulL, 19, 54.

12) Cic,SM//.,20, .56.

1=') Cic, SulL, 13, 38. Schol. Bob., p. 367.

") Gell., 12,12,

'S) Cic, SulL, 9, 26. Cf. 7, 21. 11, 30.

284 LA DISSOLinON DE LA RÉPUBLIQUE [IV, 12

désirait s'assurer l'appui de Pompée pour les conjurer'; puis il était assez habile politique pour comprendre que les poursuites dirigées contre les partisans secondaires de Calilina élaient une source d'agitations stériles, dangereuses pour l'État et pour lui-même.

») Cic, SulL, 2-1,67. Fam.y 5, 7.

CFIAPITRE TREIZIÈME

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