‹ Histoire intérieure de Rome jusqu'a la bataille d'Actium. Tirée des Roemische Alterhümer de L. LangeChapitre 39 sur 175 · IV, 13] TRIUMVIRAT DE CN. POMPÉE, M. CHASSIS ET C. CÉSAR · texte numérisé non relu

IV, 13] TRIUMVIRAT DE CN. POMPÉE, M. CHASSIS ET C. CÉSAR

besoin d'un représentant énergique, d'autant plus qu'à ce moment le parti des grands ne comptait guère d'hommes remarquables. Q. Catulus était mort' peu de temps après le procès de Clodius", lin 61, ou au commencement de 60, certainement avant le 12 mai. L. Lucullus s'était retiré do la vie publique pour se livrer aux jouissances qui ont rendu son nom légendaire". Cicéron se plaignait sans cesse de l'inaction et de l'incapacité de ses amis^ surtout des deux Lucullus"; il rappelait à satiété le souvenir des grands services qu'il avait rendus pendant son consulat^; il se rapprochait de plus en plus de Pompée", mais était assez habile pour faire comprendre qu'il aimerait aussi à exercer une certaine inlluonce sur la conduite de César'. Le défenseur le plus zélé et le pins convaincu des intérêts de l'aristocratie était, sans contredit, M. Galon; mais il était encore trop jeune pour briguer le consulat. Il ne restait plus que Bibulus; il dut employer la corruption pour se faire élire, et (^aton, dans ce moment critique pour les optimates, dut approuver les moyens honteux qui assurèrent lesuccès\ Les deux candidats furent élus; les optimates avaient pris leurs précautions contre César en désignant d'avance, comme provinces consulaires devant échoir à ces deux consuls, des provinces sans importance, où les gouverneurs n'auraient rien à faire qu'à surveiller dos forêts et des marécages".

César s'assura bientôt un nouvel avantage : il s'unit avec Pompée qui avait définitivement rompu avec les optimates et se repentait maintenant d'avoir licencié son armée'"; il réussit encore à réconcilier Pompée et Crassus, et tous deux

') Dio C, 37, ië.

2) Cic, AU , 1, 20, 3. Cf., Cœl., 2.'i, 59. AU., 2, 24, /i. Plut., Crass.,

3) Plut., Luc, 38 et seq. Vell., 2, 33. Sali., Cal., 13.

••) Cic, AU., 1,18, 6. 1,19,6. 1, 20, 3.2, i, 7. Macrob., S«C , 3,15,6.

■') Cic, AU., 1, 19, 10.2, 1, 1.

"■) Cic, AU., 1, 19, 6. 7. 8. 1, 20, 2. 2, 1, G.

') Cic, A<^, 2, J,6. Cf., 2, 3,3.

8) Suet., Cxs., 19.

">) Suet., Cœs., 19.

'") Dio C, 37, 50.

3ÔG LA DISSOLUTION DK LA RÉPUBLTQIE [iV, 13

passèrent dans son parti, complant chacun de leur cO)té pouvoir réaliser leurs projets en se servant de César. Ces trois personnages formèrent une alliance : ils se soutiendraient mutuellement, et ne laisseraient rien faire qui put nuire à Tun d'entr'eux'. Ce fut cette ligue, restée secrète", qui permit de briser définitivement la domination des nobles''. César essaya de gagner Cicéron\ mais sou concours n'était pas indispensable au succès de la coalition. ÏNi Cicéron avec son éloquence, ni Caton avec son austérité de principes n'étaient capables de tenir tète au chef du premier triumvirat, qu préparait déjà sa dictature-'.

') Dio C, 37, 5i-57. Plut., ('cT,s., 13. Poinp., Al. Crass., 7. li. Luc, 42. Zon., 10,6. App.. b. c, 2, 9. Suet., Cxs.. 19. Liv., ep., 103. Flor., 4, ?, 10. VeU.,2, 44.

') Dio C, 37, 58, Cf. Cic, AU., 2, 3, 3. 2, 9. 2.

3) Cf. Cic, Fam., 6, 6, 4.

') Cic, Prov. cons., 17, 41. Ait.. 2, 3, 3.

') Cic, Pliil.,2, 4.5, 110.

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