IV, 15] LES COMMENCEMENTS DE L ANARCHIE
l'Italie*. On crut que l'union était rétablie dans l'État; le parti sénatorial avait oublié l'ancienne attitude de Pompée.
Cicéron s'était embarqué à la fin d'avril S8 à Brundisium pour Dyrrachium^; il avait ensuite passé plusieurs mois^ à Thessalonique sous la protection de Cn. Plancius, questeur du g-ouverncur de la Macédoine L. Appuleius*. En novembre 58 il était déjà revenu à Dyrrachium ^ ; le 5 août il arriva à Brundisium ^ Son voyage à travers l'Italie fut une marche triomphale, il fut reçu à Rome avec tous les honneurs^ Arrive le 4 septembre % il parla le lendemain au sénat et devant le peuple pour exprimer sa reconnaissance ". Il avait préparé pendant son voyage le discours que nous avons encore, Oratio post reditum in senatu; mais il dut changer, les circonstances n'étant plus les mêmes, le discours qu'il prononça devant le peuple, Oratio post reditum ad quirites. Quant à Pompée , (Cicéron trouva bientôt l'occasion de lui exprimer sa reconnaissance, en lui rendant des services.
Par suite de mauvaises récolte la famine menaçait Rome, et tous les objets de consommation se vendaient très cher*"; Clodius agitait la plèbe; il y avait déjà eu des désordres en juillet"; il la décida à faire des manifestations pour forcer le sénat et les consuls à distribuer des secours'". On comptait
*) Cic, Pis., 15, 34. 36. Sest., 60, 128. 51, 109. 52, 112. p. recL h, Sen., H, 27. ud Quir.,7, 17. de Dnm., 28, 75. 33, 90. Har, resp., fi, 11. Fam., 1, 9, 16.
2) Cic, Alt., 3, 7, 3. 3, 8, 1. Fam., 14., 4, 3. 6. Plane, 41, 97. Dio C, 38, 18 et seq. Plut Cic., 32.
3) Cic, Plane, 41, 98 et seq. 10, 2B. 28, 58. Att., 3, 14, 2. p. red. in Sen., 14, 35. Schol. Bob., p. 2.53.
*) Cic , Plane, H, 28.
") Cic , Att., 3, 22, 4. Fam., 14, 1, 3. 7,
*) Cic, Att., 4, 1, 4. Sest., 63, 131 . Sehol. Bob., p. 308. Cf. Dio C , 46, 11.
^) Cic, AU., 4, 1, 5. Sest., 63, 131. Pis., 22, 51 et seq. de Dom., 28, 76. Vell., 2, 45. Liv., ep.. 104. App.. b. c. 2, 16. Plut., Cic., 33.
8) Cic, AU., 4, 1, 5.
9) Cic, AU., 4, 1, 5. 6. Plane, 30, 74. Schol. Bob., p. 253. Dio C, 39, 9.
*^) Cic, p. red. in Se??.,' 14, 34. de Dom., 5, 11. 6, 14. 7. 17. adQuir., 8, 18. Balb., 17, 40.
'2) Cic, de Dom., 5, 10 et seq. 3, 6. AU., 4, 1, 6.
348 LA DISSOLUTION DK LA RÉPrBLIQUE [IV, lo
beaucoup sur Pompée, et Pompée de son côté ne demandait qu'à être revêtu d'un pouvoir extraordinaire ; Cicéron décida les consuls à convoquer le sénat au Capitolo ' ; un grand nombre de consulaires n'osèrent pas y venir ' ; là, Cicéron proposa de s'entendre avec Pompée pour savoir de lui s'il accepterait la direction de l'annone {cura annonse) qui lui serait confiée par un vote du peuple ^ Pompée fit connaître au sénat ses conditions : il voulait quinze lieutenants. Aussitôt les consuls et le tribun C. Messius préparèrent la loi '\ La rogation Messia, qui répondait bien aux vues ambitieuses de Pompée lui accordait la direction des approvisionnements {Potestas rei fnmientoriœ) dans tout l'empire romain, le droit de puiser dans le trésor, une flotte, une armée; ces pouvoirs devaient durer cinq ans, et constituaient une sorte àlmperiinn majus qui plaçait Pompée au-dessus des gouverneurs de provinces, même de César. Les consuls en présentèrent une autre : rocjatio Cornelia Cœcilia -, elle donnait à Pompée la direction des approvisionnements avec le pouvoir proconsulaire illimité [infinitum) pour cinq ans^; C. Messius relira la sienne. Il fallait que le parti du sénat fût uni pour combattre Clodius; la loi Clodia avait confié la surveillance des approvisionnements à Scx. Clodius, et pour ce motif Clodius était décidé à combattre les deux propositions \ La loi des consuls fut volée, elle ne donnait pas à Pompée tout ce qu'il avait espéré, mais lui assurait encore un pouvoir 1res étendu, qui rappelait celui que lui avaient cnn'ere les lois Gabinia et Manilia"; une jurande jtarlie dos sénateurs, et probabb.'ment Cra sus avaient vu de mauvais œil Pompée investi d'un noU' veau pouvoir extraordinaire ^
') Ci-., de Dom., 3, 6. Dio C, 39, 9.
«) <;ic,, de Dom., i, 8. AU.. 4, 1, 6.
3) Cic , AU., 4, 1, 6. de Dom., 2, 3. 4, 9. 7, 16. Dio C, 39, 9. Plut., Pomp., 49
*) Cic. AU., 4, 1, 7.
») C\c.,Att., 4, 1, 7. Cf., Fmn., 1, 1, 3.
6) Cic-, de Dom., 8, 18. 10, 25. Plut., Pomp., 49. Cf. ad Q. fr.,2, 3, 2. Csel , 32, 78.
') Liv., ep., 104. Dio C, 39, 9. Plul., Pomp., 49. App., b. c, 2, 18.
») Cic, Att., 4, 1,7.
IV, 15] LES COMMENCEMENTS DE l'aNARCHIK 349
En septombre eurent lien les élections consulaires*. Les élus furenUvii. Cornélius Lcnlulus Marcellinns" el L Marcins Pliilippus; G Lcnliilus était le frère de Publius dont il a été question plus haut ^ , encore jeune il avait soutenu Ci'^éron dans le procès de Verres''; pendant la guerre des pirates il avait servi sous Pompée en qualité de propréteiir% devenu préteur en 60 il avait ensuite été gouverneur de la Syrie^; L. Marcius Pliilippus était le fils du consul de 91 \ beau-père de M. Caton^; il avait pi'écédé Marcellinus comme gouverneur de la Syrie ^ Les élections de préteurs eurent lieu probablement aussi en septembre ; elles ne furent pas aussi favorables au parli sénatorial; le sénat put compter sur Cn. DomitiusCalvinus ctQ. Ancliarius, qui étaient tribuns en 59 et avaient combattu César; leur ancien collègue C. Alfius Flavus éclioua "; parmi les préteurs liostiles à ce parli nous trouvons C. Claudius Pulcher, frère de Clodius, et M. ^milius Scaurus ".
L'élection des édiles amena de nouveaux conflits. Clodius se présenta comme candidat; pour'- empêcher son élection, Milon déposa contre lui une accusation pour violence en vertu de la loi Plautia '^ Mais les tribunaux ne pouvaient être constitués qu'après l'élection des questeurs^ les questeurs devant assister le préteur urbain '', pour tirer au sort les juges sur
') Cf. G\c.,Hnr. resp., 7, 13. AU., 4, 2, 4.
2) Cf. Cic, Brut., 70, 247.
3) Voir plus tiaut, page 198.
^) Cic, Div. in Cxc, i, 13. in Verr. accus., 2, 42, 103. 4, 24. 53. ■ "^) Inscription de Cyrène ap. . Smith and Porcher, History of Ihe récent discoveries atCyrene, 1860-61. London, 186i, p. 93, 109. Cf. Ballelino deW instituto di Corr. arch.,i81i, p. 111.
«) App., Syr., 51.
^) Cic, Sesl., 51, 110. Schol. Bob., p. 30t.
») Piut.,Ca<. Min., 25. 39.
9) App., S.vr., 51 .
'») Cic, Sest., 53, 113. Vnt., 7, 16. 16, 38. Schol. Bob., p. 304. 318. 324. Cf., Cic, ad Q. fr., 2,3, 6.
") Dio C, 39, 21. Cic, Se&t., 54, 116.
»0 Cic, S^si., 55, 118.
»') Cic, Mil., 15, 39. 13, 35. Har. resp., 4, 7. Cf. Att , 4, 3, 2. Dio C.,39, 7.
**) Cic, Cluent., 43, 121.
la liste générale des citoyens qui pouvaient remplir ces fonctions'; le consul Métellus, qui s'était rapproché de Clodius, défendit' au préleur de recevoir aucune accusation avant l'élection des questeurs et l'organisation des tribunaux; en d'autres termes Clodius ne put être sous le coup d'une accusation au moment des élections pour l'édililé, puisque ces élections précédaient toujours celles des questeurs ^ Clodius ne put donc être poursuivi ; mais Milon trouva le moyen d'empêcher l'élection des édiles, elle n'avait pas encore eu lieu en novembre*.
Clodius profita du répit que lui avait assuré le consul pour se livrer à de nouvelles violences^ Déjà au moment oii fut discutée l'administration de l'annone, Clodius prétendit empêcher Cicéron de rentrer en possession de l'emplacement, de sa maison; il rappela que la maison avait été consacrée, et que, sur son emplacement, on avait élevé, avec le concours du pontife L. Pinarius Natta, un temple à la liberté ^ Clodius espérait qu'un certain nombre de sénateurs le soutiendraient pour marquer leur mécontentement de la proposition faite par Cicéron en faveur de Pompée ^ Sur la demande de Bibulus, le sénat décida qu'il solliciterait l'avis des pontifes\ Cicéron alla plaider sa cause devant le tribunal des pontifes le dernier jour de septembre ^ ; il prononça alors son discours de domo sua; les pontifes ne donnèrent aucune attention aux premiers arguments de Cicéron; celui-ci voulut prouver que le tribunal de Clodius avait été illégal'", illégale aussi la loi Clodia de exilio Ciceronis^^ ; mais ils retinrent les arg-uments
1) Dio C, 39, 7. Cf. Cic, ad Q. fr., 2, 1, 2.
2) Cf. Cic, Fam., 5, 2, 2.
3) Dio G., 39, 7.
4) Cic, A«.,4, 3, 3.
^yCic.Frtm., 1, 9, 15.
6) Cic, de Dom., 20, 51. 38, 102. 40, 105. 41, 108 et seq. 44, 115 el seq., rfelfg.,2, 17, 42. Ascon., p. 14. Dio C, 38, 17. Plul., C/c, 33. ') Cic, de Boni , 2, 3. 12. 31. Alt., 4, 1, 7.
8) Cic, de Dom., 26, 69. Har. resp., 6, H, Att., 4, 1, 7.
9) C\c., AU., i, 2, 2.
«0) Cic, de Dom., 13-16.
") Cic, de Dom., 17-37. Erreur dans Dio C, 39, 11.
IV, 15] LKS COMMENCEMENTS DE l'aNARCHIE 351
suivants : dans la loi on ne trouvait pas le mot consecrare^ ; puis la loi n'avait pas chargé Clodius, comme l'exigeait la loi Papiria, de faire lui-même la dédicace d'un temple sur l'emplacement delà maison-; ils décidèrent donc que l'emplacement pouvait être rendu à Cicéron sans qu'il y eût de profanation relig■ieuse^ Clodius eut l'audace d'interpréter cette décision en faveur de sa théorie; dans une assemblée, il alla jusqu'à solliciter le peuple à le soutenir pour sauver la statue de la liberté qu'il avait placée sur la propriété de Cicéron. Le 1" octobre le sénat allait, sur la demande du consul désigné Marcellinus, rendre à Cicéron l'emplacement de sa maison; le tribun Sex. Atilius opposa son intercession, et demanda la nuit pour réfléchir *. Le lendemain le sénatus-consullo fut rendu, on promit même à Cicéron une indemnité pour sa maison et ses villas \ On chargea aussi les magistrats d'exercer une surveillance particulière sur les travaux de reconstruction et de protéger les ouvriers contre les violences*'.
Malgré les précautions prises, le 3 novembre Clodius démolit tout ce qui était fait, et mit le feu à la maison voisine de Q. Cicéron"; le 11 novembre il attaqua Cicéron sur la voie sacrée, Cicéron dut prendre la fuite*; le 12 il essaya d'incendier la maison de Milon située sur le Germains, mais il fut repoussé par Q. Fulvius Placeuse Le 14 le sénat se réunit; le consul Métellus proféra des menaces contre la ville^ en déclarant qu'il voulait absolument réunir les comices pour l'élection des édiles; Marcellinus, parlant des faits qui venaient de se produire demanda qu'ils fussent jugés par le peuple réuni en comices; Sextius déclara qu'il empêcherait la
') Cic, deDom., 40, 106 et seq. 50, 128.
-) Cic, deDom., 49-53.
■*) Cic, Alt., 4, 2,3. Har. resp., 6, 12.
n Cic, Att.,i, 2,4.
^) Cic, AU., 4, 2, 5. Har. resp., 7, 13. 8, 16. Pis., 22, 52. Phil., 1 5. 12. Ascon., p. 13. Vell., 2, 45. Dio C, 39, 11. Plul., Cic.. 33. App., b. c, 2, 16.
*) Cic, Har. resp., 8, 15.
') Cic, Att., 4, 3, 2, Fam., i, 9, 5. Mil., 32, 87.
") Cic, AU., 4, 3, 3.
») Cic, AU., 4, 3, 3. Cf. Mil., 14,38. Sest., 39, 85.
3o2 LA DISSOUTION DE LA. RÉPUBLIQUE [IV, 15
tenue des comir.es électoraux en observant le ciel \ Le sénat prit une iléci^ion, il ilécJara quil fallait soumeltre- tous ces faits cà une enquête juilici.iire en verUi de la loi Plautia de vi^ Les comices électoraux se seraient réunis, mais par trois fois, le 19, le 20, le 23 novembre, Milon les empêcha au moyen de l'obnunliation^ La lutte n'était pas encore finie en décembre. Un des nouveaux tribuns, L. Racilius^ dévoué à Cicéron, souleva de nouveau la question au sénat; Marcellinus fut d'avis que le préteur urbain seul pouvait constituer les tribunaux sans le concours de questeurs®, et qu'alors on pourrait réunir les comices pour l'élection des édiles. Les tribuns C. Porcins Cato, et un certain Cassius (pas C. Cassius Longinus) parlèrent contre la proposition de Marcellinus; Marcellinus fut appuyé parle consul désigné Pliilippus, par Cicéron, et par le tribun C. Antislius Vêtus'. On ne put voter; pendant que Clodius parlait, il se produisit un grand tumulte devantla curie ^ Finalement Clodius l'emporta, la majorité du sénat qui voulait se servir de Clodius pour contenir César et Pompée'-', vota une résolution par laquelle elle défendait à Milon de poursuivre Clodius •". Les élections d'édiles n'eurent lieu que le 20 janvier 06 " ; Vatinius échoua'', mais Clodius fut élu*'.
Au sénat Pompée subit un autre écliec plus significatif. Le roi d'Egypte Ptolémée Aalète^ qui devait son titre à la loi Julia, avait été chassé par ses sujets; il s'était réfugié à Rome
1) Cic, Att.,L 3, 3.
2) Cr. Cic, Mil., 13, 35.
^) Cic, llar. resp., 8, 15.
') Cic , A(L, 4, 3, 4.
^) cr. Cic, Plane, 32, 77. Schui. Bob., p. 268.
'^) Dans ce passage de Cic, ad Q. fr., 2, i, 2, Eigpnhrod propose de remplacer ipsc pei' prœtorem itrhanum\yA\- ipse prastor iirbanus.
■') Fut questeur de César pendant sa prélure, il ne faut donc pas le confondre avec le tribun L. Antislius.
«) Cic, oclQ. fr ,2, 1, 2. 3.
') Cic, Har. resp., 24, 50. Crassus surtout s'était rapproché de Clodius, cf. Cic, adQ. fr., 2, 3, 2.
'") Cic, Sest., 44, 95. Har. resp., 24, 50. Fam., i, 9, 15.
") Cic, ad Q. fr., 2, 2, 2.
»*) Cic, Sest., 53, 114. Vat., 16, 38. Schol. Bob., p. 324.
") Dio C, 39, 18.
IV, 15] LES COMMENCEMENTS DE LANAKCIllE 353
en 57'; comptant sur Fappui de César et de Pompée, il s'était logé dans la maison de Pompée-. Au moment où l'on discutait la question de rannone\ le sénat avait décidé que le consul Lentulus Spinther, chargé de la Cilicie, irait rétablir Ptolémée sur son trône*. Il paraît que Crassus se prononça contre le rétablissement de Ptolémée"; Cicéron saisit l'occasion de témoigner sa reconnaissance à Lentulus ; il prononça alors le discours de Alexandrino rege'^ , aujourd'hui perdu; nous savons qu'il y était question d'une guerre'' à engager contre les habitants d'Alexandrie; par conséquent ce discours dut être prononcé à l'époque dont nous parlons, et non après la conférence de Lucques. Quand on connut la résolution du sénat, une députation d'habitants d'Alexandrie vint à Rome pour essayer d'empêcher l'exécution de la décision prise ; Ptolémée alla trouver les délégués, il gagna les uns à prix d'or, il fit égorger les autres ^ On savait que plusieurs sénateurs s'étaient vendus à Ptolémée"; M. Favonius, devenu le chef de l'opposition dirigée contre Pompée, depuis le départ de M. Caton'", porta l'affaire au sénat, mais n'obtint rien'' ; Lentulus Spinther, très ambitieux — il en donna une preuve en faisant donner l'augurât à son fds encore très jeune'-, — s'opposa à ce que la question fût de nouveau mise en discussion. Ce fut encore dans Tintérêt de Lentulus que Cicéron entreprit la défense de P. Asicius''; Asicius était
') Dio C, 39, 12. Strab., 17, 1, U. Cic, T[ah. Vost.,2, 4. Cscl., 8, 18. Liv., ep., 104. Plut., Cat. min., 35.
2) Dio C, 39, 12.
■*) Cf. Plut., Fomp., 49.
*) Dio C, 39, 12. Cic, Fam., 1, 1, 8. Vis., 21, 50. Rab. Posl ,3, 6. 8, 2t. Schol. Bob., p. 313. Plut., Pomjj., 49.
S) Cf. Schol. Bob., p. 349 et seq.
8) Cic, Fragm., p. 952. Halm.
') Sctiol. Bob., p. 351.
8) Dio C, 39, 13. Cic, Har. resp., 16, 34.
») Cic, Rab. Pûst., 2, 4. 3, 6. Fam., 1, 1, 1.
'0) Cic, AU., 4, 1, 7. Cf. ad Q. fr., 2, 3, 2.
") Dio C, 39, 14. Cic, Fam., 1, 1, 4.
'2) Dio C, 39, 17. Cf., Cic, Sest., 69, 144. Fam.. 7, 26, 2. Schol. Bob. p. 313.
") Cic, Cœl., 10, 23. 21, 51 et seq. Cf. Tac, Diul., 21.
accusé d'avoir mis à mort Dion, lo plus illustre des ambassadeurs alexandrins'.
Un des nouveaux tribuns, C. Porcius Caton, prit parti dès son entrée en charge contre Ptolémée etLentulus-; il n'avait pas en vue la défense des intérêts de Pompée, il agissait au nom do ceux qui s'opposaient au rétablissement de Ptolémée.; il devait être l'instrument de Crassus qui visait surtout Pompée^ Pompée était absent*, aussi Ptolémée^ qui s'était rendu à Ephèse*^; Ammonius qui le représentait à Rome essaya de gagner les sénateurs et de faire confier à Pompée la conduite de la campagne pour le rétablissement de Ptolémée'. Au commencement de janvier 56 il arriva ceci : à la suite de certains prodiges on consulta les livres sibyllins; ils donnèrent une réponse favorable au parti de Caton. Rome devait entretenir des relations d'amitié avec le roi d'Egypte , mais elle ne devait pas recourir aux armes pour le rétablir; sans demander l'autorisation au sénat, C. Caton fit connaître au peuple cette réponse dans une assemblée ^
On discuta l'affaire au sénat en janvier 56; on eut bientôt la conviction que Pompée désirait vivement être chargé de l'entreprise; il venait rarement au sénat'', et paraissait agir en faveur deLentulus^", il n'ambitionnait pas moins l'honneur de ramener Ptolémée en Egypte". Ceux qui recevaient les confidences de Ptolémée, surent bientôt aussi que Ptolémée préférait Pompée à tout autre*-; le tribun A. Plautius lut même dans une assemblée une lettre de Ptolémée où ce dernier l'avouait sans détour '^ La première délibération du sénat
*) Dio C, 39, 14,
■) Feues tella ap. Non. Marc., p. 261 G.
■") Cic, ad Q. fr., 2, 3, 3.
^) Cic, ad Q. fr., 2, 1, 1.
^) Fanes lella ap. Non. iMarc, p. 261 G.
«) Dio C, 39, 16.
') Cic, Fam., 1, 1, 1.
») Dio C, 39, 15. Schol. Bob., p. 313. Cic, Fam., i, 4, 2.
9) Cic, Fam., 1, 7, 3;
10) Cic, Fam ,1, 1, 2. 1, 2, 3.
") Cic, Fam., 1, 1, 3. 1, 2, 3.
'-'j Cic, adQ. fr., 2, 2, 3. Cf. Plut., Pomp . , 49. >») DioC, 39, 16.
IV, 15] LES COMMENCEMENTS DE l'aNARCHTE 3S5
dont nous puissions certifier, eut lieu le 12 janvier. Uortensius, Cicéron et M. Lucullus déposèrent une proposition portant que Lentulus rétablirait Plolémée sans armée; Crassus fut d'avis qu'il fallait en charger trois légats, qui seraient choisis parmi les magistrats ayant des pouvoirs, Pompée pourrait donc en faire partie; M. Bibulus partagea l'opinion de Crassus, mais ajouta qu'il voulait voir choisir les trois légats parmi les citoyens sans emploi; P. Servilius Yalia Isauricus parla pour conseiller de différer l'entreprise; L. Volcatius et L. Afranius, s'appuyant sur le rapport fait par le tribun P, Rutilius Lupus, furent d'afis qu'il fallait au contraire remettre l'affaire aux mains de Pompée; les sénateurs du parti pompéien l'appuyèrent avec énergie ; mais les ennemis de Pompée ne furent plus même d'avis qu'il fallait y envoyer Lentulus ; ils en voulaient à ce dernier d'avoir fait aboutir la loi qui avait confié l'annone à Pompée \ On continua la discussion le 13 sans résultat; toute la séance fut occupée parles discours de Marcellinus et du tribun L. Caninius Gallus^ qui défendait Pompée. On devait en finir dans la séance du 14 : on accepta la première partie de la proposition de Bibulus, portant qu'il serait dangereux pour l'État d'envoyer une armée en Egypte^; on ne put aller plus loin ; il s'éleva une violente discussion sur l'ordre des articles à voter entre les consuls et le tribun P. Rutilius Lupus'. Le sénat prit ensuite une décision par laquelle il défendait aux tribuns de porter la question devant le peuple, mais elle ne put avoir de sanction, parce que les tribuns G. Cato et L. Caninius opposèrent leur intercession^Lelo janvier, on ne put encore rien trancher; le moment pour l'élection des édiles et des questeurs était arrivé ; en février on devait recevoir les ambassadeurs, on profita de ces circonstances pour renvoyer l'affaire indéfiniment''.