c, 2, 29. Dio C
pine à T. Atius Labienus qui était depuis longtnmps son lieutenant ; en septembre il passa à Nemetocenna une grande revue de toutes ses troupes \ Depuis le commencement de la campagne, il s'était assuré l'affection de ses soldats par sa bienveillance et sa générosité ' , maintenant il pouvait compter sur leur fidélité ^. Il cantonna quatre légions sous C. Trébonius en Belgique, quatre autres chez les Edues sous C- Fabius; la treizième vint remplacer la quinzième dans la Cisalpine * ; César organisa ensuite les territoires conquis en province, et fixa les impôts ^
A Rome la situation n'avait pas changé depuis les votes de juin ; pour remettre en discussion la question brûlante des provinces, il fallait que l'un ou l'autre des deux rivaux fît de nouvelles propositions. César, qui venait de donner une preuve éclatante de sa loyauté en livrant deux légions, n'avait aucun motif de rouvrir les débats. Quant à Pompée, il ne songeait guère à chercher quelque moyen de conciliation. Pendant sa maladie, il avait reçu de nombreux témoignages de sympathie : Naples, les colonies, les municipes de l'Italie l'avaient félicité de sa guérison; Pompée avait une haute idée de sa popularité et de sa puissance ^ Il vit les officiers des deux légions qui venaient de l'armée de César, les officiers lui dirent que César n^était pas aimé de ses soldats, et qu'il ne pouvait pas compter sur leur fidélité \ Bref, Pompée se crut prêt à la lutte, prêt pour affronter la guerre civile qu'il jugeait inévitable * ; il se crut même assez fort pour empêcher César d'arriver au consulat*. Il ne s'occupa plus de rien, jugea inutile d'occuper le sénat en lui soumettant de nouvelles propo-
t) Cses., B. G., 8, 52.
2) Cf. Plut., Cœs., 16.17.
3) Cf. Plut., Cxs., 29. Pomp., 58.
') C8es.,B. G.. 8,54. b. c, 1,7.
=) Dio C„ 40, 43. Suet., Cass., 25. Vell., 2, 39. Eutr., 6, 17.
6) Plut., Pomp.,bl. Dio C, 41, 6. Cf. Cic, Tusc, 1, 35, 86. AU., 8, 16, 1. 9, 5, 3. Vell., 2,48.
^) Plut., Pomp., 57. Cces., 29. App., h. c, 2, 30. Cf. Cic, AU., 7, 8, 4. Caes., 6. c, 1, 6.
8) C'ic, AU., 7, 4, 2. Cf. Feim., 8, 14, 4.
9} Cic, AU., 7, 8, 4. 7, 9, 3.
sillons, ne fit aucun préparalif ; il se contenta de gag-ner à sacause T. Labiénus, son ancien partisan: Labiénus, du moins il l'espérait, aurait assez d'influence pour entraîner une partie de l'armée de César ".
Appius Claudius continuait à servir, sans le vouloir, la cause de César par sa sévérité exagérée. L. Domitius Ahénobarbus, irrité contré M. Cselius Rufus, qui passait pour avoir fait échouer son élection à l'augurât ^, le désigna aux rigueurs du terrible censeur *, croyant rendre un service à Pompée. Caelius, qui était tout disposé à se tourner du côté de César, se réfugia près du censeur Piso qui l'accueillit ^ Appius Claudius le fit accuser en vertu de son édit par Servius Pola, qui avait déjà porté contre lui une accusation ^; la nouvelle accusation fut faite en vertu de la loi Scantinia à l'époque des jeux romains (en septembre) : Cœlius fut poursuivi pour pédérastie. Cailius retourna immédiatement une accusation du même genre contre le censeur % et devint un partisan avoué de César ^
Appius Claudius aurait voulu atteindre Curio, mais Piso s'opposa à toute poursuite ^ Une occasion s'offrit bientôt d'agir contre Curio. En septembre le bruit se répandit à Rome qu'à la suite de la revue de Nemetocenna, César avait décidé d'envoyer en Cisalpine, à Plaisance, non pas une, mais quatre légions '". C. Marcellus avait les faisceaux en octobre; il fit part de cette nouvelle au sénat, déclara que César agissait en ennemi de la république, et proposa de confier à Pompée les deux légions destinées à la Syrie ; on les avait rappelées "
*) Cf. Cces.,6. c, 1, 30.
2) Caes., B. G., 8, 52. Cf. Dio C, 41, 4.
') Cic, Fam.,8, 12, 1. Cf. 8, 14, 1.
*) Caelius l'avait soutenu dans son procès de majesté. Cic. Fam., 8, 6, 1. 5.2, 13, 2. 3,10,5.
") Cic, Fam., 8, 12, 2.
M Cic, adQ.fr. ,2, 13, 2.
') Cic, Fam.,8, 12,3.
«) Cic, Att., 7, 3, 6. Brut., 79, 273.
9) Dio C, 40, 63.
*") Cic, Att., 6,9, 5. 7, 1, 1. App.,5. c, 2, 31.
") Cic, Fam., 2, 17, 1 . 3. 5. Alt., 6, 6, 3. 7, 1, 2. 7, 2, 8. Dio C, 40, 66. App., b. c, 2, 29.
quand on avait appris la retraite des Parthes, elles étaient alors à Capoiie ' ; C. Marcellus voulait que Pompée en prit le commandement pour attaquer César ". Curie prouva que la nouvelle était fausse, et empêcha par son intercession le vote d'un sénatus-consulte reproduisant la proposition du consul ''. Il y eut alors de vifs débats; Appius Claudius en profita pour dire ce qu'il pensait de Curio, C. Marcellus, très imprudent, demanda au sénat de se prononcer par un vole sur l'intercession du tribun ; le sénat donna une nouvelle preuve de sa faiblesse; à une grande majorité il vota pour Curio contre Marcellus et Appius Claudius \ Marcellus perdit tout espoir (l'obtenir un sénatus-consulte contre César; il alla trouver Pompée qui était en dehors de Rome, le chargea de défendre la ville, et lui remit le commandement des deux légions ■'. Il osa même déclarer que les consuls désignés, C. Marcellus et L. Lentulus, sur le point d'entrer en fondions, avaient approuvé cette mesure. Pompée accepta, bien que ce commandement lui fût donné d'une manière illégale, et commença à faire quelques levées de troupes ^
Telle était la situation quand, en novembre, César revint dans la Cisalpine \ Il ne voulut pas encore considérer l'illégalité commise par C. Marcellus et par Pompée comme une raison suffisante pour commencer les hostilités ^ ; il préféra faire des concessions qu'il prévoyait devoir être repoussées, afin de pouvoir rejeter sur Pompée et son parti la responsabilité de la guerre civile. Curio prononça encore un violent discours dans une assemblée contre l'acte de Marcellus, et protesta contre les levées 'faites par Pompée; à l'expiration de
') App., 6. c, 2, 29. Dio C, 40, (iO. Cic, Atl . , 7, 13 A, 2, ') App., 6. c.,2, 31.
3) App., b. c.,2, 31.
') DioC, 40, 64.
S) Dio C, 40, 64. 66. App., 6. c., 2. 31. Plul., Pomp.,bS. Caes.. 8,55. 6. c, 1, 2. 3. 4.
«) Dio C, 40, 66. Plut., Pomp., 59.
■) Caes., B. G., 8,55.
8) Suet., Cscs., 30. Cic, Off., 3, 21, 82.
son tribuiiat, il quitta Rome pour se rendre auprès de César '. A ce moment il y eut à Rome un grand incendie, qui détruisit une partie de la ville: le peuple le considéra comme un présage certain de la guerre civile qui allait éclater ^
•) Dio C, 40, 66. App., b. c, 2, 31. *) Obseq., 65. Gros., 6, 14. 7, 2.