IV, 2] PERSISTANCE DES DIVISIONS DANS L ETAT ROMAIN
souvenir de son frère S et en parlant de ses dangers personnels*. Ce fut probablement 'sous la censure de Metellus qu'il prononça contre Pompilius et les matrones un discours sur lequel nous ne savons rien"'. Il parla encore contre la lex Junia de jjeregrinis'' ^ puis partit pour la Sardaigne où il fut questeur du consul L. Aurelius Orestes, 12G". Le sénat fut très heureux de le voir partir, mais absent Caius resta un objet d'inquiétude. Il se rendit populaire en obtenant des villes de Sardaigne des vêtements pour les soldats romains ^ et cependant le sénat avait exempté les villes de la province. Le sénat fut mécontent; il le fut bien plus quand il apprit que pour être agréable à C. Gracchus, le roi Micipsa (il l'annonça lui-même au sénat) avait envoyé du blé eu Sardaigne pour nourrir l'armée; le sénat résolut alors de rappeler les soldats qui étaient en Sicile et de les remplacer par d'autres. On prorogea l'impérium du consul et on ne donna pas de successeur à C. Gracchus''. De sa propre autorité, Caius quitta la province^ sans se soucier du consul qui revint seulement en 122'. Bien accueilli par le peuple i", Gracchus alla se justifier devant les censeurs ; il le fit avec éclat , prouva qu'il avait servi pendant douze ans, qu'il avait occupé la questure pendant deux années complètes ; et enfin il ajouta qu'il n'avait pas, comme d'autres, profité do sa charge pour amasser des trésors**. On lui reprocha d'avoir encouragé la révolte deFrégelles, il se justifia, mais ce ne fut pas devant le tribunal de L. Opimius, qui n'était plus préteur en 124 '^ C. Gracchus voulut profiter de l'impression produite par
') Charis,, p. 240, 196. 202. 223 K.
2) Cic, de Or., 3, 56, 214. Quint., H, 3, 115.
3) Fest., p. 150.
*) Fest., p. 286. Cic, Brut, 28, 109.
3) Plut., C. Gr., 1. Cic, Brut., 28, 109. ^) Liv., ep. 60.
') Plut., C.Gr.,2.
8) Aur. VicL, Vir. in.,65.
10) Diocl.,34. 47.
il) Plut., C. Gr., 2. Cic, Or. ,10, 233. Gell., i5, 12. Charis., p. SU K, '2) Plut., C. Gr., 3. Aur. Vict., Vir. ilL, 65. Prise, 10, 21, p. 513 H. II 3
34 LA DISSOLiriON DE LA UÉPUBLIyUE [IV, 2
ces cclataiilcs justifications; considérant que la triumvirat ne pouvait avoir d'effet sérieux qu'à la condition d'être fortifié par le pouvoir du tribunat, Gracchus demanda le tribunal pour l'année 123'. Les citoyens des municipes et des colonies accoururent à Rome, pour assurer l'élection ; l'influence du parti sénatorial était encore si grande que C. Gracchus fut seulement élu le quatrième'.
') App., b. c, 1, 2i -) Plut., C. Gr., 3.