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toutes les lois. Et d’abord Auguste fut mis au-dessus des lois. On laissait subsister les apparences de la république; « c’étaient, dit Tacite, les mêmes noms des magistratures1 ; » mais ce n’étaient que des noms. Par une fiction qui atteste que la subtilité ne manque jamais au génie des usurpations, on supposa que la souveraineté résidait encore dans le sénat et dans le peuple. C’était le sénat, c’était le peujde qui armait l’empereur d’une force qui l’affranchissait des lois; étonnante souveraineté, dont l’exercice était invoqué pour ratifier les énormités de l'arbitraire.
Par cette succession d’artifices, qui devaient se perpétuer comme un système d’empire, le peuple romain cessa de toucher à ses affaires et à celles du monde; ou bien il n’y fut mêlé que par une sorte de fiction qui parut suffisante à sa vanité. Le génie du gouvernement se réduisit à faire aimer l’inaction à ce populaire naguère si agité et si turbulent. Rome ne connut d’autres émotions que celles des spectacles. « Ce peuple, dit le poète, qui tout à l’heure décernait l’autorité, les faisceaux, les légions, tout enfin, le voilà qui se contient, et pour lui tout se borne à vouloir deux choses, du pain et des jeux*. »
Tout concourait à ce changement d’habitudes. L’anarchie avait épuisé l’activité politique, et il fut facile d’assouplir une population, fatiguée par vingt ans de
< <> Eatlem vocaliula. • (Ann. lili, 1.)
• Jiiv. Sat. X.