‹ Histoire l'Empire romainChapitre 15 sur 39 · I.F.NPIRF, ROMAIN · texte numérisé non relu

I.F.NPIRF, ROMAIN

On vit dans Home un spectacle étrange, les Romains se cacher dans les ateliers d'esclaves, ou se couper les deux pouces; quelques-uns furent condamnés à mort, d’autres eurent leurs biens confisqués; tous furent notés d’infamie1. Les consuls Cornélius Dolabolla et C. Junius Silanus ainsi que Tibère étaient allés faire la guerre sur le Rhin; cette fois, tout se borna à montrer aux barbares des ar rées fortement conduites, à refouler les irruptions, à ravager les terres, à brûler les bourgades, à dominer toute la Germanie par la terreur.

De J. C. 11. — Il en fut de même dans la deuxième campagne, sous le consulat de M. Æmilius Lcpidus et de C. Statilius Taurus. En présence d’une guerre conduite avec un tel mélange de fermeté et de prévoyance, Ârminius ne jouissait pas sans alarmes, dans ses forêts, de sa victoire sur Yarus; c’était pour le moment la seule vengeance qui fût possible, et elle avait rendu à Auguste sa sérénité. « Mon Tibère, écrivait-il à son gendre, entre tant de difficultés et dans ce grand amollissement des gens de guerre, je ne pense pas qu’il eût été possible de se conduire avec plus de prudence que tu ne l'as fait; et aussi tous ceux qui ont partagé tes travaux déclarent qu’on peut dire de loi : un seul fuir scs lenteurs a relevé l’Etui »

Toutes les lettres d'Auguste étaient remplies de témoignages semblables, tant ses alarmes, avaient été profondes! Bientôt il mit le comble à sa gratitude en

' Merci, pollice Irunci. Poltrons, selon Festns. — Sud.: Rio., i.vi, 2Ô.

- Sud . m. 21.

admettant Tibère au partage égal de son pouvoir, soit dans les armées, soit dans les provinces1. Le sénat et le peuple ratifièrent par leurs suffrages le décret qui faisait de Tibère le collègue de l'empire; et c’est alors que Tibère put venir recevoir le triomphe qui lui avait été déféré pour ses victoires de la Pannonie et de la Dalmatie. Auguste voulut présider à cette solennité, et Tibère alla tomber à ses pieds pour lui faire hommage de sa gloire.

De J. C. 12. — Germanicus était alors consul. Il v avait sur la destinée de ce brillant jeune homme ch* vagues inquiétudes, et Auguste, dans son décret sur le partage de l’empire, l’avait recommandé au sénat, de même qu’il avait recommandé le sénat à Tibère*. Auguste, à son déclin, semblait pressentir après lui des dissensions et des malheurs; il pensa protéger Germanicus en lui remettant de grands commandements dans les Gaules et sur le Rhin; peut-être il luttait davantage sa destinée.

Quoi qu’il en soit, Auguste achevait sa vie parmi les soins et les alarmes de l’empire. 11 était âgé de soixante-quinze ans, et sa vieillesse était depuis longtemps fatiguée. A mesure qu’il s'était senti défaillir, il avait fortifié sa puissance, s’appliquant à détruire ce qui restait des droits anciens, restreignant les délibérations du sénat ou les élections du peuple, et ramenant à soi toute l’autorité des vieilles magistratures.

' WH. Palerc.. lit». II, rap. 121.

* Itio, lih. ’ifi.

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(1 s’était forme un conseil privé, composé «le Tibère cl de ses autres enfants adoptifs, des deux consuls en exercice, et de vingt sénateurs qu’il se réservait de choisir; ce conseil résumait tout l’empire, et ses actes étaient les lois sous lesquelles fléchissait le sénat comme le peuple.

Dans ce renouvellement de l’état politique de Home, les lois de police furent aggravées. L'interdiction du feu el de l'eau, c’est-à-dire la peine de l’exil devint plus rigoureuse, et au lieu de laisser aux bannis le choix de leur retraite, il lui décrété qu’ils ne pourraient s’établir qu’aux lieux où ils seraient relégués. Des lois furent faites contre les libelles diffamatoires, lois protectrices d’abord, et plus lard oppressives de la liberté des citoyens. Il y avait une loi ancienne, dite de majesté, qui avait eu pour objet la répression des attentats contre la république. Auguste rendit celte loi applicable aux libelles, «ému, dit Tacite, de la licence de Cassius Severus, qui avait diffamé par d’insolentes satin» des hommes et des femmes illustres. » Premier exemple, qui devait avoir des imitations fatales'.

D’autres règlements furent meilleurs. Il y en eut contre les devins et les astrologues, ces abuseurs du peuple. Il y en eut au sujet des gouverneurs de provinces, à qui il fut interdit de se faire décerner des actions de grâces par les peuples qu’ils avaient gouvernés, expédient infâme que quelques-uns commençaient

1 Tarit., Anu. I. 72 ri IV, 21.

à pratiquer pour être absous de leurs rapines et glorifiés même de leurs rrimes.

Il y avait à Home une autre coutume qu’Augusle avait essayé vainement de déraciner: c'était celle des chevaliers, qui, emportés par la fureur des jeux du cirque, y combattaient comme gladiateurs; étonnant contraste! Ils fuyaient la guerre, et ils couraient à ces meurtres d’esclaves; signe manifeste d’une grande altération de l'honneur et du courage: la frénésie des jeux avait remplacé la passion du patriotisme. Une loi avait été faite pour interdire cescombatsaux chevaliers; mais la fureur n’en avait été que plus excitée. Auguste pensa que la liberté ferait ce que n’avait pas fait la défense; mais Rome tout entière, hommes et femmes, était emportée par ce goût du sang versé dans les jeux; c’est par cet amour sauvage du meurtre que devait périr le paganisme.

De B. 761. l)e J. C. 15. — Ainsi s’en allait Auguste à la fin de son empire. Sous le consulat de L. Munatius Plancus et de C. Silius, il se fit proroger encore pour dix ans la puissance impériale, tandis qu'il continuait à Tibère la puissance du trihunat; il le montrait au monde comme son successeur, et tout se faisait dans le gouvernement au nom de l’un cl de l’autre.

Cette année s’acheva le dénombrement du peuple romain, qui se trouva être de quatre millions cent trente mille citoyens; le reste de la population n’était point supputé; on sait que les esclaves n'étaient pas tenus pour hommes; quant aux peuples alliés, ils étaient

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admis seulement au droit de cité; et les provinces enfin n’élaient que sujettes. C'est donc à ce peuple de quatre millions de citoyens qu’obéissait tout l’univers.

.lu de Home 765. De J. C. 14. — Une année nouvelle s’ouvre; Sex. Pompéius est consul avccSox. Apoléius. Tout fait pressentir aux Romains un changement d’empire; la santé d’Auguste est vacillante, et son palais se remplit d’intrigues et de présages. L’imagination publique court au-devant de l’événement par ses conjectures. Il faut entendre Tacite peignant à sa manière celle anxiété de Rome.

« L’État était transformé; plus rien de l’ancienne constitution et des vieilles coutumes. L’égalité abolie', tous attendaient la volonté du maître; et toutefois nulle inquiétude ne troubla les âmes tant qu’Àuguste, dans la validité de l’âge, put se maintenir, et avec lui sa famille et la paix.

« Mais lorsque la vieillesse avancée fut fatiguée dans un corps malade, et qu’une fin prochaine amena des espérances nouvelles, les bons se mirent à disserter vainement des biens de la liberté; plusieurs s’alarmaient de la guerre, d’autres la souhaitaient; le plus grand nombre, commentant les rumeurs, devisaient des maîtres qui leur étaient réservés : Agrippa était féroce et exalté par l’ignominie*; ni son âge ni son expérience ne le rendaient égal à un fardeau si lourd ; Tibère Néron était mûri par les années; il élail

' « Evnla æqualitalf*. »

1 « litimmmia acrrnslim. »

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éprouvé à la guerre; mais n’avait-il pas hérité du vieux orgueil de la famille des Claudius? Déjà plusieurs indices de sa cruauté s'étaient fait jour, bien qu’on eîit pris soin de les cacher. On l’avait vu, dès sa première enfance, élevé dans la maison impériale du prince; jeune homme, on lui avait prodigué les consulats, les triomphes; dans les années même qu’il passa à Rhodes, faisant l’exilé, sous un semblant de retraite, qu’avail-il fait autre chose que rouler en son esprit la colère, la dissimulation et des passions secrètes? Puis s’offrait sa mère avec son emportement de femme. Il allait donc falloir obéira une femme, tandis «pie d’autre part deux jeunes gens oppresseraient sa république, ou bien finiraient par s’en disputer les lambeaux *! »

Ces deux jeunes gens dont se préoccupait l’opinion étaient sans doute Drususet Germanicus; Tacite ne les nomme pas. Mais pendant que Rome était en proie à des anxiétés de cette sorte, la santé d’Auguste dépérissait; il venait d’envoyer Tibère en Illyrie pour achever la soumission des peuples, et il l’avait accompagné jusqu’à sa maison de Noie. Là, son état s’était aggravé; les alarmes furent soudaines, et rien ne manqua aux récits et aux émotions, pas même le soupçon d’un crime de sa femme.

Et ici les historiens recueillent des indices funestes, mais ambigus. Auguste, disent-ils, avait récemment senti sa tendresse se réveiller pour Agrippa, cette

1 Tac., Ann. lit». I, 4.

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nature ingrate el sauvage; il l’avait secrètement visité dans son exil de Planasia, et là il s'était attendri sur son pelil-fils ; l'un et l’autre avaient versé des larmes, et ils s'étaient prodigué des témoignages d’amour. Un confident de ce voyage, Fabius, en avait trahi le secret à sa femme, et celle-ci l’avait révélé à Livie, mère de Tibère. De là de soudaines appréhensions sur la succession de son fils à l’empire, et aussi ce soupçon de crime, que Tacite ajoute mystérieusement à ses récils. C’est un triste indice d'une époque que cette facilité de croire ce (pii est monstrueux. Le bruit courut, et Dion le recueille, que Livie avait hâté la mort d’Auguste en lui faisant manger une figue empoisonnée.

« Quoi qu’il en soit, dit Tacite, toujours avec celle ambiguïté qui donne à ses histoires un caractère de terreur mystérieuse; quoi qu’il en soit, Tibère, qui venait à peine d'entrer dans l’illyrie, fut brusquement rappelé par des lettres de sa mère. On ne sait pas bien s’il trouva Auguste, qui était à Noie, encore vivant ou déjà mort. Car Livie avait entouré la maison et les chemins de gardes sévères; de temps en temps elle faisait publier des nouvelles rassurantes, jusqu’à ce que toutes les précautions étant achevées pour la circonstance, on annonça à la fois qu’Auguste était mort el que Néron était maître1. »

Ainsi s’acheva celle vie d’une si merveilleuse fortune. Auguste l’avait conduite comme une œuvre d'art; et aussi après s’être paré comme pour une re-

1 T;u\, .lllll. Iil>. I, Si.

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présentation impériale, il avait appelé ses amis, et il leur avait demandé s’il avait bien joué son rôle dans celle comédie de la vie humaine; et aussitôt il avait ajouté la formule ordinaire par où se terminaient les pièces de théâtre : « Battez des mains, et tous applaudissez-nous1. »

Il était inquiet de savoir si déjà le bruit de sa mort produisait au dehors quelque émotion. Livie ne le quittait pas; « Livie, lui dit-il à la fin, vivez avec le souvenir de notre union, adieu! » Telle fut sa mort. Il était né l’an de Rome 089; triumvir l’an 709; il était devenu maître de la république par la bataille d’Actium l’an 721; il avait saisi l’empire l’an 725; et enfin il mourait l’an 765, et de J. C. l’an 14, à Page de soixante-seize ans. Les chronologies fixent sa mort au 19 août.

Auguste n’avait point été un génie vulgaire; mais il avait été surtout un génie habile. La fortune, ou plutôt la Providence, lui avait fait des événements heureux; son grand art fut de les faire servir à son ambition. Toute sa vie fut un grand artifice. Corrompu dans ses mœurs, il chercha la décence dans les mœurs publiques. Né sans passions ardentes et cruelles, il participa aux barbaries du triumvirat comme à un calcul; et quand tout fut à ses pieds, il se fit un calcul contraire de la bienveillance. Vicieux par instinct, vertueux j>ar politique, tout lui fut un expédient d’égoïsme. Timide à la guerre, il n’eut de courage

'• A-.'ti xvjrcv xii T.it «; ûuui; juri y.lipi» xTVmi'i*T«. (SutT.)

L'EMIMRK ROMAIN.

que pour dominer. Le nom de César le protégea el quelquefois parut ( inspirer; à peine adolescent, il jeta ce nom au travers des grandes rivalités de la république expirante ; et comme il arrive dans l’épuisement des guerres civiles, les chefs de faction purent croire qu i! allait servir à leur ambition ; et d'abord, en effet, il ne fit guère que leur obéir; mais sa fortune l’emportait; bientôt il resta maître, et tout fut asservi. Aussi bien, lésâmes fatiguées attendaient une domination, et il fut aisé de faire accepter la discipline après que l'anarchie avait amorti l'indépendance. Le sénat était depuis longtemps vaincu ; les proscriptions n’en avaient laissé que quelques restes; ce n'est pas de ce débris que pouvait venir la résistance. Quant aux chevaliers romains, ils avaient leur part de victoire dans cette ruine du vieux patricial; et c'est aussi vers eux qu’Auguste tourna ses artifices de popularité. C’est l’ordinaire des révolutions qui se font contre les vieux établissements d’autorité; le sénat avait gouverné six cents ans avec des privilèges que son génie avait su défendre comme privilèges de la république même. À la fin, l’envie lut plus forte que le respect des choses anciennes; et le peuple, selon sa coutume, servit d’instrument à l’envie; quand tout lut égalé sous un empire sans contrôle, il se sentit assez libre, parce que personne ne l’était plus.

C’est par là que s’explique la facilité avec laquelle Auguste put faire un gouvernement tout nouveau, avec des désignations anciennes qui suffirent à la

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vanité, et tirent illusion à la bonne loi et aux souvenirs. Il relit un sénat, il redonna de la vie à des ramilles qui s’éteignaient de misère, il entoura de pompe la chevalerie, il flatta le peuple, il lui donna des jeux, des théâtres, des cirques, des bains, avec des largesses, avec de l’oisiveté, avec ce qui corrompt en faisant croire au bien-être; et de la sorte il put remanier les lois, sans qu’il s’élevât d’aucun côté une plainte ou un murmure.

On sait les travaux qu'il lit dans la ville; Home fut renouvelée dans ses murs, dans ses rues, dans ses monuments, comme elle le fut dans ses lois; c’est une partie de la domination de saisir ainsi l'imagination des peuples par le spectacle des pompeuses nouveautés; mais c’est aussi l'indice des grandes décadences : les structures gigantesques appartiennent partout à des temps de servitude politique. Auguste disait qu’il avait reçu une Home de brique, et qu’il laissait une Home de marbre; il laissait surtout une Home esclave.

Il en fut ainsi de l’Italie, qui s'accoutuma à l’empire d'un homme, après avoir difiieilement supporté la domination d’une ville. 11 fut aisé d’ailleurs à Auguste d’accorder aux habitants de l’Italie la plénitude des droits de citoyens romains, lorsque ces droits n'étaient plus qu’un exercice d’autorité nominale. L’Italie n’en fut pas moins satisfaite ; et parce qu’elle envoyait ses suffrages pour l'élection fictive des magistratures romaines, elle put se croire vengée de la longue sujétion qu elle avait subie.

Toutefois la prospérité matérielle des peuples s'accrut dans celte égalité de la soumission. Des routes, des canaux, des établissements de postes couvrirent en tout sens le monde romain; magnifiques rayonnements d’une civilisation dont Rome était le foyer, et qui répandait chez tous les peuples un amour égal des choses élégantes et des arts utiles. L'agriculture à celte époque arriva A des développements que l’emploi des esclaves dut faciliter'; le commerce eut aussi ses progrès; c’était l’effet de la paix universelle et du besoin naturel cpi'ont tous les hommes d’appliquer leur activité à l’enrichissement et au bien-être, lorsque la vie politique est épuisée et que la guerre n’est plus ni un honneur ni une passion.

C’est en cela qu’Âugusle fut dispensé de génie; il n’eut qu’à saisir l'opportunité des temps, et ce fut aussi , ai-je dit, son habileté. Tout lui fut propice, son nom, son âge, l’énervement de la république, la fatigue des partis, l'état de Rome enfin, qui n’était plus capable que de servir. Dans cet ensemble de causes qui rendaient l’empire inévitable, il sert de peu d’étudier la nature particulière d’Auguste. Ce qui semblerait intéresser l'histoire, ce serait plutôt de chercher comment il est arrivé que celte nature sans éclat et sans vertus ait ébloui la postérité. C’est que pour la plupart des hommes le succès est la première des séductions; Auguste a eu celte singulière fortune de tromper son

1 Coin nii-11. . passiw.

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époque et môme l’avenir. On lui a pardonné jusqu'aux proscriptions, non moins atroces que celles de Sylla, et plus odieuses, parce qu’elles ne furent qu'un assentiment et une lâcheté. Je ne parle pas de ses vices et tic scs débauches; ce furent les vices et les débauches du siècle entier. Mais il les associa à un certain goût de décence publique, sorte de tempérament de la corruption. Enfin, il fut l’ami des poètes et de ceux qui donnent la gloire; grande faveur auprès de ceux qui acceptent les renommées toutes faites. 11 a suffi à Auguste d’avoir protégé les lettres; aisément le monde a dû croire qu’il les avait cultivées, autre recommandation devant la postérité. De rares esprits ornèrent son palais, et il est resté glorifié comme s’il les avait produits. De là ce nom de tiècle d’ Auguste, qui représente Auguste à l’imagination de tous les âges comme le créateur des merveilles d’une époque où se résumaient toutes les civilisations du monde antique, depuis la Grèce jusqu’au Latium, depuis l’Égypte savante jusqu’à la Gaule druidique. Il y a des destinées d’hommes ainsi jetées par la Providence dans le mouvement de l'humanité. Faibles par elles-mêmes, elles s’agrandissent de ce qui les entoure; aussi le monde s’accoutume à ne les point juger, il les contemple, lorsqu’il devrait surtout admirer la puissance divine à qui tout sert, non pas seulement le génie, mais encore la médiocrité.

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