I.’KMI’IHE HUMAIN
vait finir que par l’extermination de la nation. La bataille lui, en effet, un massacre. Lorsqu'on fut fatigué •le tuer, Germanicus éleva un nouveau trophée, une superbe inscription disait que « pour les nations entre le Rhin et l’Elbe subjuguées, l’armée de Tibère César avait consacré ces monuments à Mars, à Jupiter, à Auguste'. » Germanicus ne se nommait point de peur d’éveiller l’envie; ou bien aussi il avait assez de la conscience de sa gloire4.
Dès lors tout trembla dans la Germanie; les Angriva riens, menacés parun lieutenant de Germanicus, coururent se soumettre, et Germanicus n'eut plusqu’à ramener ses légions sur le Rhin. Mais, comme dans sa dernière retraite, une affreuse tempête dispersa la flotte qui devait les reporter de l’E ms au Rhin par l’Océan. Il y eut de grands désastres; des navires furent brisés; quelques-uns furent jetés sur les côtes de la Bretagne, et on cul plus tard, dit 1 historien, par les soldats qui en revenaient d’étranges récits sur ces terres inconnues. Au bruit de cette dispersion, les Cattcs et les Marscs, autres tribus indomptées de la Germanie, furent tentés de faire des révoltes; Germanicus envoya un de ses lieutenants, Silius, avec trente-cinq mille hommes, réduire les Cattcs, et lui-même alla se montrer aux Marsesavec de plus grandes forces encore. Les armées semblaient renaître, et les Germains s’étonnaient de ce prodige : « les Romains, disaient-ils étaient apparemment su|>é-
1 Tac ,,Ann. lib. II.
3 Ibid., 22.
TIBÈHE.
l’ieui's aux événements, puisque, après ces coups de tempête qui brisaient leurs vaisseaux et couvraient les rivages des cadavres de leurs soldats, ils reparaissaient avec une ardeur égale, et plus nombreux qu’auparavant. »
Cette terreur semblait achever la soumission, et ce fut pour Tibère un prétexte de rappeler Ccrmanicus, qui finissait par conquérir trop de gloire pour n’êlre pas odieux ou suspect.