‹ Histoire littéraire d'Italie. DaunouChapitre 18 sur 22 · HlST0IRE^LlT1^£RAmE · texte numérisé non relu

HlST0IRE^LlT1^£RAmE

de rOr ..Ta fait accuser d'être alchiniste; naW^m ne t>rpuve qu^il ait eu cette folie. On a phisiedi^ éditions de ce pocme (i) et de ses autres poéikis^ latines (a) qui consistent en Odes, Satires et Ejngrammes. Elles sont au^lesçus de la plupart A» poésies de ce siècle pour Teléfi^attce et pour le gêtt^ et se rapprochent beaucoup plus du style et de k manière des anciens. Les poésies italiennes d*jdf»gurello ont aussi été imprimées plusieurs fois. S était, du reste , très-sayant dans la langue grecqse, les antiquités , Thistoire et la philosophie ^ et ses vers portent souvent , sans pédantisme , des témoin gnages de son savoir.

U eut pour ami un autre pôfitè, né k Trévise> qni avait çonmie lui des connaissances dans les sa*. tiquités , et qui en portait le goût jusqu*k la pas* sion. Il se nommait 5ofog^m. Sa première étude fut celle des lois; la poésie latine et les antiquités remportèrent ensuite. U fit beaucoup de vers , que Ton conserve en manuscrit, k Venise (3) , et dont on

(i) La premièpe à Venise , avec son autre poëme intitulé Geronticon , ou de la vieillesse, i5i5, ia-4^. ; inséré ensuite^ vol. II des auteurs qui ont écrit sur ralchimie , recueillis par Graitoroio, Bâle, i56i , in-fol.; vol. III du Théâtre chir mique^ Strasbourg, i6i3t et i65g ; vol. II de la Bibliothèque chimique de Manget , Genève , 1 702 , in-fol. , etc.

(2) Carminaj'\ éroney 1^91 , in-4.®. ; Venise, Aide, i5oS, in-8^

(3) Dans la famille Soderim. Tiraboschi , ub. sup. , p. a3s«

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n^a publie qu une petite partie. Us ne iraient pas ceux à^ uàugurello j et cependant Bologni obtint de Tempereur Frédéric III la couronne poétique que Augur^Uo ne reçut pas. Cette couronne fui accor-* dée par le même empereur & Giovanni Stefano de Vicence , qui se fait appeler en tête de ses poésies ^lius Quintius Emiliemus Cimbriacus, 11 fut professeur de belles-lettres dans plusieurs yiUes^ du Frioul; il Tétait à Pordononé , et il n'avait pas vingt ans quand Frédéric y passa ; Temperenr fut émerveillé de ses talents , le couronna du laurier poétique, et y joignit la dignité de comte palatin; honneurs qui lui furent coniirmés ou conférés une seconde ibis par Maximilien , successeur de Frédéric. Mais, et ce titre, et même cette couronne se donnaient alors à la protection , et souvent même , selon Tiraboschij pour de l'argent (i) , ce qui en avait considérablement diminué la valeur. Ce poëte, au reste , que les Italiens appellent simplement le CimbriacOj était loin d'être sans mérite; il n'est pas probable qu'il fût assez riche pour payer en argent ce qui , comme d'autres faveurs , ne vaut . plus rien quand on l'achète j mais il récompensa largement ces deux empereurs , par cinq Panégyriques en vers héroïques, les seuls de ses ouvrages qui aient été imprimés.

(i) Questo onore fu conceduto taholtà pià al dénaro cfte al merîto , t. VI , part. II , p. a33.

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JTai dëjh parle d*un improvisateur (i), et nous retrouverons souvent, dans la suite, des exemples de ce genre particulier de poëtes ; mais aucun d^ein( peut-être n'eut des succès aussi brillants cpijiuitlh Brandolinij Fun des hommes les plus extraordi^ naires de ce siècle. Né d'une famille Boble de Florence (2), il eut, dès sa première enhntéf le mal* heur de perdre la vue. Il se lit connaître de bonne heure par le talent de traiter sans préparation , en vers latins, les aujets les plus difficiles; et sa répti* tation se répandit si loin , que lorsque le roi de Hongrie^ Mathias Corvin, fonda Tuniversité de Bude , où il appela le plus qu'il lui fut possible de savants italiens, il y fit venir Aurelio^Ce roi étant mort en 1490, ce fut lui qui prononça son oraison funèbre. Il retourna ensuite en Italie, et se fi( moine k Florence , dans un couven( de Tordre de^ S. Augustin.

Une nouvelle carrière s'ouvrit alors, pour sOn. éloquence. Quoiqu'aveugle , il alla prêcher dans plusieurs villes d'Italie, et recueillit partout dès applaudissements. 11 employait dans ses sermons un style grave, sentenlieux, philosophique, a On croirait, dit un écrivain du temps (3) , entendre en

-(i) Panfilo SassL

(2) Tirajbosdii 9 uLsupr., p. ^36.

(3) Matteo Bosso , Epùt. FamU. II , ëp. 75.

chaire un Platon, un Aristote, un Théophraste. » Ce même auteur parle ensuite avec encore plus d'admiration du talent poétique d^Aurelio : u Ce qui le met, dit-il, au-dessus de tous les autres poëtes, c'est que les vers qu'ils faisaient avec tant de travail, il les fait, lui, et les chante en imrpromptu. 11 fait briller , dans cet exercice , une mémoire si prompte , si fertile et si ferme , yn si beau génie et une si grande perfection de style , que cela est k peine croyable. A Vérone, dans une assemblée nombreuse composée des hommes les plus distingués par leur rang et par leur science , et devant le podestat même, prenant en main sa lyre, il traita sur-le-champ , et en vers de toutes mesures , tous les sujets qui lui furent proposés. On l'invita, enfin k improviser sur les hommes illustres dont Vérone a été la patrie. Alors, sans s'arrêter un instant pour réfléchir, sans hésiter et sans interrompre son chant, il célébra de suite, en très-beaux vers, Catulle, Cornélius Népos , surtout Pline l'Ancien, qui fait le plus d'honneur k cette ville. Mais ce qu'il y eut de plus admirable , c'est qu'il se mît tout k coup k exposer, en vers très-élégants, toute son Histoire naturelle , divisée en trente-sept livres , parcourant tous les chapitres , et n'omettant rien de remarquable. Ce talent extraordinaire lui a toujours été familier. Il l'exerça souvent devant Sixte IV, soit quand on célébrait la fêta- de quelque saint, soit lorsqu'on lui proposait un autre sujet,

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quelque imprévu et quelque difficile qu*il p*** êlre, etc. (i) » C'est la ce don delà nature qu*o^^^ possédé depuis , en italien , un cavalier Perfett^ * une Corilla Olimpica^ un Luigi Serio j que po.^^^ fiède aujourd'hui comme eux un Gianni; don qi^^^ Ton peut déprécier tant qu'on voudra par des lieiu- '^ communs, mais qui paraît toujours moins éton,- nant et plus facile ^ à mesure qu'on est moins e état, je ne dis pas de le posséder , mais de le conu prendre.

Aurelio jouit, pendant sa vie, de l'estime de savants les plus célèbres et de la faveur dés pi grands princes. Il passa quelque temps k Naples auprès du roi Ferdinand II. Il revint ensuite Rome, où il mourut en i497- ^ ^ ^® ^^^» outr^ ses poésies, plusieurs ouvrages en prose , sur ûn^ grande variété de sujets. On estime principalement; son Traité de l'Art d'Ecrire (2) , où il explique les secrets du style avec une élégance et une précision dignes de servir de modèles. On le désigne ordinairement sous le nom de Lippo Fiorentino^ du mot latin lippus j qui signifie , non pas aveugle , comme il Tétait, mais affligé de la vue. Il eut un frère ou un cousin , nommé Raphaël Brandolini , poëte, improvisateur, orateur et aveugle comme

(i) Tiraboschi, ub, supr. , p. 287 et 288.

(2) De Ratione Scribendi, La meilleure édition est celle de Rome^ 1735,

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lui, et à qui cette infirmité fit donner, comme à lui, le surnom de Lippo (i). Raphaël séjourna aussi à jDiTaples; il y était quand Charles VIII s'en rendit maître , et il prononça un panégyrique de ce roi , qui lui donna pour récompense le T^rcvet d'une pension de cent ducats ; mais , à moins que ce brevet ne fût payable en France , il est probable que notre orateur ne fut jamais payé de ses éloges.

A Naples , où ces deux poètes firent souvent des preuves publiques de leur talent extraordinaire, les applaudissements et les distidctions dont ils jouirent ne purent que donner un nouveau degré d'activité k l'ardeur avec laquelle on y cultivait la poésie latine. Une gloire que les littérateurs italiens iK:cordent k celte ville , c'est d'avoir produit la première des vers latins aussi semblables, pour l'élégance et la grâce , à ceux du siècle d'Auguste , qu'il était possible k des modernes de le faire, et qu'il nous est possible d'en j^ger. Ce fut le grand Peniano qui eut l'honneur d'en offrir le premier exemple , d'enseigner aux élèves qu'il eut dans l'art des vers et k ceux qui devaient les suivre , k se débarrasser entièrement de la rouille des temps barbares, et k redonner k la poésie latine l'éclat pur et brillant du style antique. Mais il faut avouer qu'il fut immédiatement précédé par un autre poëte , qui lui ouvrit et lui aplanit la route. C'est Antoine / ■■ ,

(i) Tiraboscl)i> ub, supr. , p. a4o«

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flpKonse (i), fat rëcompcnsëeparun don de mille eus d*or. On à de lui cinq livres de Lettres , des larangaes, un poème sur Rhodes, des Tragédies , es Elégies et d*autres Poésies latines sur divers ujets (2). Celles qui ont fait le plus de lirait ont été Dng-temps inédites; c'est un recueil ; divisé eh leux livres, de petits poèmes épigrammatiques, Lon-seulement libres , mais excessivement obscèics , auquel il donna le litre à^HeHnap/iroditus ^ 'Hermaphrodite, pour indiquer apparemment qu'il i*oublîe rien , dans les deux sexes , de ce qui peut es scandaliser tous deux. Il le dédia cependant k !^sme de Médicis. Les dignités et les occupations jraves de l'auteur de cette dédicace , l'âge et le caractère de celui qui la reçut , rendent également injexplicable l'excessive liberté de choses et de mots qui règne dans l'ouvrage, écrit, au reste, avec ujie extrême pureté de style , et vraiment latin par l'élcgance comme par le cynisme d'expression (3). lies copies qui s'en répandirent, excitèrent contre lauteur un violent orage. Filelfo et Laurent p^alla l'attaquèrent par des écrits : des moines prêchèrent contre lui publiquement , brûlèrent son livre , et le brûlèrent lui-môme en effigie àTerrare et k Milaii.

(i) De Dictis et Faclts A/phonsl régis ^ lib. IV. (a) Epislolarum libri V , OraUones II , Carmina prœterta qxmBâam ^ etc. Venise, i555, in-4*'- (3) Le latin dans ^^% mots braye l'honnêteté, ( Bon.. ):

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