CHAPITRE XXIII
État des lettres en Italie, à la fin du quinzième siècle; études dans les Unii^rsite's j Théologie j Philosophie j Droit, Médecine, Astronomie, Astrologie ; Fojages , Découverte d'un now veau monde; Considérations générales.
£i!SGAGÉs depuis long-temps dans l'esamcu des progrès que tîrcni, pendant ce siècle en Italie, les sciences, les lettres et tous les arts de l'esprit, nous n'avons rien dit encore des trois sciences qui ont occupé tant de place dans le tableau des premiers temps de ce qu^on appelle , on peu gratuitement^ la renaissance des lettres. Kous avons annoncé, il est vrai, dans Thistoire du treizième siècle (i), que nous donnerions it Tavenir moins d'attention à la dialectique de l'école, à la théologie, au droit ciTil et canonique, parce que les lettres proprement dites allaient désormais réclamer celte attention toute entière. 11 faut cependant en dire quelques mots , avant de quitter colle époque , et voir, du moins sommairement . si ces
D'ITALIE) CHAP. XXIII. 56i
trois genres d^ëtude fiifent alors quelques^ acqtusitions ou quelques pertes remarquables^ si, enfin^ dans ce temps où tous les espvlts semblaient se diriger vers la lumière qui jaillissait de toutes parts des chefs-d'œuvre de l'antiquité , ce qui avait été presque tout autrefois ^ était encore quelque chose .
Les Universités, théâtres bruyants et souyent orageux, des combats et des triçmpbes scholas-? tiques, n'éprouvèrent pas, dans le cours de cette période , les mêmes vicissitudes que dans les prér cédentes, excepté peut-être celle de Bologne (i); vers le commencement du siècle, elle joignit aux autres facultés, des chaires d'éloquence grecque et latine, et eut pour professeurs Guarino de Vérone , Jean Aurispa^ et Filelfo. Elle parut alors reprendre son ancien éclat, mais des troubles s'é^ levèrent. Bologne secoua le joug des papes (laf) et le reprit (3); l'Université se dépeupla, et quand la paix fut rétablie, l'auteur d'une chronique du temps crut annoncer de belles espérances, en disant que le nombre des écoliers s'élèverait bientôt k cinq cents (4j* On se rappelle un temps où ils montaient k dix mille. Cependant lorsque Bo»
(i) Tîraboschi , t. VI , p. I » ?• 67. *..
(2) En i4.a8.
(3) En 1431.
(4) ScripU Rer. iial. de Muratori , yoL XVIII , p. 64i. m.. 36
D'ITALIE, CHAP; XXIIt. 56â
il toutes les autres écoles de Tëtat yénitieii, lé droit d'enseigiier les sciences, h rexception dé la grammaire. Venise ne s'excejpta pas elle-même - de celte loi ; lorsque Paul II , hé Vénitien , pour ' se faire un mërite auprès de sa patrie ^ lui accorda le bienfait d'une iiniversitë ^ le sënàt décréta que ^ans ce nouVéati^ gymnase on pourrait bien rece^ ^oir ses degrés eb philosophie et en médecine, mais qu'en jurisprudence et en th<îologi.e , on ne pourrait être reçu €[U'k Padoué. Florence au coii>traire^ deireiiue maîtresse de Pise^ laissa d^abord brngtiit TUniversité qili y était liée dans lé dernier siè€ie4 Les Florentins Voulurent donner k ceHe qu'ils possédaient eux -mêmes toutes les préfé^ rciii*.e^ et toute la faveur. Ils s^aperçufem bientôt qu'ails avaient fait un faui calcul ; ils dépUttèreill qoatt^ de leurs plus illustres citoyens^ au iiombre desquels était Laurent de MédîciSj pour routrff 1- école de Pîse, qu'ils dotèretit cotiveAablement (i). Le pape Sixte IV lui aceofda de plus une taxe sur les biens de Téglise* Sa prospérité renaissante fut troublée deux fois par la peste (2) , qui en écarta les professeurs et les disciples ; mais elle le fut bien davantage par l'arrivée de Charles VlII, et bar Je5 troubles et les expéditions militaires qui houïeversèrent la Toscaue , pendant le reste du
M^«MM«**iiiMi^UM
âèdc. Ce ne fm qu*au retour de la paix qu^elle put respirer et qu'elle reprit IMtet florissant , dont eUe n'a plus cessé de l'ouïr. '
Les Universités 4e Milan ^ de Pdvie, et de Ferrare, prospérèrent constamment ; sous la donlina-' tion des Sforce et des 'princes de la maison d'Esté. Celles de NapleSy de Romer.dePerouse^ n'épronvèrent : rien de remarqilaible : pendant ce siède. Qn distingue entre celles -qui: ^prirent alors naissance, TUniversîté dâ-Turin^ fondée, en i^oS, par Louis def Savoye, qui n^Vait alors que le titre de prince dt Achaïe (i)f< Afnédéci YIII , son successeur et premier duc de Savoie, en confiitea et en ajBgmenta les^ privilèges, ^e attira dès4on' mi gnmd concours , et fit .ijombèr celle de Yerceil, qui. existait deptiis le treizième siècle. Elle n'eut point d'autre ennemie que la peste qui là chassa plusieurs fois 3k Chieri (2) , k Sâyigliano (3) , à MontcsUier ; elle revint enfin h Turin (4) y où elle a continué de fleurir jusqu'à nos jours (5).
(i) Tiraboschi, ul. supr^\ p. 75, (a) i4a8 ; elle y resta huit ans.
(3) 1^35; à Turin, deux ans après, d*où elle se transporta encore pour la même cause à Montcalier.
(4) En 1459.
(5) Elle en fut encore chassée dès le commencement dn siècle suivant , avec les souverains de cet état , et n'y fut ramenée que par Emanuel Philibert. Voy; t. IV, p. lia.
D'ITALIE, ciup. XXIII. 565
Nous ne pouvons prendre aucun intérêt aujourd'hui au crédit qu'eurent/ alors , dans toutes ces universités , les études tbéologiques. Les grandes occasions que les docteurs, dans la science de Thomas et de Scot, eurent de faire briller leur savoir, dans les conciles de Constance, de Baie et de Florence, les espérances de fortune attachées k ' leurs succès, dans ces expéditions brillantes, où Ton voyait les simples ecclésiastiques élevés à la prélalure , les évêques au cardinalat, les cardinaux décorés de la tiare, ne pouvaient qu'exciter une grande. émulation parmi le$ jeunes théologiens, qui voyaient ouverte devant eux une si belle carrière. Mais tout ce qui se dit et s'écrivit alors de plus ibrt et de plus sublime , où , si l'on veut , de plus profondément inintelligible , dans les écoles et même dans les conciles, est également perdu pour nous , malgré le soin qu'en prit quelquefois l'imprimerie qui joignait dès-lors, comme elle le fait encore '^ à tant et de si grands avantages, l'inconvénient très -grave de multiplier et d'éterniser le mal comme le bien. Nous ne nous arrêterons x[u'un instant sur deux gestions qui mirent en grande rumeur le monde théologique , et qui serviront h faire connaître quel était dans ce monde*là Tesprit du temps.
L'une de ces questions roula sur un objet qui paraissait fort étranger à la théologie -, mais celle-ci a toujours su, quadd on le lui a permis, étendre
Il propos les limites de sa compétence. Les Motits* 4e-Piété venaient d*étre institués par un moine asse3 peu connu , quoique saint, le B. Bernardin de Feltro^ de Tordre des frères mineurs (i). Trois papes les avaient autorisés (a); et cependant quel^ ques théologiens et quelques canoniste3 prétendirent que ces établissements , fondés par un saint et brevetés par trois papes , étaient usuraires, et partant illicites, Les Monts-4e-Piété eurent des défenseurs. Les deux partis trouvèrent dans Vicriiure, dans les pères, dans les conciles, tout ce qu^il fallait pour les attaquer et pour les défen^ ^e; ia querelle ne se termina qu^en î5i5, où J^éon % confirma défînitivemeiit ce$ ipstitutioiis utiles,
L*autre question était vraiment tfaéologique; elle eut encore pour premier auteur un religieux de Tordre des frères mineurs et un saint (3). S, Jac^ ques de la Marche, prêchant à Brescia, en i^^i, afiirma positivement que le sang versé par ]« Christ dans sa passion , était séparé de la divinité , et qu'ainsi on ne lui devait pas un culte de Latrie. Cette proposition parut sentir Thérésie k un homme fait pour s'y connaître , moine de Tordre des do-r minicains , et inquisiteur à Brescia . Il voulut oblin
(i) Tiïaboachî » ub* supr.y p. 227.
(2) Paul II , Sixte IV et Innocent \l\U
Ç) TiraLfosçhi , ièid, , p. ^:|3,
■L JM
D'ITALIE, CHAP. XXm. 567
ger le frère Jacques k se mieux expliquer, ou et rëiracter ce qu'il avait dit; mais ilue put obtenir ni Fun ni Tautre. De-lh une querelle violente^ d'abord entre les deux ordres , et enfin dans toute r église. Le sage Pie II était alors souverain pontife; il voulut que la question fût débattue con« tradictoirement devant lui, et devant un certain nombre de théologiens d'élite. Frère Jacques et ses adversaires dirent de si belles raisons , et des choses si utiles pour la foi , que le pape imposa aux deux partis un rigoureux silence. Si Féglise avait toujours eu des chefs et des juges aussi édai* rés , tant d'autres questions , tout aussi vaines 9 n'auraient pas troublé et ensanglanté le monde.
Des écrits trop volumineux et trop nombreux parurent alors , soit sur des matières spéculatives f soit sur la théologie morale. Il y eut dans ce dei^ nier genre une Somme angélique de frère Ange de Cbivas, une Somme pacifique de frère Pacifique de Novarre y qui eurent les honneurs de Tim* pression, et qui, selon Tiraboschi, que nous devons croire, gissent aujourd'hui couverts de poussière dans des coins de bibliothèques (i) ; c'est du moins un grand bien qu'elles n'en sortent plus pour embrouiller les idées, obstruer les cerveaux, ou tc^ir dans la méiâoite tat6 piace qui n'est due . qu'aux connaissances uâles et atix faits importazits.
(1) Uù supr. , p. 234*
DITALIE, CHAP. XXm. 573
teurs chaires au conseil des princes, et devenir ^^s oracles des cours. Les tiires pompeux ne leur 'îianquaient pas plus qu'aux philosophes ; et si ces derniers étaient les monarques du savoir , les monarques des arts Jibéraux, les autres étaient aussi *es monarques des lois, comme Christophe de ^^^tiglione^ conseiller dç Jean -Marie Visconti, second duc tie Milan; les monarques des jurisconsultes du temps, comme Raphaël Fulgose de Plaisance , et plusieurs autres.
Jean d'imola fut encore un de ces hommes k immense renommée ; le nombre de ses élèves et IJ ieur fîde'Jité en sont les preuves ; quand il passa de
rUniver5ité de Padoue k celle de Ferrare , que le marqu/s JVicolas III venait de rouvrir (i), trois cents (ie^ ^&es écoliers le suivirent, et six cents entres vinrent de Bologne exprès pour Tenten- ^•e (^2). Ce Jean dlmola eut un élève qui ne fut P^^ moîxxs célèbre que son maître. Il éuit de la ^^>ie vîï^e ^ et quoique son nom fût Alexandre Tar- ^^"^^^i^ V\ ne fut connu que sous cçlui d'Alexandre "^^^^^nola* II a laissé des ouvrages très- volumineux ï" le Code, le Digeste, les Décrétales, les Qé- ^ ^ ^^i^itines , etc. Outre plusieurs titres glorieux qui ^^ furent donn.és selon Tusage du temps, il eut ui de Père de la Vérité. 11 faut croire qu*il le
CO En i4oa.
C^^ Papadopolij Hist, Gjmn^ Tatauf^ 9 Tol. I, p. 212.
0^4 MlStOlHË
lEk^kà; mais il noyi cette Téritë dans de trop groi et trop imitfles yohimeâ , pQur qtt*oil puisse vérifier le âât. Le droit féodal (poisqa^iMDi est coBveim d*appeler ainsi un corps de lois qui blessent toos les droits de la propriété, de la jttsdeé et de h raison), le droit féodal eut itninterpi^ètèj tin rÂn^ donnateor et un comoatentatear célèbre àam An* toine de Pmio Feccfuo , créé comte et oonseîffer -de Fempire par remperenr Sigismond^ et dom oa a imprimé plusieurs ouyrage» ( r).'
Mais aucun de ces jurisconsultes n^tnt albrs ttiie réputation si grande et si unitefscHe que' Ifaiiçots jiccoki d^Aressso , iriRé féconde en bommes î!Ais> ireS) qui se firent gloire de scAstitner k leur nom celui ^AréUnoj se troufant (ilus^ bonorés de knr patrie que de- leur famille. Ce qn^iil AiSson arait été au treizième, et un Barthole au quatorzième ^siècle , François Accolti le fut au quinsiiième (2)* Il professa avec le phis grand éclat dans les Uni* versîtés de Ferrare , de Sienne , dé Milan ^ de Pise; fut dans une haute i'aveur auprès du marquis Borto d^Este, et du duc François Sfbrce ; laissa un grand nombre d^ouvrages, coiisultations et commeiH
(i) Entre autres , tin Répertoire^ on Lexique au Droite Repertorium çel Lexicon juridicum , Milan , 1481 , et deux autres Répertoires^ sur les Œuore^ de Barthole y et sur les Œu-^ près de Balde , qui ont aussi été imprimés depuis^.
(2) Tiraboschî , ul* supn , p. i^i*
D^ITALIE, cHAt^. XXllL 575
taîres sur les Décrctales, livres sur les lois romaines^ traités sur différentes matières de droit et de jurisprudence ; et de plus fut un savant helléniste , et traduisit, du grec en latin, plusieurs homélies de S. Jean Chrysostôme, les lettres attribuées k Phalaris , et celles qu*on attribue aussi k Dîogène le Cynique. Quelques critiques avaient imaginé un autre François d*Arezzo , k qui ils donnaient ces productions littéraires, réimprimées plusieurs fois, pour en dépouiller notre jurisconsulte ; mais Maziichelli et Tiraboschi lui en ont restitué toute la gloire. Il eut aussi celle' de faire des vers et de fournir une preuve de plus que ce talent peut s'allier avec des études graves et des emplois importants.
Dans la loule de ces légistes alors fameux, on remarque un Barthélémy Cipolla ^ Yéronais, auteur, entre autres ouvrages imprimés, d'un Traité des Servitudes des Maisons de faille et de Canv^^ pagne (i)j et plus encore un Pierre Tommai de Ravenne , non pas tant peut-être k cause dé son profond savoir et de ses gros livres sur une science aujourd'hui peu en crédit parmi nous , que pour sa mémoire prodigieuse qui le rend une espèce de phénomène , bon k observer dans tous les pays et dans tous les siècles. A vingt ans, il savait par cœur
{i) De ServUuilliUs uthanorûm et rusticorum prœdîorum.
tout le code (i) ; on lui indiquait une loi , il rod-* tait sur-le-champ les sommaires qu*en lavait faits Barthole I et quelques passages du texte. Il exaidr naît les opinions de différents docteurs sur cette, loi y proposait et résolvait toutes les difficultés* U retenait les leçons entièi^es de son professeur, les écrivait mot pour mot , ou bien , £lu momeiE oà' elles finissaient , il les récitait devant un grand nombre d'écoliers , en remontant depuis les dernières paroles jusqu'aupremières. U les mettait en vers et les répétait sur-le<:hamp. Un prédicateur avait cité dans un seul semloni cent, quatre-vingts textes d'auteurs qui prouvaient rimmortalité de Famé; le jeune Tommai les répéta toua devant loi. Il retenait dès sermons entiers , et les portait tout ccriis au prédicateur. Il lisait rapidement ime seule fois une longue suite de noms propres , et les répétait îiussitoL dans le même ordre. Mais voici quelque cliose de plus fort : il jouait aux échecs, un autre jouait aux dés, un troisième écrivait les nombres que les dés marquaient k chaque coup; Tommai dictait en même temps deux lettres différentes , dont on lui avait prescrit le sujet : le jeu fini , il répétait tous les mouvements qu'avaient faits les échecs , tous les nombres formés par les dés, et toutes les paroles de ses deux lettres , en commençant par la fin.
(i) Tiraboschii ub. supr.^ p. 4i'*
D'ITALIE , CHAP. ÏXÎII. S77
il attribuait ces prodigeS' à un art partîcaUer de dasser dans son esprit les mots et les choses ; il voulut communiquer au public ce secret merveilleux f dans un livre qu'il lit imprimer h Venise , en 1491 9 sous le titre du Phœnix (i) , livre qui a été réimprimé plusieurs fois, et qui pourtant est fort rare. Fabricius, qui Tavait vu, dit dans sa Bibliothèque de la moyenne et basse latinité (3) , qu'il Ta trouvé si obscur, qu'il aimait mieux se passer toute sa vie de ce talent , que de- s'engàget avec l'auteur dans des méthodes si compliquées et si difficiles à saisir. C'est ce Pierre Tommai, corn* munément désigné sôus le nom de Pierre de Ravenue , qui fît admirer sa science dans une partie de l'Allemagne, à la fin du quinzième siècle (3). Le duc de Poméranie, Bogislas, revenant d'un pèlerinage en Palestine, séjfouma quelque temps h Venise. Son Université de Gripswald était tom« bée en décadence ; il voulut emmener avec lui un savant qui pdt la relever. H choisit Pierre de Ra« venue parmi tous ceux qui florissaient alors àPadoue et à Venise ^ obtint quoique avec peine. son congé
(1) Phaoûx , swe ad ardfickUem menuniam comparanflam Irepis quidem et fadUs, sed re ipsà et usu çomprobatà in^ troductiom
(a) Yol. VI , p. 58;
(3) Tirabo8chi| ubé ^upn^ p. 4^4* •
57« HISTOIRE UrfERÀBlE
dudoge^ et .partit aTec le profcnmilr^^'six ftmM» él aeê eufants^: Tous ceaac^ dé^set ëlèf«s^qtil étttidK Allemands /voulanent'lQ 'saivre^^'£i»'*atfhrttt^'it Gripswald^ 3 fofe regii âVbo ')es^ ploâi ^ttdè htfft^ msiirs. U yprctfesi» qoelqâitsiiimééSfrltiait^ a^f perdu louS' ses enfams k Pëtcefrtioti' ii^uîl sétl}')! il Tioulut^fictoûrner eu Italie i et tfj^pûî ^waeAê bHH^ yet*. On le Vok sikccesiif emeitt ahrâté' par le 'êià^ de Saxe et par d'autres aamtèraîas^ et idaiià ttNT es:tifilfDe TiiâQesfe dbtËnAaut Je» mteiei' rtiflel»^ jeuissant partout '4eff/llIèk6s^i^ Ok pi^à
rafinees'traees y et/Fôii ne fini^sfiat^iSe -dil^^ , jectards rar.lè temps* et le Ifoa. dt| sà' 'iliittv Gdl* importe asse» peu } .«mais il hTmi^ pa^ . suif iatéfèt dd voir un saTÎmt italien - allai' f qûoiifMr idHat^gé d*aiinëes, répandre / Té#s le Nord y leS" bi^ttifails de la science ^ il peut ayssl ^n'être pas inutile an voir encore un exemple de ce- cjùe dèvieuticfaïf souvent au bout de t^ois ou qiatre sitehcs ^ lèg succès les pItU étendus et les reiiobimees led pliaibrillantes.
On trouve encore dans cette' fô^ prosiplè k^ Bombrable de docteurs et de professeurs, parmi les noms que quelque circonstance particulière peut engager à con^çrveri. cen^ de BaFJhokmy Sovamo de ^enne , el de s^ri antagoniste le célèbifé JaiSen dal Maino; ils disputèrent souvent ensemble dftittS rUniversité de Pise , et leurs combats fîrlEfbl tldtit de bruit ^ que Laurent di& Modicb v^^ui en* teÊ^ té».
DiTALIE, CHAP. XXiîf. 579
ftiôid, et fit, nû jotir, exprès lé voyage (i). Ce jottr-Ik , lès deux riVaux firent preuve égale de leifr pirësence d'esprit, si ce n'est de leur bonne M. Jâson , presse par son adversaire j îmàghia , pour lui échapper , d'iiaventé^ suMe-charrip un texte et de ïê cilcfr k l'appui de son opinion. Soccirio s'éii aperçut , inventa tfussitôi un texte contraire , et le d(a en faveur de la sîèiniié. et Je voudrais bien savoir, dît le preiàîer, bii tu a^ été prendre ce texte; c'est, répondit le second,- tout auprès de celui que tu viens de citer tôl-iiiêmè. >) Sbcvitto était trti bomttié d'un ésptif xhircà^AA ; joiièùr, libertin et [irodîgtlè; inalgré lès chaires lucratives qu'il remf^lit , et lé& ôuVragés qu'il phiibliat , 3 mbùrut plaàvré (2), et riè laissa même pas de quoi se faire éiotte^rcr. Jasoi& eut un caractère et une côiidîjitè tbtir-à-falt cbntraîres. Sa vie fut r^grilièfé et honorée, il ftft chargé par lés diic$ dé Mifah de phisieiM^s itA^ sioiis d'éèlat qti'il reinpJit avec dignité. Il reçtit de TempereW MsiUnifitKen , devant qtii il avait pr6^ nôncé un dtstours y le titre de comte. PsQàtin ; cft de Lôùîs Sforèc , dit lé Maure , celiii dé Paéricë eé là chargé de sénateur. Quaild Lbuié XH se f^encfit à Milaù , après la i^ht dé Gènes , Id rencrtMtïéié d!è Jasdri lui însplira^ là ctéribisîté de Tdntiéhdf^e, Le roi se rendit donc k Y13xAittûi€ itité uîni sliitë hbHh^
(i) Tlraboschî , uL supr, , p. ^ati.
(a) En i5o7.
pouvaient mériter quelque mention particulière, et fl est plus que temps de quitter une science qui ne sera jamais dans un grand crédit chez aucun peuple, sans prouver, par cela même que, chez ce peuple , la législation est mauvaise , et par conséquent la civilisation imparfiaiite.
Le crédit dont peut jouir la médecine ne prouve pas la même chose ; il prouve seulement que chez un peuple les hommes souffrants sont faibtës , et croient facilement aux moyens qu'on leur dît avoir de conserver la vie et de rendre la sant^. Or, c'est chez tous les peupFes et dans tous les siècles que les hommes sotit ainsi. Tout est dit contre la mé-^ ' (ïecine quand on l'a nommée un art incertain et conjectural. L'expérience et l'élude attentive de ht nature peuvent seules fixer son incertitude , et changer en axiome ses doutes et ses conjectures; maïs quel était , au quinzième siècle l'état de ces deux guides nécessaires? On suivait aveuglément des systèmes dépourvus d'expériences, ou un empyrîsme sans système. La nature était encore toute couverte de ce voile que l'on commence k soulever. La médecine était pourtant très-honorée.D&ns presque toutes les Universités elle était enseignée avec éclat; elle ne menait pas, comme te droit, aux charges et aux emplois publics; mais ette était •elle-même une charge, une fonction* , une dignité fondée sur la base trèsHSolide de l'attachement k la vie.
5^8 ïflSTOmiL LlTTflRAlïlE
Elle fut surtojqft daiçis iin l^aut crédit U Milan, 3o^s PhilippcTMarie Visconti. Jamais prippe ne ^^pccupa plus que Igii deç n^édecins , et ne leur donna plus d^occupa|ion. Dans sa cliambre , k t^le; k la chasse 9 partout |st toujours ^ il f^ait quUl en eût auprès de |ifi^ k la moindre couleur, y les faisait tqus appeler ; il les consultait sans çei^se; il ëcoulftit leurs conseils;, ipais pe prêtait pas toujours pour les suivre. Quand ils contrariaient ses desseins ou sps goûts, il n en faisait qu'à sa yolontpj et si les n^édecfns s^obsjtinaient , il les chassait de sa cQijr (i). Les Sforce n'y eurent pas moins de foi que les Visconti. Milan fut donc alors la yille 4't^li6 ^^ Us fleui*irent en plus grand '^^piqbre; mais dans les autres parties, dans toutes les Universités , ils furent aussi très-noitnbreux. L'histoire de cette science offre dans ce sciècle, en Itajîe, les noms d^une quantité prodigieuse de professeurs, dont plusieurs ont laissé, dans des ouvrages à peine connus aujourd'hui des gens de Fart, des preuves assez médiocres de leur savoir; pn ne voit pas qu'aucun d'eux ait ouvert des routes nouvelles, ni fait faire des pas ou des progrès réels à la science. Il serait inutile de répéter ces noms, qui ue rappelleraient qu'une gloire éteinte et des souvenirs effacés. v
(i) Pier Candido Decembrio dans sa Vîe de Philippe-Marie Visconti^ ScripU Rer, ital, , vol. XX*
D7TAUE, ûHÀF. XXIUi 5Si
tl eu est pourtant qudques-^uns auxquels des circonstances particulières attachent de Tiiitcrèt; Michel Sayonarole, professeur h Padoue, et grands père 4^ trop fameux Dominicain Jérôme Savona*^ rôle, laissa 9 outre quelques ouvrages de profession, un cloge de Padoue, qui contient d'utiles irenseignements sur cette ville ; Thistoire le cit« souvent, et Muratori Ta jugé digne d'entrer dai|s sa^^randecpUeclîon (i). Pierre Leoni de Spolke ne se livra pas seulement à la médeciiiê , mais k ta philosophie platonicienne j il fut intime ami de Mar^ $ile Ficin , et ce fut sans doute ce qui le fit appeler auprès d'un m^ilade dont la mort entratna la sienne. If'ayai^ pu sauver la vie k Laurent de Médicis, il fut trouvé noyé dans tin puits > k Correggîb. On dit alors qu il s'y était jeté de désespoir ; mais les plus clairvoyants accusent un homme puissant de l'y avoir fait jeter; et celui que Sannazar indique assez clairement , dans une de ses élégies italiennes (2) , et k qui l'histoire impute cette barbare et injuste vengeance, est Pierre de Médicis, fils de Laurent (3).
Gabriel Zerùi , de Vérone , eut une mort encore plus funeste. Après avoir professé la médecine k
(i) Smptor. lier. ituL , vol. ]{Çlf[][V. ,
(3) C'est cf 1^^ qqi terfflt.i^e T^ditioa ^ Pjidoiuei Comino,
(3) Tiraboschi , t. VI , p. 345. .
$B4 SàSlDIRE IlinDERAmt
^6me et k Padone, il là professait k; Y enise lebfpi*ii|i grànd personoage parmi les Torcs^ attacpé d^Que mladié gràvje^ y envoya demander im 1^* bile mëdedn. Gabriel ^ choisi par le doge> partit , guérit le^Turcj xeçnt. de riches présents et reyenait tFè9-<6ntent avec nn fils toot jeune ^ quil avait em* mlisfïé danà ce Voyage. A peine éiait-îl.en cheniia, qiid.le Turc ^. s^d^ant liyrë k quelques èxcës> retom* J^ malade, et oipunit. Ses enfants souj^aiitosittle inëdecin. italien dé Tavoir empoisonne; ; on le ponr^ 5iumt ^ c[n IJattieigoit, et après lui avoiir donné l*hoiy riUe speçttu^Ie de voir scier en . deux son enfimi'y ojfi le $t p^rir dn mèmp Supplice (^}.: Gù malhen* reuz2^ni»i'«^. laissé un Hvre de métaphysi«|ae > tf un autre' d^anatonue (a) , dont M. Portai donne un extrait dans lldUoire de cette science (3). Jean Marlianij de MUan^ fut k la fois mathématicien^ philosophe et médecin célèbre. Il donnait des le-^ çons de toutes ces sciences, et Ton venait pour les suivre, même des pays étrangers. On le nommait en philosophie un Aristote , un Hippocrate en médecine, en astronomie un Ptolémée^ cela ne nous est pas nouveau , mais ce qui Test , c'est que ces titres magnifiques lui furent donnés dans
(i) Valerianus , de Infei, Liter.y 1. 1. (a) Medicus thearkus^ c^esl-à-dîre , le professeur de médecine théorique.
(3) Tom. 1 , p. 24? et SUIT.
D'ITALIE, CHAP. XXIII; 5f85
xm édit du duc de Milan (i). Marliani écrivit, dans ces trois différents genres , beaucoup d'ou«y rages que Fon cite, mais sans dire s ils justifient cette gr;and^ réputation de Tauteur (2). Alexandre Achillini , Bolonais , frère du pbëte Jean Philotée, dont nous ayons parlé , fut plus célèbre philoso*" phe que médecin (3), et ce nom A^ Achillini^ porté , dans le siècle suiyant , par un second poëte petit-iils du premier, fut encore plus illustré en poésie qu'en philosophie et en n^édedne.
Niccolo Leoniceno , de Vicence , mérite un article k part, sinon comme médecin , du moins comme sayant littérateur , et comme l'un des plus forts érudits de ce siècle où il en existait de si forts. Il traduisit le premier , en latin , les OEuyres de Galien. Pratiquant peu la médecine, ((je sers mieux le public, disaib-il , qu'en yisitant les malades, puisque j'instruis les ^médecins )». On distingue entre ses ouyrages, celui où il examine les erreurs de Pline et des autres aiïciens auteurs qui ont écrit sm* les simples emplo|ies comme médicaments (4), ce
(1) Jean-Galeaz-Marie ^force ; Védit est du a6 septembre
(2) Voyèz-en la liste dans ArgeîaH^ BîbL ScripU Mediol y t. II , part. I.
X3) Tiraboschi, ub. supr,j p. 35g.
(4) Piinit et aliorum plurium auctarum , qui de sùnpîkihus medicaminiùus scHpserunt errorés neiati j etc.; Bude, i532 ^ in- fol. . / *
mê HISTOIRS UTTÉIÛÎRC
Jirre loi fit ilet «pcK^IJos avec {diisiâurs sa^mait ; 9 io9 SPutint Mm ajgcoiir : il cndau *èaas -mou wéffm 4^ ae Be Aciiev jamais. Soa tsiopire sar %|nue( m fasàùUBj sa v)e.dbaste eUBobve ; liji doonèraiit me laatë inaltérable ; U ricul {««{nTea ï5s4 , et mos- OLt k qifatre^wgl-oeelae ans. U'Cpadaisit iassst eals- ^ les Apbonsmes d'Hippop*ace ^ en* italien h» Sistûires de Bion , de firocope- el quelques SAf- ^es de Lndei^ : 3 écvivitJe premier an Italilimr la maladie . qa*im y Q^^péàe mal frtinçaif , qa^op nomme en Krapee mal.deNpptes , «t qui , dÎMm ; •ne commença k être coanne ' en EiiMp^ qa'en «i494 (<)*^^ a ënfinde Ini tms livyeé d^ifisioms 'diverses y des Lettres et dWtyes iÔpnsealea, qû annoncent des conodissanoes anssi ^rfinées ^*i- 4eadaes.
Gastronomie était encore alors trop souvent secompaguée des rêveries de Fastrologie judiciaire , mais souvent aussi elle marchait sans cette déshonorante escortie. La crédulité des grands était Fencouragement de la charlataneile des astrplogucs. Philippe-Marie Visconti n'en était pas moins entouré que de médecins. L'historien de sa vie (2) nomme avec soin tous ceux qu'il fit venir à sa cour, et décrit les formes superstitieuses avec lesquelles
(i) De Morbo Gaillco , Venise , Aide), i4;>7. Les CEuvres àe Leomceno oat été recueillies, Bâ!e^ iiSS, in-fol. (2) Pier Candîdo Decemlrlo ^ ub, supr^
DITALIE, CHAP. XXIII. S87
il les consultait dans toute affaire, }U perdirent tout en le perdant. Fra^açois Sfprce xi^etai|; pa$ homme à leur donner de Femploi (y); Ipiirs noms ne furent plus prononces sous 3on règne qu^yec le mépris qui leur était du. Parpii ceux qui joignirent à quelque faible pour l'astrologie de grancle$ connaissances astronomiques^ an distingue Jean Bianckinî^ Bolonais, selon les uns, jet Ferr^rQÎs selon d'autres, qui publia dqs tables as^rpno^ir ques , où sont combinés tous les mpuvement$ .dejs planètes ; elles furent réimprimées plusieurs fois dans le siècle su j vaut Ç2), et yalurent k leur auteur , de la part de rempereur Frédéric II? , la permission , pour lui €t pour ses descendant^; ^ d'ajouter Taille inipérial h leurs armes (3). Un autre Ferrajcoîs, Dominique-Marie Nqy^afa^ fit un présent plus précieux au monde ; il lui donna le gr^nul Copernic. Ce Novara était un génie hardi et qui aimait à se frayer des routes nouyelles; il ne Çfsraît pas impossible que le jeune Copernic, son élèy^f qu'il associait k toutes ses observations astrpnomiques, eût reçu de lui Ips prjBfpières idéçç de son Système du monde.
J'en suis fâche pour un art que j'aime; mais je trouye pai'mi les astrologues les plus connus, de ce
(i) Tiraboschi , t. VI , part. I , p. 298.
(2) Id. îbid, , p. agg.
(3) Id, ilid. , p. 3o2;
S88 mSTÔIRE LITTERAÏRE
siècle un dèii ses' pli^ savants musiciens, La miH Isiqué qu*ôn àyàî( dViboi:3 eiiçeijgnëe dans les &blès publitpiéSy et qdi était au nombre des sept Bri:jS/n*ëtait que le plaîn-cKaiit.^ Maiis^Tart avait fait desprogr^, étla.mosique, telle qu'elle était àuteiiips dont nbûi parlons y n^ayaît point, k propremeiît |iûtér, â*ëcolé. Louis Sfbrce fut le pre: . liiiér 4Ù1 pensa k en'fdnder une pour elle k Milan ji et te ^ftitaiér professeur de cette école fut Fran' cAiitd '(S^J^Wd/ n 14 janvier
i4^i (i);'dans sa' jeunesse V il alla montrant son art k Vérone, k 'Mantbûe/k'Gén et jusque lïaples. Chassé ^e cette dernière ville par la peste et par lés incursions des Turcs , il revint k Lodi , où il énseiigiiait la mu^icjné aux en&nts , lorsqujl fut appelé k Milan par Louîs-Ie-Maure (2). il y composa plusieurs ouvrages estimés y sur la théorie et la p'ratique de cet art (3), et fit traduire de grec en latin 9 les ouvrages des anciens auteurs sur la musique . Il était de plus assez bon poëte , trèshabile en astronomie , et malheureusement aussi en astrologie . €e fut d*astrologîe et non d^astronomie qu^il fui professeur k Padoue en 1.522 , lorsque la
(i) Tiraboschi, t. VI , part. I , p. 337.
(2) En 1484.
(3) Theoricum opus ?iarmomcœ disciplmœ ^ Milan, i^S^f în-fol. ; VracUc.n MusicoB utriusque cantûs , ibîd, , 1^96 « à€
rmonicâ Musicyntm instrumenforum y ilid. j i4i8«
D'ITALIE, CHAP. XXITI. %,
cLute de Louis Sforce y et les réyoluiions de Milan eurent renversé sa chaire musicale. Il avait alors $oixante-onze ans, et mourut peu de temps après* La Toscane fut un des états de l'Italie où les études asironomiques furent suivies avec le plus d'ardeur ; mais ce fut aussi Tune de celles où Tas* trologie judiciaire y mêla le plus ses erreurs. On croit que Marsile Ficin lui-même eut la faiblesse d'y dpnner quelque créance. Pic de la Mirandole résolut au contraire de les combattre ouvertement» Son Traité en douze livres contre l'astrologie , qui ne parut. qu'après sa mort, jeta l'alarme parmi les charlatans et parmi les dupes. Le savant astronome et astrologue Lucio Bellahti y répondit par une Déjense de V astrologie (i) , aussi en douze livres ^ précédés d'un livre de questions sur la vérité de l'astrologie (2). L'auteur parait de la meilleure foi du monde dans cette apologie. Il parle avec la plus haute estime de celui k qui il répond. Il regrette que ceux qui ont publié son ouvrage après sa mort, aient imprimé cette tache à son nom, et il ne doute pas que s'il eût vécu^ il n'eût supprimé une production si peu digne de lui (3}, Lorenzo Buonincontri de San Miniato mêla aussi les rêve-
Ci) Astrologicù defensio conira Joannem Picum Mîrandur^, ianum.
(2) De Asù'ologiœ çerùate Uber Quœstionum.
(3) Tiraboschi , t. YI , part I , p. 3o4.
0bl%ë â^ i^Hièf i» ^më dèj) stU jëiiiâfèyée, if étif fétkéikt ^MkxHï ità^<Ss tlnë a^tioëë èrédncë. Il ^iltta entité it Néfilés th^rêS .ih^ é6i Aip&dtiilli:
àSlIa», et dèfnj^ lé d^^ JP^hiOài j^aJHài Hei
HsXtiàlb^qnéit fài ptàsé, HkéAàÛH M uhlëàixbvi KTfës bi éàièith hk±àù&&éi, liSÎMé D^s &&ii!i àààirémét dêviriéi{i% W îT ittél^'; Ébftfd m <à^iice , ùii' ébl^ de h i^i!)st{iii dlf^ëHëiiMé àvéè' ^ foliés a5Ù^!(%I(jta^, et dfèë^ttélciiië^ ûâmi àm^ &. exacte^ ctfe gtôgB^htè et d'àiiii^idttisié. U ciiltiriiwu&i'flilàfditéj ér &m^ dti émâêi âftni imé partie ëift' iÉ^m^ë ^ll§ lèf ^i^ i^ caeU dé Muràtoti (3;, et VJfiitàirè des iiôti dé Naples , aussi itbpriinëc èoT gi^ùde j^iM^dë dâtfâ un autre recueil (4) • Malgré tofut soii s^oix €i totis ^es talents, il vëcut patitré, 4i ûé dici {(&ùt-étre qu'à la libéralité du cardiâàl Atàrtà de ire pis mourir de misère. .
Celui de totts ces ajtr'dâom'es qti*bn petit regard
. (i) Id. tbîd.f p. 3o6.
, (a) Rerum NaturaUum ei DMnanim , fsiic de rébus cœtestiius libri très.
(3) Depuis i36o jusqu^en 14^8. Script. Rer/itaL^ vol. XXI.
(J^Delitîœ eruditorum^ dû docteur i-ami , vol. V, VI, VlH*
ETITALIE , CHAI*. XXIII. Sg i
dOT coniine le plus célèbre y et qui fut lef jj^ltis entièi*emexit à Fabri des folies qui dé^stdaitnl aloi^jr , €eite science , c'eist Paul Thscarmlli , ïië k ¥\6^^ rence, en r3i^7 (iX, auteur du âu^erbe GnomoJM. de la cathédrale de cette ville y dout le sii^sut La Condaminëv en passant à Flcrreuee, en 17 55^ etÉt la gloire de éoUiciter et d'obteiiir la t^épardti&x^r Le sÙYoir de Ihscatielli était A ahWttéëilëiû^xït^ reconnii dans TEordpe^ que ié roi Alphonse dé Ponwgâl voulût aviJiit àdn avîs sat le pïrojèi dé* navigation aux liidei^ orientales < To^ùàhélli i*épatldit atnt qùeslttons qtti hii l\it^lii faites , pd^ dëUi lettreâ^ Tù^e adresse k Féritë^âô Wifûiiêh^ chanoine de LisbOfitië, TâtUPé k Ghrîttttpkfe G^lômb : il y joignit Utiê Cai'té de Hâtigmlbâ,- réldtiVë à ce projet y él nfe CGintrtbiiâ jiSé f>èu-j pfâr ^^tonséîls, au succès de rcÉttrèpriië(^). fe*esf atoàsttsonofnréS^ c'est auii! ouvrages t{n\ éûtfo^^ èbfèt yèstfUhétiilè, 4u'il coiivicttil do î*âppt^ëf tes sët-Wcés^ que cbt ilkistre Flbrètiriiii: ré^k k Id s^éécè; En |i£Ki4i^iit de ses deui réponâê^ auk^ ^dëatfkrnâ dii rbi dé Poi^tUgai j Je viens de toueber un- sujet- dent Fimérct plttô géat^ral veut que ttoui mtm y arrètioiïs davantage. Le gô^ i^fU^ ôatigéttbil* IbîWàifieô /
wmt^'mÊtmmtm^Êmmtmtmmm^mm
(1) Tirabdsehl, ttÀ. ;SK;»r;^{l, 3e*&
(a) Yoy* la Vie <lç CbrîsHc^e Goiotàho i far FerJiDasni Go/o/7i6o'son Êki et ie> Tf»Hé si/r lé GiMMOMn de' Florea'ce | 0ar Vabbë Xixoen^
et ra]rd<iBr pow les décoirrmAes ) qiiji régnait.joni en (KTo^wairem nae à jaiilw célèfaœ., IW des graiuls étéacmenls <|iii $i^;iialeiit 4[fe siècle mémonbki ettqoi eadok terminer letaMeaii. .
La jpassioii pour les Voyages de long cours était H^ depnis loi](g^«temps isn Italie^ Dès la fin dn tma^ème stèdey^le Yâiitîen Ihrc-Paul araîl jpàbllé la«rela^n de ceux (ju^il avait £ûts dans les Indes orienialêSy k la Chinée et au. Japon ; elle avait escité de toutes parts le désir de Timitery de dëcouviv des pays nouveaux, et de toir denses yeux tant de merveîUes. Le nombre des toyageurs fut oonsidèxaUe dans le quaiwsiènï0 siècle y et les Portogiis qui, dans le quinaème, semblèrent inspirés par le génie. des découvertes, eurent pour conseil nu JFlorentin, et pour coopérateur, ou plutôt poar guide, un Italien, dont la patrie positive a été long-temps incertaine, que Gênes, Plaisance et le Montferrat se sont disputés , mais qavai savant Piémontais a récemment et définitivement prouvé appartenir au Montferrat (i). Celui-ci s^élançant
(i) Après avoir examiné les trois opiaions^ contradictoires qui existaient au sujet de la patrie de Christophe Colombo f Tiraboschi s'était décidé en faveur de Gênes, t. Yl , part. I, p. 17a et suiv. M. GaltardTfapione^ de Tacadémie de Turin, a réfuté Tiraboschi par une Dissertation , insérée d'abord dans les Mémoires de cette illustre accadémie (^LiUéraiure et Beau(x^Arts y année i8o5), réimprimée depuis, avec des augmentations considérables, Florence, 1808, in-8^. ; et il
DITALIE, CHAP. XXIII. 593
plus loin dans la carrière , non content de dccouverles partielles , ajouta une quatrième partie au globe , et fit k l'ancien univers le présent d'un nouveau monde. Etifin un autre Italien , plus heureux, donna son nom à cette partie nouvelle de la terre , qui a exercé depuis une si grande influence sur les trois autres ^ et principalement sur l'Europe, sans qu'on ait osé décider encore si ce n'a pas été en général, et k tout considérer, une influence funeste.
Cristoforo Colombo^ né en i44^> ^ Cuccaro, dans le Montferrat, de parents nobles, mais pauvres, transporté k Gènes encore enfant, montra, dès sa jeunesse, un goût décidé pour la mer. Il fit son apprentissage avec un célèbre corsaire , son parent, et du même nom que lui. Ayant fait un ^ commencement de fortune, il s'associa son frère, Barthélémy Colombo j qui dessinait très-habilement des cartes géographiques k l'usage des navigateurs. Ils s'établirent tous deux k Lisbonne, où Christophe se mafia. En observant les cartes géographiques de son frère, et en écoutant lés récits que les navigateurs portugais faisaient de leurs voyages, il conçut les premières idées de sa découverte. Ce tut alors qu'îJ écrivit k Paul Toscanellij et qu'il en reçut une réponse propre k l'eiKîouragcr
parait avoir démonlré fjuc Colombo (Ijiil né. ilans le Morjtferrai, au cliâleau de Cuccaiv, qui appât tenait à sa ra.uillc. 111. 28
^94 HISTOIRE UTTERAIRE
dans son entreprise; mais eOe exigeait des,dëpeiises qu'on gouvernement .seul pourait faire. Oh hmbo fit d*abord m, sëùat géuois Hiommage de fes projets : on les traita de) iiâves et de yisicws. Jean II, roi de Portugal, y. fît un meilleur acçueilî mais les commissaires qu'il nomma eurent Tindignitë de dérober h Colombo ses cartes çt ^es plans, et de faire panir sur une caravelle un pilote qui heureusement ne fut pas assez habile pour eu faire usage, et revint en Portugal cpmme il eu était parti. Cqhmbo indigné abandonne ce pajs, envoie son frère en Angleterre , passe lui-même eu Espagne , proposant partout son nouveau monade, et ne pouvant le &ire.agféer k personne. Il écrivit k la courde France, qui k peine daigna loi répondre. Un moine franciscain, nommé Maj^ chena (i), reparla de lui k la cour d'Espagne; on récouta enfin ; mais les prétentions de Colombo parurent trop fortes , et ayant encore éprouvé des refus , il était prêt k quitter l'Espagne , lorsque la prise de Grenade sur les Maures changea les dispositions de la cour. Au milieu de la joie que répandit cette conquête , la reine Isabelle , sollicitée de nouveau, adopta définitivement le projet. Colombo fut appelé, rççu avec honneur, et créé, par des lettres-patentes, amiral perpétuel et héréditaire dans toutes les îles et continents qu'il vien-
(i) Fra GioQunni Ferez de Murchcna.
D'ITALIE, CHAP. XXIIL A^gS
drait k découvrir, vice-roi et gouverneur de ce5 mêmes pays , avec la dixième part de tout ce qu'ils pourraient produire, outre le remboursement de ses dépenses.
Le 3 août 1493 fut le jour mémorable ou il partit du port de Palos avec trois caravelles pour la plus grande entreprise qu^on ait jamais ten- ' téc (1). On sait quel fut le succès de ce premier voyage, les découvertes qu'il fit, et la réception magnifique et triomphante qui lui fut faite k Barcelonne, lorsqu'il y parut k son retour « Dix-sept vaisseaux furent mis sous ses ordres» Cette seconde expédition, aussi glorieuse que la première, fut troublée par les manœuvres de l'envie. Colombo revint en Espagne , et les déconcerta par sa présence. Mais k son troisième voyage, lorsqu'après avoir déjk donné k cette cour plusieurs iles, entre autres Cuba, St.-t>omiDgue, la Jamaïque, la Tri-» nité , il avait commencé k découvrir le continent qu'il prenait encore pour une île, Tenvie obtint un premier triomphe : Colomho fut destitué de ses emplois, et ramené en Europe chargé de fers. Dès qu'il put se faire entendre, il cessa de paraître cou« pable, et cependant toute la grâce qu'il put obte^ nir, fut d'aller dans un quatrième voyage (2) s'exposer k de nouveaux dangers , pour conquérir
■fcia*Mi*M«i«MMM«
1) Tîraboschi , t. VI, part. I, p. |8o« a) En iSoa.
à un gouverneiïienL ingrat des^ terres et des ricties* Hes nouvelles. A son dernier retour en Espagne, fen i5o4, il se trouva prive d/itn puissant appui. La reine Isabelle n'était plus. Ferdinand , prcveiitt par les ennemis de Colombo j n*eut plus personne àupi'ès de lui pour le défendre. Hés défais, de vaines promessefs, des propositions huoiilîantes, devinrent l'unique récompense de tant de travaux iBt de services : et tandis que les trésors de la Castille se grossissaient chaque )Our du produit des iiécouvcries de ce grand homme, il mourut de chagrin , plus encore que des suites de ses fatigues , à l'âge de soixante-cinq ans.
' Lorsqu'il eut été dépossédé de ses emplois et lamené captif en Europe, un autre amiral fut chargé de continuer la découverte du Nouveau Monde. Cet amiral, nommé Alphonse (ï'O/eda^ avait sur sa flotte un homme destiné à recueillir la gloire de cette expédition et de celles du malheureux Colombo, Il se nommait jimerigo Vespucci, Né à Florence le 9 mars i/fSi (i), d'une famille noble, il fut envoyé par son père en Espagne, pour y apprendre le commerce. Le bruit que faisaient a SéviMe les découvertes de Colombo lui inspirèrent le désir d'en laire. de semblables. Il était très-instruit en astronomie , en cosmographie , et avait
(1) Baridini ^ Vlta di Amcrlgo Vespuca\ Florence, ij^^t in-4'*» j cap, 11 , p. XXI v.
D'ITALIE, CHAP. XXIIÏ. 597
appris la navigation, spît dans des voyages précédents , soit par des études que sa passion naissante lui avait fait entreprendre. Lorsque la flotte iTAl^ phonse d^ O/eda partit , il obtint du roi dy être employé» Quelques auteurs ont prétendu qu^îl fut luimême commandant de cette flotte, mais Tautre opinion parait beaucoup plus probable. On 1 accuse aussi d^avdir, dans le3 narrations de ses voy'ges;^ commis des erreurs volontaires de dates pour .s'attribuer rhonneur d'avoir abordé le premier au con« tinent du Nôliyeau^Monde, que cependant Colombo avait découvert et recoiinu avant lui. Quoi qu'il en soit, après plusieurs voyages signalés par des découvertes, dont il a laissé la description dans des lettres que Ton possède imprimées (i), il revint en Espagne, et fut fixé ^ SéviMe en i5o7, avec le titre de pilote majeur. Son emploi était d'examiner tous les pilotes , et de leur désigner les routes qu'ils devaient tenir en naviguant : titre et fonctions très - convenables , dit le judicieux Tirahoschi (2), pour un homme versé dans la science de la navigation , mais au-dessous du mérite de celui qui aurait commandé en chef une flotte , et découvert le contipent d'un Nouveau monde. Ce lut cet emploi qui Jui fournit l'oeca-
(i) A la si^îte (le sa Vie, éorUe.ei publiée par Angeio Maria Sandini, ub, supr,
(2) Tom. VI , part. I , p. igp.
59« HISTOIRE LITTERAIRi:
-sioii de rendre son nom immortel, eu le dômuuil aux pays nouvellement dëcoayerts. En desrâmit les cartes pour senrir de guides k la XLavigation des pilotes, il indiquait le nouveau continent par le nom è! America (i), et ce nom , rëpëlë par les navigateurs et par les pilotes, devint bientôt universel* Les Espagnols eurent beau s*en plaindre, ce ifom est reste au Nouveau-Monde. De quel<^e Bature que fussent les droits ^Amerigo Vesfmcci pour le lui doimcnr, suivant rdbsërvadon très- . simple et très-juste des auteurs de THistoire des voyages (2), après* une si longue possession j il est trop tard pour les combattre*
Les florentins qui ont conservé de leurs an* dennes moeurs Tusage de tenir fortement à la gloire de leurs illustres concitoyens, défendent celle de ce célèbre voyageur contre tous les reproches que lui font les Espagnols, les Génois, et qui sont, malgré leurs efforts, adoptés par les bisioriens les plus impartiaux et les juges les plus intègres. Ils tiennent, pour ainsi dire, éternellement allumé devant son nom le Fanale qui le fut devant sa maison, par décret de la république (3). Cétait un honneur que leurs aïeux n^accordaieut qu'à ceux qui avaient bien mérité de la patrie.
(1) Tiraboschi , /oc. cit.
(a) Traduite et rédigée par l'abbé Prévôt, t. XLV^ p. %^i.
(3) Bandini^ Vka , etc. , p. KLV*
D'ITALIE, CHAP, XXni. 599
Quand le bruit des voyages dijimerigo p^espucd et réclat de son nom se répandirent dan^ TEurope y on fit des fêtes k Florence , et la seigneurie envoya , devant la maison de sa famille , les lumières qui y restèrent allumées pendant trois nuits et trois jours ; c'est ce qu'on nommait // Fa^ nale. On illuminait alors dans toute la ville , et les nobles étaient obligés d'entretenir des feux au haut de leurs maisons ou de leurs palais , pour se montrer d'accord avec l'allégresse publique . C'est ainsi que ce peuple sensible savait honorer ses grands hommes.
Tel fut le mémorable événement qui termine avec tant d^éclat l'histoire du quinzième siècle. Si Ton parcourt d'un œil rapide son étendue entière , on en voit les différentes parties marquées par diverses époques , qui sont liées ensemble comme les actes d'un dj:^me* Au commencement^ on se retrace y comme dans une exposition , là gloire du siècle passé , les trois grands phénomènes qui ont paru sur l'horizon littéraire, la langue fixée par eux, et les modèles inimitables qu'ils ont laissés; On reconnait que s'il est jamais possible de s'élever à leur hauteur, c'est en suivant la même route, en mai^hant avec eux survies pas des anciens, en se pénétrant des beautés dé leur langage , de la sublimité de leurs conceptions^ de la grandeur et de la finesse également naturelles de leur style. On semble quitter alors une langue naissante , on se
6oo HISTOIRE LITTERAIRE
livre toàt entiers' à la recherche^ «tes onvmgeff Aeê andens et k leur ^de. Le kûn redevient, pour ainsi dire^ la seic^ taûgtieéimte^ et* le grec seol est encore me langue savante. Oa nodôuble d*ffr^ denr paot Pappi^endre, et pMir en posaéder les Humoments. Ni4e dépense n^est ëpargniée, mcSi^ peine ne rebute, nid voyage n^effraie. On {Mf^ court, on explore, on feiutte l*Edrope entières* tm commerce s^ëcaMîi en Orient y non ponr de^ objets laatérLls de consommation oa de hoe, maïs pouf les trësors de Famé et les ricbesses de respnt. L^Italie est ainsi préparée, quatfd IXhrieaC âf'ér crocde, et jette en quelque sorte dans Mn sein, des savants, de$ philosophes, des littiératottrs <Ksperses, emportant avec em, comme levons dieai pénates » non les statues dé lenrs ancêtres , mais les prodaciions de ces grands génies el leurs cbefsd œuvre immortels. Us anivent dans des lieox si bien disposés à les recevoir, conmie dans une seconde patrie. Ils n'y trouvent pas seulement un as}')e, mais des distinctions, des honneurs. De$ chaires s'élèvent pour eux , àe^ gymnases leur sont ouverts ; Aristote retrouve son lycée et Platon son académie.
Mais ces richesses déroI?ëes par les G rets fugitifs aux flammes qui avaient consumé tout le reste, et celles qu'on avait retirées avec tant de peine du fond des cloîtres d'Europe, où tant d'autres avaient péri, pouvaient périr encore. Le temps et ses ré-
DITALIE, CHAF. XXIIt. ^01
volutions, la gaèrre et ses ittrears, pouvaient ame« ner un dernier désastre que rien n^aurait pu réparer. Un art couservateur et propagateur est doimé aux hommes. L^intprimerie est inventée , et \èff eeuvres du génie , et les oracle^ de k vérité ^nt désormais impérissables. En6n Tanivers connu n^ parait plus suffire k Tambition de Fesprit humain , au désir qu'il a d'accroître ses lumières et ses jouissances ; il se trouve trop serré datis cet «niversf on en découvre un autre ^ nouveau théâtre ou il s'élance, pour en rapporter des richesses non** velles 9 et dans Tespoir d'arracher à la natuf e ses derniers scxrrets.
Hem^eux les hommes s^ils n*j étaient conduites que par ces nobles passions, si la vile et insatiable* soif de l'or ne les y gijitlait pas , si elle ta'entràlnaît k sa suite la ruinç , la dévastation , les infirmités nouvelles, les fléaux destracteurs, Fintarissable effusion de sang hmnain, l'extinction de races' entières , l'esclavage d'autres races , accompagne des plus atroces barbaries', et dans le lointain , la vengeance de ces excès par des atrocités fient moins horribles! Mais, telle tfst la maîlheureusé^ condition de Phomme, la somme des bieAs et des maux lui fut donnée dans une mesure inégale. H lutte en vain contre cette inégalité primitive; et dès qu'il ajoute par son industrie aux biens qui lur furent permis, il semble que la fataKté de sa nature
6o% HISTOIRE LITTERAIRE
augmente en proportion le nombre et rintensité d« ses maux.
Cependant soyons justes : connaissons nos misères, mais ne les exagérons pas. En parcourant dans cet ouvrage les' annales des progrès de Tesprit humain, pendant près de dix siècles, nous avons constamment observé que du moment où les lumières, éteintes par la combinaison simultanée de plusieurs causes que nous avons tâche de conrnitre, recommencèrent au dixième siècle à jeter une faible lueur , elles ont toujours été croissant , sans faire un seul pas rétrograde, jusqu'au moment où nous voilà parvenus ; qu'aucun des maux qui affligèrent alors ITtalie et TEurope , ne vint de ces progrès de Fesprit, mais des sources trop connues et trop compliquées du malheur de toutes les sociétés civiles; qu'au contraire, k mesure que les lumières se sont accrues , que les plaisirs de Tesprit se sont fait sentir, que les talents se sont multipliés, épurés et agrandis, la triste condition humaine s'est adoucie , Thomme a repris a la ibis plus de noblesse , de vertus et de bonheur, et qu'il lui a fallu, si j'ose le dire, s'ouvrir de nouvelles sources d'infortunes , pour que l'arrêt de sa destinée fût accompli , et pour que leur masse pût surpasser encore celle de ses jouissances et de la félicité convenable k sa nature .
I^QUS verrons cette vérité consolante confirmât
D'ITALIE, CHAP. XXIII. 6o3
dans la suite par les autres parties de cette Histoire. Nous n'aurons plus h. parcourir des époques aussi arides. La nuit de la barbarie et de l'ignorance est dissipée : les ténèbres du faux savoir, et la triste lueur du pédantisme font place au jour pur de la saine littérature , de l'érudition choisie et du goût : les grands modèles ont reparu dans tous les genres^ €t les esprits ayides de produire n'attendent que le signal d^un nouveau siècle , pour répandre avee profusion leurs inventions et leurs trésors.
éi.
6o6 NOTES AJOUTEES.
â« In pision ^ piactndol dimostrare
AlV aima mia da Qoi presa efaita
Con quel placer che w? çùslr^ occhi appare: