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{}) Be diséis et factis Alphomi.
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puërll , mais caractéristique , et rapporte par deux historiens contemporains (i)^ que notre bon La Fontaine fait allusion, lorsque, dans la grande querelle entre la mouche et la fourmi , la mouche dit avec orgueil :
Tous campez'vous jamais sur la tête d'un roi ?
U serait trop long de rapporter tous les traits de la vie du roi Alphonse qui prouvent son amour pour les sciences, pour la théologie, où il se piquait d'être aussi fort qu'aucun docteur de son royaume, pour la philosophie et pour les lettres. Le soin qui occupait le plus alors tous ceux qui les aimaient ^ celui de rechercher et de rassembler d'anciens manuscrits , était un des objets favoris de son attention et de ses dépenses. U parvint k en former une collection nombreuse et choisie ; et de tous les appartements de son palais, sa bibliothèque était celui où il se plaisait le plus . U n'avait point pour écusson d'autres armes qu'un livre ouvert ; sa joie s'exprimait par les signes les moins équivoques quand on lui en procurait un nouveau pour lui ; lorsqu'à la prise et dans le pillage de quelque ville, il arrivait aux soldats de trouver des livres , ils se gardaient bien de les détruire, et les portaient au roi , comme ce qu'ils avaient trouvé de plus pré-
(i) Ce même Anton. Panormîta, et Naldo Naldi , Vita JarmoUi Manetti; voy. Murât ôpi 9 Script. Rer. ital^ , vol. XX^
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deux dans le butin. Cest cette passion pour les Kyres que Cosme de Médicis sut mettre à proik pour terminer quelques différents assez graves qui s^étaient élevés entre Alphonse et lui. U fît à ce roi le sacrifice d'un beau manuscrit de Tite-Live, et la bonne harmonie se rétablit (i). Malgré nos progrès en tout genre et tous les avantages de notre siècle sur celui de Cosme et d'Alphonse , il esl permis de regretter le temps où le don d'un livre ktin , fait k propos , maintenait où rétablissait la paix entre deux états. L'histoire ajoute que les mé^ decins du roi voulurent lui persuader que ce livre était empoisonné; mais qu'il méprisa leurs soupçons y et se mit k lire l'ouvrage avec un extrême {daisir (2).
Quelques années plus tard , ce moyen de négo-* cktioB aurait perdu son efficacité* L'invention de l'imprimerie, autre événement plus important encore par ses effets que la prise de Constantinople , sembla naître k la même époque pour consoler le inonde littéraire de cette ruine et pour en sauver les débris. En rendant aussi prompte que facile la tatdtiplication des copies d'un livre , elle en dimi-* nua la haute valeur. Il y eut encore des exemplaires infiniment précieux , et il y en aura toujours ; mais
(0 Crînitus, de honestâ Disciplina, 1. XVIII , c. 9; Tîraboschi , t. VI, part. I , p. gS.
(2) Tiraboschi , uà. sup.
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il n'y en eut plus d'inappréciables, parce qu'il n y en eut plus d'uniques, dont la possession put être l'objet de l'apibition d'un roi, et dont le sacriOce lui parât une satisfaction suffisante. On a observé avec justesse (i) que cette invention parut précisément dans le temps le plus propre à sa propagation et h son succès. SI elle était née dans ces siècles où l'on ne s'était encore occupé ni des sciences: ni des livres, où un homme passait pour savi^nt iiès qu'il était en état de lice et d'écrire tant bien que mal , les inventeurs auraient été foixés de laisser oisifs leurs caractères et leurs presses, peutrêtce de les jeter au feu, et de chercher pour vivre d'autres ressources. Mais le bonheur des lettres voulut que l'imprimerie fût inventée précisément au moment où la recherche des livres excitait un enthousiasme universel ; à peine était-elle connue qu'elle (ut accueillie , célébrée , adoptée de toutes parts , comme le don le plus précieux que les arts eussent encore i^'iit aux peuples modernes ; invention merveilleuse en effet, qui décida plus que toute autre de leur supériorité sur les anciens, et qui fut pour l'homme civilisé un luoyeu de progrès aussi puissant peul-eti'e que l'avait été, dans Tcufancc de la civilisation, la découverte de l'écriture et la création de l'alphabçtr
Maycnce, Harlem et Strasbourg se sont long-
0) ïiiaboschi. part. 1,1. 1, c. 4*
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(çmps disputé rhouneur de lui avoir donne naissance. La Caille, Chevillier, Maittalre, Prosper Marchand, Orlandi, Sckœphlin, Meerman (i), semblaient avojr épuisé celte matière. D^autres auteurs Tout encore traitée depuis.. Le résultat le plus clair de toutes ses recherches est que Tinvenn lion de rimprimerie en caractères mobiles appartient .k TAllemagne ; que Jean Guttimberg de Ma jence l'employa le premier (pi) , et que le pre-mier livre qui fut imprimé avec cette espèce de caractères fut une Bible qui parut de i45o b 1455, et dont on na encare retrouvé, dit*on, que trois exemplaires (3). Le reste importe médio-
(i) Histoire de V Imprimerie ^ Paris, 1689, în~4*« î i'Orl-^ gùie de l'Imprimerie de Porw, Paris, 1694 , in-4'*« > Annales Typoffraphicif La Haye et Londres, 17^9-174'» 9 voL in-4*-; Histoire de i' Imprimerie , La Haye, 1740, iji-4**# Origine e progressi dclla stumpa ^ Bononiae, 1722, in-4**» » VîndkiiZ Typographicœ , Argenlinse, 1760, m-4°- î Origines lypogrcphycœ^ La Haye, 1765, in-4"-
(2) La faWe de Laurent Coster, soutenue par Mcorman, <^t entièrement discréditée aujourd'hui. M. de la Serna Saet^der, dans V Essai historique qui précède son Dlciionmatre ^^HqgrapJiique choisi du cfuitizièéne ^ièoie j, hi'USiv\[&s ^ 180S, iî>r8*. , ne laisse rien à désirer ni à dire sur cet objet.
(3) L'un est dans la Bibliothèque du roi de Prusse, à Perlin; laulre chez des Bénédiclins, près de Mayence (il ijiit <^lre maintenant à la Bibliothèque impér» ) ; le troisième
Paris, h la Bibliothèque Mawrine* (Tiraboschi , ^itor. délia Letfer. itaL ,. t. YI, part. I , p. 121. )
crement k ceux qui sont plus attentifs aux effets et aux causes ) que curietdc des noms de lieu et des^ dates ^ Il parait encore certain que cette int^ention passa d'Allemagne en Italie avant de se rëpandre ailleurs; mais une autre question que les ërudits italiens ont souvent agitée ^ et qui nous arrêtera encore moins y est de savoir quel est , en Italie , le liçu où la première imprimerie s^établit. £st*ce Tenise ou Milan ? Est-ce le monastère de Subiac , dans la campagne de Rome? Dans Tun ou dans Fautre lieu^ on avoue que ce furent deux imprimeurs allemands (i) qui transportèrent leurs ins*truments et leur industrie , et que leurs éditions les plus anciennes ne remontent pas plus haut qiie i4&5. Ce qui parait donner Favantage au monastère de Subiac, c'est qu^il était alors habité par des moines allemands , et que ce dut être un motif de préféreitce pour des ouvriers de ce pays.
Cosme ne vécut pas assez pour voir cette belle découverte se répandre dans sa patrie. Pendant ses dernières années, il passait, k quelques-uneis de ses maisons de campagne (2), tout ]e temps qu^il pouvait dérober aux affaires publiques. L'améliorafion de ses terres, dont il tirait un immense revenu , y faisait sa principale occupation , et l'élude de la philosophie platonicienne , son plus
(1) Sweinheim et Pannart2.
(2) Careggi et CafTagiolo.
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tigréable délassement. Marsile Fîcin Taccompagnait dans tous ces voyages; il a ëerît quelque part que Midas n^ëtait pas plus avare de son or , que Gosme ne Tëiait de son temps, U Fémploya ainsi jiisqu^à son dernier jour, donnant k ses afl^ires personnelles', avec une grand calme d^esprit , le tempS: qn^elles exigeaient de lui , et consacrant le reste k des entretiens philosophiques siir les matières les plus élejées et les plus abstraites. Se sentant près de mourir, il fit appeler Coritessinaj son épouse, et Pierre, son fils, leur parla longtemps des affaires du gotrvcmemeht , de celles de son commerce et de sa famiUe , recommanda k Pierre de veiller avec Isl plui grande attention sur Tédocation de ses deux fils , Laurent et Julien , ex^;ea que ses funérailles se fissent avec la plus grande simplicité ^ et mourut ^ix jours après (1) , âgé de saixante-quinije ans.
Si ses itmérailles furent fôite^ sans autre pompe qoe celle que son fils crut nécessaire k sa piété filiale et k la décence (2), elles furent accompagnées dWe affluence de citoyens, etr d^expressions de la douleur publique , plus honorables pour sa mémoire que toutes les magnificences du luxe des
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(1} Le I®'. jour da mois d'août itfi^.
(2) Voyez le détail de tous ces frais dans un article des Bkordîdi Pietro de' Medici ^ noie il^i , à la fin de la Vie de Cosrae, écrite en latin par Angelo Fâbroni, p. 253 (gt suir^ m. 18
morts; et ce qui Thonore encore d'avantage, c'est le décret du sénat y confirmé par le peuple, qui décerne a Cosme de Médicis , après sa mort , le titre de Père de. la pairie (i).
Si Ton ajoute k Tidée que Thistoire nous donne de ses avantages extérieurs , de la culture et de Télëvation de son esprit , et de la protection aussi éclçiirée que généreuse qu'il accorda aux léttr'es , les encouragements que lui, durent les beaux-arts , qvii étaient encore^ pour ainsi dire , au berceau , on sera forcé de reconnaître que , si les circons-* tance» fiitYOrisèrent singuUèremeut cet homme Slustre^ il sut aussi profiter admirablement de ces circonstances heureuses , et que tout ce qui honore l'esprit humain, tout ce qui iit à cette époque la splendeui* et la gloire de son pays, trouva, dans le noble emploi qu'il (ît de son pouvoir et de ses richesses, de puissants moyens d'accroissement et de prospérité.- Ce n'ét^t pas un protecteur que les artistes et les gens de lettres croyaient avoir en lui , c'étjait un ami que leur avait ménagé la fortune, et qui aimait k partager avec eux ce quelle avait fait pour lui ^ de même que ses concitoyens ne voyaient dans un chef si affable , si simple et si populaire , qu'un citoyen laborieux et appliqué , que sa capacité rendait propre k gérer, mieux qu'un autre, les affaires de la république, et ses
(0 Voyez ce décret^ ibidem ^ note i4a, p. aSj, a58.
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richesses , et sa magnificence k les représenter ayec plus d'honneur. Il dépensa des sommes immenses k décorer Florence d'édifices publics. Michellozzi et Brunelleschî , dont Fun, dit M. Roscoê (i), était un homme de talent, et Tautre, un homm^ de génie, étaient ses deux architectes de choix. Il employait surtout le dernier pour les monuments publics ; mais , lorsqu'il fit bâtir une maison pour lai et pour sa famille , il préféra les plans de Michellozzij parce qu'ils étaient plus simples. En décorant cette maison des restes les plus précieux de l'art antique , il y employa aussi les talents des ar^ dstes modernes, et surtout du jeune peintre Masaccio j qui substituait un nouveau style , une composition plus expressive et plus natui'èlle , à la manière sèche et froide de Giotto et de ses disciples; il l'occupa ensuite , ainsi que Filippo Lippij son élève , k embellir les temples qu'il avait fait bâtir ; et l'on voyait en même temps k Florence, comme dans une nouvelle Athènes, Masaccio ,ei Lippi orner des productions de leur pinceau les églises et les palais, Donatello donner au marbre l'ex* pression et la vie, Brunelleschi ^ architecte, sculpteur et poète, élever la magnifique coupole de Santa Maria del Fiore ^ et Ghiberti couler ça bronze les admirables portes de l'église Saint-Jean, qui , suivant l'expression de Michel-Ange , étaient
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(i) Ufe ofLoremo de' Meéicif chap. i.
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