‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 103 sur 384 · S. AMANI · texte numérisé non relu

S. AMANI

catéchisa, et qui peut-être le leva ÈWSSi des sacrés fonts du Baptême en 390 au plus tard. On croit par-là que S. Amand étoïl dès-lors révolu <ln S;icerdoce. Cette circonstance jointe à celle du nom et du trmps, BStrfble suffire pour nous pcrsiKi-

ii.er.ii..] der que c'est le même ' Prêtre Amand, qui avant l'an 394

écrivit à S. Jérôme pour lui proposer diverses questions sur L'Ecriture. On a d'autant moins lieu d'en douter, que l'on a plus de preuves du commerce établi enlre S. Jérôme et nos Gaulois, particulièrement sur ces difficultés.

ibid. ' S. Amand dans son Mémoire prioit le S. Docteur de

lui expliquer, 1°. Ce que signifient ces paroles du Sauveur, en S. Matthieu ehap. 6. v. 34: N e so'iez point en inquiétude pour

r ,61 le lendemain ; car à chaque jour suffit sonmal? 2.°. 'Ce que S.

Paul prétend nous dire dans cet endroit de sa première Epitre aux Corinthiens, chap. 6. v. 18: Quelque péché que F homme commette, il est horsducorps; mais celui qui commet une for-

p. 163. nication pèche contre son propre corps? 3°.' Quel est le sens du

même Apôtre dans les versets 25 et 26 du chap. 15 de la même Epilre, où S. Paul dit : CarJ. C. doit régner, jusqu'à ce que le Père lui ait mis tous ses ennemis sous les pieds; car toutes choses lui ont été mises sous les pieds. Or la mort sera le dernier ennemi qui sera détruit?

p. i6i. ié2.. ' A ce Mémoire Amand en avoit joint un second, que S. Jé-

rôme nomme un petit papier, et dont il rapporte le précis dans sa réponse. C'étoit pour consulter ce S. Docteur sur l'état d'une femme, qui aïant quitté son premier mari pour cause d'adultère, et pour d'autres crimes énormes, en avoit épousé un autre malgré elle ; seavoir si cette femme pouvoit être reçue à la Communion de l'Eglise, sans s'être soumise à la pénitence, son premier mari vivant encore? Ce fait semble le même que celui de Sainte Fabiole, dont S. Jérôme parle fort au long dans sa letre à Océan. Mais rien n'empêche néanmoins qu'une autre femme n'ait pu se trouver aussi dans le même cas. S'il faut l'entendre de Sainte Fabiole, il faudra dire qu'elle s'étoit adressée à S. Amand pour lui en demander son avis, et que ce sage Prêtre aura eu recours à S. Jérôme pour le prier de résoudre la difficulté.

p. i6o. i63. ' Le S. Docteur y satisfit comme aux autres questions pro-

posées, par une letre que nous avons encore, adressée au Prêtre Amand que S. Jérôme qualifie son saint et vénérable frère.

Après

EVEQUE in: B0URDEA1 \. W v . ,

A|uv> que S. Paulin eul renoncé au monde, el quitté les Gaules. S. Au, .nul ci lui lièrent entre eux un commence Paul, ep.it. d. 5. réglé de letres; se servanl pour cel "Hier de charité «l'un nommé Cardamas, que S. Amand avoit porté à embra («pieté. Us s'écrivoienl très souventl'un àl'autre. Quelque- ep. 36.p,£. lois les lciics de S. Arnaud étoîenl courtes, mais renferniuicn! un grand sens, (-elles de S. Paulin éteient beaucoup op. u. .,. i. plu- longues; el S. Amand bien loin de s'en dégoûter, Le ; suit île les multiplier; 11 l'\ excitoil même par ses pn pree lie-, dans lesquelles un trouvoit, dit S. Paulin, une ckarité qui partoit d'un cœur pur, d'une foi non dissimulée el qui ne-respiroit qu'une sincère affection, avec toute In candeur de la vérité. Paulin de son côté témoignant par-tout une ami- ep. 2. n. i-fc tié et une tendresse très-particulière peur S. Amand, il IVxhortoità son tour à multiplier aussi ses letres, n'en pouvant trop souvenl recevoir. Pour l'y porte!' plus efficacement, il lui représentait que Dieu s'étant servi de lui pour le l'a ir- naître en J, C. il étoitobligé de prendre un soin particulier de l'instruire : Que se trouvant honoré du Sacerdoce, il avoit besoin de ses insiructions, pour remplir dignement un si saint ministère : Que devant faire sa joie et sa couronne, il devoit faire aussi le sujet de son travail de tous les jours.

' S. Delphin étant mort en 402, ou 403 au plus tard, com- Gau. çjy. nw. 1. me nous avons dit, le Prêtre Amand, qu'il avoit chargé de *' p' /88' son vivant du ministère de la parole, fut élu à sa place Evêque deBourd.:aux. Il gouverna son troupeau avec tant, de zèle et de vigilance, 'que S. Paulin, dans une litre écrite vers l'an Paul. ep. 48. p. 409, le met au nombre des plus dignes Ministres du Seigneur, qui faisoien! voir au milieu de la corruption du siècle, qu'il y avoit encore de très-fideles dépositaires de la F oi et de la Religion. 'S. Amand eut néanmoins la douleur de voir non- toi. h. e. t. 10. seulement son pais inondé de Barbares, qui étoient les Gots, p' '""• mais aussi sa propre ville Episcopale saccagée et brûlée en 414 ou 41 j. Ainsi il ne faut pas s'étonner si parmi tant de troubles, il ne s'est rien conservé des actions de ce saint Evêque.

C'est apparemment pour remplir ce vuide ' que des Ecri- Gaii. Chr. iwa. p. vains des siècles postérieurs ont imaginé, que S. Amand ne juu. p. ^.s.' '',!'. i's pouvant réussir à corriger les mœurs corrompues de son peuple, médita de quitter son Eglise. Qu'en ce même temps la Providence lui adressa S. Se vérin Evêque de Cologne. Que

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