‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 107 sur 384 · Tome IL A a · texte numérisé non relu

Tome IL A a

v SIECLE.

isi; S. I>ACLI\

\i •• que l'antiquité nous a conservé (]fi l'histoire (Je ça i saint Evêque; ' quoiqu'un nommé Pacatus eûj entrepris d'é-

crire sa \ie en vers. Comme nous ii'avpns point d'Epiiaphe originale de S. Paulin, nous niellons ici pouç lui on servir, l'éloge que Fortunal de Poitiers a (ait dp lui dans son Poème sur la \ ie de S. Martin.

Fort. vil. M. 1.2 p. 304

' Dives agris, opulena famuUis, Locuples et aceryiB, Vir censu vastus, lare celsue, et ore miamlus, Diiioi- [pse flde, pro Ghristo fit sibi pauper, Et dédit innumeros redimentes crimina nummps, Cujus sparsa solo migravit ad astra Facjiltas. Fecit ci in cœlum pignus ascendere terras. Ergo Evangelmm Paulrao implenté relatum, Martinus raonitat cunctis talein ésse scquenduin Tramitc difficili, potuit qui pergère dives.

Paui. Cp 35. ' S. Paulin avoit un frère qui fut baptisé comme lui par

Saint Delphin, et qui mourut long-temps avant notre saint Evoque, en un état qui lui faisoit beaucoup craindre pour son

Genn. vit. iii. c. salut. ' Gennade fuit uussi mention d'une sœur de S. Puulin, à luquelle le Suint écrivit plusieurs letres sur le mépris du monde. On ignore les noms du frère et de lu sœur; et nous ne sçuvons rien uutre chose de certuin sur su fumille.

Le propre cuructere de S. Paulin étoit lu douceur, l'humilité, la modestie, lu pieté, lu charité, une tendresse de conscience. Ce furent sur-tout ses grandes quulités qui le firent chérir et estimer de tous les grands hommes de son temps. Il étoit lié d'umitié uvec S. Delphin et S. Amand ses Evêques, avec S. Ambroise, S. Augustin, S. Jérôme, S. Murtin, S. Alype, S. Sévère Sulpice, Hufin, S. Victrice de Rouen, S. Honorât d'Arles, S. Eucher, Nicetus Evêque duns la Dace, etc. On a déjà vu dans le cours de son Histoire, quelques traits de l'estime que ces grands hommes faisoient de lui; et nous ne nous arrêtons pas à en rapporter d'autres. Les letres de S. Augustin et de S. Jérôme en particulier, sont

Suip. diaï. 3. n. remplies de ses éloges. ' S. Sévère Sulpice nous le représen-

2i. p. Mo. te ^ 4Q^ lorsqu'il écrivoit ses Dialogues, comme un hom-

me illustre dans tout le monde par sa pieté.

La pauvreté volontaire à laquelle S. Paulin s'étoit réduit, en distribuant ses grands biens aux pauvres et aux Eglises, a

i:\ KiMK DE NOLE. 187

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fut l'admiration el du siècle où 'I a vécu, h des suivants. Il étpil extrêmement pénétré de sa propre foiblesse. de la né-

îéfrté du secours de Dieu, el oe réconnoissance pour l< grâces qu'il en avoil reçues. Il avoit beaucoup de dévotion

pour les S;iinK cl de aération pour leurs reliques. 'Sou Sid.i. ; Bp ■ p. don particulier en qualité de Père de l'Eglise; esl d?exciter : JJS .' TUL aM' p> ce qui convienl parfaitement à cette dou -i vive

et si animée qui se voit par-toul en lui. H <]wi est i. pre à exciter les âmes et 1rs porter ;i la pieté.

Quelque peu d'estime qu'il fit de lui-même, cria n'empêchoil pas que les autres n'eussent beaucoup de respect

pour ses lumières. ' S. Augustin même s'adressoit à lui pour tng. ep.as.n. s.

le consulter, 'et le prioit quelquefois de corriger ses écrits, ep.27. n.e.

témoignant qu'il se soûmettoit volontiers à sa censure. S. Paul. ep. ss. n. 5.

Sévère Sulpice le pria de lui donner des éclaircissements

sur l'histoire à laquelle il travailloit alors. Le Prêtre Di- q..43. n. 3.

dier lui demanda aussi une explication des bénédictions que

Jacob donna en mourant à ses enfants. ' Enfin le prêtre Aie- ep. 33. n. 2.

the lui aïant demandé quelque écrit de sa façon, notre Saint

lui envoïa son beau Sermon sur l'aumône, intitulé Du tronc.

S- n SES ÉCRITS CERTAINS ET EXISTANTS-

Les Ecrits de S. Paulin ne sont pas des ouvrages de longue haleine ; mais il en avoit laissé un assez grand nombre, qui malheureusement ne nous ont pas été tous conservés. Nous allons donner d'abord le catalogue de ceux qui nous restent, puis nous parlerons des autres suivant Tordre que nous nous sommes prescrit.

1°. ' Nous avons un recueil des ses letres, au nombre de Paui.ep.p.i-322. cinquante, ' qui ne sont peut-être que la moindre partie de celles qu'il a écrites. Car il paroît et par celles qui nous sont restées, et par celles que ses amis lui adressent, qu'il en avoit écrit presque une infinité d'autres. ' Gennade nous assure Genn. vir. m. c. qu'il en avoit adressé un grand nombre à sa sœur sur le mé- 48' pris du monde, lesquelles sont ou perdues, ou encore cachées dans les Bibliothèques. ' On juge que dans celles que Du Pin, bu>. t. 3.

1 On ne sçail sur quoi se fonde 'M. Fleuri qu'il de mette de ce nombre le Martyre de Fleu. H. E. t. 6 pour en compter cinquante-deux, à moins S. Genès, et le Sermon sur le Tronc." p. (.5.

A a ij

\ S1ECLI

1ss s I» A II LIN,

nous ayons il y 9 beaucoup d'agrément, m.iis <|iir néan-

iiii ii- ■ : - i. n. moins elles di\. Hissent plus «pùllrs n'inslruisenl . ' Kl cela esl '' vrai pour ce qui regarde la science des dogmesj et des ques-

tions difficiles, à ([(loi son Imiuililé l'a empêché (i'' s'appliquer. Mais OJD p ni dire qu'elles i nshu is«ni extrêmement pour [édification, pour les moeurs, et pour la science du cœur. G'esl particulièrement par ses letres que S. Paulin a fait, comme dii le Cardinal du Perron, les délices do son tempe, p. si. ' S. Augustin nous a appris l'estime que nous en devons (ai-

re, par les éloges, qu'il donne à la première qu'il reçut de saint Paulin; et ces éloges eomiennent ('gaiement à toutes les Aogj rp. ti-.n. -2. autres. « ' J!ai lu, lui dit ce Père, vôtre lettre, où l'on voit « couler le laitelle miel , qui marquent si-bien la simplicité « de cœur avec laquelle vous cherchez Dieu, dans le sen- « liment que vous avez de sa bonté, et où vous paraissez tout « pénétré d'amour et de reconnoissance pour lui. Tous nos « l'reres l'ont lûë aussi-bien que moi, et ne se lassent point de « la lire. Car ceux qui l'ont déjà lûë, me l'enlèvent encore, « parce qu'elle les enlevé toutes les fois qu'ils la lisent. Aussi « répand-t'elle la bonne odeur de J. C. avec une abondance a et une suavité qui ne se peut dire. » eP. is6. n. *o. ' Et dans une autre letre où S. Augustin réfute les Péla-

n. 39. giens par les paroles de S. Paulin, il lui dit encore : « ' Vos

<( letres répandent la bonne odeur de J. C. dans toute sa puce reté. Vous y brillez comme un fidèle amateur, et un géné- « reux défenseur desa grâce. » Ubi germanissimus gratiœ ipsias Bib. s. vin. Cen. dilector et defensor appares. 'Nous avons une traduction en nôtre langue des letres de S. Paulin, laquelle a été imprimée à Paris chez Louis Guerin l'an 1703 en un volume in-8°. i>aui. ep. p. 216- 2°. 'Parmi les lettres de S. Paulin nous avons l'unique Ser- -1'1- mon qui nous reste de lui. Il est intitulé Z)<? Gazophylacio, c'est-

Tiii.iijui. p. 112. à-dirc Du Tronc, ' sans doute parce qu'au commencement il parle du Tronc, ou comme il le nomme après Tertullien, de la Table que l'on mettoit dans l'Eglise pour recueillir les charités des Fidèles. Les Sçavants jugent que c'est une des plus exp. 4. cellentes pièces de l'antiquité sur l'aumône, ' et qui fait voir

r-aui.ihid. p. aie. davantage les beautés du style de son Auteur. ' S. Paulin l'avoit joint à une de ses letres au Prêtre Alethe, depuis Evêque de Cahors; et c'est par ce moïen qu'il est venu jusqu'à nous, p. aïs. 2i6. not. On croit qu'il fut prononcé et envoie en 403, la même année que la letre à laquelle il étoit joint.

EVÉ0ÛE DE Nul r.

Aila fin do recueil des mêmes letres de S. Paulin, se trou- . ve l'histoire du martyre I S l'Arles. On a toujours tut ibw p, u«

l'attribw t( : el nous de

[ui nous empêche de croire qu'elle est effectivement son ouvrage. Seul menl il esl difficile r quelle rticuïiere S. Paulin auroit pu avoir de récrire. e doute Qu'elle soit de lui: el il semble plus po à l'attribuer à un autre Paulin, quiétoit Evêque de B en i2<i. D'autres confondant cette histoire avec l'homélie qui la suit dan? Surin-, et qui »j-t la même que la 50e para qu'on donne à Eusebe d'Em se, l'attribuent à ci autres Auteurs. Mais poorce qui est de l'histoire, comme elle a assez <• ■*>• v

- j4e de S. Paulin, et que quatre manuscrits la donnent au B. Paulin Evêque: rien n'empêché de croire qu'elle - S. Paulin de Noie. C'est sur cela qu<j M. le Brun dernier éditeur d^s œuvres de ce Saint, l'a laissée enfr - ritables ouvrages. ' Dom Ruinart l'a aussi publiée sous le nom d PEvêque Paulin d'heureuse mémoire.

i . Enfin nous avons de S. Paulin un recueil d" Poésies Paai. car. p. iqui contient trente-deux Poèmes, en comptant les fragments 190' de quelques-uns pour des Poèmes entiers. Ds sont presque tous composas, depuis que S. Paulin eut renoncé au monde, et à la poésie profane. 11 y en a 14 1 5 sur S. Félix de Noie, dont quelques-uns rie contiennent que peu de vers. Mas >|.lr. lV . ,. ,. ,,. M. Muratori en 1697, après la dernière édition des oeuvres l"*12'

. Paulin, nous en a donné trois en leur entier sur le même sujet. Quant au i' que ce Seavant joint aux trois autres, on peut assurer par avance qu'il n'est peint de S. Paulin, comme neus ferons voir plus amplement en parlant des ouvra, s, qu'on lui a faussement attribues.

'On observe que le 13e, qui fut fait en 400, est intitulé T]1]. aa. p. u. dans quelques manuscrits, Sur le carnage de l'armée des I ! tués avec leur Roi : ce qui marque clairement la défaite de Rada:rai-e par l'armée Romaine. Çest au jugement des p. tas. Sçavants un des plus beaux ouvrages de notre Saint. Il nous manque quantité d'autres Poèmes de S. Paulin, mêmes sur S. Félix. Car au moins depuis sa retraite à Noie en 394, il Paui.ep.2s. avoit de coutume d'en composer un tous les ans pour la fête de ce Saint Martyr. Il le témoigne lui-même dans une letre à S. Sévère Sulpice. où en lui envoïant un de ces poèmes, il le qualifia le tribut qu'il païoit au Saint avec joie, pour marque de sa servitude volontaire.

~ i-.i-ru) " 'Parmi les Poèmes £e S. Paulin il se trouve l'épithal&me ■nu. ,i,„i. ,,. lis. ''«' Julien et d'Ia. 'Ce Julienesl le mAme qui fut ensuite Eyèr '-"'■ (|iic et I lénésiarque. S. Paulin, quj aussi-hicn que S. Augustin*,

était alors son ami, el de l'Ejvêque Mémor son père; voulut bien Caire une épithalame sur son mariage, mais une épithar Pau1' ibid- lame digne de La pieté deS. Paulin, 'il y enseigne aux deu*

époux de quelle manière ils se doivent epn^uire dans le mariage, gouverner leur maison, éviter la pompe du siècle, et fuir les honneurs.

(;p,in vir. m. c. ' On né cqnnoissoit encore une dix Poèmes de S. Paulin sur

iS. DOt. o 1 1 1 • • 1 i •••îii-

S. Félix, qui se trouvent au second tome du recueil de Lipoman, lorsqu'on 1008 on imprimaà Paris l'opuscule de Du ngal. Cet Auteur qui vivoil au IX siècle, en reconnoissoil quinze, et donne quelques fragments de ceux qui nous manquoienl. Depuis divers Seavants nous ont déterré les autres

2043* 2M8 T1*' p" Par leurs louables recherches. 'De toutes ces poésies de saint Paulin on n'a mis dans le corps des Poètes Latins, que son poëme sur S. Jean, et ses trois letres à Ausone.

Nous avons déjà dit un mot de l'estime qu'Ausone faisoit

Aus. ep. 20. p. des poésies de S. Paulin. Non-seulement 'il avoue que sa

663.' ep" 21" p" muse étoit inférieure à celle de son disciple; mais il assure même que personne ne pouvoit imiter la beauté de ses vers, et le talent qu'il avoit pour l'invention, et pour se soutenir uniformément dans ce qu'il écrivoit. Il est vrai néanmoins

Bail. jug. des s. ' que ce jugement regarde plutôt les poésies, que S. Paulin " p* ° ' avoit faites avant sa conversion, c'est-à-dire avant son renoncement aux Muses profanes, que celles qu'il composa dans la suite. Car après une abdication si rare, si volontaire et si généreuse, il s'étudia à éteindre la plus grande partie de son feu; et aïant étouffé en lui tous les désirs de la réputation humaine, il rabaissa son esprit et son style, et se renferma dans les bornes d'un juste tempérament, telle que la modestie Chrétienne le demande de ses Ecrivains. Il a même porté le détachement jusqu'au point de ne se pas soucier de garder l'exactitude de la prosodie ; quoique dans tout cet air négligé, qui paroit autant dans sa prose que dans sa poésie , on trouve toujours de certains agréments naturels, qui font aimer l'Auteur et ses ouvrages. Au reste à ne considérer les poésies qui nous restent, que par rapport à ce qu'elles contiennent, elles seront toujours très-estimables. On y trouve plusieurs traits tant de l'histoire que de la discipline de l'Eglise, et une ex-

EVÊQUE DE NOLE. l'.U

\ su (il.

position des principaux preceptese! conseils de l'Evangile,

Lès poësiesdeS. Paulin se tt^Aivent ittiprifl u. r* ci... i

m.-ni de ses autres! écrits. EllesFoni été avec celles de sainï l,;'1'^'1' ''' ,|,:'

l 'ro-pt-r . .•» Anvers i\\<'/. Christophe Plantin l'an 1560 en un

volume in-Kt. pfir les sOina1 de Thomas Puliiianiiiis. Depuià . S il. Po». Chr. i

George Fabrhjius lesinsérà, mais avec de grandes lacunes. £ ' '' M

dans son recueil des Poètes Chrétiens, imprimée Basle chez

.!c;ii) Oporm en m vokime in-i" Fan 1564. 'Elles ont été chor. Po«.t. s.p.

insérées aussi dans lo chœur de9 Poètes, imprimé à' ^yon en

L 61 6 v Mais l'Auteur du recueil j distingue mal à propos saint

Paulin Evêque de Noie, de Paulin homme Consulaire;

attribuant à celui-ci le panégyrique de Théodose et les le-

tres à Ausone, et à l'autre les poésies Chrétiennes. Octavien

delà Mirandole s'est servi des mêmes poésies, pour former

ce qu'il a publié sous ce titre , Les fleurs des Poètes illustres.

S- ïiï.

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