‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 108 sur 384 · SES OUVRAGES PERDUS · texte numérisé non relu

SES OUVRAGES PERDUS

l s'est beaucoup plus perdu d'écrits de S. Paulin , qu'il

n'en est venu jusqu'à nous. Outre la grande quantité de letres , et plusieurs poésies dont nous sommes privés , comme nous l'avons déjà observé, nous n'avons point :

1°. L'excellent abrégé que cet Auteur avant son renoncement au monde,' fit en vers des trois livres de Suétone sur au*. ep. 19. p. les Rois de différentes Nations. S. Paulin avoit envoie ce poë- 655me à Ausone, qui manque d'expressions pour en relever l'élégance. Il y admire sur-tout comme une chose extraordinaire, que S. Paulin y pût dire tant de choses en si peu de mots , sans se rendre obscur. L'ouvrage même de Suétone est perdu , comme l'abrégé qu'en avoit fait notre Saint , à quelques vers près, ' qu'Ausone nous a' conservés dans sa 19" letre. p. 635. esc.

2°. 11 nous manque ' la traduction que S. Paulin fit de Grec paui. ep. 40. a. 2. en Latin des ouvrages de S. Clément , et qu'il ne regardoit lui-même que comme assez imparfaite. ' On croit que ce not. 195. sont les dix livres des Revisions , Recoqnitionum, de S. Clément Pape, que nôtre Saint traduisit à la sollicitation de Rufin. Mais celui-ci n'aïant pas trouvé cette traduction assez fidelle, ' exhorta S. Paulin à étudier le Grec plus à fond. ep. 46. n. 2.

' Aujourd'hui cette traduction paroît sous le nom de Rufin ; not. 195.

v sikci.i:.

ci il y a bien de l'apparence, ou qu'il retoucha celle qu'avoil (aite S. Paulin, ou qu'il en lit lui-même une nouvelle.

c. vir.iii.o. 3°. Nous soinuirs privés' du panégyrique de L'Empereur

ls Théodose, à qui S. Paulin l'envo'ia dvi vivant de ce Prince, el

par conséquent avant le 17e jour de Janvier 395 , qui est l'é- Paui. vgi. 28. nu a. poque delà, mort de cet Empereur. ' S. Paulin l'avoit compi> Genn.iWd. séàla prière d'Endeleque son ami particulier/ au sujet des

Tin. und. p. es. victoires que Théodose avoit remportées sur les Tyrans 'Maxime et Eugène, dont le dernier fut vaincu au mois de Sepr.i-nii. ibid. tembre394. ' Il y faisoit voir que les victoires de ce Prince

étoient plutôt l'effet de sa foi et de ses prières, que de ses ari\iui. op. as. n. g. mes. ' Il l'entreprit , non tant pour louer en la personne de Théodose un Empereur, qu'un Serviteur de J. C. non un Souverain qui exerçoitsa puissance en dominant avec orgueil, mais un Roi qui ne l'exerçoit qu'en obéissant à Dieu avec humilité; un Prince qui étoit moins au-dessus des autres par son autorité Roïale, que par sa foi. S. Paulin en envolant cetle pièce à S. Sévère Sulpice, la traite d'amusement, quoiqu'il reconnoisse en même temps que le sujet en est saint , et digne de l'éloquence de son ami.

Mais S. Jérôme en jugeoit tout autrement; et l'éloge qu'il nous en a laissé, nous doit faire regretter extrêmement mer. ep. 49. p. une telle perte. «' J'ai lu avec plaisir, dit-il à S. Paulin , l'exs66. 567. « cellf nt livre que vous avez fait pour l'Empereur Théodo-

« se, et que vous avez eu la bonté de m'envoïer. Les divi- « sions sur-tout m'en ont plu, et si vous excellez dans les prête mieres parties , vous vous surpassez dans les dernières. Le « style en est serré et net; les termes en sont purs et choisis; « et tout y est parsemé de sentences. Un discours languit au « jugement d'un ancien, lorsqu'il ne s'y trouve qu'un étalage « de paroles. De plus il y a une grande suite dans le vôtre ; « et toutes les parties en dépendent les unes des autres. On « n'en seauroit rien détacher , qui ne soit ou la fin de ce qui « précède , ou le commencement de ce qui suit. Heureux « l'Empereur qui a pour apologiste un tel Orateur de J. G. «Vous avez relevé l'éclat de sa Pourpre; et vous avez im- « mortalisé l'utilité de ses Loix. »

Aug. eP 31. n. 8. 4°.' L'ouvrage que S. Paulin entreprit contre les Païens, n'est point venu non plus jusqu'à nous. S. Augustin qui regardoit les productions de nôtre Saint comme des oracles , espéroit que cet écrit seroit une réfutation aussi agréable que complète

des

i:\ i:ni i; de NOle. 193

des objections (Jue faisoient les Païens contre la Religion Chrétienne, el qui ne consistaient qu'en une grande abondance de paroi - con me parle le même S. Docteur.

Quelques Ecrivains ne «mi pas éloignés decroire, que pmi. vu.

c^èt ouvrage de S. Paulin n'est autre que le Panégyrique de J -, [.!,'! '.'l,! Théodose, dont non- venons de parler. S. Paulin pouvoil à '• '■ p -1'1 la vérité y dire quelque chose contre les Païens, à l'occasion

Loi* que Théodose avoil publiées contre eux. Mais il faut avouer aussi que ee Panégyrique. t\r> qu'il sortit même dès mains de son Auteur, étoil trop connu sous le titre qu'on nous en a conservé, pour qu'on l'eût annoncé sous un autre à S. Augustin: En un mot. 'ce Père disant absolument en Au ibi«i 39->, ou 396, lorsque le Panégyrique de Théodose avoit déjà pénétré dans les Gaules et dans la Palestine, qu'il a appris que S. Paulin écrivoit contre les Païens , il nous donne assurément l'idée d'un ouvrage différent de ce Panégyrique, qui ëtoil déjà entre les mains de beaucoup de monde.

Au reste, en distinguant , comme nous faisons, du Panégyrique de Théodose l'ouvrage contre les Païens, nous sommes bien éloignés de l'opinion de ceux qui croient que c'est tiu. ibid unPoëme,que M.' Muratori nous a donné sous le nom de Mur. aoec. ». 1. P. S. Paulin avec trois autres Poëmes sur S. Félix. On peut assurer que ce Poëme ne fut jamais de S. Paulin; et il n'en faut pas davantage pour détruire l'opinion que nous venons de marquer. Le véritable Auteur de cette pièce est un nommé Antoine, 'comme il paroit par le premier vers: Percurri, p. m. fateor, sectas Antonius omnes.' Et cet Antoine avoit été Païen; p. 134. 135. ee qui ne convient pas à S. Paulin de Noie. Ce pourroit bien être cet Antoine ami de S. Jérôme, et fi célèbre dans ses letres. Gennade ne fait point mention de l'ouvrage de S. Paulin contre les Païens; mais comme, ' selon M. de Tille- tul a»id mont, ce n'est point une preuve pour dire que ce soit le Panégyrique de The odose, ce n'en est point non plus une pour croire que c'est le Poëme dont nous venons de parler. Outre que Gennade n'est pas si exact qu'il n'omette aucun des écrits des Auteurs, dont il nous donne le catalogue, qni nous assurera qu'il n'ait pas compris l'ouvrage dont il s'agit, 'dans le Genn. ibid. nombre de ceux de nôtre Saint qu'il ne fait que marquer en génér a\,Edidit et ex diversis causis diversa disputatione tractatthf Peut-être aussi sera-t'il arrivé, que S. Paulin n'aura pas mis la dernière main à cet ouvrage contre les Païens,

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