PACATUS
Poète c ii r éti en.
. | n. is 'qacatis, dont nous avons déjà dit quoique chose dans T l'article précédent, étoit un jeune homme de grande qualité, et célèbre pour les belles letres, et surtout pour la Poésie. Il faisoit sa demeure au-delà de la mer, par rapport à la Ville de Noie, c'est-à-dire dans les Gaules, et très-probablement du côté de Bourdeaux, comme la suite en fera conve- Paui. vit. c. s*, n. nir. 'Il étoit peut-être descendu, ou même le propre fils de 1. 14. p. ui>. ' " Lalinus Pacatus Drepranius, dont nous avons parlé sur le IV • Aus. sap.p.264. siècle, a et qu'Ausdnne son ami qualifie Proconsul, en lui Onu», n. 42. adressant un de ses ouvrages.' Il paroît que Pacatus n'étoit qu'un simple Laïc , puisque le Prêtre Urane le nomme son très-cher fils.
On ne sçait point s'il ne fut pas élevé à quelque charge, comme son père , ou son aïeul , qui étoit Païen. Mais il eut au-dessus de lui l'avantage d'être Chrétien, qui est incomparablement plus estimable que toutes les hautes fortunes , et tous les honneurs temporels. C'est ce qu'il est aisé de juger pr. n. i2. 'par le dessein qu'il avoit formé d'écrire en vers la Vie de
S. Paulin Evêque de Noie. Pour exécuter son entreprise avec n. 4 1 pr. plus de succès, 'il pressa par deux différentes letres Urane,
qui avoit assisté à la mort du S. Evêque. de lui en envoïer la relation.
Pacatus ne demandant point d'autres mémoires à Urane, nous fait comprendre qu'il étoit suffisamment instruit du reste de l'Histoire de S. Paulin. Il pouvoit aisément la sçavoir à fond, si, comme il y a bien de l'apparence, et comme cette circonstance même le suppose, il étoit ou de Bourdeaux ou des environs. Le Saint, comme tout le monde sçait, étoit fort connu dans cette Ville; puisqu'il y avoit pris naissance, qu'il y avoit été élevé, et que depuis sa retraite en Espagne, et delà en Campanie, il y avoit toujours entretenu de continuelles habitudes, ibid. 'Urane dressa donc cette relation, et l'envoïa à Pacatus,
n. i2. qu'il qualifie son illustre Seigneur. ' A la fin il l'exhorte d'exé-
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\ SIECLE
eu ter au plutôt son dessein, et démettre promptementaujour une Elistoire qui devoit acquérir beaucoup de gloire à son Auteur, et dont la postérité tireroit de grands avantages. Il lui témoigne qu*aïan1 à passer la mer en peu de temps pour faire apparemment un voïage en son pais, qui étoit les Gaules, comme nous avons dit à son article, il souhaite d'avoir la satisfaction de lire cet ouvrage, avant que de s'en retournera
Noir.
On ignore ce que put devenir un dessein si noble, et si digne des meilleures plumes; et l'on ne sçait si Pacatus l'exécuta, Paui.vu. cm. u. comme il l'avoit projette. Car on ne trouve nulle part aucun îlTm-a,ldautre vestige de cette vie ; et S. Grégoire de Tours dès le siècle suivant assure qu'il n'avoit rien lu sur la Vie de S.Paulin, hors la relation de sa mort par le Prêtre Urane.
POSTHUMIEN,
Prêtre de l'Église de Noll\
Posthumien, célèbre dans les Dialogues de S. Sévère Suip. dui.i. Sulpice, étoit d'Aquitaine. Il paroit qu'il avoit étudié les 1-s-420belles letres en sa jeunesse; puisque dans ses narrations il cite Saluste et divers autres anciens Auteurs. ' 11 avoit même de la d.3. théologie, comme l'on en peut juger par la manière dont il raisonne sur les Livres d'Origene, pour la justification duquel il témoigne beaucoup d'inclination. Le génie de Posthumien le porta à voyager; et il le suivit assez long-temps. Il fut plusieurs fois en Afrique, en Palestine et en Egypte ; et comme il ne dit point qu'il se servit d'interprète dans tous ces différents païs, cela suppose qu'il entendoit les diverses langues qu'on y parloit. Il voïageoit en homme sçavant et curieux, ' aïant une attention particulière pour bien connoître les pais qu'il parcouroit, pour s'instruire des mœurs des peuples qui les habitoient, et des autres choses dignes d'obsenation; c'est ce qui fait le sujet du premier Dialogue de S. Sévère Sulpice, qui n'est proprement qu'une relation abrégée des voïages de Posthumien.
On y voit qu'il les faisoit servir à satisfaire sa pieté, soit en visitant les lieux célèbres, ou par les Tombeaux, ou par le séjour