‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 116 sur 384 · COLLEGUE DE S. PROSPER. 2 I · texte numérisé non relu

COLLEGUE DE S. PROSPER. 2 I

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zèle à les combattre. Il prie donc S. Augustin de voir ceqTi*i] ,,". <». \ avoit à faire en cette rencontre, etcomment il falioil ou réfuter ou tolérer ces erreurs. ' Ll l'assure quetoul ce qu'il \ou- n. toi dm ou pourra faire, selon la grâce que tout le monde admiroil en fui, il le recevra avecjoïeet avec le respect dû à une autorité pour laquelle il a un amour et une génération toute particulière.'U lui témoigne l'extrême désir qu'il auroit eu d'aller n. 9. lui-même en personne lui apprendre ce qu'il lui mandoit, ei bien d'autres choses don! le détail auroit été infini; afin de s'instruire auprès de lui de quelle manière il falloit se conduire dans ees disputes. Mais que n'y aïant pas moyen de satisfaire son juste désir, il a mieux aimé lui en écrire, comme il a pu, que de le laisser absolument ignorer ce qui regardoit une contestation si importante. 'Il lui marque ensuite qu'il eût vou- n. 10. lu avoir le temps de lui détailler toutes les raisons et les objections des adversaires. Mais il ajoute que se défiant de sa capacité, et que le porteur de sa letre se hâtant de partir, il avoil obtenu d'une personne distinguée par son mérite (c'esl S. Prosper qu'il ne nomme pas) une letre qu'il lui envoïoit avec la sienne, et dans laquelle cet ami avoit ramassé, autant qu'il avoit pu, les dogmes et les principes des Semipéla- n. 10. giens.

'Comme il sçavoit que S. Augustin travailloit à son livre Des rétractations, et que celui De la Grâce et du libre arbitre lui manquoil, n'aïant pas encore pénétré dans les Gaules, Hilaire conjure le Saint de lui envoïer ces ouvrages, afin de se nourrir des vérités qu'ils contiennent, et d'en faire usage contre les nouvelles erreurs. On ne doit pas douter que S. Augustin ne se rendit à une demande si juste, et qu'il ne joignît ces écrits 'aux deux livres admirables, De la pré- pra**< '■ »• pers. destination des Saints, et Du don de la persévérance qu'il adressa à Hilaire et à S. Prosper en réponse à leurs letres. ' Il gned. c. t. n. 1. commence par louer le zèle, la charité, la pieuse sollicitude qu'ils avoient l'un et l'autre pour retirer leurs frères des erreurs, où ils s'engageoient.

Après la mort de S. Augustin, vers 431^ ces deux généreux défenseurs de la foi, sensiblement touchés des outrages que les Semipélagiens faisoient à la grâce du Sauveur, et à la doctrine de S. Augustin, ' allèrent à Rome, et en firent ç»i. ad Gain a. leurs plaintes au Pape S. Célestin. Ce Pontife les reçût, et les écouta comme des personnes de pieté, zélées pour la gloire

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de Dieu, fit injustement persécutées; Ils obtinrent de lui une letre adressée aux EVêquesdes paUles, dans laquelle oè S.

Pape los Maine iorlnnrnl dfe C8 qu'ils SOUffroienl que l'on débitai oes noiiM'Ilo docfrines e( due bonattaquâl * -« ■ 1 1 < - de S. Augustin, que l'on n'a jamais, dil-il, BOUjkijonné d'aucuhè erreur.

C'est-Ià lout ce que nous sçavong de la vie d'Hilàire^ ce digne Collègue dé S. Prosper dans la défensede lagracede .1. C. et. de la mémoire dîe S. Aiiguslin. Depuis son voïage à Home, l/histoire rie fait plus rneniion de lui : el l'on ignore s'il mourul dans ce voïage, ou s'il revint mourir dans sa patrie, comme il est certain que S. Prosper y retourna, el y réfuté depuis la 13e Conférence de Cassien.

SES ECRITS

es écrits qui. nous restent d'Hilaire, ne sont considérables ni par leur nombre, ni par leur volume, mais seulement par les sujets dont ils traitent.

Aug. cp. 156. 1°. 'Nous avons de lui une letre fort courte adressée à S.

Augustin, et insérée parmi celles de ce S. Docteur, dont elle fait la 156e dans la nouvelle édition. Elle fut écrite, comme nous avons dit, au sujet du trouble que l'hérésie Pélagienne causoit à Syracuse. On a douté durant quelque temps, si l'Auteur de cette lelre étoit Hilaire, qui fait le sujet de cet article; et l'on a voulu établir un Hilaire de Syracuse, et un Hilaire Gaulois. Il est certain que la letre dont il s'agit, a

noi. été écrite de Syracuse, ' et qu'Orose parlant de la réponse

de S. Augustin, dit qu'elle fut adressée en Sicile. Mais à cela on répond qu'Hilaire, qui fut depuis le Collègue de S. Prosper, pouvoit être alors en ce païs-là, soit pour affaires domestiques ou autres, soit qu'étant déjà parti pour l'Afrique, il passa en Sicile, où il s'arrêta pour y voir en qualité de Moine, tel qu'on croit qu'il étoit, les plus célèbres Monastères de cette Isle : ce qui étoit fort ordinaire aux Moines de ce

Pros. p. 9. io. temps-là. ' Ce qui persuade que l'Auteur de cette letre et Hilaire le Gaulois, dont nous parlons , est la même personne, c'est que l'un et l'autre étoit connu de S. Augustin, l'un et l'autre ennemi déclaré des erreurs Pélagiennes, l'un et l'autre

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baie el même Moine ; l'un et l'autre médiocrement instruit '

logmesde l'Eglise; el qu'eniin k style de celle letre el de celle qu'Hilaire le Gaulois écrivit dans la suite à Si Augus^ tin conjointement avec S. Prosper*, esl entièrement semblable. Ces! aujourd'hui l'opinion la plus communémeml reçue \u.-. ma. doc i parmi les Sçavants, qui mettent cetteletreen i-H. : î ' T ,, ' V. i -.1>,,i i1.',1,'

S. Auizust in répondit par articles avec sa suffisance et son ' • p-641 ' érudition ordinaire, à tous les points de la letre d Hilaire; et «Aug. .■,. sa réponse qui mériteroil le nom de Traité, esl un dé ses pre4 mi' ra écrits contre les erreurs de Pelage. A la fin S. Augustin prie Hilaire de lui l'aire sçavoir ce que les bons Gatholiquee du pais où il se trouvoi!. disoient de ces mêmes erreurs . qu'il lui avoit dénoncées dans sa letre, et sur lesquelles il lui répond.

2°. ' Nous avons une autre letre d'Hilaire, beaucoup plus ep. ne considérable que la première. Elle est aussi adressée à S. Augustin, ' pour l'instruire de ce qui se passoit à Marseille, n. i. et en d'autres endroits des Gaules, touchant la naissance et le progrès de l'hérésie Semipélagienne. ' Elle fut écrite en n. 10 même temps que celle de S. Prosper sur le même sujet, vers l'au i2^ ou i20. 'La postérité a fait tant d'estime d-e ces deux Mens. pr. p. 2 letres . dit le P. Garnier Jésuite, qu'elle a cru devoir les joindre à celles du grand Docteur de la Grâce, comme ne leur étant guéres inférieures. Elles en sont aujourd'hui la 22o% et la ~2(\" : et le dernier éditeur de S. Prosper a jugé nécessaire ' d'insérer celle d'Hilaire parmi les ouvrages de ce Saint à la rro^. p. 13-20 suite de la sienne. En effet ces deux letres ont entre elles une connexion si naturelle, qu'elles ne devroient jamais être séparées. Comme elles traitent des mêmes matières, on supplée par l'une à ce qui manque à l'autre .

Celle d'Hilaire a été, ce me semble, connue dans le public avant celle do S. Prosper; ' puisqu'elle fut imprimée à Co- ffibi. Ange] logne dès l'an 1303, avec le traité d'Honoré d'Autun sur le libre arbitre. Mais on lui lit porter mal à propos le nom de S. Hilaire d'Arles : Paradoxe ' qu'on a tâché de soutenir Aug.ep.aa6. uoi dans la suite, quoique sans succès. Ce que nous avons déjà p' 826 dit contre cette opinion, seroit plus que suffisant pour la détruire. Si néanmoins l'on veut être plus pleinement convaincu de sa fausseté, il n'y a qu'à rapprocher ' ce que S. Prosper ep. 220. n. 0. dit de S. Hilaire d'Arles au nombre 9e, de sa letre ' et le con- ep. 2-26. n. 9. 10. férer avec les endroits où Hilaire compagnon de S. Pros-

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per parle de lui-même. I<'i Ion verra que cet Hilaire étoil

un simple Moine laïc, for] attaché à la personne h aux sen-

..,, ..;,. „. ,,. timents de S. Augustin. ' Là on verra au contraire que S. Hilaire d Arles y esl qualifié Evoque, et dépeint comme ue pouvant entrer dàns^' tous îles sentiments au ^rand Docteur de la Grâce. Après un tel éclaircissement on u%ésitera pas un

momenl à convenir que S. Hilaire d'Arles, ei Hilaire Collègue de S. Prosper, sont deui personnes tout-à-fait différentes. De-là il s'ensuit, néeessairemenl que la [être dont il s'agit, est d'Hilaire (jui fait le sujet de cet article, et nullement de S. Hilaire d'Arles, dont le style est beaucoup plus poli, plus doux, et plus coulant, comme on le peut voir par les écrits qui nous en restent.

d.9. 3?r 'Hilaire avoit écrit à S. Augustin une première lelre

sur la même matière, et différente de celle dont nous ve-

prœd. c. 3. nons de parler. ' Il paroît aussi qu'il lui avoit adressé quelque

autre ouvrage de plus longue haleine, que S. Augustin semble distinguer de ses letres. Mais nous n'avons rien aujour-

Tiii. h. e. i. 13. d'hui de tout cela, seulement ' on regarde comme certain

p 919, que cette première letre d'Hilaire étoit pour apprendre à

S. Augustin les dogmes des Semipélagiens. ; et l'on croit que

Aug. pers. c. 22. ce Saint en avoit pu tirer ' cette manière si odieuse, dont ils

"' 1^ disoient par ironie qu'il falloit prêcher la prédestination. a Hi-

laire dans sa letre qu'il joignit à celle de S. Prosper, dit lui même qu'il y rapporte les choses un peu autrement qu'il n'avoit fait dans la précédente, parce que les adversaires qu'il combattait, avoient varié dans leurs sentiments.

p™s. p. 825.826. 4°. ' Vossius et quelques autres ont attribué à Hilaire le traité de la vocation des Gentils. Mais c'est en le confondant avec S. Hilaire d'Arles; en quoi ils nous fournissent une preuve pour détruire leur opinion. Car ce Saint, comme nous venons de dire fondés sur la letre de S. Prosper à S. Augustin, ne goûtoit pas entièrement la doctrine de ce S. Docteur, ni par conséquent celle que contient l'ouvrage qu'on voudroit lui attribuer. On ne peut pas soutenir non plus qu'il est d'Hilaire Collègue de S. Prosper, tant pour les raisons sur lesquelles nous ferons voir qu'on ne peut le donner à ce Saint, et qui prouvent la même chose à l'égard d'Hilaire, que parce qu'on n'y trouve nullement le style des letres de ce dernier à S. Augustin.

il \\ CASSIEN, VBB1 , MICl|

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