VICTOR
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et quelques autres traits qui sont les mêmes dans l'histoire de
Hier, in Gai, pr. <,(,'s deux Rhéteurs, 'Car S. Jérôme nous apprend que celui v---- d'Afrique 9e nommoil Gaïus Marins Victonnus; qu'il en-
Beignoit la Rhétorique à Rome, el que ses fonctions de Rhéteur ne lui avoient pas permis de prendre une connoissance suffisante des Saintes Ecritures,: ce qui convient comme Ton Cavi, i>. 273. 2. a viï à Clauilius Marins Victor. ' Cave le confond aussi avec le Poëte Victorius, dont parle S. Sidoine; mais on verra par l'histoire de ce Victorius, qu'il n'y a nul fondement pour appuïer cette conjecture.
SES ÉCRITS
Genn. vir. m. c. ' fï ennade nous apprend que Victor avoit composé un go. i>. 28. y-j Commentaire sur la Genèse depuis le commencement
Bib. pp. t. s. p. jusqu'à la mort d'Abraham, divisé en trois livres. ' Nous -H8.1 .427.2. avons encore cet ouvrage, qui est un Poëme en vers hexamètres, divisé en trois livres, comme Gennade le marque. Victor y explique l'histoire de la Genèse jusqu'à l'embrasement des Villes de Sodome et de Gomorrhe inclusivement, p- 4iî- 2. ' Il l'entreprit pour l'instruction a de son fils, h qui il l'adresse.
ibP* * " " enn' b II y mit une préface en vers hexamètres, dans laquelle il don- 4i7lb'iP2.' lbld' p' ne de Dieu une idée aussi magnifique que l'homme est capable de le faire. Il y dit que c'est un crime que de ne pas connoître cet Etre Souverain de toutes choses ; mais que l'esprit de l'homme est trop foible et trop borné pour le com- 2. prendre. ' Il y établit fort bien le péché originel, et en mar-
que dignement le remède, en disant que c'est quelque chose de plus grand d'avoir trouvé le secret de vaincre la mort, que de l'avoir ignorée.
Genn. ibid. ' Gennade a observé que ce Poëme est écrit d'une manière
fort Chrétienne, et avec beaucoup de pieté; mais que l'ouvrage est foible en lui-même , et les pensées de peu de poids, pareeque la litérature profane aïant fait toute l'occupation de l'Auteur, il n'avoit point été instruit dans l'intelligence des Saintes Ecritures. Il y auroit peut-être peu d'habiles gents qui aïant bien lu le Poëme , voudroient souscrire à ce jugement pour ce qui regarde la foiblesse prétendue qu'y a trouvée Du pin, bib. t. 4. cet écrivain. Car ' selon la remarque des critiques moder-
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oes, quoique cet ouvrage soit rude, et que les vers en soient durs, le sens néanmoins en esl noble, et l'histoire \ esl forl bien expliquée. 11 \ a lieu déjuger que l'ouvrage de Victor éioit devenu fort rare vers la lin de ce V siècle; puisque S. \\iic Evêque de Vienne .entreprit alors de traiter le même sujet en cinq livre- de Poésies que nous avons encore. «.
A la fin de ce Poème de Victor se trouve une letre du me- Bib. pp. .i».i. p. me Auteur encore en vers hexamètres, adressée à l'Abbé Sa- " lomon. ' Elle fut écrite de la campagne et envoïée dans la p. *». i. ville1 dé Marseille. C*est un gémissement, ou une censure des mœurs de ce V siècle. Comme Salvien a écrit sur le même sujet, c'est sans doute pour cette raison, ' que quelques Sea- Syït. M. et*. vants lui ont voulu donne)' ces Poésies de Victor. ' Nôtre Bib. pp. u>id. p. Poète dans cette letre se plaint amèrement de ce que ni les U1 ravages des Alains, des Vandales, des Sarmates, et des autres barbares, ni la famine, ni les autres calamités publiques n avoient servi de rien pour rendre meilleurs les gents de son siècle, étant toujours les mômes qu'ils étoient auparavant. ' Il p. *». i. y déclame en particulier avec beaucoup de force, contre les vices du beau sexe, contre son luxe, son affectation à se parer richement, contre le fard, le vermillon, et les autres diverses couleurs, qu'emploïoient les femmes pour se deshonorer, en croïant se rendre plus agréables. Mais Victor fait observer que si les femmes sont coupables en cela, les hommes ne le sont pas moins de le souffrir, au lieu de l'empêcher, comme ils y seroient obligés. Il finit par un motif de consolation à sa juste douleur. C'est que malgré la corruption presque générale de son siècle, on voïoit encore dans le Clergé et dans l'Ordre Monastique des personnes de vertu et d'une pieté exemplaire, et qu'il s'en trou voit même parmi les laïcs.
' Les Poésies de Claudius Marius Victor ont paru pour la syii. Poe. chr. première fois par les soins de Jean de Gaigny, qui les publia avec celles de S. Avite de Vienne, mais en y faisant divers changements. ' Cette édition fut faite à Lyon chez Vincent ibid .^ | Bib. Teil. Portonaire l'an 153G en un volume in-8°. ■ Elles furent réim- • syii! iwd. primées en 1545 à Paris chez Pierre Drouart, qui y laissa bien des fautes. ' Guillaume Morel donna une nouvelle édition ftid. i Bid. Baïuz. de l'ouvrage de Victor, qui fut imprimée l'an loGO en un vo- t- '' p' °" ' lume in-8° avec le Ppëme sur la Genèse, attribué à S. Hilaire de Poitiers, et diverses autres Poésies Chrétiennes. ' Morel jjxji. iwd. | Fab. tâcha de corriger les changements qu'y avoit faits Jean de 35-36.
Bib. PP. i. s. n. 'et dans les diverses Bibliothèques des l'eres, à commencer iïî'. p"4580-M6. parcelle de Paris en l.')7,">. Dans celles-ci elles font partie du
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Gaiguv, iiKiis son édition se trouve encore pleine de failles; Bib. iiarb . i. i. et il \ omit In lelre en vers ;i [' \bb ■'■ Snlomon. ' l);ins eelle édii,:,,s-- tien le Poème de Victor sur la Genèse est inlilnlé aaïihmm,
Chor. Pop. t. 2. c'est-à-dire, Di'l.i Write. ' Il porte le même lilre dans le elneu r •'• t'1-77, des Poètes, où il a été inséré sans la tetreà l'Alih»' S;dornon.
Syli. Po«. Chr. ' Weit/ius en avoit promis une nouvelle édition, et s'étoit adressé à S;umi;iise pour avoir quelques manuscrits, afin d'acquiter sa promesse. Mais ses mouvements furent inutiles, et son édition projettée n'a point vu le jour. Enfin les Poésies de Victor se trouvent dans le Recueil de (ieorge Fabrieius, ' et dans les diverses Bibliol parcelle de Paris en ït>75.
7e tome, p. 342-372. (VIL)
ANONYME
Poète.
Sidon. ca.-. q. v. T\AN9 l'onumeration que S. Sidoine fait des Poètes les SU.28& U plus célèbres qui l'avoient précédé, ou qui fleuris-
soient encore de son temps, il parle d'un certain Poëte qui étoit de Gahors, pu du (Juercy, et qu'il met enlreccuxdu la première classe. L'éloge abrégé qu'il nous en a laissé, nous fait regretter de n'en pas sçavoir davantage, et sur tout d'ignorer même son nom. Ce Poëte étant encore dans sa plus grande jeunesse, quitta son pais natal pour suivre le Comte Boniface, pros. ciir. p. 742. ' lorsqu'en 422, selon S. Prosper, il se retira en Afrique, p- liL . Après la mort de ce Comte, qui arriva en 432, * nôti#
^ïnoe'p1' no'. Poëte s'attacha au Comte Sebastien, qui avoit épousé la fi% Pros. ciir. r. 47. de Boniface , 'et qui étant passe d'Espagne en Afrique, 48- devint un grand sujet de terreur pour Genseric. Mais celui-ci
aïant fait avec Sebastien une amitié simulée, le fit ensuite mi-' serablement mourir en 440. On ne seait point ce que devint nôtre Poëte après la mort de son protecteur. Sid. car. 9. v. Seulement ' S. Sidoine nous apprend qu'il s'étoit fait une 27i. 275. très-grande réputation par le talent particulier qu'il avoit pour
la poésie, et qu'il méritoit de tenir rang entre les premiers1 'Poe^j v. 280. 285. tes du commencement de ce siècle. ' Du temps que ce Saint
faisoit le recueil de ses Poésies, c'est-à-dire, vers l'an' 468,(1
[ïmb&'b td'nsa au biè troiuB ii'i/p f8m
A\ '>nw>'V
POET* i:ifl! I i i i \ >i<»
011 Irpuvoit encore (jin-I.jni-- nu- ■> de celles de nAtrç Poêle. ' Cclit'.— ci par leurs beautés, <l p.irtieuliei ■■■nient par It-ni- douceur extraordinaire charinoieut Ions c >i.\ qui Les (jksojeul. ( l'est ce oui l'ail q ine coimiaçe la Mu-e de ih »! r. I'.
d'Amphlon, d'Orphée* ej d'Apollon même. .M,unous eraiudrions di n'en pas parler avec autant d'énergie que lui, si nous ne rapportions ses propres expressions.
' .Née ijiii jani patribufi fuere uostiis. M4. \. ru-iH'.
Primo tepjpore m;r\imi smlal'
Ouorum unus Bonifaciuop scquulùs
V«- non pnfccîpftèni Srl>a>tiauuiu.
Natales puer horruit Cad un-
Plus Pandionias amans Athenas;
Cujii8 si varium legaa poëma,
Tum Plnul»uin, vej Jhauiie puellas Potat? wailidas ab Hipf>oci 'iiK Tune Ampliiona, filiumqui1 Maïtr .
Tune vateni Rhodopeïara^iiarc, Collato modulamine arbitreris.
Poète, Orateur, Philosophe.
ois pouvons mettre vers ce temps-ci Gonsence premier du nom, ' que S. Sidoine releva par les plus grands sid.^oar. $E r. éloges environ Fan U>~. mais qui dès-lors n'étoil plus au 33"1//monde, il y avoit même plusieurs aimées, comme il paroît. Consence etoit de la ville de Xarbone, et fut père et aïeul de deux autres Scavants de même nom que lui, desquels nous parlerons dans la suite de l'histoire de ce siècle. ' Il sortait ne v. t7o.ru. la première noblesse du pais, et soûtenoiisa naissance par un esprit supérieur, e] toutes les qualités qui forment le bel homme. ' On voïoit réunie en sa personne toute la gravité t.w-ho. des Romain- avec toute la politesse des Grecs; et il faisait paroitre tant de grâce et de sagesse en ses discours et en ses actions, qu'il auroit été un sujet d'admiration, même aux sept Tome II. I i
\ S1ECLB.
?.in CONSENGE, PORTK, ORATEUR, etc.
fameux Sages de l'antiquité. Il contracta une alliance digne de son extraction, en épousanl la ûlle de Jovin Consul en l'année 367i Jl paroît que la principale, ou même l'unique occupation
v. ni-17-2. de Consence étoil Petude, ' Aussi n'y a-t-il presque pas de genre de science où il ne fut très-versé. Si le portrait que nous en a tracé S. Sidoine, qui d'ordinaire o/épargnoit pas les louanges envers ses amis, n'est pas flatté, Consence étoil Poëte , Orateur, Géomètre, Astronome, Philosophe, Historien; et les plus habiles de l'antiquité tant Grecque que Romaine, n'avoient ni plus de sçavoir ni plus de talents pour le soutenir. C'étoit un Chrysippe pour la poésie, un Amphion pour la voix, et pour toucher toutes sortes d'instruments avec délicatesse; un Sophocle, un Euripide pour la tragédie; un Plaute, un Térence, un Alexandre pour la comédie; unJ)emosthene, un Ciceron pour l'éloquence; un Tite Live, un Virgile pour la belle latinité; un Pétrone, un Ovide pour les vers tendres et enjoués; un Euclides, un Aratus pour les Mathématiques; un Séneque pour la philosophie; un Homère, un Hérodote, un Salluste, un Tacite pour l'histoire ; enfin un Varron pour la diversité de ses écrits. Après une si longue énumération, et un parallèle si pompeux, S. Sidoine ajoute :
v. 167-169. ^Quid multos varii styli retexam ? *
Arguti, tencri, graves, dicaces, Si Consentais affuit, latebant.
On voit par-là que Consence possédoit la langue greque comme la latine; et il n'est pas moins clair qu'il avoit laissé v. 173-177. des ouvrages de sa composition. ' C'est ce que S. Sidoine
assure sans détour, lorsque prenant occasion de louer Consence le fils au sujet de la gloire de son aïeul maternel, et de celle de son père, il dit que l'un vivoit encore dans ses ouvrages, comme l'autre vivoit dans les fastes publics.
' Fastis vivit avus paterque libris.
Mais il ne nous reste plus rien de ces sçavants écrits, que l'idée générale que S. Sidoine nous en a conservée.