‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 130 sur 384 · SAINT ORIENT · texte numérisé non relu

SAINT ORIENT

Evéqi i: d'Aï sch.

HISTOIRE DE SA VIE

dsqc'ici la plupart des Auteurs ont parlé de S. Orient d'une manière aussi contraire à la vérité, que différente

en elle-mêm I - uns sans en donner de preuves solides, DuPio,bu>. i. . ne t'ont fait fleurir qu'au commencement du VI, ou même fj,8^ ^ l"1,

du Vil siècle. D'autres, sur un monument de l'Eglise d'Ausch » Gaii. chr. oov. du XII siècle, prétendent qu'il en fut fait Evêque dès l'an L l" p' " 323, et qu'après l'avoir gouvernée i-1 ans, il mourut en 36 \. ' Ils lui donnent pour .-uecesseur Armentaire, qui semble être v. 974 l'Evèque de ce nom qui souscrivit la letre synodique des Evoques des Gaules au Pape S. Léon en 451. De sorte qu'entre S. Orient et Armentaire il se trouve un vuide de presque cent ans dans le catalogue des Evêques d'Ausch. Mais il nous paroit que le monument sur lequel on s'appuie pour fixer le temps de l'Episcopat de nôtre Saint, est trop éloigné n siècle, pour y pouvoir fonder quelque certitude. C'est pourquoi nous croïons qu'il faut lui préférer les actes du Saint, que les continuateurs de Bollandus nous ont don- BoU. i. .Mai. p. nés après le P. Labbe. Car quoique ces Actes ne soient pas originaux, et qu'ils puissent contenir quelques faits qui ne sont pas exactement vrais, ils paroissent néanmoins beaucoup plus anciens que le monument dont nous avons parlé. ' Selon ces actes, S. Orient étoit un Prélat parfaitement bien p. 01. n. 1. instruit de la doctrine de l'Eglise. Si-tôt qu'il se vit élevé sur le Siège Episcopal d'Ausch, il fit son capital de l'instruction de son peuple. Il y avoit encore des païens dans son Diocèse, comme il y en avoit vers le même temps aux environs d'Auxerre. S. Orientse servit avec tant de -uecès de son s<;avoir pour les tirer de l'erreur, qu'eux ouvrant les yeux reconnurent celui dont ils tenoient la vie, renoncèrent à la vanité de leurs idoles, consentirent à embrasser l'Evangile, et à recevoir le baptême. ' La foi et la vertu du Saint Evêque le rendirent si n.a

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Ori.com. i. î.*p.y$yV II nniis v n lai»ê;m.s>i de -ramMrail, de sou humilité.

17 1 L - P' ■« 11 s\ qualifie en ,,|„s d'un endroit N M imA des pée),ei,rs, il conjure scs Lcdeurs & -'• suiiM'iiir île lui, ;din que paii'te seçour* <!.-> prière, &$ Sau.ls il put obtenir le pnHoii doi^s

envoïa Aëce et Littorius avec une a'Méë'ftli.tfe' ■ -ThôMorii1, l'ancien roi desGots qui reenoit alors dans Toulouse. Ce PrinceArien, craignant l'isâuë'ôe la guerre, eut recours à S. Orient pour obtenir la pak par son entremise. Le Saint touché de l'affection de ce Moi,1 et 'san^ doute encore plus de

lîoll. ibid. n. 3.

ma .0/ niiM nS^iWJfi? frêles qui étoie^t ('n Ici'inrs a\('c lui dans Toulouse^

:YÛuHu bien se cnaf$er de' l'ambassade" alrpre^ des Géhér/ux

:Bains':! Arec m fêdffl PW» ëldeïres-

peç^e recommandant Me instaure à s4 ^<fffg><*Wrqt-

"^BVIrfiffiwfl^flWïte^ii cette f&mm\ ie bonheur

:%%* Ppfep'oVtéé les toulousains, et que l'un en.it être venue dfetassistanc § qu'il leur prêta alors. On l'appuie même bidi ho iiSWrif1} £ndr°it de Salvien pris de son 7,; livre sur la Providence, pu il dit expressément que les Gots dans la crainte où ils Soient des Romains, aïant plus de confiance en Dieu quen leurs propres forces, avoient députe a eeux-ei des Bfle-

ques Catholiques pour leur demander la paix ; mais que tes isffiïnic jToyjb Pinn 'hiumw . « '• , • ..■ J rt„

Bomams présumant a eux-mêmes les a\ oient recettes , sans

^jouloir les écouter : ce qui s accorde parfaitement avec 1 am-

p. 62. n.*. bassade de 'nôtre Saint vers Aëce et .Littorius. ' Ses actes par-

\ SIECLE

Mivl. vct. Srri.

i:\ Koi i; ir \ i se il. :,,\

gMot à\mh té^MA 1;i pp ,lajis >,,n i,a^ rt SlftTC lail ■

quelques miracles duVant^^l^,^ m.. ri.

Jii(hi a \ù qur S. Orient \i\oit encore cm t39. On icyorc

r.miwr panse .li' sa mi< -rt . LT'^lise l'honore comme un Saint ,,. go „. ».

,du premier jour de Mai. ' Les \illcs d'Au-eh «I de Toulouse >,. i. 4. le îveonn. i^s.nt même pour leur patron. Il \ a dam h pre- „. j. miciv ilrccs deu\ \illc-, où il est nommé \ ulgairement Saiul- Orens. un cel. -hre Mona.-triv de son nom ,sous l'Ordre de -Cluni. ( .oinine S. Orient aura pu vivre ju-qu'apres l'an i il». il est aisé qu'il ait eu pour successeur immèûiai Annentairc, qui se jrome avoir signftrla lelro syndique des Eveque, de> Gaulée. Léon 1 an *,il.

àb^ hOlUlà.

1 ft J • Y0'"* avons sous le nom de S. Orient un ouVragg en

--i\ vers, intitulé Commo/titorium, que nous pouvons tradui-

-(F^i^léaioire ou ^'e^is^Dji^tJ Ce titre étoit assez commun

,iUU commencement de ce siècle; Marins Mereator, Vincent

a\e Lérins, et quelques autres, qui écrivoient vers le même

temps que S. Orient, l'aïant mis comme lui, à la tète de

quelques-uns de leurs ouvrages. 11 n'y a aucun lieu de douter

que Ciduique nous avons, intitulé de la sorte sous le nom de

<!' l\ • x -x ' -x Ll , 1 1 '

o. Orient, ne soit véritablement de lui.

1°. Il est certain par I ouvrage même, comme 1 a [on bien On. com. 1.2. p. remarqué Dora Martene, et Oudin après lui, qu'il a été coin- p. * | S^Seop." posé par un Gaulois, ou au moins par une personne qui de- '• l- •■• 1meuroii dans les Gaules, et qui avoit été témoin des ravages qu'il décrit d'une manière fort pathétique.

2". Il est encore certain ' que la description que PAufeur On. ibid. fait des ravages qui avoient désolé nos Gaules ; c'est-à-dire des guerres fréquentes, des incendies causés par les guerres, des violences exercées par les barbares, des trahisons, de la mauvaise foi qui y regnoit, de la famine qui l'avoit aîîmjjee depuis peu : il est, dis-je, certain que celte description con- ^ vient parfaitement au triste état ou étoient réduites nos Gauh s durant les premières années de ce siècle. Pour s'en convaincre a n'en pas douter, il n'y a qu'à y comparer ce qu'en ont émt divers Auteurs contemporains et tous Gaulois,

v su: eu:

;M'i S. ORIKNT,

cbtiiirie le Poëte Anonyme dans son poème sm- la Pro\ iden-

cè, Salvicn dans ses livres sm- le même sujet, S. Prosper et son àbréviatèur en divers endroits de leurs chroniques, «'I I llaiidiàs .Marins Victor dàus sa letre à l'abbé Salomon. 3°. Non seufemèni le nom d'Orient se trouve à la tête du Ori. «m. i. s. p. Mémoire on Avertissement ddrit nous parlons; mais, il est même inséré dans le corps de l'ouvrage, qui est de telle na- Inre qu'on n'y peut changer ce nom pour celui d'Orcsius par exemple, sans corrompre visiblement le texte et rendre le vers défectueux :

Ut neccatores vinceiis Orieiitius omnes.

Ce nom a été connu dans les siècles qui ont suivi, et s'y Man. ibid. pr\ p. est conservé le même, ' comme il paroît et par Fortunat de Poitiers, et par Sigebert de Gemblours. Le premier relevant les poésies de S. Orient dit :

Paucaque perstrinxit florente Orientius ore :

l'autre faisant l'éloge de son Mémoire nommément, parle ainsi, Orientius Commonitorium scripsit métro heroïco, ut mulceat legcntem suavi loquio.

Il n'en faut pas davantage pour assurer cet ouvrage à S.

iwd. p. 5 | BU). Orient Evêque d'Ausch, et pour détruire ; les différentes ' Opinions de ceux qui l'ont donné, les uns à Orese, à qui S. Sidoine adresse vers 482 la 12e letre de son 9e livre, et qui étoit un Espagnol de la Tarragonoise ; les autres à Oronce ou Orence, qui assista aux Conciles de Tarragone et de Girone en 516 et 517, si néanmoins Oronce et Orese sont deux

Oud. Scrip. t. i. différentes personnes. ' Oudin, qui avoit cru d'abord avec

p. 1268, je p Laboe^ que S. Orient n'avoit fleuri qu'à la fin du VI

siècle, et qui avoit ensuite jugé avec Cave qu'il y avoit plus d'apparence qu'il étoit le même qu'Oronce dont nous venons de parler, n'a pas fait difficulté dans la suite de chan-

p. 1269. ger de sentiment. ' Il avoue que depuis que Dom Martene

a publié l'ouvrage entier de nôtre Auteur, il lui paroît prouvé démonstrativement que S. Orient est plus ancien que le VI siècle; qu'il étoit Gaulois et Evêque d'Ausch. Ce seroit perdre le temps, que de s'amuser à réfuter plus amplement les opinions contraires. Il suffit de lire avec attention l'ouvrage dont il s'agit, pour se rendre au sentiment que nous venons d'établir.

2 | Bib. Hisp. vet t. I.p. 206 | Cave p. 326. 2.

EV ÊQO D'A U S cil.

v sii;<;u:

Cet ûuyrage esl écrit, non en vers héroïques, comme M:tl, v„, Sili|> Sigeberl l'a avancé, mais en vers éjégiaques, et divisé en p ' deux livres. C'esl proprement un»' instruction qui découvre ta voie qu'il faut tenir, el celle qu'il faul éviter, pour arrivera la vie éternelle,. Dans le premier livre S. Orjenl ppse on . .,,, . i. 1. ,,. d'abord ce grand principe, que nous ne naissons que (jour *■ chercher el aller à Dieu, qui a fait le ciel, la mer et la terre. Qu'il faut croire en lui d'une foi religieuse, et l'aimer P. 3. comme il nous le commande lui-même, de tout nôtre cœur, de tout notre esprit et de toutes nos forces. ' 11 détaille P. < ensuite les motifs de cette obligation en montrant que c'est Dieu qui nous a fait tout ce que nous sommes, ' et de qui p. 4. 5. nous tenons toutes les commodités de la vie. ' De-là il passe P. .-,. au commandement d'aimer le prochain, ' qu'il dit nous être p. 0. enseigné par l'affection que les bêtes ont elles-mêmes les unes pour les autres dans la même espèce. ' Il appuie ces devoirs P. s. sur les motifs de la résurrection dernière, ' et de l'immorta- P. 9. lité de l'ame. ' Il insiste beaucoup sur l'obligation d'éviter la P. 9-13. vue et le commerce avec les femmes, ' et déclame fortement P. u-ie. contre l'avarice.

Dans son second livre il agit contre divers autres vices, 1. 2. P. 18-20. la vaine gloire, le mensonge, la gourmandise, ' et sur tout p. 20. 21. contre l'yvrognerie, dont il décrit d'une manière pathétique les suites honteuses et funestes. ' Il finit par une vive descrip- p. 86-». tion des supplices de l'enfer pour les méchants, et des récompenses éternelles pour les bons. En un mot, tout ce que contient cet ouvrage, est digne d'un Saint pour les sentiments; et quoique le style n'ait pas l'élévation de quelques autres poésies du commencement de ce siècle, il est néanmoins ' serré et nerveux, au jugement de M. du Pin, et n'a DuPin, Mb, t. 5! rien ni de languissant ni de barbare. p' M"

Le Mémoire de S. Orient demeura enseveli dans la poussière, jusqu'à ce que 'Martin Delrio Jésuite en aïant décou- Mart. vet. smp. vert le premier livre dans un manuscrit de l'Abbaïe d'Anchin, pr' p' 4' le donna au public avec des notes, mais aussi avec de grandes lacunes. Cette première édition fut faite à ' Anvers, non Bib. Hisp. vet. t. chez Tournesius, comme le marque M. du Pin, mais chez L p< "°7" "" Joachim Trognez en un volume in-12° l'an 1599, selon la Bibliothèque Espagnole, ou 1600, selon les autres. Il y en iMd. 1 Bib. Bai. \. eut une autre édition à Salamanque chez Antoine Taberniel, p; 2572.Blb' Tel1' en un volume in-4° Tan 1604. ' Il fut encore imprimé au me- cave, iw<i 1 oud.

r ibd. p. 1268.

V SIECLE

856 S. OIUKNT, EVÊQUE DAISCII

Kah. ii.ii îai. iiini. in»' cikIioi! ci eti même volume l'an 1644. ' André Rivinus p. m. en donna une autre édition avec (\i><> notes, qui parut à Leip-

sick l'an Ki.'il en un \oliimc in-S". Des 1618, il passa dans

itiii. pp. t. s. p. la Bibliothèque des Pères imprimée à Cologne, ' puis dans los suivantes de Paris et de Lyon. Toutes ces éditions ne contiennent, comme nous avons dit, que le premier livre du

■art. vct. Scrip. Mémoire de S. Orient,. Mais ' Dom Edmond Martene aïant

1"'l>' ' recouvré l'ouvrage entier dans un manuscrit de l'Eglise Col-

légiale de S. Martin de Tours, ancien environ de 800 ans,

p. i-». le fit imprimer de nouveau ' à la tûte de la. nouvelle collec-

tion des anciens Ecrivains, qu'il publia en 1700 en un volu-

Th. anec. t. »J p. me in-4°. ' 11 l'a publié encore en 1717 au commencement du ;>1' volume de son Thrésor d'Anecdotes.

Vet.Scnp. p. 29- ' A la suite du Mémoire il nous a donné quelques autres petites pièces de poësies du même auteur, qui s'etoient trouvées dans le même manuscrit. Elles sont toutes sur des matières de pieté, et dignes de l'occupation d'un Saint. 11 y en a sur la sainte Trinité, sur la Nativité du Sauveur, sur les divers noms propres et impropres qu'on lui donne, sur l'explication de ces mêmes noms. Les autres sont ou des cantiques ou des prières. 11 semble qu'on ne les a pas toutes : car le manuscrit en promet 24, et il n'en contient que deux. ' A

P- 33- la tête de la première se lisent ces mots, Incipiunt orationes

Orient ij numéro XXIV; et à la tête de la seconde se trouve cette inscription, lncïpit XXIV.

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