‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 149 sur 384 · S. EUCHER · texte numérisé non relu

S. EUCHER

me sentimenl sonl bien foiblespour les opposera toute l'antiquité. qui n'a jamais connu qu'un Eucher parmi les Evoques de Lyon. D'ailleurs la beauté seule du style «le cette hisiniiv di'\ roil suffire pour persuader qu'elle n'esl pas du milieu du \l siècle, où assurément on u'écrivoil pas dans qos daiilo avec tant de politesse et d'élégance. Enfin Silvius, à qui elle ésl adressée, est nue autre preuve qu'elle fui écrite vers le milieu du V siècle auquel ce Sih îus fleurissoit, comme nous le ferons voir à sou article.

i. i. p. 421. 'Le premier qui ail publié cette histoire de S. Maurice et

de ses compagnons, est le P. Çhifflet dans son ouvrage inti-

Baii. 22. Sept. tab. lui*' Paulinus illustratus, qui parut à Dijon l'an 1662. ' Ensuite le P. le Cointe nous l'a donnée en 1668 au 3e tome de ses

An. Mar. p. 285. Annales hors d'œuvre. Après lui ' Dom Ruinait aïant eollationné l'imprimé du P. Çhifflet sur divers manuscrits, donl

p. 289-294. l'un etoit ancien de 900 ans, ' a inséré la même histoire parmi

P- -85- les Actes sincères des Martyrs. 11 ne faut pas la confondre ' avec

celle que Surius nous a donné sous le nom de S. Eucher au 22e jour de Septembre, avec divers changements et additions considérables, et que l'on trouve dans Mombritius un peu moins défigurée.

sur.^22. Sep. p. ' Cette histoire rapportée par Surius, paroît être l'ouvrage d'un Moine d'Agaune au Y1I siècle. Il y est effectivement parlé de S. Sigismond Roi de Bourgogne tué en 52i, et déjà honoré d'un culte public comme Martyr. L'Auteur pour le fonds des choses a suivi S. Eucher. Mais il y a fait de grands changements, et encore de plus grandes additions. Il prête sur-tout à Saint Maurice une fort longue harangue, dont il n'a trouvé que deux mots dans son original. Cela n'a pas empêché que cette histoire ainsi défigurée n'ait passé

BU». Tell. P. 2i9. long temps pour être l'ouvrage primitif de S. Eucher. ' Elle

*■ a même été imprimée sous son nom à Ingolstad l'an 1617

en un volume in-4° par les soins de Pierre Stevart, qui l'a enrichie de remarques de sa façon.

M. Dubourdieu autrefois Ministre de Montpellier, et alors de l'Eglise de la Savoie à Londres, a fait une dissertation exprès, imprimée à Amsterdam en 1705 in-12°, pour attaquer l'autorité de ces deux histoires. On peut lui passer ce qu'il dit contre celle qui se trouve dans Surius. Mais tout ce qu'il avance contre l'ouvrage original de S. Eucher, est trop frivole pour rien diminuer de l'authenticité d'une pièce

I \ inllE DE LYON. &87

V SIECLE

qui se soutienl par elle-même. Il fie croil pas, par exemple, que S. Eucherail pu sesen irdu terme de Primicerius Legionis qui s*) lit; comme si cel Ecrivain n'avoil pas pu Fajre usage a un mot que S. Jérôme écrivanl à Pammaque avôii emploie avant lui, en l'expliquanl dans la même signification? D'ailleurs ce Critique n'a pas entièrement gardé la bonne foi dans la censure. !l \ donne en effet à entendre, que S. Euchera parlé des Bagaudes comme Chrétiens; quoiqu'il soit constant qu'il n'en dit pas un mot, et qu'il ne les nomme pas même, 11 est seulement vrai que son interpolateur en parle

'M. Burn et d'un autre côté dans sa préface sur le traite de Bail, m la lin malheureuse des persécuteurs par Lactance, à aussi entrepris de décrier la même histoire de S. Eucher; et ses raisonnements semblent même retomber sur l'Auteur plutôt que sur l'ouvrage. Mais le mérite et la réputation de ce Saint et docte Prélat le mettront toujours à couvert de pareilles atteintes.

6°. ' Gennade nous apprend que S. Eucher abrégea les Genn. vir*. m. <•. ouvrages de Cassien, et qu'il les réduisit en un seul volume. Cel Auteur n'en donne point d'autre raison , sinon qu'ils étoient trop diffus. Mais le Cardinal Baronius suppose que not. p. 30. S. Eucher entreprit l'abrégé de ces livres pour les purger des erreurs qui y étoient, et que Gennade, qui les avoit embrassées n'a pas osé le dire. ' Le P. Théophile Raynaud soutient Ray. t. s. p. r,3. aussi que S. Eucher en abrégeant Cassien, l'avoit purgé et corrigé. ' L'on ne peut donc pas douter que nôtre saint n'ai- tui. iWd. p. îsi. mât la personne et les écrits de ce chef des Sémipélagiens. ' Mais pour ses erreurs, les ouvrages de S. Eucher et ceux Nor. ins.Pei.i. 4. de ses enfants, nous donnent lieu de juger qu'ils en étoient '' l " 9' ' tous fort éloignés.

' Pierre de Damien dit assez clairement que l'on avoit en- tui. t. 14.182. core de son temps l'abrégé de Cassien par S. Eucher. On prétend qu'il ne se trouve plus aujourd'hui, si ce n'est peut-être cet abrégé des livres de Cassien sur l'Incarnation, dont M. Pithou a eu un manuscrit fort nouveau. Cependant 'on voit ea. Iwb. 1. 1. p. parmi les œuvres de S. Eucher de l'édition de Rome en 1564 38~' " un traité sous ce titre, J . Cassiani Ubrorum epitome ab Eucherio confecta. M. de Tillemont qui s'est servi de cette édition, ne dit rien de ce traité, et suppose même, comme nous venons de le remarquer, qu'il ne se trouve nulle part. Apparemment que cet abrégé sera ' l'une de ces pièces supposées que Genn. not. p. 303.

Page 1