‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 152 sur 384 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

V SIECLE

290 s. BUCHER,

S. Evoque. La plupart peuvent être de Fauste, ci. m. an. 1.1. c. Mamerl Cl au dieu nous a conservé un /"«ni bel endroit '•' p ,0,,:i- -• d'une des homélies que S. Eucher prêchoit à son peuple, et qui ne se trouve point parmi les deux recueils donl nous venons de parler. Cet endroit regarde le mystère do l'Incarnation, et établit en même tems la vérité < j ne Claudien défen- « doit contre Fauste, savoir que l'ame est incorporelle, a Quelce ques curieux, dit S. Eucher, cherchent des raisons touchant (( un Mystère qui s' esl accompli une fois, et voudroient sça- « voir comment Dieu et l'homme ont pu s'unir ensemble : eux « qui ne sçauroient expliquer ce qui se fait tous les jours, je veux « dire, comment l'aine s'unit au corps. Assurément il est bien « plus aisé que deux choses spirituelles, telles que sont Dieu et « l'ame, s'unissent ensemble pour composer le Christ, qu'une « substance incorporelle s'unisse à une substance corporelle, « pour composer l'homme. De même donc que l'ame s'unit « au corps pour faire un homme ; ainsi Dieu s'est uni à l'homme « [tour faire le Christ.

Cou. «*. app. p. 'Dans le recueil des règles fait par S. Benoît d'Anianeau j? 132. «à. t15' IX- siècle, nous avons trois sermons sous le nom de S. Eucher. Le premier a tout-à-fait son air noble, élégant, et un peu trop diffus. C'est une exhortation à des Moines, particulièrement sur l'humilité et l'obéissance; et l'Auteur y témoigne lui-même beaucoup d'humilité dans le commencement. Si S. Eucher a été à Lérins depuis son Episcopat, comme il est aisé de le présumer, il peut y avoir fait ce sermon; mais la dernière partie depuis ces paroles, Salvator noster loquitur, est un autre discours qui s'adresse à un Evêque, élevé du Monastère et de la solitude à l'Episcopat. Ce premier discours n'est pas long, et n'a rien d'indigne de Saint Eucher. Le second au contraire n'a rien qui en soit digne. Il paroit être d'un Abbé à ses Religieux. Il y manque quelque chose au commencement; et il semble par la fin que ce soit la vie de quelque Saint. Le troisième qui est une exhortation à des Religieuses, est beau pour la doctrine; mais le style est bien inférieur à celui de S. Eucher. On fera voir dans la suite que ce dis- ]5ib. pp. t. ii. p. cours appartient à S. Césaire d'Arles. ' On a réimprimé les deux premiers dans la Bibliothèque des Pères, édition de Lyon, et l'on ne sçauroit dire pourquoi l'on n'y a pas joint le troisième. Lab. nov. bib. t. 8° 'Le P. Labbe nous a donné dans sa nouvelle Biblio- ' p' G6j* theque une letre d'un Eucher à Faustin Prêtre de l'Isle, qui

I \ ÈQUE HE LYON m

V BIICLE.

contient une petite description de la Palestine, tirée en partie de Joseph et de S. Jérôme qui y sont nommés, et en partie sur ce que diverses personnes lui en avoienl rapporté. 'L'on voil assez par les autres ouvrages de S. Eucher, que nu. 1. 15. p. 433 sa pieté le portoit à remarquer les plus petites choses qui pouvoienl servir à l'intelligence de l Ecriture. D'ailleurs Faustin esl sans doute Fauste que l'on ne sçait que trop avoir été pour lors Prêtre et Abbé de l'isle de Lérins. Il peut même en avoir été Prêtre, avant qu'il en fût Abbé. Ainsi celte pièce pourrait fort bien être de S. Eucher. Mais die est trèsobscure par les fautes ou de l'Auteur, ou des Copistes; et de plus elle ne contient rien de bien considérable. ' C'est pourquoi Bib. pp. t. c pr les éditeurs de la Bibliothèque dc> Pères imprimée à Lyon, ''' n'ont pas voulu la joindre aux autres écrits de nôtre Saint.

9°' Le Moine Hariulfe Auteur du XI siècle nous apprend Spfe. t.*. p. m que l'on conservoit dans la Bibliothèque de son Monastère de S. Riquier dès avant l'an 831, le livre de S. Eucher Evoque sur l'éclipsé du Soleil et de la Lune : ce que nous croïons devoir entendre de S. Eucher Evèque de Lyon. C'est- là toute la connoissance que nous avons , et peut-être même que nous puissions espérer avoir de cet ouvrage. Il n'est pas le seul de ceux de S. Eucher que nous avons perdus. Il est certain qu'il nous manque quantité de ses homélies. Il n'est pas moins certain qu'il avoit écrit beaucoup d'autres letres, que celles qui 'nous restent de lui. Nous en avons la preuve dans les liaisons étroites qu'il avoit avec les plus grands hommes de son temps , ' comme avec le célèbre Salvien , à qui il Sair. ep. 2. p. écrivoit en toutes les occasions qui se présentoient; ' avec paui. ep. 51. n. S. Paulin de Noie/ S. Honorât d'Arles, a S. Hilaire suc- J^ de Hon p cesseur du précédent dans le même Siège, et encore d'autres

» ad Euch. p. 56.

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