EVÉQUE DB LYON
V SIECLE
3° Erasme a attribue à S. Bûcher les livrés De la vocation
des Gentils. Mais les sca\anl- jugent qu'il n"a point eu de fondemenl plus solide pour le faire que ceuiquileélont donnés a sainl Léon Pape, à saint Prosper. à llilanv son
collègue , ou à d'autres. Il laui pourtant avouer que si le style seul doit mit' preuve suffisante pour donner un ouvrage à un Auteur plutôt qu'à un autre, on trouveroil sans peine dans les livres dont nous parlons, de quoi justifier le sentiment d'Erasme. Car on peut assurer qu'il se trouve moins de conformité pour le style entre ces livres et ceux de tout autre écrivain, même ceux de S. Léon, qu'il y en a entre ce même ouvrage et ceux qui nous restent de S. Eucher. De sorte que si quelqu'un tentoit en faveur de ce S. Evêque par rapport à ces livres, le même travail que le P. Ouesnel a entrepris en faveur de S. Léon, et M. Antelmi en faveur de S. Prosper , il auroit peut-être une issue plus heureuse , que n'ont eu ces deux sçavants Ecrivains.
4° ' M. Baluze à la fin des œuvres de S. Agobard, et M. le La- ah»- v app- p. boureur après lui, nous ont donné une letre sous le nom de S. };' ','. pfao. s* ' Eucher, adressée à un Prêtre nommé Philon. L'Auteur prie ce Philon d'empêcher que l'Abbé Maxime n'abandonne son Monastère de l'Isle-Barbe, et ordonne de donner à ce Monastère trois cents muids de bled, deux cents muids de vin, deux cents livres de fromage et cent livres d'huile. Plusieurs sçavants paroissent ne pas douter de l'authenticité de cette pièce, dans laquelle néanmoins nous ne voïons rien qui montre une si grande antiquité ; joint à ce qu'il ne paroît point par aucun monument ancien, que l'Isle-Barbe fût érigée en monastère du temps de S. Eucher. Ainsi pour dire tout ce que nous pensons de cette letre, elle a plus l'air du Y 111, ou IX siècle que du V. ' Il y est dit que plusieurs personnes cessoient isie.B. t. 1. p. de faire à ce Monastère leurs aumônes accoutumées, à cause de la crainte qu'elles avoient des nations étrangères , ou des Gentils, pr opter metum gentium . Cela ne peut s'entendre plus naturellement que des incursions ou des Sarrasins au VIII siècle, ou des Normans au siècle suivant. Car nous ne voïons pas qu'on puisse l'appliquer aux Bourguignons déjà maîtres du pais depuis long temps, parce qu'outre qu'ils étoient dabord Catholiques , leur empire étoit fort doux et fort pacifique. Il est aisé qu'au temps des Normans l'Isle-Barbe fût gouvernée par un Abbé qui se nommât Maxime , que l'on ne
v si BCLE.
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connoîi point d'ailleurs, non plus que Ton n'en connoît point i;ini d'autre», soil de ce temps-là, soit des suivants. Il est encore forl aisé que la letre donl il s'agit, fût Bans nom d'Auteur, et que dans In suite quelques-uns de eeui qui croïoient que S. .Maxime disciple de S. Martin avoil été Abbé de l'Isle-Barbe, supposants que l'établissement de ce Monastère éloit encore pins ancien, se soienl imaginé que le Maxime dont il esl (tarit' dans la [être, étoil le disciple de S. Martin. Delà ils se sei'oni émaiîcipés, pour appuïer leurs prétentions, de Taire porter le nom respectable de S. Eucher à celte letre qui se trouvoit anonyme. C'est apparemment par cette sorte de voies que le nom du S. Evêque se lit aujourd'hui à la tête de cette pièce (XI).
SALVIUS OU S1LVIUS,
Evêque d'Octoihre.
KtiS I Till, ibid.
kCToi)iRE ou Martignac , au-dessus du lac de Genève , étoit anciennement un Siège Episcopal, qui dans la suite Tin. ir. e. t. 15. des temps ' a été transféré à Sion en Valais sous la métropole p" IS1, de Tarentaise. On ne peut presque pas douter que Salvius
ou Silvius, qui fait le sujet de cet article, n'en fût Evêque Euch.^d siji^ p. un peu avant le milieu de ce siècle. Car S.' Eucher, dont nous venons de parler, en lui adressant l'histoire de Saint Maurice et de ses compagnons, le qualifie Evêque, et dit qu'il étoit toujours occupé au service de ces Saints, qui souf- Boii. | Jan. t. i. frirent le martyre à Agaune dans le diocèse d'Octodure. ' Silpr. p. 44. i. vmg ^ gQn jQur a(jressa un je ses ouvrages à S. Eucher, qui
avoit, dit-il, accoutumé d'approuver tout ce qu'il faisoit, à cause de l'amitié qui étoit entre eux. Ces traits marquent bien visiblement un homme qui vivoit dans les Gaules, et cave, p. 284. i. non pas' à Rome, comme il a semblé à Cave. a C'est ce qui aLeo, t.i.p. 740. c. est confirmé par la vie de S. Hilaire d'Arles, où l'on voit un Silvius entre les Docteurs de ce temps-là, qui s'étoient rendus célèbres dans nos Gaules par leurs excellents écrits. Ce Silvius avec quelques autres assistoit souvent aux prédications du Saint, et se déclaroit hautement l'admirateur de sa doctrine et de son éloquence extraordinaire. Il n'y a pas de doute que l'Auteur de cette vie entend parler de l'Evêque , dont