‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 163 sur 384 · SAINT VINCENT · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT

Prêtre et Moine a Lérins.

si.

HISTOIRE DE SA VIE

Avant que de passer à l'histoire de Vincent de Lérins, il est important d'avertir qu'il ne le faut pas confondre avec un autre Prêtre Gaulois de même nom, dont nous parlerons dans la suite. Nous croïons aussi qu'il le faut distinguer de Vincent frère du célèbre S. Loup Evoque de Troïes; ' quoique plusieurs Sçavants de ces derniers siècles S?] Sa. !*m£", ne l'en aient pas jugé différent. Mais ils n'ont peut-être pas p.Mo.|jtaKMiib! fait attention a que Vincent frère de saint Loup avoit h.e'i. g." p. iss! quitté Lérins, lorsque saint Eucher vers 426, ou 427, jEuch. ad. m. p. écrivit à S. Hilaire la letre qui fait mention de cette sortie; ' et qu'au contraire il paroît que Vincent dont nous entre- toi. h. e. t. 15. prenons de parler, est mort à Lérins. a D'ailleurs s'il eût été Fp. "séo. frère de S. Loup, il n'est gueres croïable que Gennade eût oublié dans son éloge une particularité si remarquable.

On le nomme Vincent de Lérins pour le distinguer des p- 143autres qui ont porté le nom de Vincent. Il étoit de la Gaule Celtique ou de la Belgique; ' puisque Gennade le fait sim- Genn. vir. ai. c. plement Gaulois, ce qui dans son langage exclud l'Aqui- 64, taine. ' Vincent dit lui-même qu'il avoit été engagé pendant vinc. Lir. n.i. P. quelque temps dans difïérens emplois du siècle. a Cette ?iSr.an.4oo.5i8. 1 circonstance a fait croire à Baronius que c'étoit ce Vin- pUl5^jal*1"I1'i7, cent Préfet des Gaules loué par S. Sévère Sulpice, ' et qui fut Tin. aVid. P. 143. Préfet depuis 397 au moins jusqu'en 400, et Consul en 401. Mais comme le remarque fort bien M. de Tillemont, cette conjecture ne paroît pas avoir de fondement. Assurément l'antiquité ne nous auroit pas laissé ignorer un changement si mémorable d'un Consul et d'un Préfet en un Moine : changement qui auroit été encore plus éclatant que celui de S. Paulin.

\. incent rompit enfin les liens qui le retenoient dans le vinc. lu-, and. siècle, et se retira dans le port de la Religion. Là à couvert Tome IL Q q

'MM s. VINCENT

du venl de la vanité, et des tourbillons de l'orgueil pour parler d'après lui, il tâcha d'appaiser Dieu par les exercices de l;i prière, de la contemplation , e1 sur tout d'une profonde humilité. Il ne marque poinl autremenl 1*' Monastère de sa retraite, qu'en le représentant situé dans une petite terre

,,.,,, ibid mi. écartée. ' Mais Gennaae ne nous laisse pas lieu de douter que

ibid" '' l:' 860, ce ne lui le Monastère de Lérins, alors si célèbre par l'asyle qu'y alloienl chercher tant de grands hommes contre la corruption du siècle.

Euch. quœs. pr.p. Tout le monde convient que c'esl le même Vincent, qui I Tiii.ibid. p. acjieva (je perfectionner dans tous les exercices de la vie spirituelle Salone (ils de S. Eucher, et sans doute aussi S. Véran frère dé Salone. Le même S. Eucher qualifie ce Vincent un homme saint, ('minent en éloquence et en sagesse.

GeDn.ibid. A cette éloquence qu'il avoit acquise dans le monde,' il

joignit depuis l'étude de l'Ecriture et une assez grande connoissance de la doctrine de l'Eglise. Il fut élevé à la dignité du Sacerdoce , et mourut sous les Empereurs Théodose le

T.ii. ibid. p. ii6. jeune et Valentinien M, ' c'est-à-dire en 450 au plus tard.

Nor. h:s. pei.i. 2. ' Son corps se conserve à Lérins avec beaucoup de vénéra-

»Lerin.p'p25i39. tion ; a et l'on y fait sa fête depuis 1600, quoiqu'auparavant on n'y en fit nulle mémoire. Baronius a mis son nom dans le

Tin. ibid. Martyrologe Romain au 24e jour de Mai, ' honneur que

Vincent n'avoit point reçu jusqu'alors.

S n- SES OUVRAGES.

CE qui a le plus contribué à rendre célèbre le nom de Vincent de Lérins, ' est le Mémoire ou Avertissement

vine. Lir. p. 3i5- qUe nous avons de \u\} contre les nouveautés profanes des hé-

n. i. p. 3i3. rétiques/ L'Auteur y fait paroître beaucoup d'humilité et de modestie, s'y qualifiant le plus petit des serviteurs de Dieu, et y cachant son nom sous celui de voïageur ou d'étranger.

p. 3i6. ' Il se propose d'y faire le personnage, non d'un Auteur qui

écriroit ce qui seroit de son invention, mais d'un historien qui ne fait que rapporter avec fidélité ce qu'il a appris de la tradition de ses Pères. Il avertit qu'il se bornera à ce qu'il juge nécessaire , et qu'il indiquera plutôt les choses qu'il

n. a. p. 316. 317. ne les expliquera au long. ' Les deux principes qu'il pose pour

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