DANS LES GAULES. V SIECLE
même la plume, el de défendre la \ érité par ses écrits , comme M avoil déjà fail par ses discours. Après avoir dévoilé les faux principes de ses ennemis dans sa letre à S, Augustin, il crul devoir découvrir leurs ruses el leurs artifices dans une autre excellente letre qu'il adressa à rlufin son ami. L'on y voit les principaux traits de leur conduite pour réussir à établir leur fausse doctrine sur les ruines de celle de S. Augustin: conduite d'autant plus dangereuse, qu'elle étoil plus cachée. N'aïantgarde de se déclarer ouvertement contre le Saint, Pros.adRu.,».B. parce qu'ils sçavoienl trop l'estime que l'on faisoil de son mérite et qu'ils connoissoienl trop le courage de ses défenseurs; ils se contentoient de répandre en secret leurs calomnies. Ils voïoient avec regret de quelle manière S. Prosper et les autres qui lui étoient unis , réfuloient ce qu'ils semoit nt dans leurs fréquentes conférences. Ils comprenoient que s'ils avoient la hardiesse de vouloir parler ou devant les Evoques, ou devant les peuples , ils seroient accablés par une foule de passages de S. Augustin môme. Que ces passages confondroient leurs calomnies ; et que faisant paroitre la vérité dans toute sa force, ils vaincraient aisément dans l'esprit de ceux qui avoient un peu de foi, tout ce que la vanité de leur imagination leur faisoit produire, pour élever leur propre justice contre la grâce de Dieu.
XXIX. Ce reproche que S. Prosper leur fit de n'oser produire en public leurs fausses accusations, les piqua vivement. ' Quelqu'un d'entr'eux, qui y fut le plus sensible, ep., p. rai. 192.193. voulut entreprendre d'écrire contre S. Augustin ; mais il n'osa
encore le faire que sous un nom emprunté. Sitôt que son dessein eut transpiré, ' S. Prosper le réfuta par avance en deux p. m. 195. Epigrammes qui nous ont été conservées. ' 11 y fait voir que p. 191. 19:. ce dessein tend à prêter des armes à des ennemis déjà vaincus et terrassés. Que ce nouveau combat ne peut que causer la ruine de celui qui pense à l'entreprendre. ' Que pour écri- op. 2., p. 193. 194. re contre S. Augustin , il faut être disciple ou de Pelage , ou de Julien d'Eclane. ' Qu'au reste il peut se montrer hardi- p. 195.19s. ment sans se cacher, et s'entortiller davantage sous ses ruses artificieuses et trompeuses ; parce qu'il lui sera impossible d'éviter ce vénérable vieillard , qui avoit déjà marché sur les aspics et sur les basilics, après leur avoir écrasé la tête.