‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 196 sur 384 · LÉ JEÛNÉ · texte numérisé non relu

LÉ JEÛNÉ

V su

Cologne en un volume tn-8* Pan 1532. Cinq ans après, c»rps. bîb. c'est-à-dire en 1537, il fat encore imprimé à Basle en même Volume. ' En 1560 il parul de nouveau en même volume Bîb. An encore à Basle, avec les livres d'Arnobe l'ancien contre les ' ' '' ' Païens. Enfin Laurent de la Barre aïanl revu et corrigé If cav«. \ba. \ oad. commentaire d'Arnobe, en donna une nouvelle édition, qui fut faite à Paris l'an 1039, avee l'ouvrage de l'ancien Arnobe, à (jni Péditeur attribue le commentaire sur 1rs Pseaumes. C'est sur cette dernière édition qu'on a fait passer ce commentaire dans la Bibliothèque des Pères. Mais dans celle-ci comme dans les autres, on donne mal-à-propos à Arnobe la qualité d'Africain, tant parce qu'il étoit plutôt Gaulois qu'Africain, qu'à cause qu'on le confond avec l'ancien Arnobe.

' A la fin de ce commentaire sur les Pseaumes dans la Bi- bu>. pp. t. « P bliotbeque des Pères, nous avons de petites annotations sous le nom d'Arnobe sur divers endroits de l'Evangile. ' Mais Sixt. ibid. i toi. les Sçavants remarquent que c'est peu de chose, et que l'on n'est pas assuré de qui elles sont véritablement; ce qui n'a pas empêché qu'elles n'aient été souvent imprimées. ' Dès 1513 Gesn.ibid.2.|Cave, elles le furent à Basle en un volume in-8°. a Ensuite on les Tonl^VT inséra dans les Orthodoxograph.es, sous le nom d'Arnobe l'A- 3m-m.' fricain; ' et depuis André Schot les revit et les publia à Paris cave. ma. i Oud. l'an 1639. ibid-

Nous avons aussi dans la Bibliothèque des Pères une con- Bib. pp. t. a. P. férence ou une dispute entre un Arnobe Catholique, et un -0*"238- Sérapion Eutychien sur la Trinité, l'Incarnation et l'accord de la grâce et du libre Arbitre. ' Bellarmin et Feuardent p. 203. la croient d'Arnobe le Jeune, auteur du commentaire sur les Pseaumes. Les preuves qu'en donne le second, c'est qu'il croit voir dans l'un et l'autre ouvrage la même précision, la. même vivacité d'esprit, la même négligence de style, la même manière de s'expliquer, les mêmes hérésies combattues. D'ailleurs le temps y convient aussi ; puisqu'on y cite S. Ambroise, S. Augustin, le Pape S. Damase, S. Cyrille d'Alexandrie, S. Léon, et que l'on y parle des hérésies des Ariens, des Photiniens, des Nestoriens, des Pélagiens. ' En effet toi. t. is. p. 22. cette dispute est postérieure à la letre de S. Léon à Flavien, écrite en 449. Mais il semble qu'elle est faite avant la mort du même Pape, c'est-à-dire avant l'an 460, dans le temps que l'Egypte et la Palestine étoient remplies de carnage, ou l'avoient été depuis peu, au sujet de l'Eutychianisme : ce qui

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V SIECLK.

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Cave, p. 289. S.

peut assez bien marquer l'année s>N. ' Mlle est même citée

par Àlcuin sous le nom d'Arnobej à qui les manuscrits l'altrif

o d. ibid. huent; el l'on ne peU1 pas dire, ' comme fait Casimir Oudin,

sans faire injure à Alcuin, qu'il a entendu non le jeune mais l'ancien Arnobe, à qui certainement ces temps ne con\ iennenl

cave.iMd. pas. Tout cela l'ait que '(lave blâme hautement Oudin de ce

qu'il refuse cet ouvrage à Arnobe le jeune.

Tin. ii/hi. ' il paroît néanmoins qu'il y a plus de raison de ne le lui

point donner.» cl de distinguer celui qui a écrit sur les IVaumes, de celui qui a composé la conférence, que de les confondre ensemble. Car le premier, comme nous l'avons montré, est au moins Sémipélagien;, et l'autre au contraire paroît orthodoxe sur la grâce , lémoignanl un respect tout particulier pour S. Augustin; jusqu'à dire, en parlant de la grâce, que quiconque ose le reprendre en quelque chose, se condamne par sa propre bouche comme hérétique. Assuré-

Bib. pp. ibid. p. ment ce n'est pas-là le langage d'un Sémipélagien. ' On remarque même que des Auteurs plus anciens qu'Alcuin, ont attribué cette conférence à S. Augustin, tant elle a de con-

Tiii. ibid. p. 22. formilé avec sa doctrine : ' mais cela est ridicule; puisque ce Saint y est cité avec éloge. D'ailleurs l'ouvrage n'a rien du style ni de l'esprit de S. Augustin. Il est mal écrit, mal composé, obscur, peu juste dans les raisonnements, fort corrompu par les copistes, et ne contient rien de bien important, îl paroît avoir été fait à Rome; et l'Auteur s'y déclare membre de l'Eglise Romaine. 11 est aisé de croire que la conférence est feinte, quand ce ne seroit que par la manière dont

Ane. t. 5. p. 1455. | Sérapion se rend à la vérité. ' Quelques Auteurs croient que

i283-i£k. ta * P" cest un ouvrage de Vigile de Tapse, qui a feint d'autres conférences. Mais on le croit sans aucune preuve solide. D'ail-

Tiii. ibid. p. 23. leurs, ' comme l'observe M. de Tillemont, Vigile attribue ses conférences à des personnes plus illustres, et réussit mieux à les faire.

Am. const. P. 222. ' Arnobe dans cette dispute fait citer au Pape S. Célestin un passage de S. Hilaire, pris de son écrit contre Constance : mais ce passage ne se trouve point dans l'ouvrage de ce Père.

ibid nu. P. 224. ' Feuardent en conjecture que nous n'avons plus cet écrit que très-imparfait, quoique S. Célestin et Arnobe l'eussent en son entier. Cet écrivain raisonneroit plus juste, s'il disoit que le passage cité est plus digne d'un ouvrage supposé, que d'un véritable écrit de S. Hilaire.

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\ - Il I I I uardenl est fe premier qui adonné au public la confia ,"{|ll. pï> ( s Z pence donl nous parlons, après l'avoir tirée d'un manuscrit du monastère de S. Jacques à Liège. Il la lit imprimer à la suite de son édition de S. [renée, qui parut à Cologne l'an c*™. iud. 1596; ri depuis on l'a toujours réimprimée à la fin de toutes |. s éditions du même Père, jusqu'en 1639.

Un .-.avant homme fruit que le même Arnohe est aussi Haag. p.wt itu. Auteur des ii"i- livres d un Anonyme . que le 1\ Sinnond LWd-p- -■•• -' publia en 1 ii \'.\ SOUS le titre de Prcedestinatus , parce qu'il combal directement le- Prédestinatiens. Le P. Sinnond ne i»r;i,i. ,)r. p :il. s'éloigne pas lui-même de ce sentiment. Le premier de ces bu>. im>. t. ^t. j>. trois livres esl un catalogue de '.10 hérésies, depuis Simon :;''1;(';7'' ■|TllL llj"Jjusqu'aux Nestiuieiis et à ses Prédestinatiens inclusivement.

si proprement un tissu de fautes contre l'histoire.

'Le second livre de l'Anonyme est un discours attribue, Drid. | Pned. 1. s. dit-il, à S. Augustin par les Prédestinatiens; mais omi est fort pr' p* M7, 518' éloigné du style et de la doctrine de ce Père.

Le troisième livre enfin est la réfutation de l'écrit précé- ibid. | Mang. p dent. C'est-là que l'Auteur paroit non un Semipélagien, mais 50G' un pur Pélagien. nonobstant la profession qu'il fait d'anathématiser Pelage et Celestius.

On a long-temps varié sur le véritable Auteur de cet ouvrage. Mais il ne nous en paroit point à qui il convienne mieux qu'à notre Arnobe. Les raisons que nous en allons donner peuvent même rendre ce sentiment plus que probable.

1°. Il e-t visible que l'écrit anonyme a été composé vers le même temps , que le commentaire d'Arnobe sur les Pseaumes. C'est ce qu'il est aisé de reconnoître à la seule lecture de l'un et de l'autre ouvrage. On y découvre par-tout, et principalement dans le 3J livre, le génie du même siècle, tant par rapport aux mêmes erreurs que les Auteurs entreprennent de combattre, et les vérités qu'ils veulent établir, que par rapport à la manière de l'exécuter.

2°. Dans l'un et l'autre ouvrage c'est le même style, les mêmes façons de s'exprimer. ' On lit dans l'écrit anonvme, com- Pwed- s. î. 3. P

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me dans le commentaire d'Arnobe, le terme de Prédestinatiens. 'On trouve dans celui-là, comme dans celui-ci, une p- 5|* s~o certaine élégance mêlée de quelques expressions peu latines, par exemple, spécialisas, damnabilitas .

3°. Ce sont dans l'un et l'autre les mêmes principes de Théologie. ' Ce que l'Auteur anonyme dit sur la prédestina- p 320 5-23

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tion au sujet de ce passage de S. Paul : Dieu fait miscricorilru

qui il lui plaît, il etïdurcït aussi qui II lui /ilalf , cl <]<• qûel-

Am. m ps. 91. ques autres semblables, contient la ttlêtfie aôcfritte ' qu'Àrnobe

?■ ■ . ^ enseigne sur le pseaume '.M''. De tnême ' ce (nie celui-ci dit

sur le pseaume 140", touchant la volonté de l'homme, qui

précédé' &U moins la grâce que mms recevons dans le baptê-

Prwi. iin.i. P. me, l'Anonyme le soutient aussi et du bâptênié et de la pë-

nilencc.

Mais voici (jiiel(|uc chose encore de plus positif. Nous avons remarque" qu'Àrnobe en établissant une grâce préve-

p. us. nante, la fait consister dans la seule instruction. ' C'est aussi

ce qu'établit bien clairement l'Anonyme dont il s'agit ici. « La grâce, dit-il, précède la volonté de l'homme, en lui mon- « trant la vie éternelle, pour qu'il y établisse son plaisir, -et en « lui découvrant le feu éternel, pour qu'il en conçoive de la

p. o6o. « crainte. ' Remarquez-le bien, ajoûte-t-il un peu après; nous

« vous montrons une graci de Dieu, qui précède et qui suit « la volonté de l'homme. Elle précède, parce qu'elle vous ap- « pelle, qu'elle vous exhorte, qu'elle vous invite à venir. » On peut encore consulter ce que dit le même Auteur à la page 564; et l'on y verra une entière conformité avec ce qu'Arnobe enseigne sur le pseaume 146.

p. 568. A0' ' Enfin l'Anonyme s'élève, comme le fait Arnobe, con-

tre les Pélagiens. Il condamne, comme Arnobe, ceux qui présument de leurs propres forces, et non du secours de Dieu : qui prétendent pouvoir sans le secours divin vivre exemts de péché; qui soutiennent que la mort n'est point entrée dans le monde par Adam, et la vie par J. C.

oud. soi. 1. 1. P. ' L'ouvrage du Prœdestinatus parut pour la première fois à

» Bib pp t 27 P&ris l'an 1643 par les soins du P. Sirinond, ' qui l'intiiula,

p- 543. Prœdestinatus, sivePrœdestinatorumhœresis: Le Predestina-

tien ou l'hérésie des Predestinatiens.

oud. ibid. ' Après l'édition du P. Sirmond il en parut une autre l'an-

née suivante en un volume in-8°, avec une critique sous le nom emprunté de Petrus Aurseus, comme le nomme Oudin, qui croit que c'est ou M. Arnauld Docteur de Sorbone, ou David Blondel, comme Grotius Ta avancé dans une de ses letres, qui est la 699 de la 2e partie. Mais Oudin se trompe et dans le nom de cet Auteur, et dans l'interprétation qu'il y donne. C'est M. de Barcos qui s'est caché sous le nom de M. Auvray.

?£££' '• 27p- 'Depuis cette édition de 1644, le texte du Praedestinatus

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