DANS LES GAI LES. \ SIECLE
lilc que les Letres, dont la conservation ej le pi ut
étroitement liés avec la paix, la tranquillité el le calme, soutinssent avec quelque honneur au milieu de, tanl d'agita,lions, de troubles, de ravages, de cruautés. Ûnel moïen que - Gaulois, ci la langue Latine qu'ils parloienl enci iv asa z purement, pussent tenir contre des mœurs et un jargon aussi barbares que l'étoient les upms des peur pies étrangers qui les dominoient? Les vaincus, en subissant le joug des victorieux, ae peuvent se dispenser de se {aire à leurs maximes, el de suivre leurs coutumes. Ce fui par ce moïen que nos Gaules changèrent entièrement de face sous la domination de tant de nations étrangères, qui n'aïant de passion que pour la chasse et Iaguerre, ne pouvoient avoir que du mépris pour les Sciences et les beaux Arts, dont nos Gaulois faisoient profession.
XLUI. On peut juger du dommage que les Letres reçurent dans les Gaules de l'irruption de ces barbares , par
celui qu'elle v causa à l'Eglise. ' Euric un des Rois des Vi- su. s.,i.7.ep. 6,
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sigots, qui suivant les traces de ses prédécesseurs, travail-
loit à y étendre sa domination , n'en vouloit pas moins au Christianisme qu'aux Villes qui tenoient encore pour les Romains. Le nom de catholicité lui étoit si odieux, qu'il seroit difficile de dire laquelle des deux passions étoit la plus grande en lui . ou celle de régner, ou celle de soutenir son hérésie, qui etoit l'Arianisme. ' Il avoit fait égorger les p- 10*4- 1025- Evèques d'Auch, de Rasas, d'Eause , de Cominge . de Gabales aujourd'hui Mande . de Rourdeaux , de Rhodes , de Périgueux , de Limoges, et ne souffroit point qu'on leur donnât de successeurs , non plus qu'à ceux ' que l'on avoit envoies en p- 1026exil. De sorte que la foi périssoit avec les Evêques , qui p- 1025. l'annonçoient au peuple, et qui la défendoient contre ses ennemis. La discipline de l'Eglise ne tomboit pas seulement ; ' mais le souvenir même s'en perdoit. Par ce défaut de suc- p- 1026cession des evêques, lorsqu'il en mouroit quelqu'un, c étoit moins un Evêqué qui mouroit pour cette Eglise , que le Sacerdoce même. Enfin il semble que l'on n'avoit point d'autre but que de détruire la Religion Catholique , et en la détruisant , d'anéantir les Sciences ecclésiastiques et profanes. Car encore alors, et cela dura jusqu'à l'établissement des Monastères, des Collèges et des Universités, on n'enseignoit les Sciences ecclésiastiques que dans les Séminaires sous les Tome IL D
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yeux des Evoques, qui le plus souvent prenoienl etix-fnÈûies ce soin. Pour les Scienœs humaines* on les étudioit dans des Ecoles publiques; mais quelle apparence yavoit+i] d'en ouvrir sons une domination qui ne les pouvoit goûter? Elle ne dermettoit pas même, celle domination, que l'on sortit des Gaules peur aller ailleurs fréquenler ies Ecoles e.élcbres. I. 9,ep. il. p. 'On en trouve un exemple en la personne de Bourguignon, jeune homme de mérite, fort désireux de s'avancer dans les Sciences; Mais comme il demeuroit en Auvergne , dont les Visigols se rendirent maîtres vers 475 , les conditions de la paix avec ces barbares l'empêchoient d'aller étudiera Home , comme il le souhaitoit.
XLIV. Cinq ou six ans avant que les Gols eussent fixé Tiu.Emp.,t. 5, p. leur demeure dans les Gaules, ' les Bourguignons, qui y avoienl déjà fait une irruption , passèrent le Rhein en plus grand nombre qu'auparavant , et s'y vinrent aussi établir en 413. C'est à cette année que l'on rapporte le commencement de leur empire dans les Gaules sous leur Roi Gondicaire. Outre le pais auquel ils ont donné leur nom, ils en possédèrent encore beaucoup d'autres dans ce que nous appelions aujourd'hui le Dauphiné et la Savoie. Us furent assez long- Chor., i. 4, g u, temps maîtres de Lyon ' et de Vienne , dont ils firent la capi- «Sid Car i<> v ^le de leurs Etats. aS. Sidoine fait une description de leur exté- 3. 19. rieur et de leurs mœurs, laquelle n'est pas fort avantageuse.
Tin. ibid.,p.6n. b j)es j'an 4^7 [\s embrassèrent la Foi Catholique ; mais dans la suite après 440, ils eurent le malheur de se laisser infecter de l'hérésie Arienne, peut-être parle commerce qu'ils eurent avec les Gots. C'est à cause de cette hérésie que ces deux nations professoient dans nos Gaules , que la plupart des Homélies imprimées sous le nom d'Eusebe d'Emese , mais qui sont des Evêques Gaulois de ce siècle, contiennent plusieurs traits contre les Ariens et les Photiniens. Au reste les Bourguignons étoient presque tous artisans , et fort satisfaits de gaibid, | Emis.hom. gner leur vie par leur travail. î Ils aimoient naturellement la 24, P. 282. i. 2. pa*x ^ et traitoient les Gaulois de leurs Etats avec douceur, sans leur faire de tort ; non comme des peuples conquis , mais comme leurs frères en J. C. Ainsi à leur langage près , Sid. ibid. ' qui étoit un dialecte du Germain, ils ne pouvoient guéres
nuire à la profession que faisoient nos Gaulois des Sciences et des beaux Arts. Ils souffroient même des Ecoles publiques à Lyon et à Vienne , comme nous dirons dans la suite.
DANS LES Q iULBS. V SIECLE. N