‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 246 sur 384 · par. p · texte numérisé non relu

par. p

Bib. Casan.

Bib. Borb. t. 2. p.

Gesn. ibid. not.

Gesn. bib. uni. t.

Sil. poi;. Christ.

Bib. Angel.

la justesse de ses raisonnements , el la pénétration de son esprit, qui lui a l'ail découvrir el expliquer des vérités très-abstraites que la plûparl des autres ont à peine pu appercevoir. ' il juge el quelques autres avec lui, que ce que Claudien dil de la nature de l'ame dans sou premier livre, a un entier rapport avec les Méditations «l'un célebre Philosophe moderne. Il désigne M. des Cartes, qu'un autre Ecrivain nomme expressément en Faisant la même remarque. On trouve en efïel dans le traité de Claudien la plûparl des principes dont s'est servi M. dos Caries pour établir son nouveau système. Cela 9'esl fait ou parce que l'un cl l'autre ayant l'espril juste el Géomètre, el ayanl suivi les mêmes routes, ils ont rencontré les mômes principes, ou pour parler plus naturellement, parce que M. des Caries avoil fait une lecture particulière de l'ouvrage de Claudien.

Dès 1482 ce traité fut imprimé à Venise, parmi divers autres écrits recueillis en un volume in 4°. ' De-là il passa dans les orthodoxographes, imprimés à Basle en 1555 et 1509, puis dans les Bibliothèques des Pères de Paris en 1575 et 1644, où il est peu correct, ensuite dans celle de Lyon, et auparavant dans les autres du siècle précédent. Il s'en trouve quelques autres éditions faites en des volumes séparés. 'Il fut revu par les soins de Thadée Ugoletti de Parme, et imprimé à Venise au mois de Mai 1500. ' 11 y en eut une autre édition, qui parut à Basle l'an 1520 en un volume in 8° ou petit in 4°, par les soins de Pierre Mosellan. ' A la tête de cette édition Claudien est nommé Claudianus Ecdicius Mamertus , conformément à un Manuscrit. ' Mais on l'y qualifie mal à propos Evoque de Vienne , le confondant de la sorte avec S. Mamert son frère. On a fait la même chose dans les Orthodoxograplies. Pulmannus donna depuis une nouvelle édition de l'écrit de Claudien, qui fut faite à Anvers les années 1607, et 1610, en un volume in 16, avec les Notes de Delrio. En 1612, Gaspar Barthius en donna une autre édition, qui parut eu un volume in 8° àHanaw, ville du cercle du haut Rhein. ' On réimprima encore le traité de Claudien avec l'Ouvrage de Fauste de Kiès sur les créatures l'an 1655 à Zuickaw en un volume in 8°. Cette édition est enrichie des corrections et des notes

CLÀUDILN. 451

v s i EC LE.

d'André Schol el de Barthiii9, qui l'avoil annoncée dès 1622 dans sa préface sur le Poëte Kutilius.

Il \ a aussi de Glaudien un petil écri! qui necon- bo>.pp.m i.,,,, lient que des pensées (m des raisonnements forl courts , p pour dis'inguer la nature corporelle, l'incorporelle ou spirituelle, et la divine. L'auteur s'y plaint qu'il n'avoit personne à Vienne pour conférer de ces sortes de choses, el pour s'éclaircir dans ses doutes. 'Oncroil que ce pul être nu. ibid.p. 123 ou avec l'ouvrage précédenl ou peu auparavant, que Glau- l45, dieu adressa celui-ci à S. Sidoine; le pliant de l'examiner et d'y corriger ce qu'il jugeroil à propos. On n'a point, réimprimé cel écrit avec les autres de Claudien dans la Bibliothèque des Pères de Lyon ; quoi-qu'il eût paru el dans les Orthodoxographes et dans les Bibliothèques d<\s Pères de Paris.

3°. ' Nous avons encore de Claudien deux letres, difle- sid. 1.4. ep. 2.p.

1 h »-i i» v i X64 J l»~ 4 » 1 233. | Cave, p. 290.

rentes de celles qu il a mises 1 unt^ a la tête de l autre a la Bai. mise 6.p.

fiti de son traité sur la nature de l'ame. S. Sidoine, à qui 535"588-

est adressée l'une des deux dont nous parlons ici, l'a juj

digne de nous être conservée parmi les siennes. ' Claudien sid. p. 233. 234.

la lui écrivit pour lui marquer et le déplaisir qu'il avoit de

ce qu'il ne pouvoit l'aller voir, et encore plus la surprise

où il étoit de ne point recevoir de ses nouvelles, depuis

qu'il lui avoit dédié son ouvrage. C'est sur-tout de quoi

il se plaint avec beaucoup de tendresse et d'amitié, en lui

reprochant qu'il prodigue à l'égard des étrangers ce qu'il

mérite mieux que tout autre.

' L'autre letre de Claudien nous a été donnée depuis peu Bai. mise. 1. 6. p. par les soins de M. Baluze ' qui l'a tirée des archives du Roi. pr. p. t'2. La découverte en est d'autant plus précieuse, que le monument est plus ancien, et plus important pour l'ancienne literature. ' Cette letre est adressée à Sapaude, qui enseignoit t. c. p. 535. la Rhétorique ' à Vienne dont il étoit citoïen. Nous con- p. 537. 53s. noissions déjà ce sçavant Gaulois par les lelres de S. Sidoine ; mais nous n'avons appris que par cette letre de Claudien, quel étoit son pais natal et sa profession. 'Claudien après y p. 535. 536. avoir touché en peu de mots la véritable cause de cette noble et généreuse émulation des Grecs, à pousser les sciences aussi loin qu'ils ont fait ; ce qu'il attribue à l'intention qu'on avoit de récompenser le mérite par les honneurs qui le suivoient toujours; 'il déplore amèrement la triste v. 536. 537.

'.:.;> M AMK HT.

\ SIfiCL i:.

décadence des letres qu'il voïoii de son temps dans nos p. 63i Gaules. ' De-là il passe à l'éloge de Sapaude, <jui par

('•Inde et ses leçons publiques travailloit à relever les rui- ,,. 538. nés de la belle literature. ' Claudien lui marque à la lin

des Auteurs qu'il doil choisir entre les anciens, comme les pins propres à l'exécution de sa généreuse entreprise. Celte letre est pleine d'érudition, écrite avec polili cl digne en toutes choses de celui dont elle porte le nom.

sid. i. 4. «p.3.p. 4° ' S. Sidoine relevé par de grands éloges une hymne que Claudien avoit composée en vers trochaïques , et qui exprimoit de grands sens en peu de mois. « Elle est, dit-il, c< agréable cl élevée, elle surpasse toute sorte de vers de « cette nature, autant par l'agrément de la Poésie, que par « la vérité de l'Histoire. Un vers destiné à de petites cho- « ses renferme des paroles d'or; et la brièveté du Poëme « n'ôte rien à l'étendue et à la majesté du sens... C'est u comme une grosse perle enchâssée dans un peu d'or... P. .327. « ' Toute la terre, ajoute S. Sidoine en parlant de Claudien

« même, révérera l'élévation de vos ouvrages; et vous avez « ce double avantage de ne rencontrer ni rival ni pareil, « quoiqu'il y ail déjà long-temps que vôtre réputation s'est « répandue parmi les peuples, où je l'ai moi-même puce bliée. »

sir. in. sid. P. 939.| ' Les seavants conviennent que ce Poëme si fort loué pm^J.' p985J9Dlj' Par S- Sidoine, est l'hymne célèbre de la Passion , qui nu. ibid. p. 125. commence par ces vers Pange lingua glormi prœlium certaminis. C'est ce que le Père Sirmond prouve par le témoi- Genn. vit. ni. c. gnage d'un ancien Scholiaste5 ' et qui est confirmé par Gennade, suivant un ancien manuscrit du Mont S. Michel, que l'on a suivi dans l'édition dont nous nous sommes sir. ibid. i cave, servis. ' Le même P. Sirmond et Cave remarquent que tout ce qu'en dit S. Sidoine, convient à cette Hymne, et qu'elle a une élégance qui passe celle de Fortunat de Poitiers , Fou. î. a. car. 2. ' à qui on l'a attribuée assez long-temps, et entre les Poë- R" 4"' 5^ sies de qui elle se trouve encore. ' M. du Pin ne s'éloigne

pas de celte opinion. Seulement il prétend que S. Sidoine en parlant de cette Hymne, en dit plus de bien qu'il n'y en a, et qu'il exagère beaucoup sa beauté. Genn. ibid. c. 83. ' Cennade selon l'édition que nous suivons, dit que Claudien composa encore quelques autres ouvrages , qu'il

CL W'MKN. \:\:\

\ BIECLl

ne marque pas. Si ce que S. Sidoine dil du soin que pril Sl, , 4 ^ Claudien de régler les leçons propres aux jouis do |-Y- p.

luranl le cours de l'année . pouvoil s'entendre d'un lectionaire, ou d'une i de Bréviaire, tel que celui

que dressa Musée de Marseille dans le même siècle corn- cave, und. me Gave l'a entendu, il faudroit compter ce1 ouvrage au nombre do ceux que Gennade ne fait que désigner en général.

Mais il ne faut pas mettre de ce nombre ' un Poëme 'tl!' ,'1' '• «>• p

intitule, Contre les folies des Poètes , ou contre les rœ- chri«t)Fab.biB.ut. les profanes, que l'on trouve imprimé en divers endroit- app" p' ' sous le nom de Claudien. 'et que presque tous les mo- Caye,u>id. | Domo.

j 1 • .. u . l . l 7 , , ibid.p.SSO. , I -I.mi.

dénies lui altriluient comme une pièce incontestablement b.e t. e.p.583 de lui. ■ Car c'est sans nul fondement; et ceux qui ont exa- » |.a„i. ni. <-. st. mine ce point de critique avec le plus d'attention, sont per- Jj- I Tiil.ibid.p. suades que ce poëme est de S. Paulin de Noie, et que c'est une suite de l'excellente letre de ce Saint à Jove, à laquelle il se trouve joint dans les anciennes éditions de S. Paulin. Aujourd'hui il en est séparé , et imprime Paul. poe. io. p. parmi ses autres Poèmes dont il fait le 19e en nombre.

On ne doit pas non plus donner à Claudien, ' com- Gyr. poe. diii.*.

. , l i r» •■ • p.2G0. | \oss.poe.

me lont quelques-uns , le Poème qui commence par ce un. c. s. p. 230. 1 vers. Qhrvste potens rerum, redeuntis conditor osvi, et qui se on'no *au ,p'

trouve mal à propos dans quelques éditions des Poésies de Claudien d'Alexandrie. On convient avec ces Ecrivains que celte pièce n'est point de ce Poëte profane et Païen. Mais aussi elle n'est pas non plus de Mamert Claudien ;

puisque le Pape Damase en est le véritable Auteur, et Dam. car. 9.p.83. qu'elle fait le neuvième de ses Poèmes.

'On a encore attribué à Mamert Claudien sans au- Vos.s- ib2!Hï?.y"

v j f 1 1 r\ •■ 1 11 • i> i auce c. 8/. ! BiL.

cun solide fondement le Poème sur la collation, 1 accord pp.t.6.p.io4i.i.

ou la concorde de l'ancien et du nouveau Testament, qui

dans quelques Manuscrits porte le nom de Flavius Praesi-

dius, et que quelques sçavants donnent au Poëte Sedulius,

et le Mire à Turcius Ruiius Asterius. 'C'est sous le nom de b*. pp. p. 1. 3. p

ce dernier qu'il se trouve dans la dernière Bibliothèque ?01, ,SJ

des Pères de Paris. (xxnV

v ».CE, m LUCIDE,

LUCTDE,

Prêtre en Provence.

nvi: tout, ce qui s'est passé dans l'Eglise des Gaules <ii

Conct.i.'p. 1841. I "<■<> siècle, rien n'esl devenu guéres plus laineux ' que

l'histoire de Lucide. C'était un Prêtre de Provence, comme il pareil, et peut-être même de l'Eglise de Ries. An moins l'autorité dont usa à son égard Fattste qui en étoit

Evêque, le l'ail ainsi juger, il ne laisse pas cependant dans l'écrit qu'il lui adressa, de le traiter avec beaucoup d'hon- Faust. ad. Lue. p. neur et d'affection : ' le qualifiant son Seigneur, son tr îconV. p. iou. intime, très-cher, très-honoré confrère. a Lucide fut accusé de tenir diverses erreurs sur la prédestination et la grâce. 11 passoit pour soutenir que l'homme pouvoit être sauvé par la seule puissance de la grâce, sans qu'il fût obligé d'y coopérer, et de travailler de son côté. On l'accusoit de ruiner entièrement le libre arbitre et de dire que J. G. n'étoit pas mort pour tous les hommes ; que ceux qui se perdent, se perdent par la volonté de Dieu, et d'avancer quelques autres propositions semblables. Fans. ad. Luc. p. 'Le bruit des erreurs de Lucide se répandant, anima 5"4- '• le zèle de Fauste. Il s'efforça, dit-il en se rendant témoi-

gnage à lui-même , de ramener ce Prêtre à la vérité par plusieurs entretiens qu'il eut avec lui, et dans lesquels il Tin. ibid. lui témoigna beaucoup de douceur et d'humilité. ' Mais,

comme Fauste étoit dans une erreur tout opposée, et qu'il défendoit peut-être avec trop de chaleur, il ne faut pas Faust, ibid. s'étonner si ' ces entretiens n'eurent point d'effet. Déjà

quelques Evêques songeoient à en venir aux censures et à la déposition , lorsque Fauste voulut éprouver s'il ne réussirait point mieux par écrit, que de vive voix; et Lucide avoit témoigné le souhaiter, tbid. ' Fauste lui adressa donc un écrit, que d Canisius ne

Mnb. pp. 1.8. i». raj| pas difficulté de regarder comme erroné. b II y marque i> Faust, ibid. à Lucide en peu de mots ce qu'il prétend que l'on doit croire, et que l'on doit rejetter sur la grâce pour être Orthodoxe ; ' lui promettant de lui en montrer les preuves, ou lorsqu'il le viendroit trouver, ou lorsqu'il seroit

PU ÊTR E E N PROVENC E.

\ siecli:

appelle devant les Evoques. Il lui marque désirer ardemment de le voir demeurer dan- le sein de sa mère la sainte Eglise, en renonçant à son erreur, qui ne passerait que pour une faute d'ignorance . s'il avoil soin d'en sortir aussi-tôt; mais qui dégénérerait en blasphème, s'ilentreprenoit de la défendre avec opiniâtreté. Enfin il le pr< de lui mander nettemenl s'il recevoit ou >'il rejettoit la doctrine qu'il lui pi et en cas qu'il la reçût, de lui

renvoïer son écrit signé de sa main. Que s'il refuse de le faire, il lui proteste qu'il seraohjigé de le dénoncer publiquement, el de porter cette affaire devant les Evêques.

t écrit se trouve aujourd'hui signé de Lucide; n»id. mais il est indubitable qu'il ne le signa point lorsque Fauste le lui envoïa, parce que sa signature auroit arrêcette grande affaire, qui eut encore d'autres suites. Elle fut portée, comme Fauste en avoit menacé Lucide, cône. t.4.p.sou à un Concile de 30 Evêqu< . - mblés à Arles, dont nous allons donner l'histoire sois un titre particulier.

' Lucide s'y trouva, apparemment en qualité d'accusé; ibij. et après avoit reçu la correction des Evêques, qu il nomme un bien public et un remède salutaire, il renonça aux erreurs qu'on lui imputoit. C'est ce qu'il fit par un écrit qu'il adressa aux Pères du Concile, et dans lequel, conformément aux décrets que l'on y avoit dressés, il prononce anathéme contre diverses propositions, dont quelques-unes ne s'accordent pas avec la doctrine du II Con- r- 'ces. icto. |t.

cile d'Orange, et du III de Valence tenu en 85.').

Lucide non content d'avoir anathématizé les propo- p. io*5.

sitions dont on vient de parler, y en ajoute encore d'autres . contraires aux précédentes, et finit son écrit en suppliant les Evêques à qui il l'adresse de l'aider du secours de leurs prières.

On regarde cette retractation comme l'ouvrage de Maug. p. 555. §. Fauste de Ries, qui l'aura dictée à Lucide, et qui y aura J|i; ' 1JI ' p' glissé les erreurs qui y paroissent. ' On la trouve à la suite b&. pp. t. 8. p. de la letre de cet Evèque à Lucide, et à la tète de son fa- tJv.t^i.^99.'\Vu3. meux ouvrage sur la grâce, et de ses lelres à S. Rurice p- 3'jL Evèque de Limoges. 'On l'a insérée aussi dans la collée- Co^c. t.4.p.io«. tion des Conciles. Mais on ne nous apprend point ni de 10iO' quelle manière elle fut reçue, ni ce que devint le Prêtre Lucide dans la suite. Quelques-uns ont prétendu que cette .\ra,lg. t. 2. v

oSC.

\ S1ECLK.

pièce, aussi bien < ] 1 1< * les deux Conciles dont nous allons parler, avoienl été supposés; mais c'est de quoi Ton n'a

aucune preuve convaincante.

Page 1