V CONCILE D'ARLES
i que nous venons <le dire au sujet du Prêtre Lucide ,
sert d'un grand éclaircissement pour l'histoire de ce
Concile, et en est comme le prélude. On n'en trouve nulle
part les actes; et l'on ne sçail. rien de ce qui s'y passa que par ce que nous en apprend Fauste Evêcfue de Ries, aug. i.â. P. 546. qui paroit en avoir été le grand Promoteur.' C'est ce qui, joint à diverses autres raisons, a fait dire à quelques modernes, que ce Concile et la rétractation de Lucide avoient été feints par Fauste, afin de donner quelque autorité à Nor.iûsi. Pei.i.2. ses écrits contre la grâce. ' Mais le Cardinal Noris et lil^'iï.V"™' M- de Tillemont se sont crus obligés de réfuter ces rai- -• "R- '• sons, et de montrer que celte opinion ne se peut soute-
nir. Fauste en effet aimoil trop sa réputation pour s'exposer à passer pour faussaire, comme l'on n'auroit pas manqué de l'en convaincre, s'il avoit été capable d'une Dupin, bib. t. 4. falsification si criminelle. En un mot, ' les faits en question p' y'6' sont trop bien établis, pour que l'on puisse les révoquer
en doute.
Comme l'on n'a point les actes de ce Concile, on ne scait point précisément en quelle année il s'est tenu. Conc. t. 4,. p. 1046. ' Baronius et ceux qui l'ont suivi, ont cru le devoir placer Voss. hist. pei. î. en 490, et d'autres encore plus tard. ' Vossius, qui a fait i. c. oo. p. i2o. une dissertation pour trouver cette époque, la fixe à l'anconc. iwd. née 491,ou à la suivante; 'et Binius la renvoie jusqu'en
524. Mais il est visible par les noms des Evoques qui assip.io42. sterent à ce Concile, qu'il n'a pu se tenir si tard. ' C'est
pourquoi l'on convient aujourd'hui de le mettre en l'an- Faust. adLoon. p. née 475. ' 11 fut assemblé à Arles par Léonce, qui en fut Tm'.Vbid. p. 423 Kvêque ' depuis l'an 461, au moins jusques vers l'an 481. conc. p. îoii. ' On croit qu'il s'y trouva 30 Evêques, les mêmes aux-
Tiii. ibid. quels Lucide adressa sa rétractation. ' Us étoient tous ap-
paremment
D'ARL]
\ SIECLI
paremment des terres que les Romains et les Bourguignons leurs allies tinrent dans les Gaules jusques vers l'an Î80. Car on voit que le commerce d'Arles etde Ri< Lyon fut rompu, lorsque vers ce temps-là la Ville d'Arles fui tombée cuire les mains «1 - Visigots. ' Et c'est encore om w. ii...i. pour cette raison que l'on ue peut placer ce Concile plus probablement que vers l'an 175. Les Evoques qui y assis- cme.p. iomi terent, furent Léonce d'Arles, <jui y présida, S. Euphrone ,lM d'Autun, Pontée de Vaison, S. Mamert de Vienne, S. Patient de Lyon, Pauste de Ries, Megethe que l'on croit sans beaucoup de fondement avoir été Evêque de Bellay, Grec de Marseille, S. Eutrope d'Orange, Basile d'Aix, Théoplaste de Genève, tous célèbres par les litres que S. Sidoine leur a écrites; ' Aérien, ou peut-être S. Veran Conc. îbîd | tui. de Vence, Auxane, ou Auxence, ou même Auxien de Nice, ' S. Marcel de Die, Jean peut être de Chalons sur Saône ; Vivence, Paul, un autre Léonce, Claude, Crocus, un autre Claude, Lrsicin, Prétextât. Pragmace, Léocade, un autre \ ivence, Julien, Amical, Opilion, et Licinius, desquels on ignore les Sièges.
'On trouve quelque difficulté à voir paroître ici S. Ma- tjd. Hrid. ç.m. mert de Vienne dans un Concile couvoqué par un Eve- iJi que d'Arles; el le fameux différend entre ces deux Eglises, dont nous avons parlé ailleurs, rend cette difficulté bien fondée. ' Quelques-uns en ont aussi de ce que le même S. r 4-3- Mamert et S. Patient de Lyon, qui étoient deux Métropolitains, y sont placés après de simples Evêques, comme S. Euphrone suffragant du dernier, Pontée et Vivence. Mais on voit par plusieurs autres Conciles des Gaules, ou que l'ordre des souscriptions a été renversé par les copistes , ou que l'on ne donnoit pas alors le rang aux Evêques suivant la dignité de leurs Sièges.
'Quelques éditions placent différemment ces Evêques, p. 424 1 Mang.t.s. et n'en comptent même que 27 au lieu de 30. C'est enco- p' re beaucoup; mais il ne faut pas s'étonner qu'il s'en soit trouvé un si grand nombre à ce Concile, parce que Léonce d'Arles avoit droit et par l'ancien usage de son Eglise, et par l'autorité du Pape Hilaire d'assembler les Evêques des Provinces voisines. Il a pu même arriver qu'outre l'affaire de Lucide, on avoit à y en traiter encore d'autres, qui ne sont pas venues à nôtre connoissance.