BENOIT ' PAULIN
ivrous sommes redevables particulièrement à Fauste , li Evêque de Ries, de la connaissance de cel Auteur, et du peu qu'il a écrit. Cependant dès le même siècle, (|iii étoiï le 5e de l'Eglise, il - \ trouve des variations sur I - circonstances de son histoire; et les siècles suivants, bien loin de les fixer, les ont encore augmentées. ' S. Avite un, ,,,. i. p.ao« de Vienne a douté si ce nV'toit point un Paulin de Bourdeaux, qui a écrit, dit-il, beaucoup de choses d'une manière toute catholique, et où la foi ne trouve rien à reprendre. ' Il paroit par-là que S. Avite entend le grand tui. h. e. t. 12. S. Paulin Evêque de Noie. Mais outre qu'il n'a jamais p- 4lG' porté le nom de Benoît , il (toit peut-être mort , avant que celui qui fait le sujet de cet article , vint au monde , et certainement avant que Fauste, qui a répondu à ses questions, fît aucune figure dans l'Eglise.
Le P. Sirmond dans la suite a cru que ce pouvoit être sir.in Avit. p. 30. Paulin , petit-fils d'Ausone , l'auteur de YEùcharisticon , qui vint finir ses jours à Marseille dans la pénitence, et dont nous avons donné l'histoire. A la vérité celui-ci 'peut avoir vécu jusqu'à l'Episcopat de Fauste; mais il n'a tui. p. «7. pu lui faire les questions que lui fait celui dont nous parlons ici. Enfin d'autres auteurs l'ont confondu avec Paulin de Perigueux, qui a mis en vers l'histoire de S. Martin de Tours, et n'ont pas fait difficulté de faire porter à ce dernier, le prénom de Benoit à la tête de son ouvrage. ' Mais la même raison que nous venons d'alléguer, Tm.ibid. pour montrer que ce n'est point l'auteur de YEùcharisticon, détruit cette autre conjecture. En effet, Paulin de Perigueux étoit déjà vieux en 470, et avoit un petit-fils près de se marier.
• C'est ainsi que l'on nomme cet Auteur qui en ce cas signifioit beatus, bienheudans les imprimés. Il y a néanmoins bien reux ou saint. Mais nous laissons les diode l'apparence que le prénom de Benoit ses comme nous les trouvons ; et ce prélui sera venu dun B majuscule, qui aura nom nous servirai à distinguer ce Paulin des été mis devant son nom par ceux qui l'au- autres gran ls hommes de ce nom, qui ont ront confondu avec S. Paulin de >'ole, ce fleuri en ce siècle.
V SIECLE
m BENOIT PAULIN.
On auroit, peut-être, plus de fondemenl pour croire bu. s. 1.8. ap. 11 que c'est' Paulin, fils 'I*' l'once Léonce, Sénateur de tiil'i'm Bourdeaux, et le premier Seigneur d'Aquitaine,' vers
160. Mais il faudroil supposer que son illustre naissance ci scs grands biens lui eussenl acquis le droit d'ignorer les premiers principes de la religion. D'ailleurs Benoît Paulin ne parle poinl comme an homme de cette qualité. Ce qui est sans contradiction, o'est que le nom de Paulin cioii alors fort commun dans nos Gaules, el particulièrement à Bourdeaux.
\\ii. ibu. ' Benoîl Paulin étoil de la même ville», ' et avoit un
,',' i''.l\.al Pan1, (ils nommé Eminence, qui faisoit déjà la gloire de son p 550. • perç. ' Il écriYoit souvent à Fauste dès-lors Evêque el an*
cien docteur de l'Eglise; el Fauste Lisoit toujours avec admiration œ qu'il lui écrivoit. Il loue même beaucoup son éloquence et la lumière de sa foi. Fauste auroit parlé plus exactement, et se seroit mieux soutenu dans son discours, s'il s'étoit seulement borné à louer le désir qu'il avoit de s'instruire dans la foi. Car il avoue que Paulin ignoroit bien des choses sur la religion, et qu'il y en avoit beaup. 552. î. coup d'autres qu'il n'entendoit pas.' Ce fut pour s'en
éclaircir qu'il s'adressa d'abord à un saint homme nommé Marin, qui lui ouvrit les yeux sur divers points qu'il P 550. 2. ignoroit. ' Paulin justement effraie sur l'état de son aine,
eut recours à Fauste. Il dressa un mémoire contenant les questions suivantes, auxquelles il le prioit de lui donner les éclaircissements nécessaires.
ibid. 'La première question regarde la pénitence à l'article
de la mort. Paulin demandoit si en ce cas, où l'on peut bien se confesser, mais où l'on n'a pas le temps de satisfaire, la pénitence d'une personne qui a passé long-tems dans le péché, et qui en gémit alors, quoique seulement durant quelques heures, peut passer pour une vraie pénitence ?
ibid . 'La seconde question de Paulin consistoit à sçavoir,
si la seule foi du mystère de la Trinité suffit pour être sauvé 1 p. 551. 2. ' La troisième, si les âmes délivrées des corps qu'elles
animent, perdent les facultés du sentiment et de l'intelligence?
ibid. ' La quatrième, de quel malheur sont délivrés après la